Documents importants sur ce site

Voici une liste de documents importants relatifs à l’histoire et à la doctrine des anabaptistes et des mennonites que vous trouverez sur ce blogue

Image par Colleen ODell de Pixabay

À Diognète
Une exposition de la foi chrétienne qui date du IIe siècle.
Vous la trouverez sous la rubrique Église primitive

L’Antéchrist
Une exposition des faux enseignements de l’Église catholique romaine, écrit vers l’an 1120 par des chrétiens albigeois du sud de la France.
Vous le trouverez sous la rubrique l’Antéchrist

La noble leçon
Un exposé de l’histoire de la vraie foi chrétienne, écrit par des croyants vaudois vers 1120.
Vous le trouverez sous la rubrique Les anciens vaudois

Un miroir de baptême
Une exposition du baptême d’Esprit, d’eau et de sang. Publié pour la première fois en 1744, écrit par Henry Funk, le premier évêque mennonite d’Amérique du Nord.
Vous le trouverez sous la rubrique Baptême

Origine et doctrine des mennonites
Publié pour la première fois en 1841. Écrit par Benjamin Eby, le premier évêque mennonite au Canada.
Vous le trouverez sous la rubrique les mennonites au Canada

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Épître de Gérard Roosen de Hambourg le 21 décembre 1697

[Gérard Roosen, ancien de l’assemblée mennonite de Hambourg-Altona, était tenu en haute estime partout parmi les mennonites en Europe. Il avait 85 ans au moment qu’il écrivit l’épître ci-dessous et il a vécu encore 14 ans. Au moment où il les écrivit, les mennonites d’Alsace se trouvaient aux prises avec deux crises, l’un externe, l’autre interne. L’annexion d’Alsace par la France était l’occasion des persécutions mentionnées dans le premier parti de l’épître. Mais Gérard Rooses s’inquiétait plus du désaccord parmi les mennonites d’Alsace créée par l’une de leurs ministres, Jacob Amman. Cela était le commencement de l’Église Amish.]

Mes bien-aimés amis et frères en Christ Jésus notre Seigneur, dans l’Alsace! Que beaucoup de grâce et de miséricorde, de paix et de consolation, de Dieu le Père céleste par Jésus-Christ, et l’assistance du Saint-Esprit soit avec chacun, et surtout la félicité et le salut dans cette vie et après dans la vie éternelle. Amen.

Bien-aimés! Mes pensées ont été souvent avec vous dans ce conflit pénible, et j’avais un souci pour vous; combien il doit être difficile à faire le ménage si l’un doit fuir ci, l’autre là, et qu’en conséquence il y aura un grand éparpillement! Donc j’ai parfois un désir de vous écrire, mais je ne savais pas comment le faire parvenir à vous, ayant envoyé plusieurs lettres au Palatinat dans les années passées sans avoir reçu aucune réponse. Aujourd’hui j’ai reçu une lettre de Christian Blum, dans lequel il dit que vous pensez souvent de moi, et que vous vous souvenez de moi à toutes vos réunions.

Aussi, j’ai été poussé par un amour fraternel de me souvenir de vous et de vous rendre visite une fois de plus par lettre, parce qu’il ne m’est pas possible de venir personnellement à cause de mon âge et aussi la distance et le danger. Alors, je veux dire avec l’apôtre Paul : «Si je suis absent de corps, je suis avec vous en esprit» (Colossiens 2.5a). Il me peine d’entendre de l’opposition que vous devez endurer, pendant qu’ici nous vivons dans la paix; temporelle et spirituelle. Temporellement, j’espère que le reste et la paix viendront bientôt pour vous, si seulement vous ne deveniez pas des disciples des persécuteurs qui se disent chrétiens. Faites attention à Strasbourg, Alsace, et en France; il faut suivre le conseil du Seigneur Christ avec patience (Matthieu 10).

