Succotash

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Lundi passé était le Jour de l’Action de Grâce au Canada et mon esprit est revenu à un repas qu’on nous a servi il y a de nombreuses années lors d’une réunion de famille dans le Massachusetts.

Succotash a été servi lors du premier repas d’Action de Grâce à Plymouth, dans le Massachusetts. Il a été préparé par des membres de la tribu des Narragansett, à partir de légumes indigènes d’Amérique du Nord qui avaient été domestiqués par les peuples autochtones. Le mot vient de la langue Narragansett. C’est le genre de nourriture qui a aidé les passagers du Mayflower à survivre jusqu’à ce qu’ils puissent cultiver des céréales et d’autres nourritures auxquels ils étaient habitués.

L’illustration montre le maïs et les fèves de Lima, les deux ingrédients essentiels. D’autres fèves peuvent être ajoutés, aussi des tomates, des poivrons verts et rouges, peut-être de la courge. Ce sont tous d’origine nord-américaine. De nombreuses recettes sont disponibles sur l’Internet, mais je ne suis pas sûr qu’une recette soit nécessaire. Chauffez jusqu’à ce que vous pensez que c’est fait.

Le succotash est un aliment très nutritif avec des quantités négligeables de sodium et de gras, mais a un goût plutôt blasé pour un palais nord-américain habitué à plus d’épices et d’assaisonnements. Vous pouvez essayer d’ajouter des arômes importés, tels qu’un peu de sel et des oignons hachés. Peut-être même des piments forts, originaires de plus au sud dans l’Amérique du Nord.

Bon appétit.

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Actions de grâce

Tous les hommes adultes d’Israël devraient assister à trois festivals annuels à Jérusalem. Comme décrit dans Lévitique, ils étaient la Pâque, la Pentecôte et les Tabernacles. Chacun commémorait un événement majeur de son histoire et constituait un festival d’action de grâce pour les récoltes.

La première était la Pâque, observée le quatorzième jour du premier mois, à peu près équivalente à avril dans le calendrier julien. Ce fut une célébration de leur délivrance de l’esclavage en Égypte. C’était aussi le début de la récolte des grains ensemencés à l’automne. La première gerbe d’orge devait être offerte le deuxième jour de la Pâque.

Sept semaines plus tard, ou cinquante jours, la Pentecôte a célébré l’achèvement de la récolte du grain ensemencé au printemps. Il n’est pas spécifiquement mentionné dans Lévitique, mais le jour coïncide avec le jour où Moïse est descendu du mont Horeb avec les tablettes de pierre sur lesquelles Dieu avait écrit les Dix commandements.

La fête des tabernacles a eu lieu le quinzième jour du septième mois. À ce moment, les raisins et les olives avaient été rassemblés et le vin et l’huile étaient entreposés. C’était aussi une célébration de la façon dont Dieu les avait pris en charge pendant les quarante années passées dans le désert.

La plupart des pays européens ont fêté la récolte lorsque la dernière charrette de céréales récoltées a été porté du champ. Des gerbes de céréales et des produits du jardin étaient souvent apportés à l’église le dimanche après la fin des récoltes et des prières d’action de grâce étaient offertes pour la récolte.

Le premier service d’action de grâces enregistré dans ce qui est aujourd’hui le Canada remonte à 1578, lorsque l’explorateur Martin Frobisher et son équipage organisèrent un service sur la côte de Terre-Neuve afin de rendre grâces à Dieu pour avoir protégé leurs vies durant la traversée de l’Atlantique. Il y avait un ministre de l’Église d’Angleterre à bord du navire et la communion était observée dans le cadre de ce service.

En 1606, Samuel de Champlain et les colons de Port Royal, dans ce qui est maintenant la Nouvelle-Écosse, organisèrent l’Ordre du Bon Temps pour rendre grâce pour leur première récolte. Ils ont continué avec des célébrations périodiques pendant les mois d’hiver pour garder le moral. Ces célébrations comprenaient des prières d’action de grâce offertes par les barbes de l’Église réformée française qui étaient avec Champlain et les colons.

J’ai trouvé au moins quatre candidats antérieurs pour le premier Thanksgiving aux États-Unis, mais celui qui s’est tenu à Plymouth, dans le Massachusetts, en 1621, a acquis un statut mythique. Puisque les puritains ne fêtaient pas Noël, le jour de l’Action de Grâce est devenu leur seule grande fête annuelle. L’Action de Grâce est toujours un jour férié plus important que Noël aux États-Unis.

Ici au Canada, nous avons été influencés par les traditions anglaise, française et américaine. L’Action de Grâce est célébré le deuxième lundi d’octobre.

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Comment être heureux

Oublie toi-même. Tu n’obtiendras jamais tout ce qui te semble nécessaire pour ton bonheur. Si tu le pouvais, ils ne suffiraient pas de toute façon.

Pense aux autres. Fais chaque jour une petite chose qui fera le bonheur de quelqu’un d’autre. Commence à la maison – mais ne t’arrête pas là. La plupart des bonnes choses que tu peux faire ne coûteront rien. La plupart du temps, personne d’autre n’a besoin de savoir qui l’a fait.

Le but n’est pas de te rendre heureux, mais de t’oublier toi-même. Mais il se peut que le bonheur vienne juste s’y glisser pendant que tu ne regardes pas.

