Si je confie ma réflexion à un algorithme – un robot –, ma capacité à penser commence-t-elle à s’atrophier ? Qu’en est-il de ma conscience ? Si je laisse l’algorithme décider à ma place de ce qui est bien et de ce qui est mal, ma conscience s’atrophie-t-elle ? Peut-être même mon humanité ? Que signifie être humain ?
Pourquoi ai-je la capacité de penser ? Pourquoi ai-je une conscience ? Quel est le sens de la vie ? La vie a-t-elle un but ?
Si je ne suis qu’un accident cosmique, un agglomérat aléatoire d’atomes qui a, d’une manière ou d’une autre, développé ce qui semble être la capacité de penser, aucune de ces questions n’a d’importance. Mais si j’ai été créé, ces questions revêtent une importance primordiale. Si j’ai été créé, alors je dois d’une manière ou d’une autre, rendre des comptes à celui qui m’a créé ; je ne dois pas laisser un algorithme dépourvu d’esprit et de sens des responsabilités me guider dans mes décisions quotidiennes ni dans ma quête de la voie de la vérité.
Peut-être que tout se résume à la question de savoir si la vérité existe réellement. La pensée courante de notre époque, l’esprit du temps, affirme qu’il n’y a pas de vérité. Mais il y a quelque chose en moi qui m’éveille lorsque j’ai le sentiment que les autres m’ont traité injustement. D’où cela vient-il ? Nous semblons tous partager ce sentiment. Y a-t-il une part de vérité dans ce sentiment ? Si c’est vrai, je devrais être capable de distinguer le bien du mal. C’est ce que nous appelons la conscience. Est-elle réelle ? Ou s’agit-il simplement de collisions aléatoires d’atomes au hasard dans ce que nous appelons notre cerveau ?
Mon existence a-t-elle un sens ? Pourquoi ? D’où vient-il ? S’il y a un sens à mon existence, alors il doit exister dans l’univers une force intelligente qui me guide vers un but qui n’est pas nécessairement le mien. Appelons cette force « Dieu » ; il ne semble vraiment pas y avoir d’autres explications, n’est-ce pas ?
Nous vivons dans un monde qui semble chaotique, mais l’est-il vraiment ? Ou est-ce simplement qu’il se passe tant de choses que nous ne pouvons espérer toutes les saisir avec notre esprit limité ? Mais Dieu voit tout, sait tout, et veut nous guider vers une fin qu’il voit clairement, mais qui nous est en grande partie cachée.
La voie à suivre pour nous, pour moi, est quelque chose que nous ne voulons pas faire : nous soumettre à Dieu. Malgré nos craintes, la soumission à Dieu ne fera pas de nous des robots sans esprit ; c’est ce que l’IA et ses algorithmes feront de nous. La soumission à Dieu lui permet de nous guider pour que nous devenions tout ce que nous pouvons être et tout ce qu’il veut que nous soyons, et elle nous conduit vers un but qui nous apportera le plus grand bonheur. Nous ne voulons pas nous soumettre. Mais l’absence de soumission nous laisse ballottés au gré du chaos de ce monde. La voie de la soumission est la voie de la paix, la voie de l’espérance.
« Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. » Jérémie 29.11

Exégèse vs Eiségèse
Je sais que ces termes ne sont pas très courants, surtout le deuxième, mais ils permettent de décrire avec précision deux façons très différentes d’aborder la Bible. L’exégèse est, en philologie, une étude approfondie et critique d’un texte. Son but est de déterminer ce que l’auteur a pu vouloir dire à ses destinataires. L’eiségèse, au contraire, est une méthode d’interprétation consistant à projeter des idées, croyances ou jugements subjectifs dans un texte plutôt que de chercher à en tirer le sens original.
En parlant de la lecture de la Bible, l’exégèse, c’est ce qui se passe lorsque nous scrutons les Écritures pour découvrir ce que Dieu nous dit. L’eiségèse, en revanche, c’est ce qui se passe lorsque nous abordons les Écritures en sachant déjà ce que nous voulons qu’elles disent et que nous recherchons des versets pour étayer notre position. J’espère ne pas avoir à vous dire de quel côté je souhaite me situer.
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles nous pourrions vouloir projeter dans les Écritures les croyances que nous avons déjà. L’une d’elles est que l’on nous a enseigné certaines choses et que nous souhaitons vivement qu’elles soient vraies. Nous sélectionnons des versets qui semblent soutenir cette position, souvent sans tenir compte du contexte, et nous ignorons ceux qui disent autre chose.
Une autre raison, plus subtile, est que nous pouvons avoir peur d’être trompés si nous nous ouvrons simplement à ce que nous lisons dans la Parole de Dieu. Il vaut bien mieux disposer d’un cadre de croyances préétabli et ne lire que les passages de l’Écriture qui semblent s’y conformer. Le danger est que, même si ce cadre est tout à fait vrai, nous ne serons pas nourris en lisant la Bible de cette manière.
Je ne pense pas que nous soyons induits en erreur si nous abordons la Bible avec un esprit et un cœur ouverts, en désirant sincèrement que Dieu nous révèle la vérité dont nous avons besoin à chaque étape de notre cheminement spirituel. Il est important de lire la Bible dans son intégralité et de la lire dans un esprit de prière. Les éléments qui semblent contradictoires prendront tous tout leur sens si nous n’isolons pas un passage des Écritures du reste.
Il y a des années, un homme qui travaillait dans la même usine que moi venait souvent me poser des questions sur des passages bibliques. Au fil de nos discussions, il était évident qu’il comprenait parfaitement ce que disait la Bible. Il m’a confié qu’il s’était converti vers la fin de sa jeunesse et qu’il avait craint d’être induit en erreur en lisant la Bible, car il entendait tant d’opinions contradictoires. Ainsi, chaque fois qu’il prenait la Bible, il priait pour que Dieu le protège de la tromperie et lui révèle sa vérité. Il ressortait clairement de nos discussions que Dieu avait exaucé ses prières.
Le côté triste de cette histoire, c’est qu’il était tombé dans le péché et ne suivait plus ce qu’il savait être vrai, ce qu’il a d’ailleurs admis. Un jour, il a commis un acte au travail qui lui a valu d’être licencié. Il a déménagé loin d’ici et je ne l’ai plus jamais revu. Je continue de croire que son approche de la Bible était la bonne. Une grande partie de la confusion religieuse de notre époque pourrait être résolue si les chrétiens du monde entier ouvraient simplement leur cœur et leur esprit à ce que Dieu leur dit dans sa Parole, et qu’ils obéissaient ensuite à ce qui leur est révélé.
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