À deux cents kilomètres au nord de Québec, on arrive à la rivière Saguenay et aux villes de Chicoutimi et de La Baie, qui ont désormais fusionné pour ne former qu’une seule ville appelée Saguenay. La rivière Saguenay est une vallée de rift creusée dans les montagnes, un fjord qui se jette dans le fleuve Saint-Laurent. À La Baie, les marées provoquent des variations de niveau pouvant atteindre cinq mètres. Un peu plus en amont, à Chicoutimi, l’effet des marées est imperceptible.
Cette région abrite la plus grande concentration de l’industrie d’aluminium du Canada, grâce à l’énergie hydroélectrique facilement disponible. Le minerai de bauxite est acheminé par voie fluviale sur le Saguenay jusqu’à La Baie, puis raffiné et fondu pour former d’énormes lingots d’aluminium. Il s’agit probablement de la plus grande source d’aluminium en Amérique du Nord. L’aluminium coûte 500 dollars la tonne aux États-Unis, en raison des droits de douane imposés sur l’aluminium canadien. En Europe et au Japon, l’aluminium coûte 300 dollars la tonne.
Le réservoir de Kenogami, au sud-ouest de Chicoutimi, est la principale centrale hydroélectrique de la région. De fortes pluies se sont abattues sur ce terrain semi-montagneux à la mi-juillet 1996 et se sont poursuivies pendant plusieurs jours, saturant le sol et remplissant les lacs, les réservoirs et les rivières jusqu’à leur capacité maximale. Puis, en une seule journée, le 19 juillet, 275 mm de pluie supplémentaires sont tombés. Au cours des deux jours suivants, un mur d’eau de deux mètres de haut a déferlé sur plusieurs kilomètres de la rive escarpée de la rivière Saguenay. Le débit d’eau enregistré au cours de ces deux jours équivalait à celui des chutes du Niagara sur deux mois. Dix personnes ont perdu la vie, 488 maisons ont été emportées et 1 230 autres ont été endommagées. De nombreuses entreprises et autres bâtiments ont été endommagés ou détruits. Quatorze mille personnes ont été évacuées chez des proches ou vers des hébergements d’urgence.
Partout au Canada, les gens ont été touchés par cette tragédie et ont voulu apporter leur aide. Des palettes d’eau en bouteille et de denrées alimentaires ont été données, ainsi que des conteneurs de vêtements d’occasion. Des entreprises de transport routier les ont livrés gratuitement. Je me suis rendu à La Baie pendant quelques jours et j’ai pu constater les dégâts. Les habitants de cette région ne sont pas pauvres. Il y a des emplois bien rémunérés dans les fonderies d’aluminium, les usines de produits forestiers et la base aérienne des Forces canadiennes. L’eau en bouteille et les denrées alimentaires ont été bien accueillies et rapidement distribuées. Mais, oh, les vêtements !
Les gens avaient rassemblé leurs vêtements usés et les avaient envoyés à La Baie. Un théâtre a servi de centre de tri, et cette opération a permis aux gens de détourner leur attention de la dévastation qui régnait à l’extérieur. Je doute qu’un seul de ces vêtements n’ait jamais été utilisé dans la région, sauf peut-être comme chiffons. Le comble a été atteint lorsque des dames ont attiré mon attention sur une douzaine de chaussures à talons hauts flambant neuves qu’elles avaient trouvées dans un conteneur — toutes pour le pied gauche ! Celles pour l’autre pied ne sont jamais apparues. Les habitants ne semblaient pas offensés par cette étrange générosité, mais ils en ont bien ri. Certaines personnes au grand cœur ont même envoyé des Bibles — des Bibles en anglais. C’est une région francophone ; le seul anglais que j’ai entendu d’un résident de la région venait d’une adolescente qui aidait au tri et qui traduisait pour les bénévoles anglophones.
Au milieu de toute cette dévastation, un signe d’espoir extraordinaire s’est manifesté. Une petite maison blanche à Chicoutimi est restée debout alors que le torrent déchaîné tourbillonnait tout autour d’elle. Des photos de cette petite maison blanche, solide et à l’abri des inondations, ont été diffusées dans les médias à travers le Canada et dans le monde entier. Tout ce qui entourait la petite maison blanche avait été emporté, y compris la terre autour des murs du sous-sol, mais la maison était ancrée dans la roche. Elle est devenue un symbole d’espoir pour la communauté environnante.