De plus, je suis sincèrement désolé que vous ayez été tellement troublés par certains qui pensent hautement d’eux-mêmes et qui font des lois au sujet des choses qui ne sont pas exigées dans l’Évangile. Si les Écritures apostoliques avaient énoncé comment et avec quoi un croyant devrait s’habiller, et une personne voyageant dans d’autres pays aurait rencontré des personnes qui vivaient contraires à ces règles, alors cette position pourrait être valide. Mais pour contredire l’Évangile en liant la conscience à une certaine forme dans des chapeaux, des chaussures, des chaussettes ou des cheveux, laquelle forme diffère d’un pays à un autre, et de prendre sur lui l’autorité d’excommunier ceux qui ne se soumettent pas à de telles règles; et de chasser de l’Église comme un levain ceux qui n’évitent pas un tel, c’est quelque chose que ni le Seigneur Jésus dans les Évangiles ni les saints apôtres ont commandé, d’être lié par ces choses externes, et n’ont donné ni lois ni règles dans cette question. À mon avis c’est ce que Paul veut dire en Colossiens, chapitre 2 : «Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit.» (Romains 14.17), pas ceci ou cela dans le style de vêtements, le Seigneur ne nous lie pas dans les choses externes.

D’où se trouve donc notre ami Jacob Amman l’autorité à faire des lois pour les gens, et puis à jeter hors de l’Église quelqu’un qui n’obéit pas? S’il se considère d’être ministre de l’Évangile de Jésus-Christ et s’il voudrait garder la loi littéralement, il doit aussi ne pas avoir deux manteaux, ne de l’argent dans son porte-monnaie, ni chaussures sur ses pieds. S’il n’observe pas la lettre de la loi de son Seigneur, comment ose-t-il exiger quelque chose de son voisin qu’il n’a pas reçu de son Législateur comme loi? Ô, qu’il fasse comme l’apôtre Paul, parce qu’on doit craindre le Seigneur, il faut traiter nos semblables avec la tendresse, et ne bouleverse pas leur faible conscience. Il est l’admonition de l’apôtre Paul de faire accueil à celui qui est faible dans la foi.

Dans toutes les lettres de Paul, nous ne trouvons pas un seul mot qu’il a donné des commandements aux croyants sur la forme ou le style de vêtements qu’ils devraient porter, mais plutôt qu’il nous exhorte à être attiré aux choses humbles. Je considère qu’il est bon et correct de se conduire selon les coutumes du pays dans lequel on habite. Mais il est raisonnable et juste que tout luxe, orgueil et luxure charnels soit évitée (1 Jean 2), et de ne pas accepter trop vite de nouveaux styles en vêtements ni les modifier pour se conformer à la mode. Cela est quelque chose qui doit être discipliné. Mais là où il est devenu l’usage courant dans un pays, il est honorable et bon d’accepter un tel usage, si on le fait dans l’humilité.

Merci à Dieu, je ne veux pas la convoitise des yeux ni l’orgueil de ce monde, mais j’ai toujours porté à peu près le même style de vêtements; mais si j’avais porté un autre style, selon l’usage commun du pays, devrais-je être excommunié à cause de cela? Cela serait déraisonnable et contraire à l’Écriture.

Le Seigneur a ordonné, bien sûr, qu’il doive y avoir de la discipline dans l’Église de Dieu pour les membres obstinés et tels qui résistent à la loi de Dieu dans l’Évangile. Par conséquent, on doit déterminer si ce que nous voulons lier y sera également lié, ou commandé à être lié.

Les Saintes Écritures doivent être notre norme. Nous devons nous y soumettre; non pas courir en avant, mais les suivre, non pas impétueusement, mais avec prudence, crainte et affliction; car il est une chose périlleuse dans le jugement de Dieu de lier sur la terre ce qui n’est pas lié dans le ciel.

Cela écrit en amour et vérité, pour service et instruction pour votre bien. J’ai senti contraint d’écrire à vous. Que notre Père céleste affectueux et Dieu de réconfort soit votre aide et force dans toute épreuve et qu’il vous bénisse, corps et âme, à son honneur et pour votre bonheur. Amen.

De moi, votre frère, Gérard Roosen de Hambourg.

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Centré sur moi-même ou centré sur Dieu ?

