Documents importants sur ce site

Voici une liste de documents importants relatifs à l’histoire et à la doctrine des anabaptistes et des mennonites que vous trouverez sur ce blogue

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À Diognète
Une exposition de la foi chrétienne qui date du IIe siècle.
Vous la trouverez sous la rubrique Église primitive

L’Antéchrist
Une exposition des faux enseignements de l’Église catholique romaine, écrit vers l’an 1120 par des chrétiens albigeois du sud de la France.
Vous le trouverez sous la rubrique l’Antéchrist

La noble leçon
Un exposé de l’histoire de la vraie foi chrétienne, écrit par des croyants vaudois vers 1120.
Vous le trouverez sous la rubrique Les anciens vaudois

Un miroir de baptême
Une exposition du baptême d’Esprit, d’eau et de sang. Publié pour la première fois en 1744, écrit par Henry Funk, le premier évêque mennonite d’Amérique du Nord.
Vous le trouverez sous la rubrique Baptême

Origine et doctrine des mennonites
Publié pour la première fois en 1841. Écrit par Benjamin Eby, le premier évêque mennonite au Canada.
Vous le trouverez sous la rubrique les mennonites au Canada

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Un imposteur dans le temple de Dieu


« Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de tout ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. » (2 Thessaloniciens 2:3-4) L’apôtre Paul a écrit cet avertissement au tout début de l’ère chrétienne.

Quelques années plus tard, dans l’Apocalypse donnée à l’apôtre Jean, il voit deux bêtes se lever (Apocalypse chapitre 13). La première bête sort de la mer, ce qui symbolise la condition turbulente et inorganisée des peuples du monde. Cette bête est habilitée par le dragon, Satan, à régner sur ces peuples et à établir un gouvernement et un ordre. C’est l’Empire romain païen.

La deuxième bête est sortie de la terre, c’est-à-dire de la stabilité organisée créée par la première bête. Cette bête a des caractéristiques semblables à celles de l’Agneau, de toute évidence une contrefaçon de l’Église chrétienne, mais elle s’allie à la première bête. C’est l’antéchrist décrit par Jean dans 1 Jean 2:22, 4:3 et 2 Jean v. 7. Antéchrist signifie à la place de Christ, c’est-à-dire que l’Antéchrist a refusé à Jésus-Christ le pouvoir et l’autorité qui lui revenaient de droit et les a revendiqués pour lui-même.
1 Jean 2:18 dit qu’il y avait déjà beaucoup d’antéchrists au temps de Jean. Il déclare que c’est la preuve que c’est le dernier temps, c’est-à-dire qu’il n’y aura pas d’autre ère de temps à suivre.

Nos ancêtres anabaptistes ont vu un certain nombre de formes de christianisme contrefait, ou d’antéchrists, mais la principale était l’église catholique romaine. Il fallut attendre l’époque du pape Urbain II (1088-99) pour que la papauté puisse revendiquer son autorité sur les rois d’Europe et utiliser leur pouvoir pour tenter d’éliminer l’église anabaptiste. Peu après cette époque, en 1120, des chrétiens du sud de la France ont rédigé une description de l’Antéchrist et de ses erreurs. En voici quelques extraits :

« Que chacun prenne donc note que l’Antéchrist ne peut pas venir de quelque manière que ce soit, mais qu’il faut que toutes les choses susmentionnées se réunissent pour former une hypocrisie et un mensonge complets, c’est-à-dire que les sages mondains, les ordres religieux, les pharisiens, les ministres, les médecins, le pouvoir séculier et les gens du monde se réunissent. Et ainsi, tous ensemble, ils constituent complètement l’homme du péché et de l’erreur. Car, bien que cet Antéchrist ait été conçu dès le temps des apôtres, mais n’étant que dans son enfance, il lui manquait son membre intérieur et extérieur. »

« La première œuvre d’Antichrist c’est qu’il a transporté le culte dû proprement à Dieu seul, à lui, à ses œuvres, aux saints ou saintes et leurs images, ossements et reliques. »

« La deuxième œuvre de l’Antéchrist est qu’il ôte et enlève à Christ le mérite de Christ avec toute la suffisance de la grâce, de la justice, de la régénération, rémission des péchés, de la sanctification, de la confirmation et de la nourriture spirituelle ; et il l’impute et l’attribue à son autorité, à ses œuvres, et aux saints, et à leur intercession et au feu du purgatoire. »