Souviens-toi cependant que ce bonheur n’est qu’un avantage accessoire. Tu ne peux pas faire quelque chose de bien pour quelqu’un d’autre avec un motif égoïste. Si tu le fais, cela ne rendra pas heureux ni toi ni l’autre.

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Deux histoires des rois dans l’Ancien Testament

L’Ancien Testament contient des histoires parallèles des rois de Juda et d’Israël, avec des différences subtiles entre eux. Il semble que les deux aient été compilés à partir de documents historiques qui ont disparu depuis.

La première histoire se trouve dans les livres intitulés Samuel et Rois. Ces livres forment une histoire unique et ont été écrits avant la captivité babylonienne. Les quatre derniers versets de 2 Rois sont mot pour mot identiques aux quatre derniers versets de Jérémie, probablement un indice délibéré laissé pour indiquer une origine commune.

Cette première histoire a été écrite pour montrer les raisons du jugement de Dieu sur Juda et Israël et fait ressortir de nombreux épisodes de l’histoire pour démontrer la désobéissance du peuple de Dieu. Des exemples notables sont la mention que les femmes de Salomon ont incliné son cœur vers d’autres dieux et la grande méchanceté du roi Manassé. Le ton de cette histoire s’accorde bien avec les avertissements de Jérémie. Les indications sont que cette histoire a été écrite par Jérémie ou par quelqu’un d’autre sous sa direction, peut-être Baruch.

La deuxième histoire se trouve dans les Chroniques et remonte à après la captivité. Il y a encore une fois une forte indication, vraiment une preuve, d’auteur en ce que les deux derniers versets de 2 Chroniques sont mot pour mot identiques aux deux premiers versets et demi d’Esdras. Il ne fait aucun doute que ces livres forment une seule histoire et qu’Esdras en était l’auteur.

Cette histoire a été écrite après le retour de la captivité babylonienne et retrace l’histoire, racontant principalement les mêmes événements que la première, tout en montrant que Dieu était toujours présent dans l’histoire de son peuple, même s’il était en colère à cause de leur désobéissance. Il n’y a aucun rapport négatif donné de Salomon. On raconte ici que le roi Manassé s’est repenti du mal qu’il avait fait et a passé le reste de sa vie à s’efforcer de le réparer.

Il y a donc une bonne et suffisante raison pour deux histoires et nous devrions être prudents lorsque nous formons des conclusions basées sur une seule d’entre elles.

À titre d’intérêt, la Bible hébraïque a été écrite sur des rouleaux et les rouleaux ont été divisés en trois groupes : la loi, les prophètes et les écrits.

La loi, ou la Torah, consistait en les livres de Moïse, les cinq premiers livres de la Bible.

Les prophètes, ou les Nevi’im, comprenaient Juges, Josué, Rois, Ésaïe, Jérémie, Ézéchiel et les 12 prophètes mineurs (Osée à Malachie).

Les Écrits, ou Ketuvim, comprenaient des Psaumes, Proverbes, Job, Cantiques des Cantiques, Ruth, Lamentations, Ecclésiaste, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie et Chroniques.

Alors, quand quelqu’un dans le Nouveau Testament dit « c’est écrit dans la loi », il veut dire dans la Torah, les cinq premiers livres de l’Ancien Testament. Lorsque Paul a dit, dans Actes 24:14, qu’il croyait « tout ce qui est écrit dans la loi et dans les prophètes », il voulait dire tout ce qui est écrit dans tous les rouleaux identifiés comme étant la Loi et les Prophètes.

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Les raisons qui suivent sont donc la cause de notre séparation.

Qu’il soit connu à tout un chacun, que la cause de notre séparation a été telle ; savoir, pour la vérité essentielle de la foi, et la connaissance intérieure d’un vrai Dieu en trois personnes dans une unité d’essence, connaissance que ne donne ni la chair ni le sang ; le culte convenable dû à Dieu seul, l’amour qui lui appartient au-dessus de toutes choses, la sanctification, l’honneur qui lui est dû aussi au-dessus de toutes choses et de tout ce qui se nomme ; l’espérance vive qui est par Christ en Dieu ; la régénération et le renouvellement intérieur par la foi, par l’espérance et par la charité ; le mérite de Christ en toute suffisance de grâce et de justice ; la communion de tous les élus ; la rémission des péchés, la sainteté de la vie, et le fidèle accomplissement de tous les commandements par la foi en Jésus-Christ ; la véritable repentance, la persévérance jusqu’à la fin et la vie éternelle.

Les vérités qui regardent le ministère sont celles-ci : les assemblées extérieures des ministres avec le peuple qui leur est soumis, en lieu et temps convenable, pour les instruire dans la vérité par la ministère ; savoir dans la vérité mentionnée plus haut, l’y amenant, l’y affermissant et l’y entretenant par de fidèles et fréquentes assemblées ; les bons ministres étant, quant à la foi et à la conduite, en exemple d’obéissance, et de suivre avec vigilance la pratique et l’exemple du Seigneur envers le troupeau.