Nous sommes entrés dans ce monde en tant que bébés sans défense et nous étions totalement centrés sur nous-mêmes. Nous devions l’être. Nous avions besoin d’être nourris, nous avions besoin d’aide lorsque nous avions mal, nous avions besoin d’aide lorsque nous avions peur, mais nous ne pouvions nous procurer aucune de ces choses par nous-mêmes. Nous exprimions donc nos besoins et nos parents devaient comprendre ce qui nous faisait pleurer.

Avec le temps, nos parents ont commencé à nous faire comprendre que les autres avaient aussi des besoins et que nos besoins ne devaient pas toujours primer sur ceux des autres. C’est une leçon difficile et il semble que nous devions l’apprendre encore et encore, jour après jour. J’ai 80 ans et je suis chrétien depuis plus de 50 ans. Pourtant, je constate que l’égocentrisme reste ma réponse instinctive, mon réglage par défaut.

Néanmoins, parce que je suis chrétien, quelque chose d’autre a pris racine en moi qui, la plupart du temps du moins, m’empêche d’agir sur ces impulsions égocentriques. Cette autre chose, ou plutôt cette autre personne, c’est le Saint-Esprit. Il y a une petite voix intérieure qui me dit que suivre la voie égocentrique n’aboutira pas au bonheur, pas pour moi et certainement pas pour les personnes qui m’entourent.

Cette petite voix intérieure me dit aussi qu’il y a des choses que je devrais faire, des choses que je ne veux pas faire. Des choses qui se heurtent à ma nature égocentrique, parfois des choses que j’ai peur de faire par crainte de ce que les autres pourraient penser ou de la façon dont ils pourraient réagir. Pourtant, lorsque j’obéis aux incitations du Saint-Esprit et que je fais des choses que je n’ai jamais faites auparavant, et que je ne penserais même pas à faire sans ces incitations, je me sens bien, quelle que soit la façon dont les choses se passent.

C’est ainsi que le Dieu qui transcende ce monde physique commence à me transformer en quelqu’un que je ne pourrais jamais être en suivant ma nature égocentrique. C’est ainsi que je commence à comprendre qui je suis vraiment, la personne que Dieu voulait que je sois. Cela ne se traduit pas par l’acclamation du monde. «Car ce qui est élevé devant les hommes est une abomination devant Dieu.»

Mais cela se traduit par un profond sentiment de paix avec Dieu et un amour pour mon prochain qui ne dépend pas de la façon dont il me traite. Tout cela, plus l’espoir d’un avenir qui transcende ce monde actuel.

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Qu’est-ce que c’est l’œuvre missionnaire?

À quoi pensez-vous lorsque quelqu’un parle de missions chrétiennes? Pensez-vous à parler de Jésus aux autres et à les conduire au salut? L’œuvre missionnaire se limite-t-elle à cela?

Selon ce que je lis dans les Écritures, elles disent que conduire les gens au salut n’est que le début. L’œuvre missionnaire comporte trois parties : (1) faire des convertis; (2) faire des disciples; (3) former des assemblées. Je crois que le commandement de Jésus que nous appelons la Grande Mission comprend ces trois points. «Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. »

