Une leçon pour la vie

J’ai appris la leçon que
les grands hommes cultivent
l’amour et que les petits hommes
chérissent un esprit de haine.

-Booker T. Washington

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Sortir du désespoir

Il est possible que la contemplation de la cruauté ne nous rende pas humanitaires mais cruels ; que la réitération du mal de notre condition spirituelle fera une sorte que nous en consentons.
— Lionel Trilling

Appliquons l’observation de Trilling à nous les chrétiens, sur le plan personnel, ou en tant que famille, assemblée ou même au niveau national. Nous avons pensé savoir où nous allions, mais nous nous retrouvons dans une impasse. Nous ne savons pas comment nous y sommes arrivés et nous n’avons aucune carte pour nous indiquer la sortie. Beaucoup de solutions possibles nous viennent à l’esprit, nous en avons essayé certaines, mais elles ne nous ont pas conduit à une sortie.

Nous y restons donc dans notre affliction. Il n’y a plus que nous puissions faire. Il y a biens des souvenirs d’être une fois sur une route avec une idée claire d’où nous allions. Ou sont-ils seulement des rêves ?

Saul de Tarse s’est trouvé dans une telle situation, mais il n’y est pas resté longtemps. Il a demandé : « Seigneur, que veux-tu que je fasse? » Et le Seigneur lui a dirigé dans la bonne voie, un pas à la fois.

Il fera la même chose pour nous si nous lui posons la même question et sommes bien disposés à lui suivre, un pas à la fois.

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Nos problèmes ont des causes spirituelles

Tous les événements qui se produisent au sein des nations et au sein de l’humanité peuvent être attribués à des causes spirituelles contenue dans les attitudes dominantes envers la vie.
-Albert Scweitzer

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C’est quoi la foi ?

Un membre d’une équipe de traduction de la Bible a expliqué leur difficulté de trouver un mot pour foi dans la langue cible. Ils ont enfin créé un nouveau mot composé en liant les mots croire et compter sur..

Croire / compter sur – Je trouve cela inspirant. Il n’est pas assez de croire en Dieu. Je dois compter sur lui pour tout ce dont j’ai besoin, dans cette vie et dans la vie au-delà de la tombe.

Si je compte vraiment sur Dieu, il ne sera pas difficile pour moi de croire que les choses qu’il me demande tourneront pour le bien de mon âme.

Si je compte sur Dieu, je ne craindrai pas la perte de choses matérielles, ni l’effondrement du monde dans lequel je vis.

Si je compte vraiment sur Dieu, je pourrais avoir la paix en sachant que ma vie est entre les mains de celui qui a tout pouvoir, sur la terre comme au ciel.

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La noble leçon

Ô frères, entendez une noble leçon
Nous devrions souvent veiller et prier,
Car nous voyons le monde près de s’achever.
Nous devrions désirer faire de bons œuvres,
En voyant comment la fin du monde s’approche.
Déjà mille et cent ans sont accomplis
Depuis qu’il était écrit : nous sommes dans les derniers temps
Nous ne devrions pas convoiter, il y a peu de temps qui reste.

Les signes s’accomplissent chaque jour,
En l’accroissement du mal et la diminution du bien.
Ce sont les périls desquels parlent les Écritures
Dans les Évangiles et les lettres de Paul,
Qu’aucun homme peut connaître la fin.
Nous devrions craindre, car ce n’est pas certain
Si nous périrons aujourd’hui ou demain.

Mais quand vient le jour du jugement
Chacun recevra sa pleine récompense.
Selon qu’il aurait fait le mal ou le bien.
L’Écriture dit, et nous devrions la croire,
Que tous les hommes partiront par deux chemins,
Les bons iront au gloire, les félons au tourment.
Que celui qui ne croit pas ce départ
Recherche les Écritures dès la commencement
Depuis qu’Adam a été formé jusqu’au temps présent.
Là il trouvera, s’il a de l’entendement,
Que peu sont sauvés de tout l’humanité.

Si quelque personne veut faire de bons œuvres
L’honneur de Dieu le Père devrait être le commencement
Et appeler l’aide de son Fils glorieux,
Fils chéri de la vierge Marie
Et le Saint-Esprit qui nous donne la bonne voie.
À ces trois, la Sainte Trinité,
N’étant qu’un Dieu, nous devrions prier,
Plein de toute puissance, toute sagesse et tout bonté.
Pour cela nous devrions souvent prier
Qu’il nous donne la force encontre nos ennemis
Que nous les puissions vaincre avant notre fin
Lesquels sont le monde, le diable et la chair,
Et qu’il nous donne la sagesse, accompagné par la bonté
Que nous puissions connaître la voie de la vérité,
Et garder pur l’âme que Dieu nous a donnée.
L’âme et le corps dans la voie de charité,
Aussi que nous aimions le Saint Trinité
Et le prochain, car Dieu l’a commandé.
Non seulement ceux qui nous fassent le bien,
Mais aussi ceux qui nous fassent le mal
Ayant ferme espérance dans le roi du ciel
Qu’à la fin il nous reçoive dans sa demeure glorieuse.

Maintenant, celui qui ne fasse pas ce qui est contenu dans cette leçon,
N’entrera pas dans la sainte maison.
Il n’est pas difficile à se tenir avec les gens avares
Qui aiment l’or et l’argent
Et qui rejette les promesses de Dieu,
Qui ne gardent ni la loi ni les commandements,
Ni les font garder par les gens bons,
Mais les empêchent avec toute leur puissance.
Comment est-ce que ce mal est entré dans l’humanité?
Parce que Adam a péché dès le commencement,
Car il a mangé de la pomme que leur était défendu
Et de lui est germé le semence du mal,
Et apporté le mort à sa postérité.
Bien peut-on dire que c’était un mal morceau.
Mais Christ a racheté les bons par sa passion,
Mais nous trouvons en cette leçon
Qu’Adam n’a pas cru Dieu son Créateur.
Nous pouvons voir aussi de nos jours
Que les hommes abandonnent Dieu le Père omnipotent
Et croient aux idoles à leur destruction.
Ce qui est défendu par la loi dès la commencement
Appelé loi naturel, commun à tous les gens
Lequel Die plaça au cœur du premier homme qu’il a formé
Lui donnant le pouvoir de faire le bien ou le mal.
Le mal il lui a défendu, le bien il lui a commandé.
Ceci vous pouvez voir a été mal gardé
Car nous avons laissé le bien pour faire le mal,
Comme a fait Caïn, le premier fils d’Adam
Qui a tué son frère Abel sans aucune cause,
Sauf qu’il a été bon,
Et avait sa foi en le Seigneur et non en aucun créature.
Ici nous prenons exemple de la loi de la nature,
Laquelle nous avons violée et transgressée.
Péché contre le Créateur et offensé le créature.

C’était une noble loi que Dieu nous a donnée,
Et écrit dans le cœur de chaque homme,
Pour y lire et garder et enseigner la droiture,
D’aimer Dieu plus que toute créature,
Lui adorer et servir sans réserve,
Car nul n’est trouvé dans les Saintes Écritures.
Et garder ferme le lien de mariage, ce noble covenant.
Et avoir la paix avec les frères, et aimer tous les autres gens,
Haïr l’orgueil et aimer l’humilité,
Et faire aux autres comme il veuille qu’ils fassent à lui,
Et s’ils feront le contraire qu’ils soient punis.

Ils étaient peu qui gardaient bien cette loi,
Mais beaucoup qui l’avaient trépassé,
Qui ont abandonné le Seigneur, non lui donnant honneur,
Mais ont cru le diable et ses tentations,
En aimant trop le monde et trop peu le paradis,
Servant le corps plus que l’esprit,
C’est pourquoi nous trouvons que plusieurs ont péri.
Ici tout homme peut être repris de la foi,
Que Dieu n’a pas fait les gens pour les laisser périr,
Mais que chacun prenne garde que ce n’arrive pas à lui comme à eux.

Car le déluge vient pour détruire les infidèles,
Mais Dieu fit faire une arche en laquelle il a enclos les bons.
Tant le mal a accru et le bon a diminué,
Que dans tout le monde il n’a trouvé que huit personnes,
Exemple par lequel nous puissions être instruits,
Pour nous garder du mal et que chacun doit se repentir
Car Jésus-Christ l’a dit et c’est écrit en Saint Luc
Que tous ceux que ne font pas ainsi périront.

Mais à ceux qui ont échappé, Dieu a fait une promesse,
Que jamais encore le monde ne périra par l’eau
Ce qu’ils ont cru et ils étaient multipliés.
Le bien que Dieu les ont faits ils ont vite oublié,
Ayant trop peu de foi et tant de peur,
Qu’ils n’ont bien cru ce qui avait dit le Seigneur,
Mais tenant que l’eau troublera encore le monde,
Ils désirent faire un tour pour y échapper de l’eau.

Et ils l’ont commencé, comme il est écrit
Voulant le faire aussi large, haut et grand,
Pour atteindre au ciel, mais ils n’ont pu le faire,
Cela déplaît à Dieu, ce qu’il a démontré.
Cette grande ville avait le nom de Babylone,
Et c’est maintenant appelé Confusion à cause de sa ruine.
À ce temps il y avait une langue dans toute la terre,
Mais pour qu’ils ne s’entendent pas Dieu les a départis,
Qu’ils ne finissent pas ce qu’ils ont commencé,
Il a fait que les langages dispersent dans tout le monde.

Après ils péchèrent grièvement, abandonnant la loi, c. à d. la loi de nature,
Car c’est bien prouvé par l’Écriture
Que cinq cités périrent, lesquelles faisaient le mal
En feu et en soufre Dieu les condamna
Il détruisit les félons et les bons délivra
Ce fut Loth et ceux de sa maison que l’ange en tira
Quatre furent-ils par nombre, mais l’un se condamna,
Ce fut la femme parce qu’elle regarda contre défense.
Ici a grand exemple à toute genre humaine
Qu’ils se doivent garder de ce que Dieu défend.

En ce temps fut Abraham, homme plaisant à Dieu,
Et engendra un patriarche dont furent les Juifs
Nobles gens furent ceux-là en la crainte de Dieu
En Égypte habitèrent entre autre méchante gens
Là furent opprimés et contraints par longtemps,
Et crièrent au Seigneur, et il leur envoya Moïse,
Et délivra son peuple et détruisit l’autre gens :
Par la mer Rouge passèrent, comme par belle issue ;
Mais les ennemis d’eux, lesquels les persécutaient, y périrent tous.
Maintes autres signes Dieu à son peuple fit ;
En les nourrissant quarante ans au désert, et leur donna la loi
En deux tables de pierre la transmit par Moïse :
Ils la trouvèrent écrite et ordonnée noblement.
Ceci démontre un Seigneur à toute gent,
Auquel ils dussent croire et aimer de tout leur cœur,
Et craindre et servir jusqu’au jour de la fin
Et un chacun aimât son prochain comme soi
Consoler les veuves, et les orphelins soutenir,
Héberger les pauvres, et les nus revêtir,
Nourrir les affamés et les errants diriger,
Et la loi de ces mots garder avec diligence ;
À ceux qui le gardent est promit le règne céleste.

Le service des idoles leur mit en défense,
Homicides, adultères et toute fornication,
Mentir et parjurer et fausse promesse
Usure et rapine et mauvaise convoitise,
Ensuite avarice et toute félonie ;
Aux bons est promit la vie, et aux méchants la mort.
Alors était justice en sa seigneurie,
Car ceux qui transgressaient et faisaient méchamment
Iront à la mort et détruits sans pardon ;
Mais l’Écriture dit, et beaucoup est manifeste,
Que trente mille furent les restés au désert,
Trente mille et plus, selon que dit la loi,
Ils furent tués de glaives, de feu et de serpents,
Et plusieurs autres périrent de l’extermination,
La terre s’ouvrira, et les reçut en l’enfer.
Ainsi nous nous pouvons reprendre de notre grand assoupissement.
Mais ceux qui firent bien le plaisir du Seigneur
Héritèrent la terre de promesse.
Beaucoup furent de nobles gens en cette façon,
Comme fut David et le roi Salomon,
Ésaïe, Jérémie et beaucoup d’autres hommes,
Lesquels combattaient pour la foi et faisaient défense,
Un peuple était à Dieu choisi de tout le monde :
Les ennemis en grand nombre d’entour les persécutaient ;
Grand exemple peuvent nous prendre en cette leçon :
Quand ils gardaient la loi et les commandements,
Dieu combattait pour eux encontre l’autre gens ;
Mais quand ils péchaient et faisaient méchamment,
Ils étaient tués et détruits et pris de l’autre gens ;
Tant fut élargi ce peuple et plein de grande richesse
Qu’il va détourner les pas encontre son Seigneur ;
C’est pourquoi nous trouvons en cette leçon
Que le roi de Babylone les mit en sa prison :
Là furent opprimés et pressés par longtemps
Et crièrent au Seigneur avec le cœur repentant :
Alors il les ramena en Jérusalem,
Peu furent les obéissants qui gardèrent la loi
Et eussent la crainte d’offenser leur roi ;
Mais y eut quelques gens pleins de si grande fausseté
Ce furent les pharisiens et les autres scribes ;
Qui gardassent la loi selon l’apparence
Afin que les gens vissent cela, pour être plus honorés
Mais peu vaut cet honneur qui bientôt vient à achever
Ils persécutaient les saints et les justes et les bons ;
Avec pleurs et avec gémissement ils priaient le Seigneur
Qu’il descendit en terre pour sauver ce monde,
Car tout l’humain lignage allait à perdition.
Alors Dieu envoya l’ange à une noble demoiselle le lignage de roi ;
Noblement la salue, car cela appartenait à elle
Ensuite lui dit : « Ne crains, Marie,
Car le Saint-Esprit sera en ta compagnie
De toi naîtra fils que appellera Jésus ;
Il sauvera son peuple de ce qu’il a offensé. »
Neuf mois le porta au sien ventre la vierge glorieuse,
Mais afin qu’elle ne fût pas reprise, de Joseph fut épouse
Pauvre était notre dame et Joseph aussi ;
Mais cela nous devons croire, car l’Évangile le dit
Qu’en la crèche le posèrent quand fut né l’enfant,
De langes l’enveloppèrent, pauvrement fut hébergé
Ainsi se peuvent reprendre les convoiteux et les avares
Qui d’amasser or ne se veulent cesser :
Plusieurs miracles furent, quand fut né le Seigneur,
Car Dieu envoya l’ange annoncer aux pasteurs,
Et en Orient apparut une étoile aux trois barons ;
Gloire fut donnée à Dieu au ciel, et en terre paix aux bons
Mais après le petit souffrit persécution
Mais l’enfant croissait par grâce et par âge
Et en sagesse divine en laquelle il était enseigné
Et appela douze apôtres lesquels sont bien nommés
Et voulut changer la loi qu’auparavant avait donnée
Il ne la changea pas, pour qu’elle fut abandonnée,
Mais la renouvela, pour qu’elle fut mieux gardée.
Et reçut le baptême pour donner le salut
Et dit aux apôtres que baptisaient les gens ;
Car alors commençait le renouvellement.
Bien défend la loi vieille forniquer et adultérer,
Mais la nouvelle reprend voir et convoiter :
La loi vieille octroie de rompre le mariage,
Et que carte de répudiation se dut donner ;
Mais la nouvelle dit de ne pas prendre la laissée,
Et que personne ne sépare ce que Dieu a joint
La loi vieille maudit le ventre qui fruit n’a pas porté,
Mais la nouvelle conseille garder virginité
La loi vieille défend seulement parjurer,
Mais la nouvelle dit à tout point non jurer,
Et que plus de oui ou de non ne soit en ton parler :
La loi vieille commande combattre les ennemis et rendre mal pour mal ;
Mais la nouvelle dit : « Ne te veuille venger,
Mais laisse la vengeance au Roi céleste,
Et laisse vivre en paix ceux qui te feront mal,
Et trouvera pardon du Roi céleste. »
La loi vieille dit : « Aime les tiens amis, et auras en haine les ennemis. »
Mais la nouvelle dit : « Ne feras plus ainsi,
Mais aimez les vôtres ennemis et faites bien à ceux lesquels haïront vous
Et priez pour les persécutants et ceux qui vous accuse. »
La loi vieille commande punir les malfaisants ;
Mais la nouvelle dit : « Pardonne à toute gent,
Et trouveras pardon du Père tout-puissant
Car si tu ne pardonnes, tu ne seras pas sauvé. »
Aucun ne doit tuer ni haïr aucune gent
Aussi ni simple ni pauvre ne devons mépriser,
Ni tenir vil l’étranger qui vient d’autre pays,
Car en ce monde nous sommes tous pèlerins :
Mais parce que nous sommes tous frères, devons tous Dieu servir.
C’est la loi nouvelle que Jésus-Christ a dit que nous devons garder
Et appela les siens apôtres et fit à eux commandement
Que allassent par le monde et enseignassent la gent,
Juifs et Grecs prêchassent et toute humaine gent
Et donna à eux pouvoir sur les serpents,
Chassassent les démons et guérissent les infirmes,
Ressuscitassent les morts et purifiassent les lépreux
Et fissent aux autres comme il avait fait à eux
D’or ni argent ne fussent possède,
Mais avec vivres et vêtement se tinssent contents
Aimassent soi entre eux et eussent bonne paix :
Alors leur promit le règne céleste,
Et à ceux qui tiendront pauvreté spirituelle ;
Mais qui saurait quels sont, ils seraient tôt nombrés,
Qui veuillent être pauvres par propre volonté.
De ce qui était à venir il leur annonça,
Comment il devait mourir et puis ressusciter,
Et leur dit les signes et les merveilles
Qui devaient venir avant la fin
Plusieurs belles paraboles dit à eux et aux gens
Lesquelles furent écrites au Nouveau Testament.
Mais, si Christ voulons aimer et suivre sa doctrine,

Il nous convient à veiller et lire l’Écriture.
Là nous pourrons trouver, quand nous aurons lu,
Que seulement pour faire bien Christ fut persécuté
Il ressuscitait les morts par divine vertu,
Et faisait voir les aveugles qui jamais n’avaient vu
Il purifiait les lépreux et les sourds faisaient ouïr,
Et chassait les démons, faisant maintes miracles ;
Et plus il faisait de bien, plus il était persécuté
C’étaient les pharisiens qui le persécutaient
Et ceux du roi Hérode et l’autre gens du clergé
Car ils avaient envie parce que les gens le suivaient
Et parce que les gens croyaient en lui et en ses commandements
Pensèrent lui occire et lui tourmenter
Et parlèrent à Judas, et tirent avec lui convention
Que s’il le leur livrait, il aurait trente pièces d’argent,
Et Judas fut convoiteux et fit la trahison,
Et livra son Seigneur entre la méchante gent.
Les Juifs furent ceux qui le crucifièrent ;
Les pieds et les mains fortement lui clouèrent,
Et couronne d’épines sur la tête lui posèrent ;
Disant à lui plusieurs reproches ils le blasphémèrent
Il dit qu’il avait soif, de fiel et du vinaigre l’abreuvèrent.
Tant furent les tourments amers et douloureux
Que l’âme partit du corps pour sauver les pécheurs.
Le corps resta là pendu haut en la croix
Au milieu de deux larrons.
Quatre plaies lui firent sans les autres coups,
Puis lui firent la cinquième pour faire le complément
Car un des cavaliers vint et lui ouvrit le côté ;
Alors sortit sang et eau ensemble mêlé.
Tous les apôtres fuirent, mais un y retourna,
Et était là avec les deux Maries debout près la croix.
Grande douleur avaient tous, mais notre dame plus grande
Quand elle voyait son Fils mort, nu, en souffrance sur la croix.
Par les bons fut enseveli, et gardé des félons ;
Et tira les siens d’enfer et ressuscita au troisième jour,
Et apparut aux siens comme il avait dit à eux.
Alors eurent grande joie quand ils virent le Seigneur,
Et furent confortés, car auparavant avaient grand peur,
Et conversa avec eux jusqu’au jour de l’ascension.
Alors monta en gloire notre Sauveur,
Et dit à ses apôtres et aux autres enseignants
Que jusqu’à la fin du monde serait toujours avec eux.
Mais quand vint à Pentecôte, se ressouvint d’eux,
Et leur transmit le Saint-Esprit, lequel est consolateur
Et enseigna les apôtres par divine doctrine,
Et surent les langages et la sainte Écriture.