Les choses auxquelles sont tenus les ministres pour servir le peuple sont celles-ci : Lui prêcher la parole évangélique et la parole de la réconciliation, ou la loi de grâce, selon le dessein et l’intention de Christ. Car, ils doivent annoncer la parole évangélique, et le sacrement étant joint à la parole, confirme son sentiment et son intelligence, et affermit l’espérance en Christ chez le fidèle. La communion administrée par le ministre renferme tout par la vérité essentielle. Et s’il y a quelques autres choses qui concernent le ministère, elles peuvent toutes être comprises dans ce qui a été dit.

Or, de ces vérités particulières, les unes sont essentiellement nécessaires au salut des humains, les autres le sont conditionnellement. Elles sont contenues en douze articles avec l’addition de plusieurs paroles des apôtres.

Six iniquités de l’Antéchrist

Les erreurs et les impuretés préscrites par le Seigneur, touchant l’Antéchrist, sont les suivantes : savoir, un service idolâtre varie et innombrable, accordé contre le commandement de Dieu et de Christ, non fait au Créateur, mais à la créature visible et non visible, corporelle ou spirituelle, intelligente et sensible, produite naturellement, ou par un art quelconque, ou sous quelque nom que ce soit, comme de Christ et des saints ou des saintes, et, des reliques, et des personnes en autorité, auxquelles créatures est rendu un service accompagné de foi, d’espérance, d’actions, d’oraisons, de pèlerinages, d’aumônes, d’offrandes, de sacrifices fort dispendieux. Ils servent de telles créatures, ils l’adorent, l’honorent de plusieurs manières, par des chants, par des panégyriques, par des solennités, par des célébrations de messes, par des vêpres, par des complies à ces mêmes créatures, par des heures, par des vigiles, par des fêtes, pour acquérir de la grâce, acquisition qui est essentiellement en Dieu seul, et méritoirement en Jésus-Christ, et qui s’obtient seulement par la foi par le secours du Saint-Esprit.

Car il n’y a pas d’autre source de l’idolâtrie qu’une opinion fausse touchant la grâce, touchant la vérité, touchant l’autorité, l’invocation, l’intercession, lesquelles l’Antéchrist ôte à Dieu pour les attribuer aux ministères et aux œuvres de ses mains, aux saints et au purgatoire. Et cette iniquité de l’Antéchrist est directement contraire au premier commandement de la loi.

Semblablement, l’amour désordonné de l’Antéchrist pour le monde est la source d’où procèdent dans l’Église tous les maux et les péchés des conducteurs, des directeurs, des officiers ; péchés qui restent sans correction, et qui sont contraires aux vérités de la foi et à la connaissance de Dieu le Père, selon le témoignage de Jean, qui dit : Celui qui pêche ne connaît point Dieu ni ne l’a vu. Car si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui.

La seconde iniquité de l’Antéchrist, consiste en ce qu’il place l’espérance de pardon, de grâce, de justice, de vérité et de vie éternelle, non en Christ, ni en Dieu par Christ, mais dans les hommes vivants et morts, dans l’autorité, dans des cérémonies ecclésiastiques, dans des bénédictions, dans des sacrifices, dans des prières et, dans d’autres choses semblables indiquées plus haut, et non dans une foi véritable qui produit la repentance, avec la charité, l’éloignement du mal et l’avancement dans le bien.

Aussi l’Antéchrist enseigne de n’espérer pas fermement en la régénération, l’affermissement, la réfection spirituelle ou communion, la rémission des péchés, la sanctification en vie éternelle : mais par les sacrements et par sa perverse simonie, moyen par lequel le peuple est trompé, et ayant toutes choses vendables, il a imaginé des ordonnances anciennes et nouvelles pour obtenir de l’argent, permettant que si quelqu’un a dit ou fait ceci ou autre chose, il veut qu’il puisse acquérir et grâce et vie. Et cette double iniquité est, proprement appelée, dans les saintes Écritures, un adultère et une fornication. C’est pourquoi, de tels ministres, qui conduisent le peuple grossier dans de telles erreurs, sont appelés prostituée de l’Apocalypse. Cette iniquité est contraire an second article, et aussi, contraire au second et au troisième commandement de la loi.

La troisième iniquité de l’Antéchrist, c’est, qu’outre ce qui a été dit, il a inventé de fausses ordres religieuses, des règles, des monastères, des églises, comme moyens d’acquérir l’espérance. De même, ils affirment, contre toute vérité, que c’est un devoir pour chacun d’entendre souvent et dévotement les messes, de recevoir les sacrements, de se confesser (mais rarement avec contrition), de faire des jeûnes ou en vidant sa bourse, être membre de l’Église romaine, de s’adonner ou livrer à la règle ou au capuchon. Et cette iniquité de l’Antéchrist est directement contraire au huitième article du symbole : Je crois au Saint-Esprit.

La quatrième iniquité de l’Antéchrist, c’est, qu’étant bien lui-même la quatrième bête décrite jadis par Daniel, et la prostituée de l’Apocalypse, il s’attribue des noms, l’autorité, le pouvoir, les dignités, les ministères, les offices, les écritures, au point de s’égaler et de se comparer à la vraie et sainte mère Église, en laquelle se trouve ministériellement, et non autrement, le salut et la vérité, quant à la vie, à la doctrine et aux sacrements. Car, si ce n’était qu’elle se couvre ainsi elle-même et ses ministres d’erreur et pécheurs manifestes, elle serait abandonnée de tous si elle était connue.