  1. Faire des convertis
    Les disciples observaient quelqu’un qui chassait les démons au nom de Jésus et voulaient l’en empêcher. Mais Jésus dit : «Ne l’interdisez pas; car celui qui n’est pas contre nous est pour nous.» Jésus est prêché de bien des manières dans le monde, les œuvres des ténèbres sont renversées, des âmes sont sauvées. Il n’est pas bon pour nous de trouver des défauts à de telles œuvres qui sont bénies par Dieu. Mais ce n’est que le premier pas dans l’œuvre missionnaire.
  2. Faire des disciples
    À un autre endroit, on pourrait croire que Jésus se contredit, car il dit : «Celui qui n’est pas avec moi est contre moi». Mais le sens devient clair si nous lisons le reste du verset : «celui qui ne rassemble pas avec moi disperse». Jésus veut rassembler toutes les personnes nées de nouveau dans un même bercail. Trop souvent, ce qui se passe, c’est que les mêmes personnes qui prêchent l’évangile rassemblent les convertis à eux-mêmes, à leur propre compréhension de la façon dont les chrétiens devraient vivre. C’est cela qui a conduit à la multitude de divisions que nous voyons aujourd’hui parmi ceux qui se disent chrétiens.
    Jésus nous appelle tous à une vie de disciple, à ne suivre que lui. Cela signifie une vie de disciple, d’observer tout ce que Jésus a enseigné dans les Écritures; et cela n’est possible que par la soumission à Dieu et l’obéissance au Saint-Esprit.
  3. Former des assemblées
    La vie de disciple conduit à l’unité, où les croyants peuvent se faire mutuellement confiance parce qu’ils voient la vie de Christ à l’œuvre les uns dans les autres. Cette unité doit transcender tout ce qui pourrait nous diviser : les différences d’ethnicité, de langue, de culture, de statut économique et social. La création d’une assemblée n’est possible que lorsque nous pouvons nous faire mutuellement confiance, nous soutenir mutuellement et travailler ensemble dans l’unité pour la cause du Christ.
    «Il n’y a ici ni Grec, ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni barbare, ni Scythe, ni esclave ni libre; mais Christ est tout et en tous» (Colossiens 3.11). Nous pouvons substituer ici toute autre circonstance ou condition qui pourrait tendre à nous diviser, mais en fin de compte, il n’est possible d’avoir une assemblée qui fonctionne que lorsque nous avons l’assurance que Christ est tout et en tous.
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Étroitement unis

Dans Éphésiens 4.16 et Colossiens 2.19, l’apôtre Paul décrit l’Église comme un corps. Christ est la tête et la nourriture circule dans le corps d’un membre à l’autre afin que tous les membres soient nourris. Les membres sont liés entre eux par des tendons qui permettent au corps de fonctionner de manière coordonnée selon la volonté de la tête. Tel est le plan de Dieu pour son corps, l’Église.

Je crains que l’œuvre missionnaire ne soit parfois confondue avec l’évangélisation. La prédication de l’évangile pour amener les pécheurs à Christ est l’évangélisation. Mais nous ne devons pas nous arrêter là. Une collection de convertis n’est pas un corps de croyants.

L’œuvre missionnaire, telle que décrite dans Matthieu 28:19, consiste à faire des disciples. Les nouveaux convertis doivent être formés à la vie de disciple, à la manière d’être tissés par l’amour afin de faire partie du corps actif d’une assemblée.

Une autre façon de dire cela est que l’évangélisation n’atteint pas son but si elle n’est pas suivie par la formation de disciples qui lient les croyants dans un corps qui dépeint activement la vérité de l’amour et du pouvoir rédempteur de notre Sauveur.

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Des adolescents pour Jésus

J’entends des rumeurs ces derniers mois d’un nouveau mouvement Jesus People, surtout en France. Des adolescents, surtout des adolescentes, font des remous sur Internet avec leur enthousiasme pour la voie de Jésus-Christ. Certains publient des photos d’elles-mêmes portant un voile de prière, d’autres parlent de prier avant un repas au restaurant. Ils ne sont pas unanimes dans leurs croyances et leurs pratiques, mais l’enthousiasme est évident.

Il y a toujours eu des prophètes d’un monde meilleur à créer par la religion, la politique ou une action sociale quelconque. Avec le temps, ces promesses se fanent et pourrissent. Lorsqu’une personne est désillusionnée par les faux espoirs présentés par le monde, l’évangile de Jésus-Christ se présente comme toujours nouveau et rafraîchissant. Mais il doit s’agir du pur évangile, solidement fondé sur la Parole de Dieu et animé par le Saint-Esprit.