« La troisième œuvre de l’Antéchrist est qu’il attribue la régénération donné par le Saint-Esprit à la foi morte et extérieure, et baptise les enfants en cette foi, enseignant que c’est par elle que sont consacrés le baptême et la régénération. »

« La quatrième œuvre de l’Antéchrist est celle par laquelle il bâtit et édifie, en même temps, en la messe, toute la religion et la sainteté du peuple, en ayant fait un tissu de différentes cérémonies judaïques, païennes et chrétiennes. »

« La cinquième œuvre de l’Antéchrist est qu’il fait toutes ses œuvres, afin qu’il soit vu et qu’il satisfasse son insatiable avarice, comme aussi, afin qu’il puisse mettre toutes choses en vente et ne fasse rien sans simonie. »

« La sixième œuvre de l’Antéchrist est qu’il donne lieu à des péchés manifestes, sans sentence ecclésiastique, et qu’il n’excommunie pas les impénitents. »

« La septième œuvre de l’Antéchrist est qu’il ne dirige ni ne défend son unité par le Saint-Esprit, mais à l’aide du pouvoir séculier. »

« La huitième œuvre de l’Antéchrist est qu’il hait, persécute, accuse, pille et met à mort les membres de Christ. »

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Le temple de Dieu

Dans l’Ancien Testament, l’unité du culte était clairement le projet de Dieu. Ce culte devait être centré sur le temple de Jérusalem. Bien que Dieu ait prophétisé la division du royaume à cause du péché, son intention était qu’il s’agisse uniquement d’une division politique, et non d’une division spirituelle. Deux royaumes étaient acceptables, mais non pas deux églises. C’est pourquoi, lorsque Jéréboam a construit un second temple à Béthel et un autre à Dan, on l’a appelé pour toujours « Jéréboam, fils de Nebat, qui a fait pécher Israël ».

En est-il autrement à l’époque du Nouveau Testament ? Permettez-moi de commencer par une déclaration qui pourrait choquer certains lecteurs : presque toutes les mentions du temple de Dieu dans le Nouveau Testament ne font pas référence à des chrétiens individuels en tant que temples, mais au corps collectif des chrétiens en tant que l’église. Passons en revue les versets concernés, un par un.

Apocalypse 3.12 : Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu.
(La promesse est que la vainqueur sera une partie du temple, non pas le temple entier.)

1 Pierre 2.5-7 : Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, afin d’offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ. Car il est dit dans l’Écriture : Voici, je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui qui croit en elle ne sera pas confus. Son honneur se montre donc pour vous qui croyez. Mais pour les incrédules, la pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle,
(Les croyants sont appelés des pierres vivantes qui sont construites ensemble en une maison spirituelle (temple) avec Jésus comme pierre angulaire.)

Éphésiens 2.19-22 : Ainsi donc, vous n’êtes donc plus des étrangers, mais vous êtes concitoyens des saints, gens de la maison de Dieu. Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire. En lui tout l’édifice, bien coordonné, s’élève pour être un temple saint dans le Seigneur. En lui, vous êtes aussi édifiés pour être une habitation de Dieu dans l’Esprit.
(Ceci est très similaire aux paroles de Pierre, les croyants sont la maison de Dieu construite sur le fondement des apôtres et des prophètes et Jésus la pierre angulaire pour devenir un temple saint.)

1 Corinthiens 3.9-11 : Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu. Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, j’ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ.
(Le temple est la construction de Dieu avec l’aide de vrais ministres de l’évangile, le fondement est Jésus-Christ.)

1 Corinthiens 3:16-17: Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes.
(Vous est au pluriel, ces versets sont adressés aux chrétiens en tant qu’une groupe, ils sont un seul temple. Paul ne dit pas que vous êtes des temples de Dieu, ou que tu es le temple. Il n’y a qu’un seul temple en vue ici, donc souiller le temple ne fait pas référence aux péchés d’un individu qui souille son propre corps, mais plutôt ces péchés souillent le corps entier, le temple. Pensez à Acan, il pensait qu’il était inoffensif de prendre les choses qu’il faisait, personne ne le savait, cela ne dérangerait personne d’autre. Pourtant, l’armée de Dieu a été vaincue au combat à cause de son péché.)