Alors leur souvint de ce qu’il avait dit,
Sans crainte parlaient de la doctrine de Christ
Juifs et Grecs prêchaient, faisant plusieurs miracles,
Et les croyants baptisaient au nom de Jésus-Christ.
Alors fut fait un peuple de nouveaux convertis :
Chrétiens furent nommés, parce qu’ils croyaient en Christ.
Mais cela trouvons que l’Écriture dit,
Très-fort les poursuivaient Juifs et Sarrasins
Mais tant furent forts les apôtres en la crainte du Seigneur,
Et les hommes et les femmes qui étaient avec eux
Que pour eux ne laissaient ni leurs faits ni leurs dits,
Quoique peut leur arriver, pour qu’ils eussent Jésus-Christ
Grands furent les tourments selon ce qui est écrit,
Seulement parce qu’ils démontraient la voie de Jésus-Christ ;
Mais poue ceux qui les persécutaient ne leur tant à mal tenir,
Car ils n’avaient la foi de notre Seigneur Jésus-Christ,
Comme de ceux qui cherchent ores accusation et qui persécutent tant,
Que chrétiens doivent être, mais mal en font semblant,
Mais en ceci ils sont à reprendre ceux qui persécutent et emprisonne les bons ;
Car ne se trouve en Écriture sainte ni par raison
Que les saints persécutassent aucun ni missent en prison
Mais après les apôtres furent quelques docteurs
Lesquels montraient la voie de Christ, notre Sauveur.
Encore s’en trouve quelques uns au temps présent,
Lesquels sont manifestes à très-peu de la gent,
La voie de Jésus-Christ très-fort voudraient montrer,
Mais tant sont persécutés qu’à peine le peuvent faire
Tant sont les faux chrétiens aveuglés par erreur,
Et beaucoup plus que les autres ceux qui sont appelés pasteurs,
Vu qu’ils persécutent et tuent ceux qui sont meilleurs
Et laissent en paix les faux et les trompeurs !
Mais en cela se peut connaître qu’ils ne sont bons pasteurs,
Car ils n’aiment les brebis sinon pour la toison
Mais l’Écriture dit, et nous le pouvons voir,
Que si y en a quelqu’un bon qui aime et craigne Jésus-Christ,
Qui ne veuille maudire ni jurer ni mentir,
Ni adultérer ni occire ni prendre de autrui,
Ni venger soi de les siens ennemis,
Ils disent qu’il est Vaudois et digne de punir,
Et lui trouvent accusation en mensonge et tromperie.
Ainsi ils pourraient ôter ce qu’il a de son juste travail.
Mais fortement se conforte celui qui souffre pour l’amour du Seigneur ;
Car le royaume du ciel lui sera apprêté au fin de ce monde
Alors aura grande gloire au lieu de déshonneur
Mais en cela est manifeste la méchanceté d’eux
Vu que qui veut maudire et mentir et jurer,
Prêter à usure et tuer et adultérer,
Et venger soi de ceux qui lui font mal,
Ils disent qu’il est prud’homme, et loyal homme renommé
Mais qu’il se garde qu’à la fin il ne soit trompé :
Quand la mort le presse tant qu’a peine peut parler,
Il demande le prêtre et se veut confesser ;
Mais, selon l’Écriture, il a trop tardé, laquelle dit
« Sain et vif te confesse et n’attends à la fin. »
Le prêtre lui demande s’il a aucun péché
Deux mots ou trois répond et tôt a dépêché.
Bien lui dit le prêtre qu’il ne peut être absous,
S’il ne rend tout l’autrui et amende les siens torts.
Mais quand il entend ceci il a grand pensement,
Et pense entre soi que, s’il rend entièrement,
Quoi restera à ses enfants, et que dira les gens
Et commande à ses enfants, qu’ils amendent leurs torts,
Et fait pacte avec le prêtre afin qu’il puisse être absous :
S’il a cent livres de l’autrui ou encore deux cents,
Le prêtre l’acquitte pour cent sols
Et parfois pour moins s’il ne peut plus
Et lui fait réprimande et lui promet pardon ;
Qu’il fasse dire messe pour lui et pour ses pères,
Et leur promet pardon soit à juste, ou soit à félon
Alors lui pose la main sur la tête
Quand il lui donne plus, lui fait plus grande fête,
Et lui fait entendement qu’il est moult bien absous
Mais mal sont indemnisés ceux de qui il a eu les torts.
Mais il sera trompé en telle absolution ;
Et celui qui le fait croire y pèche mortellement.
Mais j’ose le dire, car se trouve en vrai,
Que tous les papes qui furent de Sylvestre
Et tous les cardinaux, et tous les évêques, et tous les abbés,
Tout ceux-là ensemble n’ont tant de pouvoir
Qu’ils puissent pardonner un seul péché mortel.
Seulement Dieu pardonne, vu qu’autre ne le peut faire.

Mais ceci doivent faire ceux qui sont pasteurs :
Prêcher devant le peuple et être en oraison,
Et les paître ouvent de divine doctrine,
Et châtier les pécheurs, donnant à eux discipline,
En leur avertissant qu’ils aient à se repentir ;
Premièrement se confesser sans aucun manquement,
Et qu’ils fassent pénitence, en la vie présente,
De jeûner, faire aumônes et prier avec cœur bouillant
Car par ces choses trouve l’âme salut :
De nous chrétiens lesquels avaient péché
La loi de Jésus-Christ avaient abandonné,
Car n’avons crainte ni foi ni charité
Confesser nous convient et n’y devons pas tarder
Avec pleurs et avec repentance nous convient amender
L’offense que avons faite par trois péchés mortels,
Par convoitise d’œil, et par plaisir de chair,
Et par orgueil de vie par quoi nous avons fait les maux
Car par cette voie nous devons suivre et tenir,
Si nous voulons aimer et suivre Jésus-Christ
Pauvreté spirituelle de cœur devons tenir,
Et aimer chasteté et Dieu humblement servir
Alors suivrions la voie du Seigneur Jésus-Christ,
Et aurions la victoire de nos ennemis.
Brièvement est raconté en cette leçon
De les trois lois que Dieu donna au monde.
La première loi démontre à qui a sens et raison,
C’est à connaître Dieu et prier à son Créateur ;
Car celui qui a entendement peut penser entre soi
Qu’il ne s’est pas formé ni les autres aussi ;
De ceci peut connaître celui qui a sens et raison
Que c’est un Seigneur Dieu lequel a formé le monde ;
Et, lui connaissant, le devons honorer
Car ceux furent damnés qui ne le voulurent faire.
Mais la seconde loi, que Dieu donna à Moïse,
Nous enseigne à craindre Dieu et lui servir fortement,
Car il condamne et punit tout homme qui l’offense.
Mais la troisième loi, laquelle est ores au temps présent
Nous enseigne aimer Dieu de bon cœur et servir purement
Car Dieu attend le pécheur et lui donne délai
Afin qu’il puisse faire pénitence en la vie présente.
Autre loi suiavant ne devons plus avoir,
Sinon ensuivre Jésus-Christ, et faire son bon plaisir,
Et garder fermement ce qu’il a commandé,
Et être très-avisés quand viendra l’Antéchrist,
Afin que nous ne croyions ni à son fait ni à son dit
Car, selon l’Écriture, sont déjà plusieurs Antéchrists.
Car Antéchrist sont tous ceux qui sont contraires à Christ.
Plusieurs signes et grandes démonstrations
Seront dès ce temps jusqu’au jour du jugement
Le ciel et la terre brûleront, et mourront tous les vivants
Puis ressusciteront tous en vie permanente
Et seront aplanis tous les édifices.
Alors sera fait le dernier jugement
Dieu séparera son peuple, selon ce qui est écrit
Aux méchants il dira : « Séparez-vous de moi,
Allez au feu éternel qui jamais n’aura fin ;
Par trois graves conditions serez presses là
Par multitude de peines et par âpre tourment,
Et parce que serez damnés sans remède. »
De quoi nous garde Dieu par son plaisir
Et donne ouïr ce qu’il dira aux siens avant qu’il soit guère
Disant : « Venez-vous-en avec moi, bénis du mien Père,
Et possédez le règne apprêté à vous du commencement du monde
Auquel vous aurez plaisir, richesses et honneurs. »
Plaise à ce Seigneur qui forma tout le monde,
Que nous soyons des élus pour être dans sa cour !
A Dieu grâces. Amen.

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La dispensationalisme justifie la crucifixion

[Ce qui suit ci-dessous est un ouvrage écrit il y un siècle par Philip Mauro, éminent avocat de New York. Au commencement de sa vie chrétienne, il a entendu et cru la doctrine de la dispensationalisme. Cependant, après l’avoir examiné de plus près, il l’a abandonné. Par la suite, il a écrit plusieurs livres au sujet de l’accomplissement des prophéties de la Bible. Ceci est la plus courte.]

« Le lieu appelé Calvaire » (Luc 23.33) a obtenu une distinction durable et sanctifié bien au-dessus et au-delà de toutes autres lieux de la terre, car à cette place la peine de mort qui avait été prononcée par les deux tribunaux, la juive et la romaine, l’ecclésiastique et la civique, a été dûment exécuté sur Jésus de Nazareth.

Cette pénalité a été effectuée en stricte conformité avec le processus de la loi répandue à cette époque et lieu, la procédure pénale de la Rome impériale. Même l’exigence selon laquelle l’infraction pour laquelle la peine de mort a été exigé devrait être placardée au-dessus de la tête du criminel, a été dûment observé dans ce cas. Notre attention est dirigée vers ce détail de la crucifixion de notre Seigneur par limportance impressionnante qu’elle est donnée dans chacun des quatre évangiles ; et, comme on peut comprendre de cette seule circonstance, l’incident est d’une signification profonde. Il était Pilate lui-même qui a formulé cette « accusation » et qu’il avait l’intention délibérée de la rédiger comme il l’a fait, est fait très évident ; quand les principaux sacrificateurs faisaient des remontrances à lui, lui demandant de « N’écris pas, Roi des Juifs ; mais écris qu’il a dit, je suis Roi des Juifs ; Pilate répondit sèchement : « ce que jai écrit, je l’ai écrit » (Jean 19.l9-21).

Ne laissons pas passer la signification de cela. Ce que Pilate avait écrit était la vérité ; mais on ne doit pas supposer qu’il le savait, donc on est conduit vers l’hypothèse où il dicta ces mots sous la contrainte de l’Esprit de vérité. Nous rappelons que lorsque Christ, en répondant à une question de Pilate, avait dit : « Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité », « Qu’est-ce que la vérité », le gouverneur a demandé à sa fameuse question, (Jean 18.37, 38). Et maintenant Pilate, agissant en sa qualité officielle en tant que représentant de l’Impériale César, le chef suprême du monde, a proclamé la vérité, l’amenant à être inscrit en hébreu et en grec et en latin, pour atteindre les oreilles et remuer les cœurs de tous les futurs générations de lhumanité.

De même Caïphe, lorsqu’il préside le Sanhédrin en sa qualité officielle au moment où ils prenaient conseil contre le Seigneur et contre son Oint, avait été contraint par l’Esprit à prophétiser que Jésus devait mourir pour le peuple (Jean 11.49-52 ; 18.14).

Mais alors que Pilate, sans doute involontairement et sous la contrainte divine, a écrit ce qui était vrai et de la plus haute importance, ce que les principaux sacrificateurs l’ont exhorté à écrire était infâme et fausse ; car notre Seigneur Lui-même ne s’est jamais proclamé roi des Juifs. Il est nécessaire que cela soit soigneusement noté. Ce qu’ils ont exhorté Pilate à écrire était en effet l’accusation qu’ils avaient décidée, en conclave solennel, pour amener contre lui, mais c’était une fausse accusation et les accusateurs avaient lamentablement échoué dans leurs efforts pour le soutenir par le témoignage des témoins. Pilate lui-même avait ainsi jugé pendant le procès (Luc 23.4, 14).

On voit donc que la question que nous sommes sur le point d’étudier implique un problème entre la parole de Pilate et celle des accusateurs du Christ. Qui avait raison ?

Il n’y a pas, bien sûr, aucun doute dans l’esprit de tout chrétien que Jésus de Nazareth a été et est le Messie promis d’Israël ; le Fils de David si longtemps attendu, qui devrait sauver son peuple de la main de leurs ennemis ; pour cela est en effet « la vérité ». Qu’il était et qu’il est « le Christ, le Fils du Dieu vivant » et qu’il est l’Oint de Dieu est donc la vérité fondamentale du christianisme (Matthieu 16.l & 18). Par conséquent, étant véritablement « Le bienheureux et seul souverain, le roi des rois et le Seigneur des seigneurs » il était vêtu avec le plein pouvoir et autorité de faire tomber les puissants de leurs sièges et de déposer même César Impérial du trône du monde. Et non seulement cela, mais il aurait pu, même à ce moment-même, appeler à l’exécution de son royal dicte plus de douze légions d’anges (Matthieu 26.53). Quant à tout cela, il n’y a pas lieu pour la discussion. La question qu’un système moderne de doctrine qui a trouvé acceptation avec beaucoup de chrétiens orthodoxes impose sur nous est la suivante : est-ce que notre Seigneur, au cours de son ministère terrestre, fait (ou autoriser d’autres à faire) des actes manifestes, ou prononcé (ou autoriser ses disciples à prononcer) des paroles qui relevaient de la trahison ou de la sédition ? A-t-il jamais fait ou autorisé des actes ou prononcé ou autorisé des paroles d’une nature subversive du gouvernement qui existait sur la terre ? Plus précisément, a-t-il jamais présenté ou annoncé lui-même comme roi terrestre, le prétendeur du trône de David ? A-t-il jamais offert aux peuples opprimés de Judée, que ce soit en personne ou par la bouche de ses disciples, le royaume terrestre qu’ils avaient appris à attendre ? Avait-il jamais, par parole ou action, cherché à inciter à l’insurrection contre la domination de César, ou donné aucune encouragement quel que ce soit aux ambitions politiques des Juifs ?

Ce sont, en substance, les choses dont il a été accusé par les dirigeants des Juifs ; et maintenant nous, chrétiens du vingtième siècle, se trouvent confrontés à une situation qui exige de notre part une enquête sur les dossiers inspirés dans le but de déterminer s’ils appuient ces accusations ou si, au contraire, la preuve qu’ils contiennent les réfute complètement. L’enquête proposée peut être facilement fait car ces dossiers comprennent quatre comptes séparés et détaillés des faits et gestes de notre Seigneur. Dailleurs, ces comptes rendus sont si clairs ; si complètes, si simplement écrits que « le peuple », qui a toujours « l’écoutait avec plaisir », sont aussi bien en mesure de comprendre et d’évaluer les éléments de preuve qu’ils contiennent et de trancher sur la question en cause, qu’une faculté d’érudits ou un banc de juristes avisés.

LA CONSPIRATION
Il est écrit que depuis longtemps les principaux sacrificateurs et les chefs du peuple avaient observé de près le Seigneur et leurs espions avaient suivis ses pas, étant dans un état d’alerte à cause des multitudes qui avaient été attirées à lui par les miracles qu’il a faits ; et il est écrit aussi que leur alarme a été grandement augmentée par la résurrection de Lazare. Lorsque le rapport de ce miracle leur était apporté, ils étaient dans la consternation, se rendant compte qu’une action immédiate et drastique de quelque sorte était nécessaire pour causer sa destruction. Par conséquent, ils ont réuni en hâte un conseil des chefs des prêtres et les pharisiens pour dresser un plan (Jean 11.46, 47). Il a été possible de convoquer le Sanhédrin rapidement à ce moment-là, parce que la Pâque s’approchait, au cours de laquelle saison tous les hommes éminents de la nation se rassemblaient à Jérusalem. Ce que les principaux sacrificateurs craignaient était que, à cause de ses « nombreux miracles
 », non, que ce soit noté, en raison de ce qu’il a prêché ou enseigné, tout le peuple croirait en lui, c’est-à-dire, l’reconnu comme le Messie promis et le roi, dont la conséquence serait que les armées romaines allaient marcher contre eux et enlever à la fois « et notre ville et notre nation » (Jean 11.48). Dans leur manière de voir les choses, ils étaient menacés d’une catastrophe nationale et d’extinction. Par conséquent, sur les conseils de Caïphe, qui était président du Sanhédrin cette année (lesquels conseils étaient en réalité une prophétie) la mort immédiate du Christ a été décidée comme une nécessité politique impérative : « Que la nation entière ne périsse pas » (Jean 11. 50). Le plan convenu pour la réalisation de cet objet était de l’accuser du crime de fomenter la sédition contre César. Il était un plan très astucieux ; pour, en cas de succès, il n’aurait pas seulement amené à la mort de Jésus, mais aussi donné une preuve convaincante de leur fidélité à César. En parfait accord avec ceci est le fait enregistré que lorsque Pilate, dans le cadre du procès de Jésus sur la charge de vouloir faire de lui-même un roi, leur demanda : « Crucifierai-je votre roi ? ». Les principaux sacrificateurs écrièrent, « Nous n’avons pas de roi que César » (Jean 19.15).