Mais parce que les empereurs et les rois, et les princes, estimant qu’elle était semblable à la vraie sainte mère Église, ils l’aimèrent elle-même et la dotèrent contre le commandement de Dieu. Cette iniquité des ministres, des sujets, de ceux ordonnés dans l’erreur et dans le péché, est directement contre le neuvième article : Je crois la sainte Église. Ces choses appartiennent à la première partie de l’article.

En second lieu, en effet, eux, en participant aux seules formes extérieures, selon les usages humainement ordonnés et inventés, croient et espèrent avoir leur part à la vérité des offices de pasteurs et de la cure d’âmes, comme si ceux qui seraient tondus comme des agneaux, qui seraient oints à la manière d’une paroi, et qui recevraient la bénédiction en touchant le livre et le calice, pouvaient prétendre être droitement ordonnés prêtres.

Il en est semblablement du peuple assujetti, si, parce qu’il a sa part aux paroles, aux signes, aux exercices externes et à leurs diverses cérémonies souvent répétées, il se persuadait avoir part à la vérité qui en est couverte. Et cela est contraire à l’autre partie du huitième article : Je crois la communion des saints.

Une chose est à faire, c’est qu’il faut s’éloigner de la très-mauvaise communion des moines qui, pour amener à sa participation les hommes charnels, leur font espérer, au moyen de choses de néant et par avarice, qu’ils leur feront avoir part à leur pauvreté et à leur chasteté, quels qu’ils soient d’ailleurs, ou luxurieux ou avares, pourvu qu’ils leur fassent à eux-mêmes des dons.

La cinquième iniquité de l’Antéchrist consiste en ce qu’il promet, en trompant, le pardon et la rémission des péchés à des pécheurs non véritablement contrits et qui n’ont pas renoncé fermement aux mauvaises œuvres. Et il fait d’abord cette promesse de la rémission des péchés au moyen de la confession auriculaire et de l’absolution donnée par des hommes, au moyen des pèlerinages dictés par l’avarice.

Cette iniquité est contraire au onzième article du Credo : Je crois la rémission des péchés. Car cette rémission dépend de l’autorité de Dieu et du ministère de Jésus-Christ, puis en partie de la foi, de l’espérance, de la repentance, de la charité et de l’obéissance qui, selon la Parole de Dieu, est en l’homme.

Il y a encore une sixième iniquité, c’est qu’ils prolongent l’espérance de pardon jusqu’à la fin de la vie, au moyen des iniquités cachées déjà mentionnées pour les pécheurs manifestes, et spécialement au moyen de l’extrême-onction et du purgatoire rêvé, en sorte que les hommes grossiers, qui ne connaissent pas la vérité, persévèrent dans l’erreur et sont absous de péchés dont ils ne se sont jamais éloignés de libre volonté pour qu’ils pussent en espérer la rémission à venir et la vie éternelle.

Cette iniquité est directement contraire aux onzième et douzième articles de la foi.

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Devoir de séparation du chrétien

Que le chrétien soit tenu par commandement de se séparer de l’Antéchrist, cela est dit et prouvé par l’Ancien et par le Nouveau Testament :

Car le Seigneur dit, Ésaïe cinquante-deux : Retirez, retirez ; sortez d’ici, ne touchez à rien d’impur, sortez du milieu d’elle ; purifiez-vous , vous qui portez les vases de l’Éternel. Car vous ne sortirez pas en hâte, ni ne vous marcherez pas en fuyant.

Et Jérémie cinquante : Fuyez hors de Babylone, sortez du pays des Chaldéens, et soyez comme des boucs à la tête du troupeau. Car voici, je vais susciter et farre monter contre Babylone une multitude de grandes nations du pays du septentrion; elles se rangeront en bataille contre elle, et s’en empareront.

Nombres, seize : Séparez-vous du milieu de cette assemblée, et je les consumerai en un instant. Et ensuite : Éloignez-vous des tentes de ces méchants hommes, et ne touchez à rien de ce qui leur appartient, de peur que vous ne périssez pas en même temps qu’ils seront punis pour tous leurs pêchés.

Lévitique : Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai séparés des peuples. Vous observerez la distinction entre les animaux purs et impurs, entre les oiseaux purs et impurs, afin de ne pas rendre vos personnes abominables par des animaux, par des oiseaux, par tous les reptiles de la terre, que je vous ai appris à distinguer comme impurs.

Item, Exode, trente-quatre : Garde-toi de faire alliance avec les habitants du pays où tu dois entrer, de peur qu’ils ne soient un piège pour toi.

Et ensuite : Garde-toi de faire alliance avec les habitants du pays, de peur que, se prostituant à leurs dieux et leur offrant des sacrifices, ils ne t’invitent, et que tu ne manges de leurs victimes ; de peur que tu ne prennes de leurs filles pour tes fils, et que leurs filles, se prostituant à leurs dieux, n’entraînent tes fils à se prostituer à leurs dieux.

Lévitique, quinze, 31 : Vous éloignerez les enfants d’Israël de leurs impuretés, de peur qu’ils ne meurent à cause de leurs impuretés, s’ils souillent mon tabernacle qui est au milieu d’eux.

