Il semble que trop de chrétiens lisent la Bible comme l’histoire d’hommes et de femmes avançant à tâtons, incapables de comprendre exactement ce que Dieu attendait d’eux. Ils conçoivent la vie comme une immense scène de théâtre, sans scénario, sans metteur en scène, avec pour seul élément un ensemble mystérieux de « règles très importantes ». Certains appellent cela « l’hypothèse de l’horloger », selon laquelle Dieu serait l’horloger qui a créé le monde comme une grande machine, fonctionnant selon des principes immuables, nous a placés au milieu et s’est retiré pour observer ce qui allait se passer.
On appelle également cette croyance le déisme, qui postule l’existence réelle de Dieu, sa création de tout, y compris de nous, et son établissement d’un code de conduite. Toutefois, il est suggéré qu’il a des priorités plus élevées que de s’occuper de nos affaires terrestres.
En 2005, Christian Smith a publié Soul Searching : The Religious and Spiritual Lives of American Teenagers (Examen de conscience : la vie religieuse et spirituelle des adolescents américains), dans lequel il suggérait que la religion dominante aux États-Unis était une version dénaturée et adaptée à la culture du christianisme, qu’il qualifie de « déisme moraliste et thérapeutique ». Le but de la vie est d’être une personne bonne et juste, et de se sentir heureux et en sécurité. Dieu est éloigné de notre vie quotidienne et n’intervient qu’en cas de crise. Cela permet d’éviter toute prise de conscience du péché et élimine le besoin de doctrines ou d’abnégation.
Le théisme, en revanche, est la croyance en un Dieu actif et personnel qui souhaite que nous lui parlions et que nous écoutions sa voix douce et apaisante qui s’adresse à nous. Il répond aux prières, accomplit des miracles et intervient dans le cours de la nature en notre faveur.
Le déisme affirme que nous pouvons tirer les leçons importantes de la vie grâce à notre propre raison et que la Bible est un recueil de contes moraux destinés à nous guider.
Le théisme affirme que la Bible est la révélation que Dieu nous fait de son dessein. Nous devons approfondir notre lecture de la Bible afin de discerner la main de Dieu qui guide les hommes pour accomplir son dessein.
En d’autres termes, lorsque nous lisons la Bible, nous devrions nous demander : « Que faisait Dieu ? » Il est facile de constater à quel point les hommes ont toujours tendance à tout gâcher. La Bible révèle la faillibilité de l’homme et la tragédie des efforts humains pour créer un monde meilleur. Mais si nous lisons l’histoire dans son ensemble, nous verrons que Dieu guide doucement et patiemment les hommes et les événements pour accomplir ses desseins. Et ses desseins visent notre salut.
Nous ne serons pas sauvés en lisant la Bible comme un recueil de contes moraux et en essayant de faire mieux que ces gens d’autrefois. Nous serons sauvés en prenant conscience que Dieu a toujours à cœur notre bien et en nous soumettant à ses plans pour notre vie.

Exégèse vs Eiségèse
Je sais que ces termes ne sont pas très courants, surtout le deuxième, mais ils permettent de décrire avec précision deux façons très différentes d’aborder la Bible. L’exégèse est, en philologie, une étude approfondie et critique d’un texte. Son but est de déterminer ce que l’auteur a pu vouloir dire à ses destinataires. L’eiségèse, au contraire, est une méthode d’interprétation consistant à projeter des idées, croyances ou jugements subjectifs dans un texte plutôt que de chercher à en tirer le sens original.
En parlant de la lecture de la Bible, l’exégèse, c’est ce qui se passe lorsque nous scrutons les Écritures pour découvrir ce que Dieu nous dit. L’eiségèse, en revanche, c’est ce qui se passe lorsque nous abordons les Écritures en sachant déjà ce que nous voulons qu’elles disent et que nous recherchons des versets pour étayer notre position. J’espère ne pas avoir à vous dire de quel côté je souhaite me situer.
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles nous pourrions vouloir projeter dans les Écritures les croyances que nous avons déjà. L’une d’elles est que l’on nous a enseigné certaines choses et que nous souhaitons vivement qu’elles soient vraies. Nous sélectionnons des versets qui semblent soutenir cette position, souvent sans tenir compte du contexte, et nous ignorons ceux qui disent autre chose.
Une autre raison, plus subtile, est que nous pouvons avoir peur d’être trompés si nous nous ouvrons simplement à ce que nous lisons dans la Parole de Dieu. Il vaut bien mieux disposer d’un cadre de croyances préétabli et ne lire que les passages de l’Écriture qui semblent s’y conformer. Le danger est que, même si ce cadre est tout à fait vrai, nous ne serons pas nourris en lisant la Bible de cette manière.
Je ne pense pas que nous soyons induits en erreur si nous abordons la Bible avec un esprit et un cœur ouverts, en désirant sincèrement que Dieu nous révèle la vérité dont nous avons besoin à chaque étape de notre cheminement spirituel. Il est important de lire la Bible dans son intégralité et de la lire dans un esprit de prière. Les éléments qui semblent contradictoires prendront tous tout leur sens si nous n’isolons pas un passage des Écritures du reste.
Il y a des années, un homme qui travaillait dans la même usine que moi venait souvent me poser des questions sur des passages bibliques. Au fil de nos discussions, il était évident qu’il comprenait parfaitement ce que disait la Bible. Il m’a confié qu’il s’était converti vers la fin de sa jeunesse et qu’il avait craint d’être induit en erreur en lisant la Bible, car il entendait tant d’opinions contradictoires. Ainsi, chaque fois qu’il prenait la Bible, il priait pour que Dieu le protège de la tromperie et lui révèle sa vérité. Il ressortait clairement de nos discussions que Dieu avait exaucé ses prières.
Le côté triste de cette histoire, c’est qu’il était tombé dans le péché et ne suivait plus ce qu’il savait être vrai, ce qu’il a d’ailleurs admis. Un jour, il a commis un acte au travail qui lui a valu d’être licencié. Il a déménagé loin d’ici et je ne l’ai plus jamais revu. Je continue de croire que son approche de la Bible était la bonne. Une grande partie de la confusion religieuse de notre époque pourrait être résolue si les chrétiens du monde entier ouvraient simplement leur cœur et leur esprit à ce que Dieu leur dit dans sa Parole, et qu’ils obéissaient ensuite à ce qui leur est révélé.
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