UN PROCÈS JUDICIAIRE EXTRAORDINAIRE
On pourrait chercher en vain les pages de l’histoire pour trouver un autre cas où une personne accusée d’un crime capital a été soumis successivement à un procès par deux tribunaux différemment constitué. Et cette caractéristique unique du procès de Jésus-Christ est le plus extraordinaire parce que les deux tribunaux devant lesquels il a été successivement mis en accusation étaient de nationalité diverse, l’un juif, l’autre romaine, et aussi 
de divers ordres, l’un ecclésiastique, l’autre civile. Il a été premièrement accusé devant le Sanhédrin juif, sur laquelle Caïphe a présidé, étant « souverain sacrificateur cette année-là » (Jean 11.49) : puis devant le gouverneur romain. Et donc il faut qu’elle eût été, afin que les Écritures soient accomplies, qui ont prédit la manière de sa mort (Matthieu 27.35). Car la méthode habituelle d’exécution pratiquée par les Juifs était la lapidation ; d’ailleurs, au cours de la période de domination romaine, il n’a pas été permis pour eux de mettre un homme à mort (Jean 19.31).

L’ACCOMPLISSEMENT DE PROPHÉTIE
Les événements de clôture de la vie de notre Seigneur ont été clairement annoncés par les prophètes. Ainsi, dans le deuxième psaume, nous lisons : « Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-ils avec eux contre l’Éternel et contre son oint ? — Brisons leurs liens, Délivrons-nous de leurs chaînes ! — »

Il n’y a aucune incertitude quant à l’accomplissement de cette prophétie ; car les disciples, après avoir récité ces versets du Psaume, a déclaré : « En effet, contre ton saint Fils Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et avec les peuples d’Israël, pour faire tout ce que ta main et ton conseil avaient arrêté d’avance »(Actes 4. 24-28).

Ainsi, la grande confédération des Juifs et des Gentils, les rois de la terre et les dirigeants, ayant eux-mêmes mis au mépris contre l’Éternel et contre son Christ, ne réussit qu’à accomplir ce que ses conseils éternels avaient décrété avant d’être fait. C’est pourquoi, à travers tous les siècles jusqu’à nos jours, le peuple de Dieu ont été parfaitement convenus que le chemin, et le seul chemin possible, au trône de David pour lui, et le seul moyen possible de salut pour eux, était le chemin de la croix, le chemin de sa mort et sa résurrection ; que Christ souffrît ces choses mêmes avant qu’il pourrait entrer dans sa gloire promise ou être le Sauveur de son peuple (Luc 24.25-27).

« ÉPROUVEZ TOUTES CHOSES ; RETENEZ CE QUI EST BON »

Tous les croyants du Seigneur Jésus-Christ sont d’accord pour dire que les choses dont il a parlé aux deux hommes sur le chemin d’Emmaüs, les choses qui ont été prédites et qu’il a subies, sont les fondements de notre très sainte foi. Par conséquent, personne n’a consciemment consenti à une doctrine qui semble même susciter un doute à cet égard. Par conséquent, ils ont le devoir d’examiner avec le plus grand soin et avec un esprit impartial tout système de doctrine nouvellement proposé qui enseigne implicitement que notre Seigneur était, selon la loi romaine, laquelle était la loi du pays à cette époque, réellement coupable des actes de sédition dont il est accusé par les Juifs ; et plus précisément que lui-même, ainsi que son précurseur rempli de l’Esprit, ses douze apôtres et les « soixante-dix autres aussi » avaient parcouru toute la Judée et la Galilée en proclamant l’avènement immédiat du royaume terrestre que les Juifs attendaient avec impatience au moment même.

Manifestement, si le Seigneur lui-même, ou Jean, ou un autre de ses serviteurs, avait proclamé par son autorité même une seule fois le roi et le royaume que cherchaient les Juifs, ou avait proclamé tout ce qui pouvait être considéré à juste titre comme subversif de son autorité et comme tendant à l’établissement d’un autre gouvernement à la place de celui-ci, ses accusateurs auraient été justifiés et sa condamnation et son exécution auraient été justifiées par la loi du pays.

De plus, et cela est particulièrement remarquable, il y aurait eu, dans cette affaire, des milliers de témoins parmi la foule à Jérusalem pendant la période de la Pâque, qui auraient pu prouver l’accusation et auraient été impatients de le faire. Car ses ennemis écoutaient toujours avec une attention soutenue ses paroles, dans l’espoir d’entendre quelque chose de sa bouche pour avoir de quoi l’accuser (Luc 11.54 ; Jean 18.20).

Cette preuve : le manque de témoins de propos proférés par ses lèvres qui savouraient, même un peu, de sédition, bien que de caractère négatif, est néanmoins très convaincante. Mais les Écritures contiennent une preuve encore plus forte que ni par Jean, ni par notre Seigneur lui-même, ni encore par aucun de ses disciples, il n’avait été proclamé roi promis d’Israël, le Christ de Dieu. En effet, nous disposons des preuves claires et concluantes de ce qui s’est passé entre notre Seigneur et les douze à Césarée de Philippe en cette occasion remarquable où il fut pour la première fois reconnu par l’un de ses disciples comme le Messie attendu d’Israël ; et inutile de dire qu’ils n’auraient pas pu proclamer avant cet épisode ce qui ne leur avait pas encore été révélé. Et pour le temps qui a suivi, il est écrit que, à cette occasion, notre Seigneur « ordonna à ses disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ » (Matt. 16.20) ; ou, comme il est correctement écrit, « que lui, Jésus, était le Christ ».

Rappelons-nous que durant ces premiers jours de son ministère, ses miracles avaient excité les merveilles de la multitude et rempli le pays de ses louanges. Le peuple attendait l’apparition immédiate du Messie ; et tous les hommes avaient déjà réfléchi dans leur cœur à propos de Jean « qu’il soit ou non le Christ » (Luc 8.15). Et l’attente du peuple avait été élevée au plus haut degré juste avant l’événement à Césarée de Philippes, par le miracle des pains, qui avaient nourri cinq mille personnes. Certains disaient qu’il était Jean-Baptiste ; certains qu’il était Elie ; d’autres qu’il était Jérémie ou qu’un des anciens prophètes soit ressuscité (Matthieu 16.13, 14 ; Luc 9.19, 20). Même Hérode était très agité « parce qu’on a dit de certains que Jean était ressuscité des morts » (Luc 9.7-9). C’est dans ces circonstances que notre Seigneur a posé aux douze cette question marquante : « Mais vous, qui dites-vous que je suis ? » Et a recueilli auprès de Simon Pierre le grand témoignage : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Nous ne nous attardons pas sur l’immense signification de la grande confession de Peter, notre seul but étant de rappeler qu’il est de mettre en lumière la preuve concluante que tout l’incident permet qu’aucun des douze ne l’ait annoncé auparavant comme le Messie d’Israël. Sa commande expresse leur interdit de le faire par la suite.

De plus, cette preuve est renforcée par les paroles emphatiques de notre Seigneur, dans lesquelles Il a béni Pierre pour la raison que la grande vérité à laquelle il avait exposé, que Jésus était le Christ de Dieu et le Fils de Dieu, n’avait pas été révélée Lui par la chair et le sang, mais par Dieu le Père. Cela montre clairement que Jean ne l’avait pas prêché, sinon Pierre l’aurait appris de lui.

Nous invitons donc très sincèrement tous ceux qui aiment notre Seigneur Jésus-Christ, en toute sincérité, à rechercher et à examiner attentivement le témoignage copieux des évangiles sur ce qu’il a prêché et enseigné au temps de sa chair concernant sa mission en Israël et en particulier en ce qui concerne la nature du Royaume qu’il était sur le point d’établir, gardant à l’esprit que tout témoignage qui étayerait la théorie du report de notre époque aurait appuyé l’accusation des ennemis de notre Seigneur de ce jour-là.

CHRIST DEVANT LE SANHÉDRIN

La loi juive, divinement donnée dans sa merveilleuse complétude plusieurs siècles avant la naissance de l’empire romain, était scrupuleusement prudente dans ses garanties contre les erreurs judiciaires qui mettaient en jeu la vie humaine. Leur droit était particulièrement rigoureux en ce qui concerne la preuve. C’était une règle élémentaire de leur droit selon laquelle « à la bouche de deux ou trois témoins » au moins, chaque affaire doit être tranchée et, bien sûr, plus la question en litige est importante, plus la témoignage doit être crédible et concordante. Et non seulement ainsi, mais selon la procédure juive, « ce sont les témoins eux-mêmes qui devaient convaincre le tribunal qu’il y avait une affaire susceptible d’être triée ». Et la loi insistait le plus sur le fait que la déposition des témoins devait s’accorder sur tous les points essentiels. À cette fin, chaque témoin d’une affaire de la capitale a été assermenté au titre de la plus solennelle adjuration, que nous citons : « N’oubliez pas, O témoin, que… dans ce procès à vie, le sang de l’accusé et le sang de sa semence jusqu’à la fin des temps vous sera imputé… C’est pourquoi Adam a été créé seul pour t’apprendre que, si un témoin détruit une âme d’Israël, il est tenu pour acquis, comme le dit l’Écriture, qu’il est comme s’il avait détruit le monde. » De plus, avant même qu’une accusation formelle ne peut être fait ou un procès entamé, il faut d’abord avoir entendu au moins deux témoins en parfait accord.

Il ressort clairement des procès-verbaux des quatre évangiles que lors du procès devant le Sanhédrin, aucun témoignage n’a été fourni pour la formulation d’une accusation, ce qui a rendu la cour confuse dans ses efforts pour établir un acte d’accusation susceptible d’être jugé. De nombreux témoins ont été interrogés dans le but de formuler une accusation susceptible d’être jugée ; mais aucun ne pourrait être trouvé dont le témoignage servirait leur but. Car bien que « les principaux sacrificateurs et les anciens et tout le conseil (le Sanhédrin) aient cherché à faire de faux témoignages contre Jésus pour le mettre à mort », c’est-à-dire pour fournir la preuve d’un crime passible de la peine capitale, ils n’en ont trouvé aucun, même si beaucoup de faux témoins sont venus et ont offerte leur témoignage, « ils n’en ont trouvé aucun », c’est-à-dire aucun qui a donné un témoignage d’accord sur l’infraction capitale qu’il avait commise (Matthieu 26.59, 60).

Enfin, il a été trouvé deux témoins dont les dépositions concordaient ; mais l’accusation relative à l’accord de ces témoins était triviale. Ils ont simplement allégué que Christ avait parlé contre le temple, affirmant qu’il était capable de le détruire et de le reconstruire en trois jours (Matthieu 26.60, 61). Notre Seigneur a dédaigné de répondre à cette accusation, qui était clairement hors de propos ; mais le récit de ce qu’il avait réellement dit sur la destruction et la reconstruction du temple est donné par Jean (2.19), à savoir qu’il détruira « le temple de son corps » (v. 21) et qu’il l’érigerait en trois jours. Finalement, désespérés, ils se sont emparés de sa propre affirmation qu’il était le Christ, le Fils de Dieu et, contrairement à leur propre loi, ils en ont fait le fondement de l’accusation désirée ; et ils en firent aussi un prétexte pour se passer des témoins que la loi exigeait. Car aucun homme ne pourrait être légalement accusé, et encore moins condamné, seulement par son propre témoignage. Néanmoins, le souverain sacrificateur a déclaré : « Il a blasphémé ! Qu’avons-nous encore besoin de témoins ? Voici, vous venez d’entendre son blasphème. Que vous en semble ? Ils répondirent : Il mérite la mort » (Matthieu 26.63-66). C’était sa condamnation à mort. Mais l’imposition de la peine était manifestement illégale ; car les témoins n’avaient pas convenu de la commission par lui d’une infraction capitale, et donc, selon la loi juive, un procès ne pouvait même pas commencer. Comme le dit l’autorité citée ci-dessus : « Lorsque les témoins se sont définitivement opposés à leur désaccord, Caïphe s’est mis à interroger l’accusé et, contrairement à la loi hébraïque, il a fondé une accusation sur ses propres réponses – une accusation portant sur la mort ». Immédiatement, comme le compte rendu de Matthieu nous informe, ils lui crachèrent au visage, et lui donnèrent des coups de poing et des soufflets et se sont moqués de lui (26.67, 68) ; et le matin ils le lièrent et le livrèrent à Ponce Pilate le gouverneur (27.1,2).

Une infraction similaire à la loi juive commise par le souverain sacrificateur lui-même est survenue à une date ultérieure, lorsque l’apôtre Paul a été traduit devant les tribunaux devant le Sanhédrin. Au tout début de son procès et avant même d’avoir appris la personnalité du président, le souverain sacrificateur Ananias, après avoir entendu une seule phrase des lèvres des apôtres, ordonna à ceux qui se tenaient à côté de lui de le frapper sur la bouche. (Actes 23.1,2). L’explosion de Paul n’était qu’une expression appropriée d’indignation honnête devant une infraction aussi flagrante de la loi. Que Dieu maintienne l’honneur de sa loi contre un tel délinquant était certain ; et la caractérisation « mur blanchi » était à la fois juste et appropriée ; en effet, la présomption d’intégrité judiciaire de la part de quelqu’un qui outrageait si scandaleusement la loi n’était plus qu’une mince couche de chaux.

CHRIST DEVANT PILATE

Matthieu n’enregistre pas le début de la procès devant Pilate, pas plus que Marc ; mais Luc fournit les faits importants : « Ils se levèrent tous, et ils conduisirent Jésus devant Pilate. Ils se mirent à l’accuser, disant : Nous avons trouvé cet homme excitant notre nation à la révolte, empêchant de payer le tribut à César, et se disant lui-même Christ, roi. » (Luc 23.1, 2).

Il s’agissait là d’une accusation clairement exprimée d’actes de trahison et de propos proférés contre César. L’autorité précédemment citée a ceci à dire à propos de la jurisprudence romaine telle qu’elle existait à l’époque : « Au début de l’Empire, le droit romain s’était transformé en un système qui, plus tard, était formulés par les juristes les plus profonds et les plus influents que le monde ait jamais connus. Et l’esprit de leurs enseignements régit depuis les plus grands systèmes de droit. Il introduisit la recherche de principes de justice sous toutes les formes extérieures et, sur ces principes comme sur le socle, il jeta les bases de la jurisprudence romaine. Cette jurisprudence a unifié le pouvoir de Rome ; et comme ce pouvoir s’étendait de manière à englober tout le monde connu et civilisé, il en était de même pour la consolidation de l’empire : non par l’épée, mais par le génie de la loi.  »

Notons le tour que le grand prêtre et les anciens ont donné à la procédure pour accuser Christ devant Pilate. Le Sanhédrin avait reconnu le Christ coupable de blasphème en se faisant le Fils de Dieu. Mais le gouverneur romain n’aurait pu prendre connaissance de cette accusation ; car selon le droit romain, ce n’était pas un crime pour un homme de se faire Fils de Dieu. Il était donc nécessaire que Christ soit accusé d’une faute politique et capitale. En conséquence, l’accusation portée contre lui était de fomenter une sédition. C’est le crime le plus grave qui puisse être commis contre un gouvernement constitué et il est certain que la peine extrême lui sera infligée ; car c’est un crime contre la vie même de l’État.

Dans le récit de Matthieu, il est dit que Pilate a interrogé Christ en disant : « Es-tu le roi des Juifs ? » Ce à quoi la réponse du Seigneur est donnée dans les mots ; « Tu le dis », ce qui équivaut à un « Oui » fort. C’était une attestation de son identité et de sa souveraineté. A-t-il alors, qui a le droit de régner, affirmé, jamais publiquement ou en privé, sa prétention au trône, ou s’est-il jamais présenté aux Juifs comme leur roi, ou n’a-t-il jamais cherché à être reconnu en tant que tel par un acte ou un acte ? Avait-il jamais proclamé l’heure de la délivrance nationale d’Israël et du renversement du pouvoir de César comme « proche » ? C’est ce qui lui était reproché à ce moment-là comme une infraction capitale (et c’était une infraction capitale si elle était vraie), c’est ce qui est largement admis et enseigné à son sujet de nos jours par des enseignants qui ne peuvent sûrement pas être au courant de ce qu’ils disent.

Matthieu ne donne pas plus de détails sur les accusations portées contre le Seigneur, mais il note avec une grande particularité le fait que Pilate l’a déclaré absolument innocent de ce dont les dirigeants de sa nation l’ont accusé, le déclarant même comme un « homme juste », et allant jusqu’à se laver les mains en public et à se déclarer « innocent du sang de cette personne juste ».

Le récit de Marc montre que tout le Sanhédrin a précipité le Seigneur en présence de Pilate et a été très véhément dans ses accusations contre lui. Que le Seigneur ait admis, en réponse à la question de Pilate, qu’il était bien le roi des Juifs, pourrait sembler appuyer l’accusation de perversion de la nation. Mais il y a une grande différence entre le fait que Christ est le roi promis et l’accusation selon laquelle il avait cherché ou proposé de renverser le royaume de César et d’établir un autre royaume à sa place. Pilate lui-même a reconnu cette différence. Après avoir examiné ce qui était reproché à Christ, Christ a déclaré : « Je ne trouve aucune faute chez cet homme » (v. 4).

L’acquittement de Christ par Pilate a eu pour effet « qu’ils étaient les plus féroces, en disant:« Il soulève le peuple, enseignant dans l’ensemble des Juifs, à partir de la Galilée »…”(V. 5). Et cela aurait été vrai si, lorsque le Seigneur « parcourait toute la Galilée en enseignant dans les synagogues et en prêchant l’évangile du royaume » (Matthieu 4.23), ou si, lorsqu’il envoyait les douze aux « villes d’Israël »”En leur demandant de prêcher, en disant:“Le royaume des cieux est proche”(Matthieu 10.1, 23) ; ou si, lorsqu’il s’approchait de la fin de son ministère, il envoya soixante-dix autres personnes dans chaque ville et lieu où il devait venir lui-même, en leur ordonnant de dire : « Le royaume de Dieu s’est approché de vous » (Luc 10.1, 9), il avait (comme le disent beaucoup d’enseignants de notre temps) offert un royaume terrestre aux Juifs. Mais Pilate, qui avait devant lui les accusateurs et l’accusé, a écarté cette accusation, estimant qu’elle n’était nullement étayée par les preuves.