2 Corinthiens 6.16 : Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai en eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
(Encore une fois, nous est pluriel, mais il n’y a qu’un seul temple.)

1 Corinthiens 6.18-20 : Fuyez l’impudicité. Quelque autre péché qu’un homme commet est hors du corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez pas à vous-mêmes ? Car vous avez été achetés à un certain prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu.
(C’est le seul verset qui parle du corps d’un croyant individuel comme étant le temple de Dieu. Ce verset ne doit pas être considéré comme la clé pour comprendre les autres versets qui parlent sans équivoque du temple comme étant le corps collectif, l’église. Mais il faut d’abord être spirituellement vivant, une pierre vivante, pour être ajouté au temple saint. « Vous n’êtes pas les vôtres » — nous n’avons pas la liberté de penser indépendamment ou de penser que nous n’avons pas besoin de nos coreligionnaires.)

Citations de dirigeants anabaptistes/mennonites du passé :

« Car jus qu’il n’y avait qu’un seul Adam et une seule Ève ; un seul Noé et une seule arche, un seul Isaac et une seule Rebecca, il n’y a qu’une seule Église du Christ, qui est le corps, la cité, le temple, la maison et l’épouse du Christ, n’ayant qu’un seul Évangile, une seule foi, un seul baptême, une seule Cène et un seul service ; voyageant sur la même route et menant une vie pieuse et irréprochable, comme l’enseignent les Écritures. »
Menno Simons, 1539, Complete Writings, page 191

«Paul nous enseigne dans son épître aux Éphésiens, au sujet de la véritable Église, que le Christ s’est présentée à lui-même, qu’elle est glorieuse, sainte et sans tache ni ride ; qu’ils sont baptisés ensemble dans un seul Esprit, et dans un seul corps, dont la tête est le Christ, et qu’ils sont unis entre eux comme membres de son corps. Ceux-ci ont un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de nous tous, qui est par nous tous et en nous tous. C’est le véritable temple de Dieu, dans lequel habite l’Esprit de Dieu. Cette église, le Christ l’a achetée et rachetée par son sang.»
Claes de Praet, 1556, Martyrs Mirror, page 558

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Pierre Valdo – missionnaire

Déjà en l’an 1100, lorsque La noble leçon apparut, on donnait aux chrétiens évangéliques le nom de vaudois. C’est impossible donc qu’ils aient reçu ce nom de celui qu’on appelle Pierre Valdo, parce que celui-là n’est pas né qu’en l’année 1140. (Il a signé son nom Vaudès, son prénom n’est pas certain.) Toutefois, après sa conversion il est devenu un missionnaire très actif, comme c’est montré dans le petit extrait ci-dessous de l’Histoire des anciens vaudois, écrit par Jean Paul Perrin.

Plusieurs ont écrit que Valdo, en partant de Lyon, s’irait en Dauphiné, et qu’ayant dressé là quelques églises, il s’achemina en Languedoc et que là il laissa quelques barbes notables qui y dresserait des églises. Partant de là, il s’en alla en Picardie; chassée de là, il s’achemina en Allemagne, et d’Allemagne il se retira en Bohème, où il y en a qui tiennent qu’il y finira ses jours. Les Vaudois habitant au Dauphiné, Piedmont et Provence ont eu communion et intelligence avec leurs frères retirés en Bohème.

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Dispute entre catholiques et albigeois tenue en 1206 à Montréal près de Carcassone.

Un extrait de l’Histoire des anciens Albigeois par Jean-Paul Perrin.

Arnaud Hot était le pasteur des albigeois, ainsi que ceux qui étaient jugés comme des personnes appropriées pour une telle action. Arnaud arriva le premier au temps et au lieu fixés ; puis vinrent l’évêque Eusus et le moine Dominique, avec deux légats du pape, Pierre Chastel et Racul de Just, abbé de Candets, Bertrand, prieur d’Autreive ; et le prieur de Palats et plusieurs autres prêtres et moines.

Les thèses ou points proposés par Arnaud pour être discutés étaient les suivants :

La messe et la transsubstantiation ont été inventées par les hommes et non instituées et ordonnées par Christ, ni par ses apôtres.

Que l’Église de Rome n’est pas l’épouse de Christ, mais l’église du trouble et de la confusion, ivre du sang des martyrs.