Ezéchiel, onze, 21 : Mais pour ceux dont le cœur se plaît à leurs idoles et à leurs abominations, Je ferai retomber leurs œuvres sur leur tête, Dit le Seigneur, l’É ternel.

Deutéronome, dix-huit : Lorsque tu seras entré dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras point à imiter les abominations de ces nations-là. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel ; et c’est à cause de ces abominations que l’Éternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi. Tu seras entièrement à l’Éternel, ton Dieu. Car ces nations que tu chasseras écoutent les astrologues et les devins ; mais à toi, l’Éternel, ton Dieu, ne le permet pas.

Dans le Nouveau Testament aussi, il est manifeste, Jean, onze : Que le Seigneur devait mourir, afin qu’il réunisse en un les enfants de Dieu.

Car c’est pour ces vérités d’unité et de séparation les uns d’avec les autres, qu’il dit, Matthieu dix : Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère ; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Et il a commandé de se séparer, quand il a dit : Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi,, etc.

De même – Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, etc.

De même aussi : Gardez-vous du levain des pharisiens.

De même encore : Prenez garde que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant ; C’est moi. Et ils séduiront beaucoup de gens. Si quelqu’un vous dit alors : Le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez pas. ; gardez-vous d’aller après eux.

Et, dans l’Apocalypse, il admoneste de sa propre voix et commande à son peuple de sortir de Babylone, disant : Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. Car ses péchés se sont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités.

L’Apôtre dit ceci même : Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant.

Item, Éphésiens cinq : N’ayez donc aucune part avec eux. Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur.

Item, 1 Corinthiens dix : Je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons. Vous ne pouvez participer à la table du Seigneur, et à la table des démons.

Item, 2 Thessaloniciens trois – Nous vous recommandons, frères, au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de vous éloigner de tout frère qui vit dans le désordre, et non selon les instructions que vous avez reçues de nous.Vous savez vous-mêmes comment il faut nous imiter,

Et ensuite : Et si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte..

Item, Éphésiens cinq : Ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres.

De même, 2 Timothée trois : Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles..

Et plus bas : Ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là..

Des choses sus-notées sont manifestement démontrées la malice de l’Antéchrist et sa perversité, etc. Et comme il est ordonné par le Seigneur de se séparer de lui intérieurement comme extérieurement, et de s’unir à Jérusalem la sainte cité. Ainsi donc, connaissant ces choses que le Seigneur nous révèle par ses serviteurs, et croyant à cette révélation, selon les saintes Écritures, et étant en même temps admonestés par les commandements du Seigneur, nous nous séparons intérieurement et extérieurement de celui que nous croyons l’Antéchrist, et nous nous tenons compagnie les uns avec les autres, unis de bonne volonté et d’intentions droites, ayant pour fondement pur et simple de plaire au Seigneur et d’être sauvés, avec l’aide du Seigneur, autant que la vérité de Christ et de son Épouse, comme aussi notre faible intelligence, peuvent le permettre.

Nous faisons donc remarquer quelles sont les causes de notre séparation, comme aussi de notre assemblée, afin que si le Seigneur donne aux autres d’avoir cette même vérité, ils puissent l’aimer en même temps que nous. Et afin que s’ils ne sont pas bien éclairés, ils seront aidés par ce ministère béni arrosé du Seigneur. Et s’il arrive que plus ait été accordé à quelqu’un, et plus abondamment, nous désirons humblement d’en être instruits, de savoir mieux de lui et d’être corrigés en ce qui nous manque.

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L’autoérotisme : pas si anodin qu’on pense

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Comme un enfant grandit, il commence à ressentir des sensations nouvelles et agréables dans certain parties de son corps. Il n’y a rien de honteux dans ces sensations, mais il faut que l’enfant soit instruit qu’ils ne lui sont donnés pour son plaisir égoïste.

Le grand danger est que, comme l’enfant expérimente avec ces nouvelles sensations, il commence à croire que le plaisir qu’il s’en trouve est leur seul but. Le monde autour de nous dit « s’il te fait plaisir, fais-le ! » Dans de telles circonstance c’est difficile de convaincre les jeunes qu’il soit mieux d’attendre le mariage pour expérimenter pleinement le plaisir que nos corps puissent nous donner.

Car Dieu ne nous a pas donné ces sensations, cette capacité d’expérimenter le plaisir, pour un usage égoïste. Plus qu’on poursuit ces plaisirs par, et pour, soi-même, le moins qu’on serait prêt à les partager avec un autre pour le plaisir mutuel.

C’est Dieu qui nous a donné cette capacité, pour le but de nous unir avec quelqu’un de l’autre sexe, pour la vie. Lorsqu’un couple cherche à donner ce plaisir l’un à l’autre, c’est béni par Dieu. « Le mariage est honorable entre tous, et le lit sans souillure ; mais Dieu jugera les fornicateurs et les adultères » (Hébreux 13.4).

Dieu nous a donné des avertissements sévères contre l’usage désordonné de nos corps. « Faites donc mourir ce qui dans vos membres tient de la terre, la fornication, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et l’avarice, qui est une idolâtrie » (Colossiens 3.5).