Non seulement cela, mais Pilate a également envoyé le Christ pour que cette accusation soit examinée par Hérode (qui se trouvait par hasard à Jérusalem à l’époque), car l’infraction, si elle avait été commise, avait été principalement en Galilée, dans la province sous le juridiction d’Hérode. Or, Hérode désirait depuis longtemps voir Jésus (qu’il croyait être Jean-Baptiste ressuscité des morts), car il avait beaucoup entendu parler de lui. Mais il est clair qu’Hérode n’avait jamais entendu ce que certains enseignants modernes affirmaient de manière si positive, à savoir que le Seigneur, dans ses prédications, faisait dans tout le pays l’annonce d’un royaume terrestre. Il semble que personne, jusqu’à ce que nos exposants modernes ne se soient exprimés avec cette notion étrange, n’ait jamais supposé qu’il y avait une particule de preuve pour soutenir cette accusation. Pas un seul témoin ne vint le témoigner devant Pilate ou Hérode. Ainsi, dans l’affaire rapportée par Luc, Pilate prononça le jugement final : « Et Pilate, après avoir convoqué les principaux sacrificateurs et les chefs du peuple, leur dit : Vous avez amené cet homme devant moi, comme un homme pervertissant. les gens (c’est-à-dire de leur allégeance à César) ; et voici que moi, l’ayant examiné avant vous, je ne trouve aucune faute à cet homme touchant ces choses dont vous l’accusez. Non, ni encore Hérode ; car je t’ai envoyé vers lui ; et, voilà, rien ne mérite sa mort. Je le châtierai donc et le relâcherai »(Luc 23.13-15).

Et encore une fois, quand ils demandèrent avec insistance qu’il soit crucifié, Pilate leur dit pour la troisième fois : « Quel mal a-t-il fait ? Je n’ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je le relâcherai donc, après l’avoir fait battre de verges » (V. 22)

Mais « Mais ils insistèrent à grands cris, demandant qu’il fût crucifié. Et leurs cris l’emportèrent : Pilate prononça que ce qu’ils demandaient serait fait. Il relâcha celui (c’est-à-dire Barrabbas) qui avait été mis en prison pour sédition et pour meurtre, et qu’ils réclamaient » Ainsi, l’homme qui était coupable de la chose même, la » sédition, dont ils ont faussement accusée contre le Seigneur, fut relâché et l’innocent, a été condamné à sa place. Quelle illustration frappante nous avons ici du fait puissant qu’il a souffert une fois pour toutes, « le Juste pour les injustes », que toutes nos iniquités ont été mises sur lui ! Et combien il est grave et lamentable qu’il y ait actuellement parmi son peuple une théorie qui en fait (même si ceux qui le pressent le veulent peu) attache sur lui cette fausse accusation de sédition !

L’écrivain discutait une fois de la théorie du royaume remise à plus tard avec un enseignant de longue date ; et quand la discussion a atteint le procès du Seigneur devant Pilate, l’écrivain ait posé à cet enseignant la question directe : « L’accusation de soulever une insurrection contre le gouvernement de César était-elle vraie ? » Et notre ami a répondu sans hésiter : « c’était vrai, » et il aurait dû le dire ou d’abandonner la théorie du report.

Comme nous l’avons vu dans la citation ci-dessus de l’Évangile de Luc, le Seigneur a été accusé devant Pilate de « se faire roi » et de relever ainsi l’étendard de la révolte et de l’insurrection contre César. Mais les registres inspirés montrent également, et de la bouche même de Pilate, que l’accusation était totalement infondée et fausse, qu’aucune preuve, même de la bouche d’un faux témoin, n’était présentée à l’appui. Pilate a formellement déclaré de manière très impressionnante que le Seigneur était innocent de tout crime ou de toute faute. Et ceux qui le connaissent conviendront certainement que rien ne pouvait être plus éloigné de sa pensée ou de sa conduite irréprochable que de proférer autant qu’une suggestion suggérant d’affaiblir l’autorité du gouvernement constitué qu’il s’était lui-même établi et qui selon sa propre parole devait durer « le temps des Gentils », l’autorité dont il a été témoin lui-même auprès de Pilate était « d’en haut » (Jean.9.11).

Jamais depuis ce jour et jusqu’à maintenant, même au cours des siècles, les ennemis du Christ n’ont cherché à fixer sur lui la charge sans fondement d’offrir aux juifs de son époque le rétablissement de leur indépendance nationale, l’accusation de fomenter une insurrection contre les dirigeants civils constitués de son époque : « les pouvoirs en place », qui étaient alors « maintenant ordonnés de Dieu » (Rom. 13.1). Quelle merveille alors qu’aujourd’hui un système doctrinal ait soudainement fait son apparition parmi ceux qui professent la plus stricte orthodoxie, une doctrine qui maintient comme vérité de l’Écriture (quand elle est « divisée droitement ») que tant notre Seigneur que ses serviteurs accrédités, par son autorité, avait fait de manière persistante et pendant plusieurs années exactement ce dont il était accusé devant Pilate !

LE TÉMOIN VÉRITABLE

Nous arrivons enfin au récit de Jean, où sont mentionnés des faits qui nous aideront à comprendre le jugement positif et sans compromis de Pilate selon lequel le Seigneur était totalement innocent de tout mot ou acte contraire à la règle et à l’autorité de César.

Une particularité de cette étrange procédure judiciaire qui est clairement mise en évidence dans l’Évangile de Jean est la suivante : les Juifs, qui ont porté des accusations contre le Seigneur Jésus, n’iraient pas eux-mêmes au prétoire (la salle du jugement romain) de crainte d’être souillés et, partant, être empêché de manger la Pâque (Jean 18.28).

Pour cette raison, Pilate avait dû aller à leur rencontre pour entendre leur accusation, puis d’entrer dans le prétoire et interroger Christ sur les accusations portées contre lui. Nous apprenons également du récit de Jean que, lorsque Pilate s’adressa à la population pour la première fois, il proposa aux Juifs de le juger conformément à leur propre loi, mais ils s’y sont opposés pour la simple raison qu’il ne leur était pas permis de mettre personne à mort (v. 31). Là-dessus, Pilate rentra dans le palais du jugement et posa au Christ la question inscrite dans chacun des évangiles : « Es-tu le roi des Juifs ? » (V. 33). Cependant, de Jean, nous apprenons le fait significatif que Christ n’a pas immédiatement répondu à cette question, mais a demandé à savoir de Pilate s’il s’était renseigné lui-même ou si d’autres avaient porté l’accusation à son encontre. Cette question posée par le Seigneur de Pilate est significative. Selon la loi romaine, un prisonnier, surtout quelqu’un inculpé d’un crime capital comme une sédition contre le gouvernement constitué avait le droit d’être jugé sur une déclaration formelle et précise (ou « mise en accusation »), exposant les détails de son infraction présumée et d’être confronté aux témoins dont il a été accusé. Festus a dit à Agrippa :  » ce n’est pas la coutume des Romains de livrer un homme avant que l’inculpé ait été mis en présence de ses accusateurs, et qu’il ait eu la faculté de se défendre sur les choses dont on l’accuse. » (Actes 25.16).

Ainsi, la simple question posée par le Seigneur révéla vivement à Pilate un fait qui, selon le droit romain, aurait dû renvoyer l’affaire à huis clos, à savoir qu’il n’y avait pas de témoins de son comportement séditieux présumé, même s’il y avait eu des accusations portées contre lui. Tout ce que Pilate pouvait dire en réponse à cette question posée était : « Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi : qu’as-tu fait ? » Divers indices sont donnés sur ce qui a traversé l’esprit de Pilate à cette occasion. Le fait que l’accusation de sédition était totalement non étayée par une preuve devait avoir été rapidement évident. Ensuite, le message extraordinaire que la femme de Pilate lui a envoyé a probablement beaucoup influencé son esprit ; et enfin, il ne fait aucun doute que la parole et les manières du Seigneur ont profondément impressionné le gouverneur romain. Le témoignage honnête impressionne toujours ceux qui ont une formation et une expérience judiciaires, et dans ce cas, c’est le Témoin Véritable lui-même qui témoigne d’une bonne confession devant Ponce Pilate (I Tim. 6.13). En tout état de cause, il est certain qu’avant de terminer l’affaire, Pilate « savait qu’il l’avait livré par envie » et non par un crime contre l’État (Matthieu 27.18).

Nous devons donc atteindre le point où Pilate a écouté le témoignage du Seigneur concernant le caractère du royaume qu’il avait proclamé. Il est écrit dans ces mots, qui sont clairs et décisifs. Jésus répondit:“Mon royaume n’est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est point d’ici-bas. » (Jean 18.36).

Les mots « de ce monde:» répétés deux fois signifient la source ou l’origine du royaume auquel il est fait référence. La préposition ici rendue par « de » (ek) signifie « de » ou « de ». Et nous sommes tenus de comprendre, sinon nous pourrions imputer des ruses et de la non-sincérité au Seigneur, que, lorsqu’il a dit : « Mon royaume », il voulait dire ce royaume qui avait été proclamée publiquement par lui-même, par ses apôtres et par Jean-Baptiste. Ce témoignage du Témoin Véritable élimine l’idée étrange qu’Il (et ses serviteurs) avaient annoncé deux (certains de nos exposants disent trois) différents royaumes : aussi différents que le règne terrestre d’un monarque terrestre comme David ou César, et un royaume purement spirituel et céleste. Depuis le « commencement de l’Évangile de Jésus-Christ » (Marc 1.1-3), il n’y a jamais eu qu’un seul royaume en vue ; et c’était et est toujours le même royaume à propos duquel notre Seigneur a témoigné devant Pilate en disant : « Mon royaume n’est pas de ce monde ».

Ces paroles effacent (ou devraient le faire pour tous ceux qui reçoivent son témoignage) l’idée que la domination terrestre était, à tout moment ou de quelque manière que ce soit, comprise dans le cadre de la mission du Seigneur lors de sa première venue. Certes, cela a convaincu Pilate, aussi peu convaincant soit-il pour certains professeurs modernes de la Bible. Après son interrogatoire du Seigneur, Pilate est retourné vers les Juifs et leur a dit : « Je ne trouve aucune faute en cet homme » (v. 38). Cette décision fut également prise à la lumière des paroles ultérieures du Christ rapportées au verset 37 : « Tu dis que je suis un roi. C’est pour cela que je suis né « (c’est-à-dire afin qu’il soit roi) » et c’est pour cette raison que je suis venu dans le monde, afin que je témoigne de la vérité.  »

En effet, il est né roi et « le roi des Juifs » (Matthieu 2.2) ; mais non pas pour établir à cette époque un royaume qui serait en conflit avec le règne de César, encore moins un royaume qui le supplanterait. Telle a été la décision prise par le représentant de César et telle est devenue le jugement final jamais renversé et pour autant que l’écrivain actuel soit informé jamais contesté, jusqu’à remise en question par certains exposants bibliques de notre époque. Depuis ce jour, pas même les ennemis de Christ n’ont jamais prétendu qu’il avait cherché ou proposé, directement ou indirectement, d’établir le trône terrestre de David, mais cette charge sans fondement a été ravivée et donnée au peuple du Seigneur sous la forme « nouvelle lumière : « dérivée par un processus de » diviser droitement la parole de vérité. « C’est une chose étonnante.

Nous croyons que la question dont nous discutons sera réglée définitivement pour beaucoup de personnes qui en ont été grandement troublées, quand elles se sont aperçues que le jugement de Pilate, acquittant le Seigneur de tout acte ou parole tendant à renverser le royaume de César, était basé sur le propre témoignage du Seigneur. Le jugement d’acquittement de Pilate aurait bien sûr été erroné, injuste et contraire à la vérité, si le Seigneur avait à un moment donné offert le royaume terrestre au peuple juif, ou s’était présenté à lui comme son roi terrestre, ou autorisé d’autres à le faire. Mais dans ce cas, quelqu’un qui l’aime peut-il croire qu’il aurait nié l’accusation ou même permis à Pilate de le déclarer innocent de ce qu’il avait fait ?

Le cas, par conséquent, en dernière analyse, en arrive au point où celui qui se forge une opinion à ce sujet doit soit conclure que le royaume de Dieu (ou royaume des cieux) que le Seigneur a annoncé comme « proche » n’était pas le royaume terrestre. que les Juifs désiraient, ou que Pilate, dans le jugement qu’il a rendu, a été induit en erreur par le propre témoignage du Seigneur, qui est la seule preuve dont il disposait. Laissons donc le lecteur se poser la question suivante : « Pilate a-t-il commis une erreur judiciaire en déclarant que Jésus-Christ n’est pas coupable en se fondant sur son propre témoignage, cela étant la seule preuve au dossier ? »

Que Pilate comprenne bien le problème qui lui est présenté ne laisse aucun doute. L’accusation portait sur la revendication d’un royaume terrestre et Pilate était convaincu que Christ n’avait pas parlé d’un royaume de ce genre. Cela apparaît également du fait que lorsque Pilate, après avoir acquitté le Seigneur Jésus, a cherché à le libérer, les Juifs ont crié : « Si tu laisses cet homme partir, tu n’es pas l’ami de César : quiconque se fait roi se déclare contre César”(Jean 19.12). Cela aurait été tout à fait vrai si un roi terrestre et un royaume terrestre avaient été en cause. Mais la vérité est, et Pilate a été obligé de décréter et de publier, que Christ n’avait jamais parlé d’un royaume terrestre, mais uniquement d’un royaume céleste – un royaume « NON PAS DE CE MONDE ».

Et finalement, quand Pilate leur dit : « Crucifierai-je votre roi? », Les principaux sacrificateurs, répondant au nom de la nation, dirent : « Nous n’avons pas de roi que César ». La question que Pilate décida donc était parfaitement claire.

UN ROYAUME « NON PAS DE CE MONDE »

Lorsque le Seigneur Jésus-Christ et son précurseur, Jean-Baptiste, ont annoncé publiquement devant des milliers de personnes que le Royaume des cieux était « proche », c’est-à-dire sur le point d’être présenté, ce qui était sur le point d’apparaître était la dispensation actuelle du Saint-Esprit. Et c’est précisément ce que Jean a annoncé en termes clairs en disant : « Moi, je vous baptise d’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu »(Luc 3.16). Et le Seigneur Jésus, après sa mort et sa résurrection, a fait référence à cette annonce en utilisant les mêmes mots et en disant à ses disciples que l’événement annoncé par Jean, le baptême du Saint-Esprit, aurait lieu « dans peu de jours » (Actes 1.5). Cela prouve de manière concluante que le « royaume » annoncé par Jean comme « proche » a commencé à la Pentecôte.

Cette dispensation du Royaume de Dieu, annoncée par Jean-Baptiste, qui est la dispensation du Saint-Esprit, devait embrasser le monde entier et devait être introduite par la mort et la résurrection du Seigneur et son ascension à la droite de Dieu, en accomplissement des Psaumes 2, 16, 110 et d’autres Écritures prophétiques. Cela a également été annoncé par Jean-Baptiste dans des paroles d’une clarté évidente lorsqu’il a pointé le Seigneur Jésus et lui a dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde » ; et lorsqu’il a continué en disant « c’est celui qui baptise du Saint-Esprit »(Jean 1.29-34).

Il est clair que Jean était ici en train d’annoncer cette époque de l’évangile du Christ crucifié et ressuscité des morts, prêché « avec le Saint-Esprit descendu du ciel ». Tous ceux qui possèdent la plus petite connaissance biblique savent que les paroles « Agneau de Dieu » parlent du sacrifice désigné par Dieu pour les pécheurs ; et l’expression remarquable – « le péché du monde » – montre que le sacrifice à venir n’était pas réservé à Israël, mais au monde entier.

CONCLUSION

Le lecteur est invité à dire si, avec tous les faits dont il dispose maintenant, il se joindra aux principaux sacrificateurs et dirigeants des Juifs pour accuser le Seigneur Jésus-Christ de susciter une insurrection contre César et de chercher à mettre en place un autre gouvernement.

Pour notre part, nous maintenons que le jugement de Pilate était correct et strictement conforme aux témoignages ; et ; de plus, le témoignage du seul témoin, l’accusé lui-même, qui a comparu devant le tribunal au cours de ce procès était vrai.

APPENDICE

L’argument que l’auteur a développé dans les pages précédentes a été exposé de manière concise, il ya plusieurs décennies, dans l’un de ses livres, GOD’S PRESENT KINGDOM. Après avoir lu ce volume, un avocat de l’une de nos plus grandes villes a écrit à l’auteur une lettre contenant les éléments suivants :

Si, dans l’esprit de quiconque lit ce livre, il reste plus quelque chose de la théorie du « report », je ne peux pas imaginer ce que c’est. Il y a un argument qui me semble, peut-être à cause de ma profession, être l’argument le plus fort contre la théorie du report, et lorsque je l’ai lu à la page 203 du livre, j’ai été surpris de constater que cela ne m’était pas arrivé auparavant.

C’est ceci : « Manifestement, si le Seigneur avait prononcé un seul mot qui aurait pu être interprété comme une proclamation ou une suggestion qu’il était sur le point de réclamer le trône, ou qu’il l’accepterait, des milliers de témoins auraient prouvé l’accusation. Mais il n’y avait aucune preuve à venir. Et notons que tout ce qui prouverait aujourd’hui la théorie de nos amis aurait prouvé l’accusation portée par les prêtres et les pharisiens contre le Seigneur devant Pilate. »

Cette dernière phrase résume l’ensemble de l’affaire ; et je ne vois pas comment quiconque pourrait s’en sortir. Je suis surpris que M. Scofield, avocat de profession, et pendant de nombreuses années dans la pratique, n’a pas considéré cela comme une objection fatale à sa théorie, mais comme je l’ai dit, j’ai complètement manqué le point jusqu’à ma l’attention a été appelée dans votre livre.

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Confession deDordrecht

CONFESSION DE FOI CHRÉTIENNE

des chrétiens sans défense et sans vengeance, connus sous le nom de MENNONITES

Telle qu̓établie à Dordrecht (Pays–Bas) le 21 avril 1632

Traduction d’une édition allemande de l’an 1711. Édition française de 1922

Description des principaux articles de la foi chrétienne, que nous professons dans nos églises.