Que le régime ou gouvernement de l’Église de Rome n’est ni bon, ni saint, ni établi par Jésus-Christ.

Arnaud envoya ces propositions à l’évêque, qui demanda quinze jours pour y répondre, ce qui lui fut accordé. L’évêque ne manqua pas de se présenter au jour fixé, apportant avec lui un grand rouleau d’écriture. Arnaud souhaita vivement être entendu de vive voix, disant qu’il répondrait pleinement au contenu dudit écrit, implorant la patience de ses auditeurs s’il prenait du temps pour répondre à un écrit aussi fastidieux et prolixe. Ils ont promis de lui donner une audience patiente et attentive, sans aucune interruption. Il parla à plusieurs reprises pendant quatre jours, à la grande admiration des assistants, et avec tant d’empressement de sa part, que tous les évêques, abbés, moines et prêtres auraient bien voulu être ailleurs. Car il a adapté sa réponse aux points énoncés dans ledit écrit, et avec tant d’ordre, de clarté et de perspicacité qu’il a rendu manifeste et évident pour les assistants que l’évêque avait beaucoup écrit, mais n’a rien prouvé contre ses propositions qui pourraient vraiment tendre à l’avantage de la cour de Rome.

Arnauld demanda ensuite que, puisque, au début de la conférence, les évêques et lui-même étaient tenus de prouver ce qu’ils prétendaient par la seule parole de Dieu, les évêques, les prêtres et les moines soient obligés de démontrer que la messe, dans toutes ses parties, telle qu’ils l’autorisaient et la chantaient, avait été instituée par le Fils de Dieu et chantée de la même manière par ses apôtres, en commençant par le début et jusqu’à l’Ite, missa est. Mais les évêques n’ont pas pu prouver qu’aucune de ses parties ait été ordonnée soit par Jésus-Christ, soit par ses apôtres ; Les évêques en furent très honteux et affligés, car Arnaud les avait réduits à leur seul canon, qu’ils prétendaient être la meilleure partie de leur messe, point sur lequel il prouva que leur messe n’était pas la sainte Cène instituée par le Seigneur, disant que si la messe n’était pas la sainte Cène instituée par le Seigneur, il resterait après la consécration tout ce qui était dans la Cène du Seigneur, à savoir du pain ; mais dans votre messe, comme vous le dites, il n’y a pas de pain, car par la transsubstantiation le pain disparaît. Par conséquent, dit-il, la messe sans pain n’est pas la sainte Cène du Seigneur, où il y avait du pain.

Jésus-Christ a rompu le pain, les apôtres ont rompu le pain ; les prêtres rompent le corps, non le pain.

Le prêtre ne fait donc pas ce que Jésus-Christ a fait.

Sur ces antithèses, qu’Arnaud fit sur la Cène du Seigneur et sur la messe, pour prouver qu’elle n’avait été instituée ni par Christ ni par ses apôtres, les moines, les évêques, les légats et les prêtres se retirèrent, sans l’écouter davantage, de peur qu’il ne fasse quelque impression sur les assistants, ce qui les ébranlerait beaucoup dans leur croyance à la messe.

[L’échec des évêques et des moines dans ce discours entraîna une persécution accrue des albigeois, une tentative de vaincre par la force armée ce qu’ils ne pouvaient vaincre par la parole.]

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Liberté

Lorsque la liberté qu’ils souhaitaient le plus était l’absence de responsabilité, alors Athènes a cessé d’être libre et n’a plus jamais été libre.
-Edith Hamilton

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Une exhortation chrétienne fraternelle de l’année 1420

[Une épître de la Barbe Bartholémi Tertian aux églises évangéliques de Pragela, écrit vers 1420 AD.]

Jésus soit avec nous.

À tous nos fidèles et aimées comme frères en Jésus Christ. Salut soit à vous tous. Amen.

La présente est pour avertir votre fraternité, en m’acquittant du devoir que j’ai envers vous de la part de Dieu, principalement touchant le soin du salut de vos âmes, selon la lumière de vérité, laquelle nous a départi le Très-Haut; qu’il plaise à un chacun de vous maintenir, accroître et chérir de votre pouvoir, sans diminution de bons commencements, usages et coutumes lesquelles nous ont été laissées par nos aïeux, desquelles nous ne sommes pas dignes.