Écoute ce que dit Salomon : « Celui qui trouve une femme trouve le bonheur ; c’est une grâce qu’il obtient de l’Éternel » (Proverbes 18.22). « Jouis de la vie avec la femme que tu aimes, pendant tous les jours de ta vie de vanité, que Dieu t’a donnés sous le soleil, pendant tous les jours de ta vanité ; car c’est ta part dans la vie, au milieu de ton travail que tu fais sous le soleil » (Ecclésiaste 9.9).

Il faut qu’on y réfléchisse. Veut-on vraiment échanger la possibilité d’un tel bonheur durable contre les petits plaisirs éphémères ?

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Choses par lesquelles est couverte l’iniquité de l’Antéchrist

Premièrement et principalement cette iniquité est couverte par une profession extérieure de la foi. À l’égard de quoi, l’Apôtre dit : Car ils confessent en paroles qu’ils ont connu Dieu, mais ils le renient par leurs actions.

Elle est couverte, en second lieu, par la longue durée du temps, par des savants, par des ordres religieux, hommes, vierges et veuves, et aussi par un peuple nombreux, duquel il est dit dans l’Apocalypse : Et pouvoir lui fut donné sur toute tribu et langue, et nations, et tous ceux qui habitent la terre l’adoreront.

Troisièmement, par l’autorité spirituelle des apôtres, contre lesquels l’Apôtre dit : Nous ne pouvons rien contre la vérité, et aucune pouvoir ne nous est donné pour la destruction.

En quatrième lieu, par beaucoup de miracles faits ça et là, su quoi l’Apôtre parle ainsi : Son avènement est selon l’œuvre de Satan, accompagné de toute sorte de miracle, de signes et de merveilles mensongères et de toutes les tromperies de l’iniquité.

En cinquième lieu, par une sainteté extérieure, par prières, par jeûnes, par vigiles et aumônes ; contre quoi l’Apôtre dit : Ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force.

Sixièmement, par quelques paroles de Christ et par les écrits des anciens et par les conciles, lesquels ils suivent, autant qu’ils ne condamnent pas leur mauvaise vie et leurs voluptés.

En septième lieu, par l’administration des sacrements, par lesquels ils vomissent l’universalité de toutes leurs erreurs.

Huitièmement, par des remontrances et des prédications verbales contre les vices, car ils disent et ne font pas.

En neuvième lieu, quelques-uns parmi eux vivent dans une prétexte de vertu, et d’autres mènent véritablement une vie vertueuse. Car ces élus de Dieu, ayant bonne volonté et une bonne conduite, retenus là comme dans Babylone, sont comme de l’or avec lequel le méchant Antéchrist couvre sa vanité, ne permettant pas, ni qu’on rende son vrai culte à Dieu seul, ni qu’on mette son espérance en Jésus-Christ seul, ni qu’on s’attache à la vraie religion.

Ces choses et beaucoup d’autres servent comme de manteau et de vêtement à l’Antéchrist, au moyen desquelles il couvre sa malice mensongère, afin de n’être pas réprouvé entièrement comme païen, et à l’ombre desquelles il peut marcher malhonnêtement comme une prostituée.

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Quelles sont les œuvres de l’Antéchrist ?

La première œuvre de l’Antéchrist c’est de bannir la vérité et de la changer en mensonge, en erreur et en hérésie.

La seconde œuvre de l’Antéchrist c’est de cacher le mensonge sous la vérité et sous les erreurs, et de le prouver et le confirmer par la foi et par des miracles, d’entremêler la fausseté avec les choses spirituelles aux yeux du peuple soumis, soit à l’aide des ministres on des ministères, ou de toute l’Église.

Et ces deux œuvres renferment une malice parfaite et accomplie, telle que ne purent faire aucun tyran ni aucun potentat jusqu’au temps de l’Antéchrist.

Aussi, avant lui, Christ n’a jamais eu un tel ennemi qui pût ainsi pervertir la voie de la vérité en fausseté, et le mensonge en vérité, et pervertir semblablement les partisans de l’une et de l’autre de la vérité et du mensonge.

De manière que la sainte mère Église avec ses vrais enfants est toute foulée aux pieds en les vérités, spécialement en les ministères des vrais ministres selon la vérité, en les ministères et la manière de s’en acquitter et de la part qu’y prennent ses enfants ; elle pleure en se lamentant, répétant les paroles et les plaintes de Jérémie, disant :

Eh quoi! Elle est assise solitaire la cité du peuple païen et incirconcis ! Elle est devenue veuve, c’est-à-dire de la vérité de son époux. Dame des nations, par leur soumission aux erreurs et aux péchés ; princesse des provinces, par le partage du monde et des choses qui sont dans le monde, pleure et regarde (vois) plus en avant, et tu trouveras maintenant toutes choses accomplies par le temps.

Car la sainte Église doit être tenue pour une synagogue de ceux qui font le mal. Et la synagogue des méchants est prêchée comme la mère qui a bonne croyance en la loi. La fausseté est prêchée à la place de la vérité, l’iniquité à la place de l’équité, l’injustice est prêchée et est tenue pour la justice, l’erreur pour la foi, le péché pour la vertu, le mensonge pour la vérité.

Quelles œuvres découlent des premières ?