ARTICLE I
Dieu, le Créateur de toutes choses

L’Écriture nous témoigne qu’il n’est pas possible d’être agréable à Dieu sans la foi, et qu’il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (Hébreux 11.6). C’est pourquoi nous confessons de la bouche et nous croyons de cœur avec tous les fidèles, selon ce que dit l’Écriture, qu’il y a un seul Dieu éternel (Deutéronome 6.4), tout-puissant (Genèse 17.1), incompréhensible, qui est Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit (1 Jean 5.7) ; qu’il n’y a pas plus d’un Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que lui ; qu’avant lui il n’y a pas eu de Dieu, et qu’après lui il n’y en aura point. Car de lui, par lui et en lui sont toutes choses. À lui soit louange, honneur et gloire d’éternité en éternité. Amen.

C’est ce seul Dieu, qui opère tout en tous (1 Corinthiens 12.6), que nous croyons et que nous confessons être le Créateur de toutes les choses visibles et invisibles. C’est lui qui a créé, fait et disposé dans l’espace de six jours le Ciel et la terre, la mer et toutes les choses qui y sont (Actes 14.15). Nous croyons qu’il les gouverne et les conserve encore par sa sagesse, par sa puissance, et par l’efficacité de sa Parole.

Après avoir achevé ses ouvrages, et les avoir disposés et préparés sagement selon son bon plaisir, de manière qu’ils étaient bons, chacun selon sa nature, son essence et ses qualités, il créa aussi le premier homme Adam (Genèse 1.27), notre père à tous. Il lui donna un corps, qu’il forma de la poussière de la terre, et il souffla dans ses narines une respiration de vie, de manière qu’il devint une âme vivante (Genèse 2.7), ayant été créé par Dieu selon son image et à sa ressemblance (Genèse 5.1), dans une justice et une sainteté véritable pour la vie éternelle. Il le distingua de toutes les autres créatures, et il l’orna de qualités sublimes et exquises. Il le plaça dans le jardin d’Éden ou le paradis, il lui donna un commandement et une défense (Genèse 2.17). Ensuite il prit une côte à Adam et il en fit une femme, il l’amena vers lui (Genèse 2.22), et la lui donna pour aide, pour compagne et pour femme. Il a établi un ordre par lequel tous les hommes qui habitent, et qui ont habité sur la terre, descendent de ce premier homme, qui est Adam (Actes 17.26).

ARTICLE II
La transgression du commandement de Dieu par Adam

Nous croyons aussi et nous confessons, selon ce que nous dit l’Écriture sainte, que nos premiers parents, Adam et Ève, ne demeurèrent pas longtemps dans cet état de perfection, dans lequel ils avaient été créés, mais qu’ils furent détournés et séduits par la ruse et la tromperie du serpent, et par l’envie du diable. Ils transgressèrent l’ordre du Seigneur, et furent désobéissants à leur Créateur (Genèse 3). Par cette désobéissance le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même aussi la mort est passée sur tous les hommes, parce que tous ont péché (Romains 5.12). Par là nos premiers parents se sont rendus coupables et ont attiré sur eux la colère de Dieu et la damnation. C’est pourquoi Dieu les chassa du paradis ou du jardin d’Éden (Genèse 3.23) pour cultiver la terre, afin de s’y nourrir avec peine, et d’y manger leur pain à la sueur de leur front, jusqu’à ce qu’ils retournent dans la terre, de laquelle ils avaient été pris (Genèse 3.19). Par ce seul péché ils sont tellement déchus, ils se sont tellement séparés de Dieu, qu’ils ne pouvaient se relever, se sauver et se réconcilier avec Dieu, ni par eux-mêmes, ni par aucun des leurs descendants (Psaume 49.8), ni par aucun des anges ou des hommes, ni par le moyen d’aucune créature, soit dans le ciel, soit sur la terre (Apocalypse 5). Leur sort eut été la perdition éternelle, si Dieu, qui eut pitié de sa créature, ne les eût regardés en sa grâce et ne fût intervenu dans son amour et dans sa miséricorde (Jean 3.16).

ARTICLE III
Le salut du genre humain et sa réconciliation avec Dieu

En ce qui concerne le relèvement du premier homme et de ses descendants, nous confessons et nous croyons que, malgré leur chute, leur transgression et leur péché, et quoiqu’ils fussent dans une entière impuissance de faire le bien, Dieu n’a cependant pas voulu les rejeter absolument, et les laisser périr éternellement. Il les a de nouveau appelés à lui, il les a consolés et leur a révélé le salut qu’il avait préparé dès avant la création du monde. Ce salut est en son propre Fils (1 Jean 3.8), l’agneau de Dieu sans tache (Jean 1.29 : 1 Pierre 1.19). Il leur fut promis lorsqu’ils étaient encore dans le paradis terrestre (Genèse 3.15), pour leur consolation, tant pour eux que pour leurs descendants. Ils purent même dès lors se l’approprier par la foi. Tous les saints patriarches l’ont désiré. La promesse leur en a été souvent renouvelée. Ils l’ont contemplé de loin par les yeux de la foi (Hébreux 11.13). Ils ont attendu l’accomplissement des promesses de Dieu, croyant que lorsque le Sauveur viendrait, le genre humain déchu de son innocence serait relevé, affranchi et sauvé de ses péchés par son moyen.

ARTICLE IV
De la venue de notre Sauveur Jésus-Christ.

Nous croyons et nous confessons que, lorsque le temps de la promesse fut accompli, ce Sauveur promis est venu et a été envoyé par Dieu dans le monde (Galates 4.4 ; Jean 16.28), selon le prédiction des prophètes, et le témoignage des évangélistes. Il est venu en chair (1 Timothée 3.16), la parole ayant été fait chair (Jean 1.14) et étant devenue homme. Il a été conçu de la vierge Marie (Matthieu 1.22), laquelle était fiancée à un homme nommé Joseph, de la famille de David. Elle le mit au monde à Bethléhem, elle l’emmaillota et la coucha dans une crèche (Luc 2.7.).

Nous confessons et nous croyons aussi qu’il est celui dont les origines sont d’ancienneté, dès les jours éternels (Michée 5.2), qu’il est sans commencement de jours, et sans fin de vie (Hébreux 7.3). C’est à lui qu’est rendu ce témoignage qu’il est l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin (Apocalypse 1.8), le premier et le dernier. C’est lui qui a été élu, promis et envoyé, et qui est venu dans le monde. Il est le Fils unique de Dieu (Jean 3.16 ; Romains 8.32 ; Hébreux 1.6). Il était avant Jean-Baptiste, avant Abraham ; David l’appelle son Seigneur ((Matthieu 22.43). Il se nomme le Dieu de toute la terre (Ésaïe 54.5). Il est le premier-né de toutes les créatures (Colossiens 1.15), auquel Dieu a préparé un corps (Hébreux 10.5). Il a offert lui-même ce corps en sacrifice et en offrande d’agréable odeur à Dieu pour la consolation, la rédemption et le salut de tous, et de tout le genre humain.
Quant à la manière dont ce corps sacré a été préparé, comment la Parole a été faite chair, et comment Jésus est devenu homme, nous nous contentons de l’explication que les évangélistes nous en ont donné (Luc 1.31-33). Nous confessons avec tous les saints, qu’il est le Fils de Dieu vivant (Jean 20.31 ; Matthieu 16.16), sur lequel repose toute notre espérance, notre consolation, notre rédemption et notre salut, et que nous ne pouvons, ni ne devons le chercher en aucun autre qu’en lui seul.

Nous croyons et confessons encore avec l’Écriture, qu’après avoir achevé sa course dans le monde et après avoir accompli l’œuvre pour laquelle il avait été envoyé, il a été livré entre les mains des méchants, selon le conseil arrêté de Dieu. Il a souffert sous Ponce Pilate (Luc 23.1), il a été crucifié, il est mort. Il a été enseveli (Luc 23.53), il est ressuscité des morts (Luc 24.5-6) le troisième jour. Il est monté aux cieux (Luc 24.51) et il est assis à la droite de la majesté de Dieu dans les lieux très hauts, d’où il viendra pour juger les vivants et les morts.

Ainsi le Fils de Dieu a répandu son sang précieux et il a goûté la mort pour nous tous. Par là, il a brisé la tête du serpent (Genèse 3.15), il a détruit les œuvres du diable (1 Jean 3.8), il a aboli l’obligation qui était contre nous (Colossiens 2.14), il a acquis la rémission des péchés à tout le genre humain (Romains 5.18), et ainsi il est l’auteur du salut (depuis Adam jusqu’à la fin du monde) pour chaque homme en particulier, pour ceux qui croiront en lui et qui lui obéiront.

ARTICLE V
Institution du Nouveau Testament par Notre Seigneur Jésus-Christ

Nous croyons et nous confessons aussi qu’il a institué son Nouveau Testament (Jérémie 31.31) avant son ascension au Ciel, et que, comme ce Testament doit être et demeurer un Testament éternel, il l’a confirmé et scellé de son sang précieux (Hébreux 9.15-16 ; Matthieu 26-28). Il l’a donné et laissé aux siens, et qu’il l’a ordonné et recommandé d’une manière si solennelle (Galates 1.8), qu’il ne peut et ne doit être changé (1 Timothée 6.3), ni par des anges, ni par des hommes, que l’on n’en peut rien ôter, et que l’on n’y doit rien ajouter. Il a fait annoncer, prêcher et témoigner en son nom, parmi tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues (Matthieu 22.19), tout ce qui y est contenu, selon le conseil et la pleine volonté de son Père céleste, et autant qu’il était nécessaire pour le salut, et cela par le ministère de ses chers apôtres, de ses messagers et de ses serviteurs qu’il avait appelés et choisis pour cela (Jean 15.16), et qu’il a envoyés par tout le monde (Matthieu 16.13). Il a fait annoncer, prêcher et témoigner par leur moyen la repentance et la rémission des péchés (Luc 24.47). Il a voulu y déclarer pour ses enfants et ses héritiers légitimes (Romains 8.17) tous les hommes sans distinction, autant qu’ils obéiront et se conformeront comme des enfants obéissants, à ce que ce Testament renferme. Il n’a exclu et privé personne de ce glorieux héritage du salut éternel, sinon ceux qui ne veulent point croire et obéir, les hommes rebelles et impénitents, qui le méprisent, qui se rendent coupables par des péchés volontaires, et qui deviennent par là indignes de la vie éternelle (Actes 13.46).

ARTICLE VI
La repentance et l’amendement de la vie.

Nous croyons et nous confessons que, puisque la nature du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse (Genèse 8.21 ; Ézéchiel 12.2), et que par là il est enclin à toutes sortes d’injustices, de péchés et de malice, la première leçon du Nouveau Testament est la repentance et l’amendement de la vie (Marc 1.15). Les hommes ayant des oreilles pour entendre et des cœurs pour comprendre, doivent produire des fruits convenables à la repentance, s’amender et croire à l’Evangile, laisser le mal et faire le bien, cesser de vivre dans l’injustice, renoncer au péché, et de dépouiller le vieil homme avec ses œuvres (Colossiens 3.9), pour être revêtus du nouvel homme, qui est créé selon Dieu, dans une justice et une sainteté véritable. Car ni le baptême, ni la sainte Cène, ni la communion avec les fidèles, ni autres cérémonies extérieures ne peuvent plaire à Dieu sans la foi, sans la régénération, sans changement et sans renouvellement de vie. Tout cela ne peut donner de consolation, ni d’espérance pour le salut, mais il faut s’approcher de Dieu avec un cœur sincère, avec une confiance pleine et parfaite (Hébreux 10.22) et croire en Jésus-Christ ainsi que l’Écriture le dit et le témoigne (Jean 7.35). Par cette foi nous recevons le pardon de nos péchés, nous sommes sanctifiés et justifiés et devenons enfants de Dieu. Comme tels, nous sommes rendus participants de son Esprit, de sa nature et de sa nature divine (2 Pierre 1.4), étant nés de Dieu et régénérés par une semence incorruptible (1 Pierre 1.23).

ARTICLE VII
Le Baptême.

En ce qui regarde le Baptême, nous croyons et nous confessons que tous les pécheurs repentants, qui sont réconciliés avec Dieu par la foi, la nouvelle naissance et la régénération par le Saint-Esprit, dont les noms sont écrits dans les cieux, doivent être baptisés d’eau pour la rémission de leurs péchés (Actes 2.38) au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28.19). Ce baptême doit leur être conféré après qu’ils ont fait une confession de leur foi selon l’Écriture, selon l’ordre du Christ (Marc 16.15-16) et selon la doctrine, l’exemple et l’usage des apôtres (Actes 2.41 ; 8.12, 38 ; 9.18 ; 10.47, 48 ; 16.35). Ils sont ainsi incorporés dans la communion des fidèles et sont tenus de faire tout ce que le Fils de Dieu a enseigné et recommandé aux siens (Col. 2.11-12 ; Romains 6.4).

ARTICLE VIII
L’Église de Dieu.

Nous croyons et nous confessons qu’il y a une Église visible de Dieu (1 Corinthiens 12.13), composée de ceux qui, comme nous l’avons dit, se repentent sincèrement, qui ont une vrai foi et qui sont baptisés selon l’ordre de Dieu, qui sont unis avec Dieu dans le Ciel et qui sont incorporés sur la terre dans la communion des saints. Nous confessons que cette Église est la race élue, la sacrificature royale, la nation sainte (1 Pierre 2.9), à laquelle est rendue ce témoignage qu’elle est l’épouse de Jésus-Christ (Jean 3.29 ; Apocalypse 19.7), que ses membres sont héritiers de la vie éternelle (Tite 3.7). Elle est la maison de Dieu en esprit (Éphésiens 2.22), le temple du Dieu vivant (2 Corinthiens 6.16), un édifice bâti sur le fondement des Apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire (Éphésiens 2.20). Il l’a rachetée par son précieux sang (1 Pierre 1.19) et veut être avec elle tous les jours jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28.20), en vertu de sa promesse, pour la consoler et la défendre. Il veut la garder, afin que ni la pluie, ni les torrents, ni les vents ne puissent l’ébranler (Matthieu 7.25), que même les portes de l’enfer ne puissent prévaloir contre elle (Matthieu 16.18).

Les signes distinctifs de cette Église sont une doctrine et une foi conforme à l’Écriture, une charité sincère, une vie qui abonde en fruits de l’Esprit (Galates 5.22) et une exacte observation de tout ce que Jésus-Christ a ordonné lui-même aux siens.

ARTICLE IX
Les différents ministères dans l’Église.

En ce qui concerne les différents ministères, nous croyons et nous confessons que l’Église ne pouvant s’accroître et être édifiée sans ministère et sans organisation, le Seigneur Jésus étant le chef de l’Église, a distribué des dons aux hommes (Éphésiens 4.8) et ordonné comment chacun doit se conduire dans la maison de Dieu, en faisant valoir le talent qui lui a été confié. Lui-même le Pasteur et l’Évêque de nos âmes (1 Pierre2.25) a donné l’exemple. IL est venu dans le monde, non pour le juger et le condamner, mais pour sauver ce qui était perdu (Matthieu 18.11) ; non pour faire périr les hommes, mais pour les racheter (Matthieu 12.19 ; Luc 9.56). Il a abattu le mur de séparation entre les Juifs et les païens et des deux peuples n’en a fait qu’un (Éphésiens 2.14). Il s’est rassemblé un seul troupeau d’entre toutes les familles de la terre (Galates 3.28 ; Jean 10.16), ayant donné sa vie pour eux (Jean 10.11, 15) afin de les affranchir, de les sauver et de les amener à la vie éternelle.

Il a donné les uns pour être apôtres (après avoir passé toute la nuit à prier Dieu. Luc 6.12), les autres pour être prophètes, les autres pour être évangélistes, les autres pour être pasteurs et docteurs (Éphésiens 4.11), afin qu’ils paissent le troupeau de Dieu et qu’ils veillent sur lui, se conformant en toutes choses à l’exemple qu’il leur a donné et à son dernier commandement : «Instruisiez toutes les nations, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé» (Mathieu 28.20).

Les apôtres ont eu soin, en fidèles imitateurs de Jésus-Christ et conducteurs de l’Église, d’établir dans chaque ville (Tite 1.4) et dans toutes les églises, sur la présentation des frères et après avoir prié Dieu (Actes 1.23, 24), des évêques, des pasteurs et des conducteurs. Ils consacraient pour ce ministère des hommes capables de veiller sur eux-mêmes, sur la doctrine (1 Timothée 4.16) et sur tout le troupeau, ayant une foi saine, une vie pieuse et un bon témoignage aussi bien des frères de l’Église que des gens dehors, étant des exemples et des lumières par leur piété et leurs bonnes œuvres et pouvant administrassent dignement, selon l’ordre établi par le Seigneur, le baptême et la sainte Cène (1 Timothée 3.2, 3).

Ils établirent donc pour anciens des hommes fidèles et capables d’enseigner les autres (2 Timothée 2.2) ; ils les consacrèrent par l’imposition des mains ((1 Timothée 4.14), au nom de Seigneur, pour s’occuper selon leurs moyens des besoins de l’Église, pour faire valoir, comme de bons serviteurs, les talents de leur Maître (Luc 19.13), à travailler ainsi à leur propre salut et à celui de ceux qui les écoutaient.

Ces anciens devaient aussi veiller à ce que le troupeau dont ils avaient la charge ait les diacres pour prendre soin des pauvres, recevoir les aumônes et les dons et les répartir fidèlement, suivant les nécessités des saints (Actes 6.2-6). De même, ils devaient élire et consacrer comme diaconesses des veuves âgées ayant un bon témoignage (1 Timothée 5.9 ; Romains 16.1) pour assister les diacres dans le soin des pauvres, pour visiter les malades, les affligés, les veuves et les orphelins (Jacques 1.27), et pour aider selon leur pouvoir dans tous ses besoins de l’Église.
De plus, en ce qui concerne les diacres qui ont été élus et consacrés dans l’Église, s’ils sont jugés capables, ils peuvent aider les anciens à l’édification par la parole, en sorte que chacun emploie au service des autres le don qu’il a reçu du Seigneur, afin que par le service de chaque membre, chacun selon ses forces, le corps de Christ soit édifié.