Construite en 1890, la maison possédait des fondations et un sous-sol en rondins. Elle a servi de confortable maison familiale pendant de nombreuses années et avait même survécu à une inondation similaire, bien que beaucoup moins grave, en juillet 1947. Le propriétaire de l’époque avait décidé de renforcer la sécurité de la maison pour sa jeune famille. Il avait remplacé le sous-sol en rondins par un sous-sol en béton et l’avait ancré dans la roche. Au moment de l’inondation de 1996, la maison appartenait toujours à la veuve de l’homme qui l’avait si solidement construite. Elle abrite aujourd’hui un musée consacré à cette inondation.
Êtes-vous ancré dans la roche, capable de rester ferme face aux tempêtes de la vie sans être emporté ?





Exégèse vs Eiségèse
Je sais que ces termes ne sont pas très courants, surtout le deuxième, mais ils permettent de décrire avec précision deux façons très différentes d’aborder la Bible. L’exégèse est, en philologie, une étude approfondie et critique d’un texte. Son but est de déterminer ce que l’auteur a pu vouloir dire à ses destinataires. L’eiségèse, au contraire, est une méthode d’interprétation consistant à projeter des idées, croyances ou jugements subjectifs dans un texte plutôt que de chercher à en tirer le sens original.
En parlant de la lecture de la Bible, l’exégèse, c’est ce qui se passe lorsque nous scrutons les Écritures pour découvrir ce que Dieu nous dit. L’eiségèse, en revanche, c’est ce qui se passe lorsque nous abordons les Écritures en sachant déjà ce que nous voulons qu’elles disent et que nous recherchons des versets pour étayer notre position. J’espère ne pas avoir à vous dire de quel côté je souhaite me situer.
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles nous pourrions vouloir projeter dans les Écritures les croyances que nous avons déjà. L’une d’elles est que l’on nous a enseigné certaines choses et que nous souhaitons vivement qu’elles soient vraies. Nous sélectionnons des versets qui semblent soutenir cette position, souvent sans tenir compte du contexte, et nous ignorons ceux qui disent autre chose.
Une autre raison, plus subtile, est que nous pouvons avoir peur d’être trompés si nous nous ouvrons simplement à ce que nous lisons dans la Parole de Dieu. Il vaut bien mieux disposer d’un cadre de croyances préétabli et ne lire que les passages de l’Écriture qui semblent s’y conformer. Le danger est que, même si ce cadre est tout à fait vrai, nous ne serons pas nourris en lisant la Bible de cette manière.
Je ne pense pas que nous soyons induits en erreur si nous abordons la Bible avec un esprit et un cœur ouverts, en désirant sincèrement que Dieu nous révèle la vérité dont nous avons besoin à chaque étape de notre cheminement spirituel. Il est important de lire la Bible dans son intégralité et de la lire dans un esprit de prière. Les éléments qui semblent contradictoires prendront tous tout leur sens si nous n’isolons pas un passage des Écritures du reste.
Il y a des années, un homme qui travaillait dans la même usine que moi venait souvent me poser des questions sur des passages bibliques. Au fil de nos discussions, il était évident qu’il comprenait parfaitement ce que disait la Bible. Il m’a confié qu’il s’était converti vers la fin de sa jeunesse et qu’il avait craint d’être induit en erreur en lisant la Bible, car il entendait tant d’opinions contradictoires. Ainsi, chaque fois qu’il prenait la Bible, il priait pour que Dieu le protège de la tromperie et lui révèle sa vérité. Il ressortait clairement de nos discussions que Dieu avait exaucé ses prières.
Le côté triste de cette histoire, c’est qu’il était tombé dans le péché et ne suivait plus ce qu’il savait être vrai, ce qu’il a d’ailleurs admis. Un jour, il a commis un acte au travail qui lui a valu d’être licencié. Il a déménagé loin d’ici et je ne l’ai plus jamais revu. Je continue de croire que son approche de la Bible était la bonne. Une grande partie de la confusion religieuse de notre époque pourrait être résolue si les chrétiens du monde entier ouvraient simplement leur cœur et leur esprit à ce que Dieu leur dit dans sa Parole, et qu’ils obéissaient ensuite à ce qui leur est révélé.
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