Celles-ci : La première œuvre, c’est qu’il a transporté le culte dû proprement à Dieu seul, à lui, à ses œuvres, à la pauvre créature raisonnable et non raisonnable, sensible et non sensible : raisonnable comme les hommes saints ou saintes, transportés hors de ce monde, et leurs images, ossements et reliques.
Ses faits sont les sacrements, spécialement le sacrement de l’eucharistie qu’il adore comme Dieu et comme Jésus-Christ semblablement ; il sert les choses bénites et consacrées, et défend d’adorer Dieu seul.

La seconde œuvre de l’Antéchrist est qu’il ôte et enlève à Christ le mérite de Christ avec toute la suffisance de la grâce, de la justice, de la régénération, rémission des péchés, de la sanctification, de la confirmation et de la nourriture spirituelle ; et il l’impute et l’attribue à son autorité, à ses œuvres, et aux saints, et à leur intercession et au feu du purgatoire ; et il détourne le peuple de Christ et l’amène vers les choses qu’on vient de dire, afin qu’il ne recherche pas celles de Christ ni par Christ, mais seulement dans les œuvres de ses mains, et non par une foi vivante en Dieu, ni en Jésus-Christ, ni au Saint-Esprit, mais selon la volonté et les œuvres de l’Antéchrist, ainsi qu’il publie que tout le salut consiste dans ses œuvres.

La troisième œuvre de l’Antéchrist, c’est qu’il attribue la régénération donné par le Saint-Esprit à la foi morte et extérieure, et baptise les enfants en cette foi, enseignant que c’est par elle que sont consacrés le baptême et la régénération ; c’est dans la même foi qu’il confère et donne les ordres et les autres sacrements, et c’est en elle qu’il fonde tout le christianisme ; ce qui est contre au Saint-Esprit.

La quatrième œuvre de l’Antéchrist est celle par laquelle il bâtit et édifie, en même temps, en la messe, toute la religion et la sainteté du peuple, en ayant fait un tissu de différentes cérémonies judaïques, païennes et chrétiennes. Et y conduisant, pour l’entendre, l’assemblée et le peuple, il prive celui-ci de la nourriture spirituelle et sacramentelle, et l’éloigne de la vraie religion et des commandements de Dieu, l’éloigne aussi des œuvres de miséricorde par ses offertoires ; et par cette messe il loge le peuple dans une espérance vaine.

La cinquième œuvre de l’Antéchrist, c’est qu’il fait toutes ses œuvres, afin qu’il soit vu et qu’il satisfasse son insatiable avarice, comme aussi, afin qu’il puisse mettre toutes choses en vente et ne fasse rien sans simonie.

La sixième œuvre de l’Antéchrist, c’est qu’il donne lieu à des péchés manifestes, sans sentence ecclésiastique, et qu’il n’excommunie pas les impénitents.

La septième œuvre de l’Antéchrist, c’est qu’il ne dirige ni ne défend son unité par le Saint-Esprit, mais à l’aide de la puissance séculière, et qu’il l’appelle également à son secours pour les choses spirituelles.

La huitième œuvre de l’Antéchrist est qu’il hait, persécute, accuse, pille et met à mort les membres de Christ.

Ce sont là les principales œuvres qu’il fait. Il les fait contre la vérité, et personne ne peut les compter toutes ni les écrire. Mais qu’il suffise pour le présent d’avoir montré comme au doigt ces choses comme les plus générales par lesquelles est couverte cette iniquité.

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Ce qu’est l’Antéchrist

(Première partie d’un traité des anciens Vaudois, collectionné en l’an 1120.)

L’Antéchrist est une fausseté digne d’une damnation éternelle, couverte de l’apparence de la vérité et de la justice de Christ et de son Épouse ; il est opposé à la voie même de la vérité, de la justice, de la foi, de l’espérance, de la charité, opposé à la vie morale et au véritable ministère de l’Église, administrée par de faux apôtres, et défendue opiniâtrement par le bras écclésiastique et le bras séculier.

Ou bien, l’Antéchrist est une altération de la vérité du salut, cachée par des objets matériels et écclésiastiques, ou une frauduleuse contrariété à Christ, à son Épouse et à chaque membre fidèle. Ainsi, il n’est pas une certaine personne spéciale, ordonnée dans un certain degré, ou office, ou ministère, en considérant la chose en général ; mais la fausseté elle-même, opposée à la vérité dont il se couvre, et s’orne de beauté et de piété en dehors de l’Église de Christ, de noms, d’offices, des Écritures, de sacrements et de plusieurs autres choses.

L’iniquité de cette sorte, avec ses ministres supérieurs et inférieurs, avec ceux qui la suivent d’un cœur mauvais et aveugle : une telle assembléeée, prise ensemble, s’appelle Antéchrist, ou Babylone, ou quatrième bête, ou prostituée, ou homme de péché, fils de perdition.

Ses ministres sont appelés faux prophètes, ministres de ténèbres, esprit d’erreur, prostituée apocalyptique, mère de fornication, nuages sans eau, arbres flétris et morts, deux fois arrachés, vagues de la mer démontés, étoiles errantes, Balaamites, Égyptiens.