ARTICLE X
La sainte Cène

Nous confessons et nous conservons aussi la fraction du pain ou la sainte Cène, telle que le Seigneur Jésus l’a établie avant sa passion avec du pain et du vin (Matthieu 26.26-29 ; Marc 14.22-25) et telle qu’il l’a célébrée lui-même avec ses apôtres. Il leur a commandé de la continuer en mémoire de lui (1 Corinthiens 11.23-26) et ils l’ont enseignée et pratiquée par la suite dans l’Église (Actes 2.42, 46) pour fortifier la foi par le souvenir des souffrances et la mort du Seigneur (1 Corinthiens 10.16). Dans la sainte Cène nous confessons que le corps sacré de Jésus-Christ a été rompu et que son précieux sang a été repandu pour nous et pour tout le genre humain et que sa mort nous assure la rédemption et le salut éternel. Le grand amour que Jésus nous a témoigné par son sacrifice, à nous qui sommes des hommes pécheurs, doit nous pousser à nous aimer les uns les autres et à pardonner à notre prochain comme Jésus-Christ nous a pardonné. La fraction du pain doit être aussi pour nous une figure de la communion que nous devons avoir avec Dieu et avec nos frères (1 Corinthiens 10.17).

ARTICLE XI
Le lavement des pieds

Nous confessons et nous approuvons aussi le lavement des pieds parmi les saints, comme le Seigneur Jésus l’a établi et ordonné lui-même, lorsqu’il a lavé les pieds à ses apôtres, quoiqu’il fût leur Seigneur et Maître ((Jean 13.4-17). Il leur a donné en cela un exemple, leur disant qu’ils devaient aussi pour se laver les pieds les uns aux autres. C’est ce qu’ils ont enseigné ensuite aux fidèles d’observer, pour preuve d’une véritable humilité.

Le lavement des pieds doit aussi nous rappeler que nos âmes ont besoin d’être lavés et purifiés par le précieux sang de Christ.

ARTICLE XII
Le mariage

Nous confessons et nous reconnaissons que deux membres fidèles de l’Église, qui sont libres, peuvent s’unir par le mariage, de la manière que Dieu l’a institué lui-même au commencement, dans le jardin d’Éden, entre Adam et Ève (Genèse 2.18, 22-24).

Le Seigneur Jésus a redressé tous les abus qui s’étaient glissés dans le mariage et il a rappelé la sainteté de l’ordre divin. C’est aussi dans cet esprit que l’apôtre Paul a enseigné le mariage dans l’Église (1 Corinthiens 7), laissant à chacun la liberté de se marier selon le Seigneur.

Par cette expression «selon le Seigneur» il faut comprendre, à notre avis, que comme les patriarches étaient obligés de se marier dans leur parenté et dans leur famille (Genèse 24.4 ; 28.6), de même sous le Nouveau Testament, les croyants doivent se marier dans la famille spirituelle de Christ, qui est la race élue. Les époux doivent donc avoir été unis à l’Église de cœur et d’âme, avoir la même foi et la même doctrine avant d’être unis par le mariage, selon l’ordre établi au commencement par Dieu. C’est ce qui s’appelle se marier selon le Seigneur.

ARTICLE XIII
Rapports avec les autorités

Nous confessons, nous croyons et nous avouons, que les puissances ou autorités qui subsistent ont été établis de Dieu (Romains 13.1) pour punir ceux qui font le mal et pour honorer ceux qui font bien (1 Pierre 2.13), pour gouverner et pour maintenir le bon ordre dans les pays et dans les villes. Nous ne devons point les mépriser, ni leur résister, mais que les reconnaître comme les ministres de Dieu pour notre bien. Nous devons les honorer, leur être soumis, leur obéir, lorsque ce qu’ils nous demandent n’est pas contraire à la Parole ou à la volonté de Dieu, et être prêts à faire toutes sortes de bonnes œuvres (Tite 3.1). Nous sommes tenus de leur payer fidèlement les impôts et de leur rendre ce qui leur est dû (Romains 13.7), comme le Fils de Dieu l’a l’a fait lui-même, et comme il a ordonné aux siens de faire (Matthieu 17.27, 22.21). Nous devons de plus prier instamment le Seigneur pour eux et pour le bien du pays, afin que nous menions sous leur protection une vie paisible et tranquille en toute piété et en toute honnêteté (1 Timothée 2.1). Enfin nous devons demander au Seigneur qu’il les récompense et leur rende ici-bas et dans la vie éternelle le bien, la liberté et les faveurs que nous recevons d’eux.

ARTICLE XIV
La vengeance

En ce qui concerne la vengeance ou le pouvoir de résister à ses ennemis avec l’épée, nous croyons et nous confessons que le Seigneur Jésus a interdit à ses disciples toute vengeance et toutes représailles (Matthieu 5.39-44 ; Romains 12.19). Il leur a ordonné de ne rendre à personne le mal pour le mal, ni injure pour injure (1 Pierre 3.9) ; de remettre l’épée dans le fourreau ou, comme ont dit les prophètes, d’en forger des hoyaux (Ésaïe 2.4 ; Michée 4.3). Si donc nous voulons suivre son exemple et sa doctrine, il ne nous est pas permis d’offenser notre prochain, ni de lui faire du tort. Nous devons au contraire chercher à lui procurer tout le bien possible et à assurer son bonheur éternel. S’il le faut nous devons être prêts, pour le nom de Jésus, de fuir d’une ville ou d’un pays dans un autre et a souffrir la perte de nos biens, plutôt que de faire nous-mêmes le mal. Si l’on nous frappe sur une joue, nous devons présenter l’autre et non rendre des coups et nous venger nous-mêmes. Nous devons prier pour nos ennemis, s’ils ont faim leur donner à manger, s’ils ont ou soif leur donner à boire (Romains 12.20), et ainsi les éclairer et les convaincre par nos bienfaits. En un mot, nous devons faire le bien, nous rendant recommandables à la conscience de tous les hommes devant Dieu et accomplissant la loi de Christ : «Toutes les choses que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les aussi leur de même» (Matthieu 7.12).

ARTICLE XV
Le serment

En ce qui concerne le serment, nous croyons et nous confessons que le Seigneur Jésus l’a interdit aux siens en disant : «Ne jurez du tout point, que votre parole soit oui, oui ; non, non« (Matthieu 5.34-37). Il s’en suit que tout serment, de quelque nature qu’il soit, nous est défendu (Jacques 5.12). Nous devons confirmer toutes nos promesses et tous nos engagements, toutes nos déclarations et nos témoignages par un simple oui où il faut dire oui et par non où il faut dire non. Nous sommes obligés, dans toutes les circonstances, d’accomplir nos promesses à l’égard de chacun aussi fidèlement que si nous les avons faites avec un serment solennel (1 Corinthiens 1.17). En agissant ainsi nous ne fournirons de prétexte à personne, même aux autorités pour vouloir nous imposer un serment contre notre conscience.

ARTICLE XVI
L’excommunication ou exclusion de l’Église

Nous confessons et nous admettons une exclusion et une séparation de l’Église qui doit être fait dans un esprit chrétien pour le salut et non pour la perdition du pécheur. Par ce moyen ce qui est pur doit être séparé de ce qui est souillé. Quand un homme, après avoir été éclairé, avoir connu la vérité et avoir été incorporé dans la communauté des fidèles, vient à pécher volontairement contre Dieu et à tomber dans des œuvres infructueuses des ténèbres, il se sépare de Dieu (Ésaïe 59.2) et s’exclut lui-même du Royaume des Cieux. Si la faute est publique et suffisamment connue de l’Église, un tel homme ne saurait demeurer dans l’assemblée des justes (1 Corinthiens 5.5-12),, mais il doit être repris publiquement (1 Timothée 5.20) comme un pécheur et exclu comme une cause de scandale et comme un mauvais levain (1 Corinthiens 5.6), pour l’amener à s’amender (2 Corinthiens 13.10) et afin de donner de la crainte aux autres.

L’Église gardera ainsi sa pureté et évitera que le nom du Seigneur soit blasphémé et que ceux de dehors soient scandalisés. Le pécheur sera repris dans sa conscience pour n’être condamné avec le monde, mais pour être ramené à la repentance et à l’amendement de vie.

Le devoir de l’Église est donc de veiller avec soin à redresser ceux qui s’écartent de la vérité (Jacques 5.19), en les exhortant au bien avec douceur et de punir comme il est dit ceux qui s’obstinent dans le mal et se pervertissent. En un mot, elle doit obéir au commandement de l’apôtre : «Otez le méchant du milieu de vous !»

ARTICLE XVII
Comment on doit éviter ceux qui ont été exclus de l’Église

Nous croyons et nous confessons que lorsqu’un homme a failli au point qu’il s’est séparé de Dieu et qu’il a été exclu de l’Église, il doit, selon la doctrine du Christ et de ses apôtres être évité par tous les membres de l’Église sans distinction (Tite 3.10). Ceux-ci ne doivent pas manger, ni boire, ni avoir d’autre communication avec lui (1 Corinthiens 5.9, 11), afin de ne pas se souiller en se rendant participant de ses péchés ; afin aussi que le pécheur ait de la confusion (2 Thessaloniciens 3.14), soit repris dans sa conscience et amené à la repentance.

Tout cela doit cependant se faire en toute humilité chrétienne, afin que la punition ne soit pour la perdition du pécheur, mais pour son amendement. S’il est dans le besoin, s’il a faim ou soif, s’il est nu ou malade ou dans une nécessité quelconque, nous devons par amour, et suivant la doctrine de Jésus-Christ et de ses apôtres, lui venir en aide, sinon notre manière d’agir servirait plutôt à sa perdition qu’à son salut.

De plus nous ne devons pas le regarder comme un ennemi, mais l’avertir comme un frère (2 Thessaloniciens 3.15), pour l’amener au sentiment de son péché, à la repentance et à la réconciliation avec Dieu et avec l’Église qui pourra alors le recevoir de nouveau dans son sein, agissant, comme elle le doit, avec amour à son égard.

ARTICLE XVIII
La résurrection des morts

En ce qui concerne la résurrection des morts, nous confessons et nous croyons, selon l’Écriture, qu’au dernier jour, tous les hommes qui sont morts seront réveillés (Daniel 12.12), vivifiés et ressusciteront par la puissance de Dieu (Job 19.26, 27 ; Jean 5.28 ; 1 Thessaloniciens 4.13). Ces hommes, ainsi que ceux qui seront restés en vie, seront changés en un moment, au son de la dernière trompette (1 Corinthiens 15.51-52), et ils comparaîtront devant le tribunal de Christ. Là, les bons seront séparés des méchants (Matthieu 25.31), et chacun recevra selon ce qu’il aura fait étant dans son corps (2 Corinthiens 5.10). Les justes, comme les bénis du Père, seront reçus par le Christ dans la vie éternelle. Ils recevront la joie qu’aucune oreille n’a entendue, et qui n’est point venue dans l’esprit de l’homme (1 Corinthiens 2.9). Ils régneront avec Christ d’éternité en éternité.

Par contre, les méchants, comme des maudits, seront jetés dans les ténèbres, et iront aux peines éternelles, où leur ver ne meurt point, et où leur feu ne s’éteint point (Marc 9.44), et où, selon ce que dit l’Écriture, ils n’ont aucune espérance, aucune consolation, aucun salut à attendre dans toute l’éternité (Apocalypse 14.11). Le Seigneur veuille par sa grâce nous rendre tous dignes d’éviter ce malheur, et faire que nous soyons attentifs, et zélés pour notre salut, afin que nous soyons trouvés devant lui sans tache et sans reproche, dans la paix.
Amen !

Annexe :

Texte du certificat établi par les responsables des assemblées d’Alsace lorsqu’ils adopterent la confession de Dordrecht

Le certificat suivant est des frères d’Alsace par lequel ils ont avoué cette Confession, ils l’ont approuvée, adoptée et signée de leurs noms, comme s’ensuit :
« Nous, soussignés, ministres de la parole de Dieu et anciens de l’Église en Alsace, confessons et déclarons par le présent à tous ceux qu’il appartiendra, que nous avons été assemblés ce jour, 4 février de l’an 1660, à Ohnenheim, seigneurie de Rappolstein, au sujet de la Confession de foi chrétienne tirée du traité pacifique ou de la déclaration unanime faite à Dordrecht, en Hollande, l’an 1632, le 21 avril, entre les Mennonites que l’on appelle Flamands, et qui a été imprimée à Rotterdam chez François de Hochstraten, l’an 1658. Et comme, après l’avoir examinée, nous l’avons adoptée entièrement pour nôtre, par une finale résolution. En conséquence de quoi, et afin qu’on puisse y ajouter foi, nous avons signé de nos propres mains, comme s’ensuit :

Ministres de la parole :
Hans Müller, de Magenheim
Hans Ringer, de Heydelsheim
Jacob Schneuwli, de Baldenheim
Henrich Schneider, de Isenheim
Rudolph Egli, de Kunenheim
Adolph Schmidt, de Markirch

Ministres des nécessités :
Jacob Schmid, de Markirch
Bertram Habigh, de Markirch
Ulrich Husser, d’Ohnenheim
Jacob Gachnauwer, d’Ohnenheim
Hans Rudi Bumen, de Jepsenheim
Jacob Schneider, de Dürsanzenheim
Henrich Frick, de Kunenheim

 

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Origine et doctrine des mennonites

par Benjamin Eby

PRÉFACE

Gentil lecteur:

Comme il existe de nombreuses opinions concernant la foi chrétienne parmi les chrétiens, et pour cette raison chaque confession religieuse cherche à faire connaître ses propres croyances, il est donc nécessaire que chacun qui cherche la vérité puisse la prouver par les Saintes Écritures. Par conséquent, j’ai aussi pensé qu’il serait avantageux de publier les articles de foi de notre église, à savoir ceux des mennonites ou des baptistes, en conjonction avec l’histoire de notre église, afin de prouver notre origine et que nous ne provenons pas des Munsterites, mais que la fondation de notre foi coïncide avec l’enseignement de notre Seigneur et de ses apôtres ; et aussi pour montrer que nos enseignements et notre religion ont existé depuis le temps des apôtres à travers les siècles jusqu’à nos jours. Beaucoup ont prouvé et scellé ces croyances avec leur sang, dont quelques exemples seront mentionnés. Ces croyances seront clairement énoncées de sorte que quiconque est enclin, peut les fouiller et les prouver pour lui-même et de sorte que, dans le plus court temps, notre lecteur gracieux peut recevoir une vision claire de toute notre foi et notre croyance.

Ici, dans ce pays, notre dénomination religieuse n’est généralement pas connue, car de nombreuses personnes m’ont posé des questions à ce sujet. Cela m’a finalement incité à donner une déclaration écrite selon l’instruction de Pierre : « Soyez toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect auprès de tous ceux qui vous demandent raison de l’espérance qui est en vous. » 1 Pierre 3.15.

Cette histoire et la théologie doctrinale servent aussi la jeunesse de notre propre religion non seulement en ce qui concerne l’information historique, mais plutôt à la juste reconnaissance importante du Dieu Tout-Puissant et de sa sainte volonté, et la voie de la béatitude par laquelle la foi vivante est renforcé et fondé sur notre Seigneur et Sauveur, Jésus-Christ (en qui seul nous pouvons recevoir le pardon de nos péchés), et qui conduit à une obéissance droite à l’imitation de Lui. Par conséquent, je souhaite sincèrement que la bénédiction perpétuelle du Sauveur repose sur cette écriture, qui est écrite seulement pour Son honneur et pour l’aide de mes compagnons de voyage à la béatitude éternelle.

Benjamin Eby.

Berlin, Canada, le 30 août 1841.


N.B. : Dans cet œuvre, Benjamin Eby a utilisé le mot baptiste en référence aux chrétiens qui pratiquait le baptême des croyants seulement et qu se seraient opposés au baptême des enfants. Il ne faut pas les confondre avec les églises de notre époque qui s’appellent baptistes.

UNE PRÉSENTATION HISTORIQUE DE L’ORIGINE DES MENNONITES
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » – Luc 9.35.

Lorsque Jésus, le Sauveur du monde et fondateur de la religion chrétienne, voulait commencer son enseignement parmi les Juifs, il s’est fait baptiser d’avance dans le Jourdain par Jean-Baptiste (Matthieu 3.13). Jésus commença à prêcher et à dire : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Matthieu 4.17). Matthieu 5.34-45 : « Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu ; ni par la terre, parce que c’est son marchepied ; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi. Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. »

Et Matthieu 22.37 : 39 « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée. Et le second semblable à celui-là, est : tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il a également commandé à ses disciples, après sa résurrection d’entre les morts (Math 28.19), d’aller enseigner toutes les nations et de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Les commandements ci-dessus ont été observés fidèlement par les apôtres et les autres disciples du Christ. Ils ont gardé les enseignements et les commandements de Jésus. Ils prêchaient contre la guerre et de prêter serment, et ne baptisaient personne avant qu’il aitreçu des instructions sur les enseignements du Christ et ait reconnu de lui-même sa foi en Jésus. D’abord ils ont enseigné et ensuite ils ont baptisé.

Beaucoup de juifs et de païens ont, par la prédication de l’Évangile, adopté la foi salvatrice de Jésus-Christ, et ont d’abord été appelés chrétiens à Antioche, en tant qu’église assemblée (Actes 11.26).

Les enseignements de l’Évangile des chrétiens ont été largement répandus en Asie, en Afrique et en Europe. Malgré le fait que ces chrétiens sans défense ont été condamnés à mort par les païens à cause de leur foi, ils se sont multipliés et en grand nombre ils ont fleuri comme des roses parmi les épines.

Pendant les deux cents premières années, il ne peut être trouvé dans les œuvres d’écrivains de confiance que quelqu’un ait pu s’écarter du fondement des vrais enseignements de Jésus.

Cependant, au troisième siècle, des hommes sont venus qui ont commencé le baptême des enfants. Mais, cela a été adopté seulement par quelques-uns.

Le très sage et populaire Tertullien, vers l’année 204, a parlé contre le baptême trop tôt et a fortement maintenu l’ordonnance baptismale du Christ. Néanmoins, il était impossible pour les enseignants craignant Dieu et zélés de garder les chrétiens dans un même esprit et dans une même opinion, selon les conseils sincères de Paul (1 Corinthiens 10.1). En effet, à l’époque de Cyprien, vers l’an 250, il fut décidé lors d’une réunion à Carthage que les enfants devaient être baptisés directement. Cette résolution n’a généralement pas été respectée et de nombreux chrétiens ont d’abord cru en Jésus, et n’ont donc baptisé que des adultes et non des enfants. Ils se sont également opposés à la prestation de serment et à la participation à la guerre. La haine de leurs adversaires ne cessait de croître, de sorte qu’à Rome, en l’an 470, il fut décidé lors d’une réunion de condamner, bannir et, en un mot, de les traiter d’hérétiques ! Bien que ce soit maintenant en effet une loi terrible, pourtant ils ne pouvaient pas décider de renier Jésus, de s’écarter de ses enseignements et de rechercher l’amitié du monde. Au contraire, ils préféraient, selon la volonté de Dieu et son ordonnance, souffrir la mort d’un martyr comme des brebis sans défense et beaucoup d’entre eux scellaient leur confession de foi avec leur sang.

