Qui suis-je ?

C’était dans une petite église près de St. Marys en Ontario que ma femme et moi avons été baptisés et sommes devenus membres de l’Église de Dieu en Christ, mennonite. Après le service, le ministre qui nous avait baptisés nous a conseillé de « Soyez vous-mêmes ».

C’était un accueil très gentil et généreux, mais je ne savais pas comment en faire. Je ne savais pas vraiment qui j’étais. J’ai passé les quarante années qui se sont écoulées depuis ce jour à passer au crible les bagages que j’ai ramassés tout au long de ma vie et à essayer de discerner lesquelles de ces choses ont leur place dans la définition de qui je suis.

L’héritage ethnique et religieux de ma mère ne fait pas partie de moi. Sa langue maternelle était le bas allemand et sa langue seconde l’allemand, langue de l’église à laquelle sa famille s’appartenait et à laquelle elle s’était jointe dans sa jeunesse. Après quelques années, elle s’est rendu compte que l’allemand était la foi de l’église et que les choses qu’elle avait apprises dans le catéchisme n’étaient que des décorations. Cette église n’avait aucun message pour quiconque ne connaissait pas l’allemand, y compris les huit plus jeunes frères et sœurs de Maman.

Elle a quitté cette église et a épousé mon père, un départ très déterminé de son passé. Une fois, ma grand-mère m’a envoyé un livre d’introduction en allemand, dans l’espoir que j’apprenne l’allemand pour devenir chrétien. Je ne veux exprimer aucun manque de respect envers ma grand-mère, je l’aimais, mais c’était comme ça qu’elle avait été formée pour penser. Ce manuel d’introduction allemand m’intriguait, mais maman ne manifestait aucun enthousiasme pour l’enseignement de l’allemand. Si je posais des questions, elle y répondrait, mais c’était tout. J’ai bientôt arrêté de poser des questions.

Je ne m’intéresse pas au christianisme culturel. Cela ne fait pas partie de qui je suis.

Mon père était originaire des États-Unis, de descendance puritaine mais méthodiste wesleyenne par la foi. Cette dénomination a été engloutie dans les mouvements de l’évangile social et de l’union des églises. Mon père n’avait aucune interêt pour tout ce qui avait trait à l’évangile social, que ce soit dans la religion, la politique ou les affaires (le mouvement coopératif). Je ne m’intéresse non plus au christianisme en tant que mouvement social.

La mère de mon père parlait français. Papa était fier de son héritage français, mais il le trouvait genant que sa mère parlait la langue. Il souhaitait que tout le monde parle une seule langue, à savoir l’anglais. Maman a raconté comment son père avait toujours regretté de ne pas avoir appris le français quand il en avait eu l’occasion dans sa jeunesse ; elle a souhaité qu’elle aurait pu avoir l’occasion d’apprendre le français. J’ai écouté maman plutôt que papa.

J’ai des problèmes d’allergies depuis mon enfance. Cela a limité le type de travail que je peux faire. Petit à petit, j’ai appris ce que je pouvais faire et ce que je ne pouvais pas faire et je me débrouille bien, mais la sensibilisation aux allergies fait toujours partie de moi. Je suis végétarien, mais pas pour des motifs religieux ou philosophiques. Je ne sais vraiment pas pourquoi, mais j’ai arrêté de manger de la viande il y a 65 ans. Peut-être que cela avait quelque chose à voir avec mes allergies. Peut-être que cela avait plus à voir avec les boucheries que j’ai vues comme garçon.

Quand nous irions quelque part en voyage, mon père avait l’habitude d’aborder un inconnu pour lui demander : « Que pensez-vous de Jésus? » Cela me gênait énormément quand j’étais jeune, maintenant j’aimerais pouvoir être plus comme ça. Je ne suis pas aussi audacieux que mon père, mais je ne le suis pas non plus aussi argumentatif. Ceux qui me connaissent pourraient s’interroger sur cette dernière déclaration, mais croyez-moi, c’est vrai. Tu ne connaissais pas mon père.

L’anglais était la troisième langue de maman. Elle avait un gros dictionnaire qu’elle étudiait depuis des années et parlait anglais sans aucune trace d’accent. Je viens honnêtement par mon amour des dictionnaires. J’ai appris à lire à l’âge de quatre ans et je ne me suis jamais arrêté. Depuis longtemps j’écris pour essayer clarifier mes pensées et le désir de communiquer fait partie de ce que je suis.

Jusqu’à l’âge de dix ans j’ai vécu dans une ferme située dans les collines du Missouri Coteau, dans le sud-ouest de la Saskatchewan. Dans ma mémoire, des scènes de cette époque me paraissent presque paradisiaques. J’ai vécu dans nombreux autres endroits depuis lors : cinq provinces, zones rurales, villages, et des villes grandes et petites. Je vis sur un terrain rural en ce moment, mais je préférerais vraiment vivre dans une ville où il y a des gens autour de moi.

J’ai pris mes études dans l’école d’une petite ville et j’avais lu chaque livre de la bibliothèque avant de terminer mes études secondaires. J’ai appris quelque chose d’important dans cette lecture : deux historiens peuvent écrire sur les mêmes événements et se référer aux mêmes dates, aux mêmes personnes, tout en proposant différentes versions de ce qui se passait réellement. À mes années d’école, l’histoire était enseignée du point de vue de l’Ordre Orange. Je ne le comprenais pas vraiment à l’époque, mais ce point de vue a eu un effet négatif sur les relations entre Anglais et Français, Protestants et Catholiques, Blancs et Non-Blancs au Canada. Je ne suis pas du genre à penser que les chrétiens auraient intérêt à ne rien savoir de l’histoire. Je pense que nous ne pouvons pas vraiment comprendre ce qui se passe aujourd’hui si nous ne savons rien de l’histoire et des préjugés créés par les différentes perceptions du passé.

J’ai exercé des métiers qui ont favorisé ma tendance naturelle à être attentif aux détails : comme acheteur des graines, assurance de la qualité et comptable. J’ai probablement tendance à être parfois trop particulier.

En plus de mes parents, j’ai été influencée par mon épouse, ma fille, son mari, nos petits-enfants, des frères et des sœurs dans la foi, des prédicateurs, des enseignants et des collègues. Tous les gens que j’ai rencontrés ont probablement laissé une petite trace sur mon personnage.

Alors qui suis-je ? Je suis un chrétien né de nouveau et un mennonite, non pas par héritage, culture, langue ou philosophie, mais par l’appel de Dieu et par ma réponse à cet appel. Je suis Canadien, de naissance, d’éducation, d’expérience de la vie. Je suis originaire de la Saskatchewan, c’est mon chez-moi, mais j’ai pu me sentir chez moi presque partout au pays. Je parle les deux langues officielles du Canada et aucune autre, mais j’ai parfois essayé de maîtriser l’italien. Je me vois plus comme citadin que comme campagnarde. Et je suis écrivain. J’ai hésité pendant des années à l’avouer, surtout à moi-même, mais c’est ce qui me motive plus que tout.

À propos de Bob Goodnough

Vivre aujourd'hui à la lumière de l'histoire et de l'éternité
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