Il est appelé Antéchrist, parce que, couvert et orné de l’apparence de Christ, de l’Eglise et de ses fidèles membres, il s’oppose au salut opéré par Christ, et administré véritablement dans l’Église de Christ, et qu’il se place au rang des fidèles par la foi, par l’espérance et par la charité : à ces divers égards, il se montre contraire par une sagesse mondaine, par de fausses religions et par une bonté feinte, par le pouvoir écclésiastique, par la tyrannie séculière, par les richesses, par l’honneur des dignités, par les délices et par les plaisirs mondains. Il s’oppose à Christ par ces moyens.

C’est pourquoi que chacun sache que l’Antéchrist ne peut pas paraître en aucune manière, sinon lorsque les choses qu’on vient de nommer seront réunies ensemble pour former un parfait hypocrite et un parfait mensonge, c’est-à-dire lorsque les sages du monde, les hommes religieux, les pharisiens, les ministres, les docteurs, la puissance séculière, avec le peuple, seront réunis. Alors ils formeront ensemble l’homme de péché et d’erreur entier.

Car, au temps des apôtres, c’est une vérité que l’Antéchrist était déjà conçu, mais parce que, n’étant qu’enfant, il lui manqua de ses membres nécessaires, soit intérieurs, soit extérieurs. C’est pourquoi on pourrait l’avoir  connu, détruit et excommunié plus facilement, étant alors dans un état plus brut et grossier. Et il était muet, car il n’avait pas la sagesse qui sait raisonner, qui sait s’excuser, qui sait définir, qui sait prononcer des sentences ; car il lui manqua des ministres sans vérité et des statuts humains ; il lui manqua des hommes religieux extérieurement : en effet, il était bien venu, quant à l’erreur et au péché, mais il n’avait pas les choses avec lesquelles il put couvrir la souillure ou la vergogne des erreurs ou du péché. Comme il lui manquait des richesses et des dotations, il ne put pas prendre à gages des ministres pour lui ; il ne put pas les multiplier, les conserver, les défendre ; car il manqua de puissance ou de pouvoir séculier ; il ne put ni forcer ni contraindre personne de la vérité au mensonge.

Comme il lui manqua beaucoup, il ne put ni ébranler ni scandaliser personne par ses solennités. Et ainsi, étant trop tendre et faible, il ne trouva pas de place dans l’Église. Mais, croissant en ses membres, c’est-à-dire en ses ministres aveugles et hypocrites et en ses gens mondains ; et lui-même grandit jusqu’à être homme fait dans la plénitude de l’âge, c’est-à-dire jusqu’à ce que les hommes écclésiastiques et séculiers et les amis du monde, aveugles en la foi et étant mauvais, se sont multipliés dans l’Église avec tout pouvoir, l’Antéchrist voulant être invoqué, prié et honoré dans les choses spirituelles et couvrir son autorité, sa malice et ses péchés, a eu recours aux saints et aux pharisiens, en cela, comme il est dit ci-dessous.

Car c’est une extrême iniquité de cacher et orner une iniquité digne d’excommunication, et de vouloir paraître ce qui n’est pas donné à l’homme, mais qui appartient à Dieu seul et à Jésus-Christ en tant que médiateur. Enlever frauduleusement à Dieu, par rapine, ces choses et les transporter à soi et à ses œuvres doit être une extrême méchanceté, comme aussi de régénérer, de pardonner les péchés, de distribuer les grâces du Saint-Esprit, de confectionner Christ, et ainsi des autres choses semblables.

Et se couvrir dans toutes ces choses du manteau de l’autorité, de la forme des paroles, et tromper par ces choses le peuple ignorant, suivant ce que fait le monde dans les choses qui sont du monde : éloigner aussi de Dieu, et de la vraie foi, et de la régénération du Saint-Esprit ; éloigner de la véritable repentance, de la persévérance dans le bien ; éloigner de la charité, de la patience, de la pauvreté, de l’humilité, et, ce qui est le pire de tout, éloigner de la vraie espérance et la placer en tout mal et en la vaine espérance du monde ; fournir à tous les ministères pour ces choses, faire idolâtrer le peuple, servir frauduleusement les idoles du monde entier, sous le nom de saints, et les reliques, et prendre part à leurs services ; c’est ainsi que le peuple, s’égarant extrêmement de la voie de la vérité, croit servir Dieu et bien faire, on excite ce peuple à la haine, à la colère et à la méchanceté contre les fidèles et contre les amis de la vérité, et il fait beaucoup d’homicides, et ainsi l’Apôtre dit la vérité : Tel est l’homme de péché accompli, et c’est lui qui s’élève au-dessus de tout ce qui est Dieu ; et qui est servi, et qui s’oppose à toute vérité, et qui est assise dans le temple de Dieu, c’est-à-dire dans l’Église, se montrant de même que s’il était Dieu, et qui vient avec toute sorte de séductions pour ceux qui périssent.

Et si ce rebelle est déjà venu en toute perfection, il ne faut plus le chercher. En effet, par la permission de Dieu, il est formé et déjà vieux, puisqu’il décroît déjà. Car sa puissance et son autorité sont diminuées, et le Seigneur Jésus a tué ce méchant par le souffle de sa bouche et par beaucoup d’hommes de bonne volonté, et il fait intervenir une puissance qui lui est contraire aussi bien qu’à ses amis, qui dissipe ses lieux et ses possessions, et qui met la division dans cette cité de Babylone d’où toutes les générations tirent leur vigueur de malice.

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