Pendant plus de 1600 ans, ces baptistes sans défense ont été affligés par la persécution, l’emprisonnement, à côté de toutes sortes de tourments et de tortures, et finalement ont été tués par le feu, l’épée, la faim et la noyade. Néanmoins, à travers tous les siècles, à partir du temps des apôtres, il y avait beaucoup de baptistes qui maintenaient, prêchaient et pratiquaient les enseignements purs du Christ, en dépit de toute persécution sanglante.

L’année 1160 a longtemps été marquée avec joie par de nombreux chrétiens pieux et gentils. Car, à ce moment, la sainte vérité commençait à lever joyeusement la tête et de briller victorieusement. La doctrine contre le baptême des enfants, contre les serments et contre la guerre était maintenant ouvertement et sans timidité prêchée, défendue et maintenue.

Le début de ceci a été fait par Pierre Valdo, de Lyon, qui plus tard a été continué par ses disciples.

T. J. von Braght écrit dans son Martyrs Mirror, page 275, partie 1, comme suit :

Vers l’année 1160, plusieurs citoyens principaux ont été assemblés à Lyon en France, en discutant de nombreux sujets différents. Il arriva que l’un d’eux tomba soudainement sur terre et mourut sous leurs yeux.

À ce terrible événement et exemple de la mortalité de l’homme, l’un d’eux nommé Pierre Valdo, un très riche marchand, avait peur. Il l’a pris à cœur et a décidé (conduit par le Saint-Esprit) de se repentir et de vivre avec zèle dans la crainte de Dieu. Il commença à réprimander sa famille et d’autres qui venaient à lui, pour modifier leurs voies vers la vraie piété.

Comme il avait fait beaucoup de bien pour les pauvres depuis quelque temps, les gens se rassemblaient autour de lui de plus en plus. C’est pourquoi il commença à leur présenter l’Écriture Sainte et à l’exposer et à l’expliquer en langue française.

Il adhéra strictement aux enseignements du Christ et des apôtres et chercha à imiter les mœurs et les coutumes des premiers chrétiens. Sa confession de foi correspondait à celle des baptistes. Il se déclarait être pour le baptême des adultes et considérait comme interdit les serments et la participation à la guerre.

Ses disciples étaient appelés Vaudois, Albigeois, les pauvres de Lyon, etc., et reçurent plus tard divers autres noms, selon le pays où ils vivaient et les prédicateurs qu’ils avaient.

L’enseignement de Valdo a trouvé beaucoup de faveur en France et en Italie. Cependant, sa diffusion était opposée à des mesures sévères. Beaucoup de Vaudois ont donc été interdits de citoyenneté et beaucoup ont souffert le martyre. Beaucoup ont fui en grands groupes vers différents pays. Leur départ de Lyon, leurs voyages dans des pays et des villes étranges, leurs souffrances innocentes et patientes, leur persévérance jusqu’à la mort, et tout cela sans résistance, vengeance ou autodéfense, prouvèrent amplement quelle foi ils avaient et par quel esprit ils étaient conduits.

Sebastian Frank a divisé les Vaudois en trois parties. Ceux qui ont acquis leur nom de Pierre Valdo et suivi ses enseignements, dit-il, se conforment en tout avec les baptistes car ils ne baptisent pas d’enfants, de plus ils ne prêtent aucun serment et croient en effet que cela est inconvenant pour les chrétiens. Ils ne tolèrent aucun mendiant entre eux, mais ils se donnent mutuellement et s’entraident fraternellement et mènent une vie très chrétienne et sans tache, etc. Ce sont les vrais Vaudois, qui ont confirmé le nom avec des actes, dans la foi aussi. comme dans le mode de vie, de sorte qu’ils sont de vrais chrétiens et doivent être le sujet de notre description.

La deuxième partie sont ceux qui se sont écartés des enseignements de leur fondateur et ont accepté d’autres doctrines, tout en conservant le nom de Vaudois.

Un tiers était injustement appelé Vaudois, ou Albigeois pour cette seule raison, parce qu’ils toléraient et protégeaient certains d’entre eux qui vivaient parmi eux.

T. J. von Braght (Martyr’s Mirror, page 278, col.l, imprimé en 1938, à Scottdale, Pennsylvanie) a raconté que Jacob Mehring avait noté dans ses écrits avec quels noms les chrétiens non-résistants étaient appelés. Parmi nous les Allemands (il écrit), on les appelle avec mépris les anabaptistes. Aux Pays-Bas, cependant, ils sont appelés Mennonites, après Simon Menno, l’un de leurs prédicateurs les plus éminents, etc. Cependant, leur vrai et véritable nom est, et à juste titre, chrétiens ou baptiseurs dans la voie du Christ, parce qu’ils, selon le commandement du Christ et l’ordonnance, ne baptisez nul autre que ceux qui reconnaissent le Christ dans son saint Evangile et croient en lui et en une telle foi, qu’ils se laissent baptiser proprement au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

De ces Vaudois ou Baptistes, vinrent John Koch et Leonard Meister, deux hommes excellents et savants qui cherchaient à répandre les enseignements des baptistes. Ils furent cependant arrêtés pour cela et exécutés en 1524 à Augsbourg. Outre ceux-ci, il y avait en même temps plus de témoins de la vérité, qui ont répandu l’œuvre de la Réforme, à savoir Felix Manz, qui a également contribué à la Réforme de la foi en Allemagne. Mais en l’an 1526 il a finalement été noyé à Zurich.

En 1527, le très cultivé et persévérant Michael Sattler fut déchiré par des pinces rouges et finalement brûlé à Horb en Allemagne.

Leonard Kaiser, un prédicateur très zélé à Scharding en Bavière, a été condamné en 1527 à être brûlé. Il a été attaché sur une échelle et là-dessus a été poussé dans un grand feu pour être réduit en cendres. Mais quand le bois a été brûlé, ils l’ont sorti du feu non brûlé. Là-dessus, d’autres bois furent pris et un grand feu fut fait, et quand il fut brûlé, et que son corps fut cherché dans les cendres, ils trouvèrent qu’il était encore lisse et clair. Alors ils l’ont coupé en morceaux vivants et ont jeté les morceaux dans le feu, mais ils ne pouvaient pas les brûler, et finalement les ont jetés dans la rivière Inn. C’était un miracle de Dieu et pourrait bien servir comme un avertissement à ces soi-disants chrétiens assoiffés de sang.

Thomas Herman, un prédicateur très sérieux de l’Évangile, a été arrêté à Kitzipil en l’année 1527, et a été également condamné à être brûlé. Son cœur, ils ne pouvaient pas brûler et enfin l’a jeté dans le lac, qui était près du lieu de l’exécution.

Leonhard Schoner, un défenseur des enseignements de Christ, était, en l’année 1528, à Rottenburg, réduit en cendres.

George Blaurock, qui a répandu les vérités de l’Évangile en Suisse, s’est rendu au Tyrol pour y prêcher l’Evangile, selon sa vocation, mais a été arrêté près de Clausen en l’an 1529 et a été brûlé vif.

Tous ceux-ci et d’autres ont enseigné qu’ils :

Premièrement, considéraient que le serment a été interdit par Christ selon le Nouveau Testament.

Deuxièmement, ils croyaient que la guerre était contraire à l’enseignement et à la vie de Christ.

Troisièmement, ils désapprouvaient le baptême des enfants.

Cela démontre que les enseignements des baptistes ont été prêchés, crus et vécus depuis longtemps parmi de nombreuses nations différentes, dont les premiers, depuis leur formation, ont eu de nombreux noms différents, et selon leur confession, et leur vie pieuse, ne peuvent que être reconnu comme la véritable église de Christ.

D’après le témoignage suivant, il est mis en lumière que les baptistes, les vaudois et les mennonites étaient comme les premiers chrétiens:

T. J. von Braght (Martyrs Mirror, col.1, page 154) raconte l’époque de Sylvestre, en l’an 315, que l’enseignement qui était soutenu par une innombrable multitude à travers les baptistes et les vaudois, était déjà prêché à cette époque et ils prônaient, en effet, que la même église qui, au cours des XIe, XIIe et XIIIe siècles, fut appelée par les noms de vaudois, d’albigeois, et finalement de mennonites ou de baptistes, existait déjà à cette époque et aussi bien auparavant.

A cet égard, un certain auteur éminent des Romains se plaignait beaucoup et disait dans un vieux livre que ces chrétiens avaient toujours de nombreuses sectes entre eux, mais parmi tous ceux qui existaient à cette époque, il n’y en avait aucun qui fût nuisible à l’Église Catholique Romaine comme les vaudois, ou les baptistes, etc., parce qu’ils ont existé si longtemps, certains disent du temps de Sylvestre, d’autres les placent aussi loin que le temps des apôtres.

Dans un autre lieu, Jacob Mehrning écrit à propos des personnes mentionnées ci-dessus :

Ce n’est en aucun cas une nouvelle secte, née à l’époque de Pierre Valdo, car les écrivains papistes eux-mêmes reconnaissent qu’ils existaient déjà à l’époque du pape Sylvestre, bien avant son temps, au temps des apôtres.

Dans un autre lieu il écrit que Flaccius mentionne également la même chose, d’un vieux livre pontifical qui a existé au temps de Sylvestre, et même du temps des apôtres. Thuanus témoigne que les enseignements de ces personnes ont duré plusieurs siècles.

T. J. von Braght (Martyrs Mirror, col.1, page 184) fait mention d’une conversation entre le geôlier de Leeuwarden et Jacques d’Auchy, un martyr.

Le geôlier rappela l’ordre de l’empereur Théodose et dit : « Il y a au moins 1200 ou 1300 ans que l’empereur Théodose a ordonné que les hérétiques soient tués, à savoir ceux qui à cette époque étaient rebaptisés comme votre secte. »

Lorsque le geôlier dit qu’ils ont été rebaptisés comme « votre secte », il fait ainsi savoir qu’il y avait des personnes comme Jacques d’Auchy et ces baptistes qui en même temps, à savoir l’année 1558, ont donné leur vie pour ces vérités.

T. J. von Braght (Martyrs Mirror, page 365, colonne 2) donne une description remarquable des chrétiens de l’Est, jusqu’à l’année 1540, quand il dit :

De même, nous avons des rapports à ce jour, qu’il y a des frères chrétiens à Thessalonique qui sont d’accord dans tous les points de religion avec les mennonites. Deux d’entre eux se sont rendus à l’époque de nos pères, d’abord parmi les frères de Moravie, ensuite aussi aux Pays-Bas, et ils ont partagé la sainte communion avec eux. Ils ont déclaré positivement qu’ils avaient à Thessalonique, les deux épîtres originales, ou les lettres aux Thessaloniciens, en bon état.

En outre, ils ont déclaré que beaucoup de leurs frères résident encore en Moravie, en Grèce et dans d’autres pays de l’Est disséminés ici et là, qui depuis les premiers apôtres ont maintenu fermement le même enseignement et la bonne méthode de baptême jusqu’à nos jours.

Vers l’année 1530, le très éclairé Menno Simons sortit de son sacerdoce catholique en tant que réformateur des baptistes.

BIOGRAPHIE DE MENNO SIMONS

Rassemblé à partir de ses propres écrits et aussi de Gerhard Roosen, un ministre mennonite à Hambourg, dans son livre intitulé : « Innocence des baptistes évangéliques, qui s’appellent Mennonites », qui a été imprimé en l’an 1702, ainsi que de plusieurs autres écrivains.

Il est né en 1495 à Witmarsum dans la province de Frise aux Pays-Bas, et en l’an 1524, dans sa 28e année, est devenu un moine.

Cependant, il écrit lui-même dans sa Renonciation à l’Église romaine, comment il a été éclairé par la grâce de Dieu. Il déclare aussi qu’il pratiquait la lecture et l’écriture de la Parole de Dieu dans la solitude, que six ou sept ou huit personnes venaient à lui et avec beaucoup de persuasion l’ont supplié de devenir prédicateur (probablement ils étaient de la secte de Valdo ou baptistes, qui, par la persécution, sont venus comme des moutons dispersés aux Pays-Bas.).

Il est clairement démontré que Menno, après avoir commencé le travail de la Réforme par la grâce de Dieu, était nécessaire ; premièrement, pour rassembler les enfants dispersés de Dieu ; et deuxièmement, puisque le temps de la Réforme Générale était proche, pou  être aussi n outil dans la main du Seigneur. En outre, il est montré comment, dans toutes les persécutions et les dangers, il a travaillé avec beaucoup de zèle, surtout dans les provinces des Pays-Bas. Il était l’un des principaux enseignants et anciens en ce temps sanglant et dangereux. S es glorieuses exhortations de la Parole de Dieu étaient si abondantes qu’aucun de ses adversaires n’osait s’engager à le défier ouvertement, bien qu’il les avait déjà invités avec beaucoup de zèle de le faire à divers moments.

Par son enseignement guérissant, son exhortation pieuse et son pouvoir effectif du Tout-Puissant, il rassembla, convertit et gagna une très grande multitude de personnes des ténèbres au Dieu vivant. A cause de cela, ses adversaires devinrent d’autant plus amers que, pour prévenir et entraver un tel enseignement, en 1543, il publia l’ordre sanglant et terrible de son arrestation. Ils avaient sa ressemblance et son visage dépeints, et posté son image sur les portes et les lieux publics et a également proclamé dans toute la Frise occidentale que chaque criminel et meurtrier devrait être libéré de l’emprisonnement et par la grâce de l’empereur, être promis la liberté et en outre cent florins, s’ils pouvaient livrer Menno Simons entre les mains de ses ennemis et bourreaux.

Ceux aussi, qui montraient de la sympathie envers Menno, étaient traités sans pitié. Un homme, appelé Tjart Reynerts, a été amené en captivité à Leeuwarden. La raison de son arrestation était qu’il avait secrètement hébergé Menno Simons dans sa grande misère, de sympathie et d’amour. Quand ses ennemis l’ont découvert, il a été attaqué et cruellement condamné. Il a été placé sur une roue jusqu’à ce qu’il était mort, bien qu’il ait déjà eu un témoignage de ses plus grands ennemis, qu’il était un homme très pieux.

Même si ses ennemis avaient soif de son sang tyranniquement au-delà de toute mesure et avec amertume cherchaient à le tuer et le persécuter, néanmoins le Dieu Tout-Puissant veillait et protégeait Menno Simon, contrairement à l’espoir de tous ses ennemis, pour les prévenir à pratiquer leur haïne sanguinaire sur lui. Un traître, qui croyait son stratagème certain, vendit Menno pour une certaine somme d’argent, soit pour le livrer entre les mains des tyrans, soit pour perdre sa propre tête. Il avait parfaitement repéré l’endroit, mais même alors Menno s’échappait d’une manière merveilleuse.

Ce qui suit est un extrait du livre 16 dans la Chute des tyrans, par Peter Jantsz Twisck, pages 1074-1075.

Une fille de Menno Simon, une femme digne d’éloges, racontait en notre présence l’incident suivant : Un certain traître qui avait accepté, pour une somme d’argent, de livrer à coup sûr, Menno en personne, ou sa tête dans les mains de ses ennemis, prévu de l’appréhender dans l’une de leurs réunions ; mais il arriva qu’il ne put atteindre son but, car lorsqu’il arriva à l’endroit où il cherchait à l’espionner, Menno s’échappa d’une manière providentielle.

À un autre moment, ce même traître, en compagnie d’un officier ou d’un policier, alors qu’ils étaient à la recherche de Menno, le rencontra à l’improviste alors qu’il se promenait sur un canal, dans un petit bateau. Le traître garda le silence jusqu’à ce que Menno les eût dépassés, et avait sauté à terre pour échapper avec moins de péril. Alors le traître a crié « voici l’oiseau s’est échappé ! » L’officier l’a châtié – l’a appelé un méchant et a demandé pourquoi il ne l’a pas dit à temps ; à quoi le traître répondit : « Je ne pouvais pas parler » ; Les seigneurs étaient si mécontents de ce que le traître, selon sa promesse, devait perdre sa tête. Il est digne de considération combien merveilleusement Dieu, dans ce cas et dans d’autres semblables, préserve son peuple, et surtout combien terriblement il punit les tyrans.

 

Menno ne s’est pas découragé, mais a continué son travail pendant quelque temps, sous le danger constant de sa vie. Cependant, dans ces circonstances hostiles, il fut finalement invité à quitter sa patrie, les Pays-Bas, et à fuir vers le Grand Duché de Mecklembourg, à Wiesmar. Mais ce séjour fut de courte durée, car il fut forcé par de fréquentes persécutions à se déplacer de nouveau à partir de là. Menno, à cause des persécutions toujours imperturbables, mais étant d’autant plus fort dans ses résolutions, quoique maintenant perplexes de fuir plus loin, voyagea vers le Danemark, dans le duché de Holstein, parce qu’il avait appris que certains de ses coreligionnaires avaient trouvé le repos à Fresenburg, près d’Oldeslo. À Fresenburg, Menno et ses partisans étaient à l’abri. Là il a trouvé la protection et l’abri, et un lieu de repos. Un riche seigneur de Fresenburg, qui, au moment de la persécution véhémente des baptistes aux Pays-Bas était en service militaire actif et avait appris plus de la fondation de la foi de Menno, a accordé une résidence permanente, le culte de Dieu sans entraves, et un établissement pour l’impression de livres pour le pieux et zélé Menno Simon, à Fresenburg.

Dès lors, Menno répandit publiquement ses enseignements, tandis que le gouvernement impartial voyait les fausses accusations contre lui et, avec le temps, les grandes persécutions cessèrent. La puissance de la vérité a ouvert les yeux de beaucoup, et une grande réforme a été réalisée, par la grâce de Dieu, dans beaucoup de lieux, bien que Menno n’ait pas utilisé l’épée et les armes, ni le bras d’un roi ou souverain, mais seulement l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu (Éphésiens 6:17), il a résisté et a vaincu. Finalement, après avoir obtenu la victoire, dans le village de Wusterfeld, non loin de Lübeck, il vécut en paix jusqu’à sa mort, survenue le 31 janvier 1561, dans la 66e année de sa vie, quand il eut plu au Tout-Puissant de prendre son porteur de la Croix de ce monde gênant au repos éternel.