Cela réchauffe le cœur de ceux d’entre nous qui sont âgés de voir des jeunes choisir le chemin de Jésus-Christ. Nous voulons les aider, mais ces jeunes ont besoin de plus de notre part que de nos applaudissements. Ils ont besoin de mentors. Ces jeunes vont rencontrer tant d’enseignements confus et contradictoires, qui prétendent tous être la vraie voie. Ils ont besoin de guides spirituels, de personnes qui ont parcouru ce chemin suffisamment longtemps pour discerner la vérité de la demi-vérité. Des chrétiens matures qui sont des exemples de la voie de la sainteté, de l’humilité et de l’unité, plutôt que du pharisaïsme; qui savent que c’est un faux espoir de penser que le monde peut être changé du haut vers le bas. Le vrai changement commence toujours par le bas.

Par-dessus tout, «n’éteignez pas l’Esprit» (1 Thessaloniciens 5.19). L’enthousiasme ne doit pas être supprimé, il doit être guidé sur le bon chemin.

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La souffrance

C’est presque 300 ans depuis qu’Henry Funk a écrit le traité Un miroir du baptême dans lequel il explique que les chrétiens ne doivent pas être surpris s’ils rencontrent de l’opposition, des persécutions et des souffrances. Il écrivait comme quelqu’un qui était pleinement conscient des souffrances des chrétiens anabaptistes à travers les siècles. Il semble que nous avons vécu dans la paix et la prospérité depuis si longtemps que nous pensons que les pensées d’Henry Funk sont dépassées, quelque chose qui appartenait à un autre lieu, une autre époque.

L’écrivaine canadienne Anne Voskamp n’est pas de cet avis. Voici une citation récente :
«Mais nous pensons, oh, puis-je avoir cette rencontre avec Dieu sans avoir à prendre la route de Gethsémané, sans avoir à prendre la via Dolorosa? Pouvons-nous, en tant que peuple qui prend le chemin de Jésus, accepter que ce chemin implique toujours la souffrance? Et ce n’est pas parce que vous avez fait quelque chose de mal. C’est la façon d’être humain dans un monde brisé.»1

Ce matin, nous avons appris qu’un frère diacre en Haïti a été enlevé par le gang de rue le plus violent de Port-au-Prince. Pouvons-nous être rassurés en pensant que de telles circonstances ne se rapprocheront jamais plus près de nous? Ou se peut-il que notre sécurité physique ne soit pas la préoccupation numéro un de Dieu? Prions pour Haïti et tout son peuple.

1 Extrait d’une interview publiée dans le numéro de mai-juin de Faith Today, page 26.

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Il y a une famine dans les campagnes

Les églises des régions rurales et des petites villes du Canada disparaissent rapidement. La ville où j’ai grandi comptait autrefois cinq églises. Il n’en reste que deux, et ce sont les églises où l’on a le moins de chances d’entendre des prédications fondées sur la Bible. Les petites villes voisines n’ont pas d’églises du tout.

C’est plus qu’une curiosité démographique. Cela signifie que dans des pans entiers de notre nation, les gens sont privés d’un lieu facilement accessible pour entendre prêcher la Parole de Dieu. Autrefois, beaucoup de gens considéraient l’église comme une nécessité. Les familles économisaient et donnaient de leur temps et de leur travail pour s’offrir un lieu de culte.

Quelle est la cause de ce déclin? Une partie du problème est le coût d’un pasteur. Offrir un logement convenable et un salaire décent à un pasteur et à sa famille représentait de loin la plus grande partie des dépenses de la plupart des églises des petites villes. Certaines dénominations ont essayé de répartir les coûts en ayant un ministre pour des assemblées dans trois ou quatre villes. Les petites assemblées ont disparu les unes après les autres. Les assemblées des petites villes ont fusionné avec une assemblée d’une plus grande ville. Beaucoup de gens trouvent que c’est trop loin pour conduire et maintenant beaucoup d’assemblées dans les grandes villes sont en difficulté.

Les ministres ne veulent pas rester longtemps dans une église où ils sont faiblement rémunérés; les paroissiens sont découragés par le roulement constant des ministres. Certains ministres sont jeunes et ont du mal à établir un rapport avec des paroissiens plus âgés qu’eux. D’autres ont appris de nouvelles idées dans les écoles bibliques et les séminaires qui ne trouvent pas d’écho auprès de leurs paroissiens de petite ville. Les vérités bibliques démodées et les vieux hymnes sont mis de côté au profit d’enseignements et de refrains censés être plus attrayants pour les jeunes. Rien de tout cela ne semble avoir fonctionné.

