Second tableau de Henry Alevin, conclusion

S’ensuit encore un bref récit des actes ou œuvres du monde pour le connaître.

Ici désirons nous faire un peu de mention de tous les points qu’on doit considérer au monde, du nom et des effets de celui, de la méchanceté, incrédulité et réjection, le tout pour montrer que par tout où cela l’est, il n’y a du tout point de christianisme, mais là est vraiment le monde. Et si quelqu’un ne sait encore par cela le voir et connaître, à un tel ne sera aucune démonstration plus ferme par l’Écriture Sainte, ni plus ni moins qu’il ne sert, aide ou profite la chandelle à l’aveugle, et fut aussi grosse qu’un mat de navire.

Considérez bien donc ce qui s’ensuit. Premièrement : Tout le monde est mis en mauvaiseté et n’est point mis au rang ni au nombre des Apôtres, ni de l’Église de Dieu. Car les Apôtres étaient un spectacle, condamnation et ordure au monde. De plus, le monde est souillé, servant aux idoles ; il faut que les fidèles se gardent d’être souillés de ce monde ; que cela soit bien noté. De plus, il faut que les fidèles se retirent de la corruption qui est au monde en concupiscence, s’ils veulent être participants des très précieuses et riches promesses de Dieu. Le fidèle ne doit point aimer le monde, ni les choses qui sont en celui : à savoir la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’outrecuidance de la vie. Car cela n’est point du Père, mais du monde.

La sagesse du monde est terrestre, charnelle et diabolique, car Dieu a repris les sages du monde, les scribes et disputeurs de ce siècle, voir rendu folle, détruit et abolit la sagesse des prudents. Et c’est pour cela que le monde en sa sagesse n’a point connu Dieu en sa sagesse. Et Dieu a choisi les choses folles de ce monde, et les méprisés, et ceux qui ne le sont point afin d’abolir ceux qui sont. De plus : « les enfants de ce siècle sont plus prudents à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière » (Luc 16.8).

Le monde n’est aussi pas digne des enfants de Dieu, ni de leur affection, douceur et tristesse. Christ a aussi retiré les siens du présent monde et de son piège et joug de servitude. Pour cela ne doivent plus les fidèles prendre celui de nouveau, ni être retenus de joug étranger, ni laissez prendre par les institutions du monde. De plus, les fidèles ne doivent avoir communication, ni être participants de la coupe ni de la table des diables, ce qu’il faut ici entendre de l’aveuglement spirituel. De plus : les fidèles jugeront le monde au dernier jour et le monde sera condamné au dernier jour, comme on peut entendre par les paroles de Saint Paul.

Le monde est inique et injuste et pour cela malpropre pour juger entre les fidèles ou se mêler d’eux : car les saints ont puissance et autorité de juger de leurs affaires entre eux, lisez de cela m1 Corinthiens 6.1. Que nul toutefois ne soit ici déplaisant pour la vérité, et ne prenne ou entend ici en mauvais part notre intention : à savoir, comme si elle tendait à mépris, ruine ou destruction du Magistrat du monde, ou la puissance du glaive, car nous reconnaissons et confessons que nous sommes tenus de lui obéir en toutes chose temporelles, ou polices du pays, pourvu que ce ne fait point contre Dieu, et cela à cause que l’Écriture Sainte le nous commande, Romains 13.1, Tite 3.1, 1 Pierre 2.13.

Nous sommes aussi tenus de prier Dieu pour lui, afin que nous puissions mener une vie paisible ensemble, et devons toujours être prêts à toutes bonnes œuvres, de lui payer tribut, péage, lui rendre honneur et crainte.

Mais, Ô mes amis ! Nous ne sommes point tenus de lui obéir en choses qui sont contre Dieu, ni ne le devons point craindre pour bonnes œuvres, mais seulement pour les mauvaises. Que le Magistrat considère et prendre garde combien loin s’étend son service ou office, touchant la glaive, c’est à savoir, à la punition tant seulement des malfaiteurs, et défende les bons, et non point à mettre à mort le juste. Lequel office n’appartient, ni ne convient point à un chrétien, d’autant que le règne des chrétiens est spirituel et non de ce monde, lequel a ici son roi et son règne.

De plus : Jésus n’a point voulu être fait roi du monde. Il a aussi défendu aux siens de l’être. Ainsi voit-on donc, que les Rois et Princes de ce monde sont seulement appelés serviteurs de Dieu à cause de ce service qu’ils exercent, touchant le glaive, pour l’ordonnance de Dieu. Lequel toutefois n’est qu’un office mondain ou païen, qui est aussi fort désiré, souhaité et cherché de ceux du monde. Car ils cherchent la hautesse, ce qu’il ne convient point faire aux fidèles. En somme, selon les choses et actes du monde ci-dessus mentionnés, et comme l’Écriture les témoigne et lui donne bruit et renommée, on peut considérer par là, quel christianisme c’est que de lui.

Or maintenant pour conclure de toutes ces choses ci-dessus au long récité, je donne à considérer à tous débonnaires lecteurs comment de tous peuples Dieu a toujours choisi et voir à lui un propre peuple saint et obéissant pour son héritage, comme on peut voir. Lévitique 20.22, Deutéronome 4.6, Ésaïe 41.8 et 52.1, Jean 17.14, Romains 2.17, 8.29 et 13.12, 1 Corinthiens 3.16,17 et 6.15, 2 Corinthiens 6.14,16. Éphésiens 1.4 et autres lieux.

Notez aussi comment au temps devant l’alliance de la circoncision, le Seigneur s’était choisi un peuple des enfants des hommes, lesquels soient nommés les enfants de Dieu. Après, en la circoncision, il a choisi Abraham et la semence d’Israël, d’entre tous les Gentils et païens incirconcis. De plus, au troisième temps, à savoir de l’Évangile, le Seigneur a choisi du monde les chrétiens pour son peuple et héritage. Davantage, ce qui convenait et convient maintenant faire à ce peuple choisi, à savoir de vivre saintement et non plus comme les Gentils d’où ils ont été tirés, lisez Lévitique 20.7,22, Deutéronome 4.6, Romains 6.2, 12.1, et 13.12 ; 2 Corinthiens 6.3, 1 Corinthiens 3.16, Éphésiens 2.9,10, 4.17, et 5.8, Colossiens 2.20 et3.1. Prenez donc bien garde amis lecteurs : car il n’y a nul chrétien sans être nouvelle créature, d’autant que c’est seulement ce qui vaut devant Dieu. À Dieu soyez-vous. Donnez louange à Dieu et interprétez tout mon dire en bien.

Un tableau, mon adieu, mon testament amiable, signe d’amour, joie de l’âme et ma salutation ou dernière admonition chrétienne, selon l’Écriture Sainte pour fortification aux entendus, démonstration et instruction aux simples et ignorants qui cherchent Dieu de bon cœur, pensant néanmoins encore simplement qu’il y peut bien avoir de chrétiens, ou quelque christianisme spirituel et mondain. Où au contraire il est montré quels sont les chrétiens et quels non, et que c’est le monde. Tout ceci, dis-je, est envoyé à vous mes chers amis au Seigneur, et aussi à mes trois orphelins pour un souvenir de moi. De moi, dis-je, pauvre, débile et infirme personne, ami de votre âme, Henry Alevin, ici à Middelbourg mis en mains de gens pour le témoignage de notre Seigneur Jésus-Christ, l’an 1568 au mois de septembre.

À propos de Bob Goodnough

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