Ceux qui marchent dans la droiture reposeront en paix (Esaïe 57.2).

Le lecteur bien-aimé considère que si ce vrai témoin de la vérité, à la fin de sa vie, ne pouvait pas dire à ses amis comme l’apôtre Paul : « J’ai combattu un bon combat, j’ai fini mon cours, j’ai gardé la foi. Désormais il m’est réservé une couronne de justice, que le Seigneur, le juste juge, me donnera en ce jour-là, non seulement à moi, mais à tous ceux qui aiment son pardon. « 2 Tim. 4.7-8.

Après la mort de Menno, le travail de la Réforme, qu’il avait commencé aux Pays-Bas, se poursuivit avec ardeur au travail et au service de Théodore Philippe (qui mourut aussi six ans après Menno, en 1567), et d’autres de ses aides. Les assemblées ont été fondées non seulement à Groening, en Frise orientale et occidentale, en Hollande, en Brabant et en mer Baltique, mais aussi en Allemagne dans de nombreux endroits.

En Suisse, en Alsace, dans le Palatinat, le Wurtemberg, l’Autriche, la Bavière, la Moravie, etc., il y avait depuis longtemps beaucoup de baptistes, descendants des anciens Vaudois, qui furent considérablement augmentés au début de la Réforme par le travail de Félix Manz, Michael Sattler, Leonard Kaiser, George Blaurock et d’autres. Ces assemblées en temps voulu, à travers la Réforme de Menno mentionnée ci-dessus, reçurent le nom de Mennonites de leur gouvernement honoré, au lieu de leur nom faux et détesté d’anabaptistes.

De tout cela nous voyons que Menno était un outil précieux de la Réforme, et le principal fondateur de notre religion mennonite. De plus, il y était spécialement préparé par Dieu ; il était doux et aimable, sincère et très spirituel, et, outre la langue commune, il comprenait aussi le latin et le grec. Le peuple avait une affection spéciale pour lui avant la Réforme, alors qu’il était encore prêtre catholique et il dit lui-même dans sa “Méditation”: « Tout le monde cherchait et voulait de moi, le monde m’aimait, et moi le monde, la première place était le mien en tant qu’invité, également dans les synagogues ; J’avais la préférence de tous les hommes, aussi de la tête grise de beaucoup d’années ; tout le monde m’a honoré ; si je parlais, ils se taisaient ; si je leur ai fait signe, ils sont venus ; si je les renvoyais, ils allaient ; ce que j’ai aimé, ils l’ont fait ; ma parole a triomphé en toutes choses ; le désir de mon cœur m’a été donné. » Cependant, quand il quitta les voies du monde et chercha le Christ et son royaume, il trouva le contraire partout.

Il mentionne dans une lettre à Martin Micron combien ils avaient soif de son sang, mais Dieu a détruit les plans de ses ennemis. Il arriva, dit-il, qu’un homme hautement estimé, très respecté par le monde, conseilla avec malveillance de m’exterminer avec tous les pieux. Cependant, il avait à peine parlé de sa parole et de ses pensées impies, que la main puissante du Tout-Puissant l’attaqua terriblement, car il fut renversé à la table et termina ainsi en un instant sa vie impénitente et sanguinaire. O jugement terrible ! Cela s’est passé en l’an 1539.

Le même sort en a rencontré un autre à peu près au même moment, qui s’est permis de penser qu’il voulait mettre le filet si soudainement que je ne pouvais pas facilement lui échapper. Il a été également pris avec une maladie terrible au repas même quand il a prononcé ces mots et aussi par le Tout-Puissant punissant Dieu appelé à rendre compte et dans les huit jours a été enterré.

Beaucoup d’autres jugements sont mentionnés par Menno. Il clôt sa liste de tyrans avec les mots suivants : « Si je devais raconter tous les incidents qui se sont produits de mon temps aux ennemis des saints, ils feraient un livre de chroniques. »

Les connaissances approfondies d’un simple prédicateur

[Cette histoire était écrit par Gerhard Roosen d’Altona en Allemagne et reproduit dans l’Origine et doctrine des Mennonites par Benjamin Eby.]

Les Français sont entrés aux Pays-Bas en 1672 avec une armée et ont capturé trois provinces et ne doutaient pas qu’ils pourraient conquérir les quatre restants. Ils semblent avoir l’intention de forcer les réformés, les luthériens et les mennonites à reprendre la religion romaine au moyen de la punition du gouvernement et de la confiscation de leurs biens. Par conséquent, ils voulaient faire un début avec les mennonites qui dans aucune province dans l’ensemble les mondes ne sont si nombreux et en moyenne si riches en possessions qu’aux Pays-Bas ; car les Français avaient des préjugés contre les mennonites et ne connaissaient pas leur doctrine et leurs principes. Ils croyaient qu’ils étaient comme les rôdeurs nocturnes et les Munsterites, pour lesquels le roi donna un ordre spécial à un Seigneur Remundus Formantine, Docteur en Théologie et Grand Diacre d’Orléans, pour faire un examen précis de la doctrine et des principes des Mennonites et pour lui donner un rapport écrit sur tout.

Là-dessus, le seigneur Formantine se rendit dans la province d’Utrecht pour exécuter son commandement et, le 16 juillet, arriva à Emmerick où il se rendit dans une librairie et demanda au propriétaire Cornelius von Breugbam si des mennonites vivaient dans la ville d’Emmerick, auquel le libraire a répondu oui. Puis il a demandé si quelqu’un pouvait peut-être lui parler de leur doctrine. Alors le libraire a mentionné un certain prédicateur mennonite, Heinrich von Voorst, qui était prêt à l’expliquer, à condition qu’il ne soit pas trompé dans sa simplicité, alors il serait prêt et entièrement disposé à rendre compte de sa doctrine et de son culte à tout moment.

Le jour suivant, le 17 juillet 1672, ils se rencontrèrent à la maison du libraire pour une conférence, après quoi peu après le commencement, quand une salutation appropriée fut prononcée, lord Formantine commença à parler des vêtements simples du prédicateur, et dit : que ce n’était pas en mode français. Le prédicateur, Heinrich von Voorst, n’avait en effet pas étudié à l’université, mais s’occupait seulement de son magasin. Mais, dans sa doctrine et sa religion, il était si bien fondé qu’il pouvait non seulement répondre à toutes les questions posées par le docteur en théologie, mais aussi prouver son opinion par des chapitres et des versets des Saintes Écritures que le docteur cherchait et marquait dans une Bible française.

De plus, il a interrogé le prédicateur sur le péché dont nous avons hérité : baptême, grâce, Sainte Trinité, Incarnation, Saint-Esprit, présence corporelle du Christ dans la sainte communion, purgatoire, pouvoir des gouvernements, célibat, mariage, divorce, châtiment de hérétiques, en priant aux saints, en jurant des serments et d’autres points semblables, à quoi il a reçu une réponse à son plein plaisir et satisfaction, qui, cependant, a surpris le docteur comme une chose inouïe, qu’un citoyen, qui est quotidiennement occupé de son métier, pouvait avoir une connaissance si précise de l’Écriture Sainte, afin de pouvoir se lever et prouver correctement tous les points religieux avec des textes bibliques et des versets aussi bien que le meilleur docteur en théologie.

Après la fin de leur conversation, qui a duré deux jours, le docteur a pris congé avec modestie et politesse et avec beaucoup de satisfaction et de gratitude pour toutes les informations reçues, et l’a assuré qu’il donnerait à son roi un compte honnête et favorable. Les mennonites partout devraient être protégés et avoir toute liberté. En outre, il voulut publier leur conversation, et ajouta qu’il trouvait de telles choses dans leur doctrine et dans leurs principes, ce qui pourrait aussi être souhaitable dans la religion romaine. Il critiqua aussi vivement les calomniateurs, qui se plaignaient si malicieusement auprès du roi au sujet des mennonites, comme s’ils étaient semblables aux rôdeurs nocturnes ou aux Munsterites, et, par conséquent, nullement tolérés.
Finalement, nous remercions Dieu, qu’il a ouvert les yeux du gouvernement à la compréhension de ses serviteurs, afin qu’ils voient notre innocence et nous permettent d’enseigner et de pratiquer ouvertement, sous leur protection, le saint Évangile selon nos croyances et nos connaissances.

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Benjamin Eby et les premiers mennonites au Canada

Benjamin Eby était l’arrière-petit-fils de Jacob Eby qui fut ordonné évêque des Mennonites à Zurich, en Suisse en 1663. Le fils de Jacob, Theodorus Eby, quitta la Suisse en 1704 pour échapper à la persécution des mennonites qui s’y déroulait et en 1715 il s’installa dans le comté de Lancaster en Pennsylvanie. Le frère aîné de Benjamin Eby, Peter, a servi comme évêque des Mennonites dans le comté de Lancaster de 1800 à 1843.

La tradition dans la famille Eby veut qu’ils étaient d’origine celtiqutout comme de nombreuses autres familles mennonites suisses. Ils habitaient premièrement dans la région de la vallée du Pô en Italie et ssont venus en Suisse au 13e siècle pour échapper à la persécution.

Le 25 février 1807, Benjamin Eby épousa Mary Brubacher et partit la même année pour s’établir dans le comté de Waterloo, en Ontario, où d’autres mennonites du comté de Lancaster avaient commencé à s’installer vers 1800. Benjamin fut ordonné ministre des Mennonites du comté de Waterloo en 1809 et évêque à 1812. Dans les deux cas, son frère Peter est venu effectuer l’ordination.

En plus d’être un leader spirituel, Benjamin Eby était agriculteur, enseignant, écrivain et historien. Tout ce qu’il faudrait pour établir les familles de son assemblée et pour servir ses voisins, il s’est engagé à le faire. La ville qui a grandi autour de sa ferme s’appelait d’abord Ebytown. En 1833, il a été rebaptisé Berlin et en 1914, il est devenu Kitchener.

Il a organisé la première école dans le comté de Waterloo et a enseigné dans cette école pendant de nombreuses années. Il a compilé deux manuels scolaires en langue allemand et un hymnaire allemand. Il était également préoccupé par donner à ses voisins anglophones une explication claire de l’histoire et de la foi des mennonites. Ainsi, il a écrit une brochure intitulée Origine et doctrine des mennonites et l’a rendue disponible en allemand et en anglais.

Benjamin Eby était un prédicateur efficace, avec une connaissance profonde de la Bible, une compréhension tout aussi profonde des besoins spirituels des gens ordinaires et la capacité de rassembler les deux d’une manière qui touchait le cœur de ceux qui l’entendaient. C’était un homme doux, un ami de tous, et en même temps un ardent défenseur de la foi.

Il était parfois appelé à aider à résoudre des difficultés et des conflits dans d’autres assemblées mennonites en Ontario, dans les régions de Markham et de Niagara. Il a toujours travaillé pour maintenir la paix parmi les frères, mais jamais au prix de compromettre la foi qu’il aimait et avait promis de maintenir.

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L’Antéchrist – 5

Six iniquités de l’Antéchrist

Les erreurs et les impuretés préscrites par le Seigneur, touchant l’Antéchrist, sont les suivantes : savoir, un service idolâtre varie et innombrable, accordé contre le commandement de Dieu et de Christ, non fait au Créateur, mais à la créature visible et non visible, corporelle ou spirituelle, intelligente et sensible, produite naturellement, ou par un art quelconque, ou sous quelque nom que ce soit, comme de Christ et des saints ou des saintes, et, des reliques, et des personnes en autorité, auxquelles créatures est rendu un service accompagné de foi, d’espérance, d’actions, d’oraisons, de pèlerinages, d’aumônes, d’offrandes, de sacrifices fort dispendieux. Ils servent de telles créatures, ils l’adorent, l’honorent de plusieurs manières, par des chants, par des panégyriques, par des solennités, par des célébrations de messes, par des vêpres, par des complies à ces mêmes créatures, par des heures, par des vigiles, par des fêtes, pour acquérir de la grâce, acquisition qui est essentiellement en Dieu seul, et méritoirement en Jésus-Christ, et qui s’obtient seulement par la foi par le secours du Saint-Esprit.

Car il n’y a pas d’autre source de l’idolâtrie qu’une opinion fausse touchant la grâce, touchant la vérité, touchant l’autorité, l’invocation, l’intercession, lesquelles l’Antéchrist ôte à Dieu pour les attribuer aux ministères et aux œuvres de ses mains, aux saints et au purgatoire. Et cette iniquité de l’Antéchrist est directement contraire au premier commandement de la loi.

Semblablement, l’amour désordonné de l’Antéchrist pour le monde est la source d’où procèdent dans l’Église tous les maux et les péchés des conducteurs, des directeurs, des officiers ; péchés qui restent sans correction, et qui sont contraires aux vérités de la foi et à la connaissance de Dieu le Père, selon le témoignage de Jean, qui dit : Celui qui pêche ne connaît point Dieu ni ne l’a vu. Car si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui.

La seconde iniquité de l’Antéchrist, consiste en ce qu’il place l’espérance de pardon, de grâce, de justice, de vérité et de vie éternelle, non en Christ, ni en Dieu par Christ, mais dans les hommes vivants et morts, dans l’autorité, dans des cérémonies ecclésiastiques, dans des bénédictions, dans des sacrifices, dans des prières et, dans d’autres choses semblables indiquées plus haut, et non dans une foi véritable qui produit la repentance, avec la charité, l’éloignement du mal et l’avancement dans le bien.

Aussi l’Antéchrist enseigne de n’espérer pas fermement en la régénération, l’affermissement, la réfection spirituelle ou communion, la rémission des péchés, la sanctification en vie éternelle : mais par les sacrements et par sa perverse simonie, moyen par lequel le peuple est trompé, et ayant toutes choses vendables, il a imaginé des ordonnances anciennes et nouvelles pour obtenir de l’argent, permettant que si quelqu’un a dit ou fait ceci ou autre chose, il veut qu’il puisse acquérir et grâce et vie. Et cette double iniquité est, proprement appelée, dans les saintes Écritures, un adultère et une fornication. C’est pourquoi, de tels ministres, qui conduisent le peuple grossier dans de telles erreurs, sont appelés prostituée de l’Apocalypse. Cette iniquité est contraire an second article, et aussi, contraire au second et au troisième commandement de la loi.

La troisième iniquité de l’Antéchrist, c’est, qu’outre ce qui a été dit, il a inventé de fausses ordres religieuses, des règles, des monastères, des églises, comme moyens d’acquérir l’espérance. De même, ils affirment, contre toute vérité, que c’est un devoir pour chacun d’entendre souvent et dévotement les messes, de recevoir les sacrements, de se confesser (mais rarement avec contrition), de faire des jeûnes ou en vidant sa bourse, être membre de l’Église romaine, de s’adonner ou livrer à la règle ou au capuchon. Et cette iniquité de l’Antéchrist est directement contraire au huitième article du symbole : Je crois au Saint-Esprit.

La quatrième iniquité de l’Antéchrist, c’est, qu’étant bien lui-même la quatrième bête décrite jadis par Daniel, et la prostituée de l’Apocalypse, il s’attribue des noms, l’autorité, le pouvoir, les dignités, les ministères, les offices, les écritures, au point de s’égaler et de se comparer à la vraie et sainte mère Église, en laquelle se trouve ministériellement, et non autrement, le salut et la vérité, quant à la vie, à la doctrine et aux sacrements. Car, si ce n’était qu’elle se couvre ainsi elle-même et ses ministres d’erreur et pécheurs manifestes, elle serait abandonnée de tous si elle était connue.

Mais parce que les empereurs et les rois, et les princes, estimant qu’elle était semblable à la vraie sainte mère Église, ils l’aimèrent elle-même et la dotèrent contre le commandement de Dieu. Cette iniquité des ministres, des sujets, de ceux ordonnés dans l’erreur et dans le péché, est directement contre le neuvième article : Je crois la sainte Église. Ces choses appartiennent à la première partie de l’article.

En second lieu, en effet, eux, en participant aux seules formes extérieures, selon les usages humainement ordonnés et inventés, croient et espèrent avoir leur part à la vérité des offices de pasteurs et de la cure d’âmes, comme si ceux qui seraient tondus comme des agneaux, qui seraient oints à la manière d’une paroi, et qui recevraient la bénédiction en touchant le livre et le calice, pouvaient prétendre être droitement ordonnés prêtres.

Il en est semblablement du peuple assujetti, si, parce qu’il a sa part aux paroles, aux signes, aux exercices externes et à leurs diverses cérémonies souvent répétées, il se persuadait avoir part à la vérité qui en est couverte. Et cela est contraire à l’autre partie du huitième article : Je crois la communion des saints.

Une chose est à faire, c’est qu’il faut s’éloigner de la très-mauvaise communion des moines qui, pour amener à sa participation les hommes charnels, leur font espérer, au moyen de choses de néant et par avarice, qu’ils leur feront avoir part à leur pauvreté et à leur chasteté, quels qu’ils soient d’ailleurs, ou luxurieux ou avares, pourvu qu’ils leur fassent à eux-mêmes des dons.

La cinquième iniquité de l’Antéchrist consiste en ce qu’il promet, en trompant, le pardon et la rémission des péchés à des pécheurs non véritablement contrits et qui n’ont pas renoncé fermement aux mauvaises œuvres. Et il fait d’abord cette promesse de la rémission des péchés au moyen de la confession auriculaire et de l’absolution donnée par des hommes, au moyen des pèlerinages dictés par l’avarice.

Cette iniquité est contraire au onzième article du Credo : Je crois la rémission des péchés. Car cette rémission dépend de l’autorité de Dieu et du ministère de Jésus-Christ, puis en partie de la foi, de l’espérance, de la repentance, de la charité et de l’obéissance qui, selon la Parole de Dieu, est en l’homme.

Il y a encore une sixième iniquité, c’est qu’ils prolongent l’espérance de pardon jusqu’à la fin de la vie, au moyen des iniquités cachées déjà mentionnées pour les pécheurs manifestes, et spécialement au moyen de l’extrême-onction et du purgatoire rêvé, en sorte que les hommes grossiers, qui ne connaissent pas la vérité, persévèrent dans l’erreur et sont absous de péchés dont ils ne se sont jamais éloignés de libre volonté pour qu’ils pussent en espérer la rémission à venir et la vie éternelle.

Cette iniquité est directement contraire aux onzième et douzième articles de la foi.

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