Le vrai problème est l’idée qu’une église ne peut survivre sans un ministre formé et salarié. Dans les Écritures, les croyants se réunissent pour adorer et s’édifier mutuellement. Dans un tel contexte, le Saint-Esprit donnera éventuellement des directives pour choisir des frères pour des rôles de direction.

Les qualités pour le dirigeant d’une église sont les suivantes : un homme irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement, ne soit pas adonné au vin, ni violent ni cupide; un homme qui dirige bien sa propre maison, qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté; non pas un nouveau converti, de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. De plus, il doit avoir une bonne réputation de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l’opprobre et dans les pièges du diable.

Ce ne sont pas des qualités que l’on peut apprendre dans une école biblique ou un séminaire. Ce sont des vertus qui sont mieux attestées par ceux qui connaissent bien la personne : les membres de sa propre assemblée. En outre, cette personne doit être appelée par Dieu et par l’assemblée, elle ne doit pas prendre sur elle la responsabilité du leadership.

Le Nouveau Testament donne des instructions pour apporter un soutien matériel à un responsable, mais pas pour en faire un employé de l’église. Le responsable doit être capable de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, mais l’assemblée doit l’aider lorsque les responsabilités du responsable exigent des déplacements ou des dépenses supplémentaires. L’apôtre Paul a travaillé comme fabricant de tentes, mais a accueilli des dons pendant les périodes où il était en prison.

Lorsque la simplicité du modèle du Nouveau Testament est ignorée, cela provoque des troubles. Un leader peut s’arroger la suprématie sur l’église et exiger la conformité à sa façon de penser. Les congrégations se divisent à cause de différences de personnalité ou de petites différences de pratique qui ne peuvent être conciliées. Des individus créent leurs propres églises. De petites assemblées ferment parce qu’elles estiment avoir besoin d’un pasteur qualifié, mais n’ont pas les moyens d’en payer un.

Il y a plus de deux cents assemblées de l’Église de Dieu en Christ, mennonite au Canada et aux États-Unis. La plupart sont situées dans des zones rurales. La plupart ont plusieurs ministres et diacres, mais on n’attend pas d’eux qu’ils dirigent tout; chaque membre a un rôle à jouer dans le fonctionnement de l’assemblée. De nouvelles assemblées se forment chaque année. Il ne s’agit pas d’une réalisation humaine, mais de l’œuvre du Saint-Esprit dans la vie de chaque membre alors que nous construisons selon le modèle de foi et de communion du Nouveau Testament.

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Le Dieu grand et redoutable

Pour réduire le christianisme à un déisme moraliste et thérapeutique, nous devons réduire Dieu à un thérapeute chaleureux et aveugle à nos fautes dont le seul désir est de nous aider à trouver un soulagement aux crises émotionnelles et existentielles qui troublent nos vies.

Ce n’est pas ainsi que la Bible le décrit. Néhémie parle deux fois de Dieu comme étant grand et redoutable (Néhémie 1.5 et 4.14) et David une fois (Psaume 99.3). Quand Ésaïe a vu Dieu, il a dit : «Malheur à moi! je suis perdu» (Ésaïe 6.5). Lorsque Jean a vu Christ glorifié, il tombait à ses pieds comme mort (Apocalypse 1.17).

Ceci semble introduire une énigme. En lisant la Bible, elle nous recommande à plusieurs reprises de craindre Dieu. Pourtant, elle nous recommande tout aussi souvent de «ne craignez point». Comment expliquer cette énigme? En examinant la vie d’hommes tels que Moïse, David, Ésaïe, Néhémie et Jean, un fait frappant apparaît : ceux qui avaient la plus grande crainte de Dieu ne craignaient pas ni grand-chose ni personne d’autre.