Car il nous serait peu profitable d’avoir été renouvelés à l’instance paternelle, et par la lumière laquelle nous a été donnée de Dieu, si nous nous adonnons aux mondaines, diaboliques et charnelles conversations, abandonnant le principal qui est Dieu, et le salut de nos âmes, pour la brève vie temporelle. Car le Seigneur a dit en l’Évangile, quel profit est-ce à l’homme s’il gagne tout un monde, et il fait perte de son âme? Car il nous vaudrait mieux de n’avoir point connu la voie de la justice, qu’en l’ayant connu faire le contraire.

Car nous serons inexcusables, et condamnés plus gravement, car il y aura plus grand tourments contre ceux qui auront eu plus de connaissance. Pour laquelle chose, je vous prie par la charité de Dieu, que vous ne diminuiez point, mais accroissiez la charité, la crainte et l’obéissance du à Dieu, et à vous-mêmes entre vous, et garder toutes les bonnes coutumes, lesquelles vous avez ouïes et entendues de Dieu, par notre moyen, et que vous ôtées et purgées du milieu de vous tout défaut et manquement troublant la paix, l’amour et l’accord, et toute chose laquelle vous ôter la liberté du service de Dieu, votre salut et l’administration de la vérité si vous désirez que Dieu vous soit propice es bien temporelles et spirituelles. Car vous ne pouvez faire aucune chose sans lui.

Et si vous désirez d’être héritiers de sa gloire, faites ce qu’il vous dit. Si tu veux entrer dans la vie, garde mes commandements. Faites qu’il ne se nourrice entre vous aucun jeu, ni gourmandise, ni paillardise, ni danse, ni autres débauches, ni questions, ni tromperies, ni fraude, ni usure, ni malveillance, ni discordes; ne supportez point entre vous, et n’entretenez point aucune personne de mauvaise vie ni qui donnent entre vous scandales ou mauvais exemple, mais que charité et fidélité règne entre vous, et tout bon exemple, traitant l’un l’autre comme un chacun voudrait qu’il lui soit fait à lui-même. Car autrement il n’est pas possible qu’aucun puisse être sauvé ni ait la grâce de Dieu ni des hommes en ce monde, ni en l’autre la gloire.

Et il faut que les conducteurs principalement tiennent la main à ces choses, et ceux qui dirigent et gouvernent : car quand le chef est malade tous les membres s’en sentent. Et pourtant, si vous espérez et désirez posséder la vie éternelle, être en estime et bonne renommé et crédit, et prospérer en ce monde, aux biens temporels et spirituels. Purgez-vous de toute vie désordonnée entrevous afin que Dieu soit toujours avec vous, lequel qui n’abandonne jamais ceux qui espèrent en lui. Mais sachez ceci pour certain, que Dieu n’exauce point ni n’habite point avec les pécheurs, ni en l’âme se donnant à la malveillance ni à l’homme qui est assujetti aux péchés. Et pourtant qu’un chacun dresse les voies de son cœur et fuir les dangers s’il ne veut pas périr en eux.

Nul autre pour le présent, sinon que vous mettiez en effet ces choses et le Dieu de paix soit avec vous tous, et nous accompagne aux vrais dévots et humbles prières, en saluant tous les fidèles et aimés de Christ. Amen.

Votre Batholémi Tertian, prêt à vous servir en toutes choses possibles selon Dieu.

[Cette épître aurait été premièrement écrite en occitan. La traduction utilisée ici est celle de Jean Paul Perrin de l’an 1618, sauf que j’ai changé quelques mots qui sont maintenant tombés en désuétude.]

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ÉDUCATION

Émile Littré 1801-1881

Définition tiré du dictionnaire le Littré

ÉDUCATION [é-du-ka-sion ; en vers, de cinq syllabes] s. f.
Action d’élever, de former un enfant, un jeune homme ; ensemble des habiletés intellectuelles ou manuelles qui s’acquièrent, et ensemble des qualités morales qui se développent.

