Jésus a dit à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une colline ne peut être cachée. » Attachons-nous donc à mettre en avant la lumière, et non les ténèbres. Les gens qui nous entourent sont bien conscients des ténèbres ; nous n’avons pas besoin de les mettre en avant, de les amplifier ou de les maudire.
Soyons donc la lumière. C’est bien beau à parler de la lumière, nous devons le faire, mais à quoi cela sert-il si les gens ne peuvent pas voir la lumière en nous ? Jésus ne s’est pas contenté de nous dire de mener une vie juste, morale et marquée par le renoncement de soi. Il nous a dit d’aimer tout le monde, même nos ennemis ; de supporter les épreuves avec joie ; de pardonner à ceux qui nous font du tort ; d’être animés de compassion et d’aider les faibles, les blessés, ceux qui ont le cœur brisé.
Lorsque nous arrivons dans une communauté ou un pays dont la culture nous est étrangère, nous devrions rechercher les signes de lumière dans leur culture et nous appuyer sur ceux-ci. Lorsque Paul a été appelé à se défendre devant les juges de l’Aréopage, il n’a pas commencé par parler de Jésus. En fait, il n’a jamais mentionné Jésus par son nom. Il n’a pas non plus perdu de temps à les réprimander pour leur paganisme. Il a cité leurs poètes et leurs philosophes, choisissant dans leurs pensées les idéaux qui renvoyaient au Dieu qu’ils ne connaissaient pas. C’était un public difficile, composé d’hommes très instruits, de philosophes. Ils n’ont trouvé aucun motif de le condamner, et l’un d’entre eux est devenu croyant.
Nous ne rencontrerons peut-être jamais un groupe tout à fait comme celui-là, mais l’exemple de Paul mérite d’être pris en considération. Jésus est la réponse à tous les besoins de chaque être humain. Mais comment le sauront-ils si nous ne comprenons pas en quoi Jésus est la réponse à leurs besoins et à leurs aspirations spécifiques ? Chaque groupe de personnes possède certains idéaux inhérents à sa culture et le désir de voir ces idéaux se réaliser. Consacrer un peu de temps à découvrir la culture, et pas seulement la langue, peut rendre le message de l’Évangile bien plus efficace.
Prenons l’exemple de la France. Les idéaux qui ont conduit à la Révolution étaient Liberté, Égalité et Fraternité. Des idéaux très nobles. Inutile de préciser que la mise en œuvre de ces idéaux laisse encore beaucoup à désirer. Notre pays a-t-il vraiment fait mieux ? Napoléon s’est efforcé de concrétiser ces idéaux. Il a favorisé la liberté de conscience en mettant fin à l’Inquisition qui avait tourmenté l’Europe pendant six siècles ; il a accordé aux Juifs et aux autres minorités religieuses la liberté de vivre et de construire des lieux de culte partout en France. Il a mis en place un système juridique qui rendait chacun égal devant la loi et ne le soumettait pas aux caprices des rois et des gouvernements. Ces idéaux sont ancrés dans la conscience collective du peuple français ; toutefois, la fraternité ne peut être établie par des lois et des gouvernements terrestres, elle ne peut être pleinement réalisée que par la grâce salvatrice de Jésus-Christ. C’est là l’histoire que nous devons raconter.
Chaque être humain est créé à l’image de Dieu et nourrit un profond désir de lumière. Puissions-nous incarner cette Lumière.


Exégèse vs Eiségèse
Je sais que ces termes ne sont pas très courants, surtout le deuxième, mais ils permettent de décrire avec précision deux façons très différentes d’aborder la Bible. L’exégèse est, en philologie, une étude approfondie et critique d’un texte. Son but est de déterminer ce que l’auteur a pu vouloir dire à ses destinataires. L’eiségèse, au contraire, est une méthode d’interprétation consistant à projeter des idées, croyances ou jugements subjectifs dans un texte plutôt que de chercher à en tirer le sens original.
En parlant de la lecture de la Bible, l’exégèse, c’est ce qui se passe lorsque nous scrutons les Écritures pour découvrir ce que Dieu nous dit. L’eiségèse, en revanche, c’est ce qui se passe lorsque nous abordons les Écritures en sachant déjà ce que nous voulons qu’elles disent et que nous recherchons des versets pour étayer notre position. J’espère ne pas avoir à vous dire de quel côté je souhaite me situer.
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles nous pourrions vouloir projeter dans les Écritures les croyances que nous avons déjà. L’une d’elles est que l’on nous a enseigné certaines choses et que nous souhaitons vivement qu’elles soient vraies. Nous sélectionnons des versets qui semblent soutenir cette position, souvent sans tenir compte du contexte, et nous ignorons ceux qui disent autre chose.
Une autre raison, plus subtile, est que nous pouvons avoir peur d’être trompés si nous nous ouvrons simplement à ce que nous lisons dans la Parole de Dieu. Il vaut bien mieux disposer d’un cadre de croyances préétabli et ne lire que les passages de l’Écriture qui semblent s’y conformer. Le danger est que, même si ce cadre est tout à fait vrai, nous ne serons pas nourris en lisant la Bible de cette manière.
Je ne pense pas que nous soyons induits en erreur si nous abordons la Bible avec un esprit et un cœur ouverts, en désirant sincèrement que Dieu nous révèle la vérité dont nous avons besoin à chaque étape de notre cheminement spirituel. Il est important de lire la Bible dans son intégralité et de la lire dans un esprit de prière. Les éléments qui semblent contradictoires prendront tous tout leur sens si nous n’isolons pas un passage des Écritures du reste.
Il y a des années, un homme qui travaillait dans la même usine que moi venait souvent me poser des questions sur des passages bibliques. Au fil de nos discussions, il était évident qu’il comprenait parfaitement ce que disait la Bible. Il m’a confié qu’il s’était converti vers la fin de sa jeunesse et qu’il avait craint d’être induit en erreur en lisant la Bible, car il entendait tant d’opinions contradictoires. Ainsi, chaque fois qu’il prenait la Bible, il priait pour que Dieu le protège de la tromperie et lui révèle sa vérité. Il ressortait clairement de nos discussions que Dieu avait exaucé ses prières.
Le côté triste de cette histoire, c’est qu’il était tombé dans le péché et ne suivait plus ce qu’il savait être vrai, ce qu’il a d’ailleurs admis. Un jour, il a commis un acte au travail qui lui a valu d’être licencié. Il a déménagé loin d’ici et je ne l’ai plus jamais revu. Je continue de croire que son approche de la Bible était la bonne. Une grande partie de la confusion religieuse de notre époque pourrait être résolue si les chrétiens du monde entier ouvraient simplement leur cœur et leur esprit à ce que Dieu leur dit dans sa Parole, et qu’ils obéissaient ensuite à ce qui leur est révélé.
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