Les Écritures nous invitent à une relation personnelle avec ce Dieu grand et redoutable. Ceux qui acceptent cette invitation constatent que leurs craintes s’estompent proportionnellement à la solidité de leur relation avec Dieu. Ils découvrent vraiment qu’il est un Dieu d’amour, un Père pour les orphelins et un Consolateur pour ceux qui ont le cœur brisé. Pourtant, il reste l’omnipotent, ayant tout pouvoir sur toutes choses, visibles et invisibles. Nous devons nous soumettre à lui et le servir, car il ne sera pas notre serviteur.

Beaucoup veulent croire en un autre type de Dieu, un Dieu qui produit des miracles et des guérisons sur demande, mais qui est en même temps un Dieu qui ne réprouve jamais la désobéissance volontaire. Malheureusement, ce Dieu doux et aimant semble incapable de générer un véritable amour ou une véritable paix chez ceux qui prétendent le connaître.

Le véritable amour vient du fait d’être en relation avec le vrai Dieu qui sait tout de nous, non seulement nos paroles et nos actions, mais aussi nos pensées et nos sentiments les plus profonds et les plus cachés, et qui nous pardonne pourtant complètement lorsque nous nous repentons. La paix et la sécurité authentiques viennent de la confiance totale que nous accordons à ce Dieu qui échappe totalement à notre contrôle.

«Voyez quel amour le Père nous a témoigné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu! Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a pas connu.» (1 Jean 3.1)

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Déisme moraliste et thérapeutique

Le déisme moraliste et thérapeutique, un terme utilisé pour la première fois par Christian Smith, semble être une description appropriée d’une grande partie de ce qui passe pour le christianisme en Amérique du Nord. Cette philosophie amène les gens à croire en un Dieu qui veut qu’ils soient bons, qui veut qu’ils se sentent bien dans leur peau, qui n’a pas besoin d’être consulté sauf en cas d’urgence et qui acceptera presque tout le monde au paradis.

L’une des conséquences malheureuses est que ces personnes lisent l’Ancien Testament comme une série de contes moraux, ce qui les conduit à des conclusions qui mettent en valeur la bêtise et l’égarement des personnages de l’Ancien Testament. Une telle lecture passe totalement à côté de l’histoire de la rédemption qui est au cœur de ces récits. Le Nouveau Testament voit dans ces histoires la manière dont Dieu révèle peu à peu son plan de rédemption.

Les traducteurs de la version anglaise King James étaient des hommes d’une humilité remarquable. Lorsqu’un passage de la Bible pouvait légitimement être compris de deux manières différentes, ils ne pensaient pas avoir le droit de choisir entre les deux. Ils ont placé l’une d’elles dans le texte et l’autre dans une note à côté du verset. Je crains que toutes les éditions nord-américaines de la Bible aient éliminé ces lectures alternatives, et que les traducteurs ultérieurs n’aient pas eu la même hésitation à choisir l’une plutôt que l’autre.

Dans Juges 11.31, le vœu de Jephthé est que tout ce qui sortira de sa maison «appartiendra au Seigneur et/ou je l’offrirai en holocauste». Le texte hébreu ne contient pas de conjonction, pourtant le contexte semble en exiger une. Les traducteurs ont inséré et dans le verset et ou dans la note pour ce verset. Puis, au verset 40, on nous dit que «les filles d’Israël allèrent chaque année se lamenter /parler avec/ la fille de Jephthé.» Se lamenter est dans le verset, parler avec est dans la note. Ces lectures alternatives, que les traducteurs ont jugé crédibles, semblent être la signification la plus probable à la lumière de la haine de Dieu pour la sacrifice humain et de sa bénédiction sur Jephthé. Adam Clark, dans son commentaire, déclare qu’il croit que «parler avec la fille de Jephthé» est la traduction correcte.