Quelques citations littéraires:

♦ C’est ainsi qu’on l’accoutumait dans son enfance à craindre Dieu et à l’aimer ; et l’on peut dire d’elle ce que l’Écriture a dit d’une autre reine, qu’elle ne changea pas son éducation, FLÉCH., Marie-Thér.
♦ L’éducation est une maîtresse douce et insinuante, ennemie de la violence et de la contrainte, qui aime à n’agir que par voie de persuasion, qui s’applique à faire goûter ses instructions en parlant toujours raison et vérité, ROLLIN, Traité des Ét. liv. VI, art. 4
♦ Leur donner la vie [à des fils], est un présent cruel, Sans l’éducation, sans ce bien plus réel, M. J. CHÉN., Gracq. I, 5
♦ Je ne confondrai plus les éducations qui ne sont que brillantes avec les bonnes éducations, c’est-à-dire avec celles qui rendent bon et vertueux, Mme DE GENLIS, ib. p. 442

Éducation est un mot récent ; autrefois on disait nourriture.

ÉDUCATION, INSTRUCTION. L’instruction est relative à l’esprit et s’entend des connaissances que l’on acquiert et par lesquelles on devient habile et savant. L’éducation est relative à la fois au cœur et à l’esprit, et s’entend et des connaissances que l’on fait acquérir et des directions morales que l’on donne aux sentiments.

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Le royaume de Dieu

Le royaume de Dieu est un royaume spirituel avec des citoyens spirituels et un roi spirituel. Lorsqu’une personne se repent de vivre selon les coutumes du monde et naît de nouveau par la puissance du Saint-Esprit, elle fait partie du royaume de Dieu.

Cette personne, bien qu’elle vive encore dans ce monde physique et doive utiliser l’infrastructure du monde physique, n’est plus gouvernée par l’esprit qui prévaut parmi les citoyens du monde physique. Elle doit désormais son allégeance au seigneur des seigneurs et au roi des rois, Jésus-Christ.

Les émotions et les impulsions caractéristiques du monde physique : la jalousie, l’envie, la haine, la luxure, la peur, l’orgueil et la malice n’ont aucune valeur dans le royaume spirituel. Le Saint-Esprit donne aux gens le pouvoir d’aimer, de pardonner, d’être patients, d’être pacifiques et de se réjouir des petites choses qui bénissent chaque jour de leur vie.

Les citoyens du royaume céleste diffèrent les uns des autres à bien des égards. Ils sont hommes et femmes, riches et pauvres, parlent des langues différentes, ont des apparences physiques différentes. C’est la présence du Saint-Esprit dans leur cœur, invisible à l’œil nu, qui les amène à ressentir une affinité les uns avec les autres.

Tous les royaumes terrestres sont gouvernés par le même seigneur invisible : le vieux serpent, appelé le diable et Satan. Il se présente comme un ange de lumière, promettant un paradis terrestre. Pourtant, il s’efforce toujours de diviser les gens les uns des autres. Il amène les gens à se méfier les uns des autres, dans un pays, dans un foyer, et même dans une église. Partout où l’on trouve un esprit de division, c’est l’œuvre de cet ennemi.

Les citoyens du royaume céleste doivent être conscients de cette guerre secrète et se méfier lorsque des pensées de méfiance, de peur et de colère se présentent. Cette voie mène à la mort spirituelle. Nous devons choisir de faire confiance à notre Seigneur souverain, de marcher dans la paix et l’amour.

Nous devons choisir la vie.

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Les anabaptistes en France au 12e siècle, bis

L’an1147: Henricus Petri Tholossanus, c’est-à-dire Henri de Toulouse, à cette époque et après, attaqua vigoureusement le baptême des enfants, avec les armes spirituelles de la vérité divine; qu’il avait déjà commencé à l’époque de Pierre de Bruys, comme il a été mentionné pour l’année 1126; et il n’a cessé de le poursuivre jusqu’à et après la mort dudit Pierre de Bruys; quelle matière est décrite par Jacob Mehrning, Bapt. Hist., page 664 comme suit : «Maintenant, Pierre de Bruys ayant été condamné et brûlé, Henri maintint vigoureusement sa doctrine; car il était un collaborateur de Pierre et avait plusieurs adeptes de sa doctrine.» Peter Cluniacensis écrit qu’entre autres choses, il a enseigné :