Les histoires de Jephthé et de Samson semblent être presque universellement mal comprises. Si Jephthé était aussi fou et méchant qu’il est souvent dépeint aujourd’hui, pourquoi le Seigneur a-t-il béni son vœu et lui a-t-il donné la victoire sur les Ammonites? Pourquoi Samuel dit-il au peuple dans 1 Samuel 12.11 «L’Éternel envoya Jerubbaal, Bedan, Jephthé et Samuel, et il vous délivra de la main de vos ennemis de tous côtés, et vous habitâtes en sécurité»? Pourquoi Jephthé est-il cité dans Hébreux 11.32 comme un homme de foi? Le message que nous devons retenir de l’histoire de Jephthé dans Juges 11 est qu’il s’est sacrifié pour sauver son peuple de ses oppresseurs.

Il n’est dit nulle part qu’il a offert sa fille en holocauste. Sa fille n’a pas parcouru les montagnes pour se lamenter sur sa mort imminente, elle se lamentait sur le fait qu’elle n’aurait jamais d’enfants, et donc que son père n’aurait pas de postérité. Il s’agit d’un sacrifice énorme pour un homme en Israël, qui relie l’histoire de Jephthé à celle d’Abraham offrant son fils. Tous deux font partie de l’histoire de la rédemption, annonçant le moment où Dieu offrirait son Fils unique pour notre rédemption.

Samson a été pendant vingt ans juge en Israël. Si nous lisons le récit, nous constatons que la plupart des choses que les prédicateurs et écrivains modernes trouvent si peu recommandables ont été faites par Samson sous l’impulsion de l’Esprit du Seigneur. L’Esprit du Seigneur n’a pas quitté Samson avant qu’il ait oublié que sa grande force venait du Seigneur. Il a révélé à Dalila le secret de sa force, mais il semble qu’à ce moment-là, il ne croyait plus guère que sa force était le résultat de son vœu de naziréat. L’Esprit du Seigneur l’a quitté, avec des conséquences douloureuses. Puis, alors qu’il était captif et esclave des Philistins, il a renouvelé son vœu et a donné sa vie pour libérer son peuple de la domination des Philistins. Tel est le message de l’histoire de Samson qui échappe totalement à ceux qui tentent de tirer une leçon morale de ses prétendus méfaits. Samson est également mentionné comme un homme de foi dans Hébreux 11:32.

Aux disciples sur la route d’Emmaüs, Jésus a dit : «O insensés et lents de cœur à croire tout ce qu’ont dit les prophètes : Christ ne devait-il pas souffrir ces choses, et entrer dans sa gloire? Et commençant par Moïse et tous les prophètes, il leur exposa dans toutes les Écritures ce qui le concernait» (Luc 24. 25-27). Un peu plus loin dans le même chapitre, il dit : «Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l’intelligence, afin qu’ils comprissent les Écritures» (versets 44-45). Aujourd’hui, nous disposons à la fois de l’Ancien et du Nouveau Testament, pourquoi tant de gens ont-ils encore le cœur lent pour croire les preuves de l’histoire de la rédemption qui se trouvent dans l’histoire de l’Ancien Testament?

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Devenir une meilleure personne

J’étais dans une pharmacie, cherchant sur étagères des suppléments nutritionnels celui que je voulais. Près de moi, un couple faisait la même chose.

L’homme dit à sa femme : «C’est censé faire de moi une meilleure personne. Je crois que c’est écrit sur l’étiquette.»

En entendant cela, je suis intervenu : «S’il y a une pilule qui peut faire ça, je la veux aussi.»

L’homme a demandé à sa femme : «N’as-tu pas remarqué que je suis devenu une meilleure personne depuis que je la prends?»

Elle s’est mise à rire. Nous avons tous ri.

Si seulement c’était aussi simple que de prendre une pilule. Mais je suis chrétien depuis 52 ans et je viens de me rendre compte que je ne suis toujours pas devenu la personne merveilleuse que je voulais être, que je pensais parfois être.

Toutefois, je ne suis pas la même personne que j’étais il y a 52 ans. Dieu, par l’intermédiaire du Saint-Esprit, a travaillé avec moi et transformé peu à peu mes attitudes et mes habitudes.

Je ne suis pas devenu instantanément une personne merveilleuse lorsque je suis né de nouveau. La sanctification est un processus, quelque chose qui devra se poursuivre aussi longtemps que durera cette vie.

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