  1. Que les enfants ne puissent être baptisés ou sauvés par la foi d’autrui; mais ils doivent être baptisés et sauvés par leur propre foi; car le baptême sans foi individuelle ne sauve personne.
  2. Cette foi individuelle sans baptême est également inutile.
  3. Que les enfants qui n’ont pas encore atteint les années de compréhension ne peuvent pas être sauvés par le baptême de Christ.
  4. Que ceux qui ont été baptisés dans l’enfance doivent, lorsqu’ils deviennent plus âgés, être rebaptisés, car cela, dit-il, n’est pas rebaptiser, mais bien plutôt baptiser correctement.
  5. Que le corps et le sang du Christ ne soient pas offerts à la messe publique; et que ce sacrifice n’a aucune vertu pour le salut de l’âme. Encore une fois, que les autels doivent être abattus ou brisés en morceaux.
  6. Que la doctrine des formes et de la transsubstantiation du sacrement est fausse.
  7. Que la Cène ne doit plus être administrée (comme leurs accusateurs les ont chargés de le maintenir), elle ayant été donnée une fois par Christ aux apôtres.
  8. Que le sacrifice de la messe, la prière, l’aumône, et ainsi de suite, les œuvres des vivants pour les morts sont une folie et une méchanceté, et ne servent à rien.
  9. Que les moines et les prêtres se marient, plutôt que de commettre la fornication, et vivent continuellement dans l’obscénité.
  10. Que les crucifix ne doivent pas être honorés ou adorés; et les nombreuses croix, qui tendent à la superstition, devraient bien plutôt être abolies que conservées.
  11. Que l’homme ne devrait pas construire tant d’églises coûteuses, qui ne sont souvent pas utilisées pour entendre la Parole de Dieu; et ceux qui sont construits devraient être démolis.
  12. Que par le chant de l’église hurlant des prêtres et des moines, Dieu est moqué et non réconcilié.
  13. Que la viande peut être consommée le dimanche et les autres jours.
  14. Qu’ils ne reçoivent pas tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, à savoir ceux
    qui sont appelés apocryphes; mais l’Évangile seulement.
  15. Qu’ils ne croient qu’aux saintes Écritures, mais ne mettent pas les écrits des pères sur un pied d’égalité avec eux.

L’an1199: Il est dit qu’à cette époque les Albigeois, qui ne formaient qu’une église avec les Vaudois, s’étaient tellement multipliés dans le comté de Toulouse, que, comme s’en plaignaient les papistes, «près d’un millier de villes en étaient polluées». Introduction M. M., page 52, Col. 1, de Baron. A.D. 1199, numéro 13.

Avec cela le seigneur de St Aldegonde est d’accord, quand il dit (in’t Tafereel der Geschil., cap. 12, folio 142) : «Bien que Pierre de Bruys a été brûlé comme hérétique, à Saint-Gilles, près de Nîmes, leur doctrine s’est néanmoins répandue dans toute la province de Gascogne, dans le comté de Foix, Quercy, Agenois, Bourdelais, et presque dans tout le Languedoc, et le comté de Jugrane, maintenant appelé Venise. En Provence aussi cette doctrine était presque universellement acceptée, et les villes de Cahors, Narbonne, Carcassonne, Rhodes, Aix-la-Chapelle, Mézières, Toulouse, Avignon, Montauban, S. Antonin, Puflanrens, Castres, Minerve, Béziers, Beaucaire, Lombes, Pannes, et le pays de Bigorre furent remplis avec elle, avec beaucoup d’autres villes qui leur étaient favorables, comme Tarascon, Marseille, Perces, Agenois, Marmande et Bordeaux; par quoi cette doctrine se répandit encore plus, d’un côté en Espagne et en Angleterre, de l’autre, en Allemagne, Bohême, Hongrie, Moravie, Dalmatie, et même en Italie.

«En effet, cette doctrine s’est répandue de telle manière que, si assidûment que agissaient les papes, et tous leurs représentants, aidés des princes et des magistrats séculiers, à les exterminer, d’abord par des disputes, puis par le bannissement et l’excommunication papale, et les anathèmes, proclamant croisades, indulgences et pardons à tous ceux qui commettraient des violences contre eux, et enfin, par toutes sortes de tortures, feu, potence et effusion de sang cruelle, oui, de telle manière que le monde entier était en émoi à cause de cela; pourtant, ils (les papistes) n’ont pas pu empêcher les cendres de s’envoler à l’étranger et de se disperser au loin, presque jusqu’aux extrémités de la terre.» Introduction M. M., page 52, col. 1, 2.

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