Dieu était-il en vacances pendant la Shoah ? Et y-est-il encore ?

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Les Vaudois en Pologne

Vers l’année de notre Seigneur 1330, plusieurs personnes dans le royaume de Pologne firent profession de la religion des Vaudois. Les évêques ont eu recours aux moyens désignés par le pape, l’inquisition, par lesquels ils ont livré beaucoup d’entre eux entre les mains du bourreau. L’auteur du catalogue des témoins de la vérité nous dit qu’il avait les formes de l’inquisition à son côté, que les inquisiteurs ont utilisées lors de cette persécution.

Vignier dit que lors de leur départ de Picardie, plusieurs de ceux qui y étaient persécutés se sont retirés en Pologne.

Le Sieur de la Popelinière nous raconte dans son histoire que la religion des Vaudois s’est répandue dans tous les lieux d’Europe, même parmi les Polonais et les Lituaniens, et qu’ils ont semé et propagé leur doctrine depuis l’année 1100… et que malgré les efforts de tous les potentats et princes pour les en empêcher, ils l’ont toujours et courageusement maintenu et défendu.

— Jean Paul Perrin, Histoire des anciens Vaudois antérieurs à la Réforme.

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Il est temps de faire une pause

J’ai décidé d’appuyer sur le bouton « pause ».

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Au moins pour la transcription des articles du livre de 1626. Ce livre est écrit en bon français, mais le français a changé en 400 ans. Je n’ai aucun problème avec des mots comme estre, prest, sçavoir ou iceluy où l’orthographe a changé, mais d’autres ont complètement disparu du français actuel. Des mots comme derechef et ains. Ceux-là je peux trouver dans le Littré, ils signifient de nouveau et mais.

Quelques autres sont plus âgés que le Littré.J’ai commandé un exemplaire usagé du Dictionnaire historique de la langue française, mais le meilleur prix que j’ai pu trouver était en Allemagne et cela peut prendre un certain temps avant d’arriver au Canada.

À mesure que j’entre dans le travail, d’autres problèmes deviennent apparents. La longueur de la phrase par exemple, certains semblent continuer trop longtemps sans arrêt. De plus, certains mots, bien que faisant partie du français actuel, peuvent être trop littéraires ; des mots tels que outrecuidance par exemple.

L’idéal est de reproduire la pensée de l’original dans un langage accessible à tous les francophones d’aujourd’hui. Le langage doit être suffisamment simple pour être compris par les apprenants peu instruits, mais qui n’insultera pas l’intelligence des gens bien instruits.

S.v.p. priez pour ce travail.

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Second tableau de Henry Alevin, conclusion

S’ensuit encore un bref récit des actes ou œuvres du monde pour le connaître.

Ici désirons nous faire un peu de mention de tous les points qu’on doit considérer au monde, du nom et des effets de celui, de la méchanceté, incrédulité et réjection, le tout pour montrer que par tout où cela l’est, il n’y a du tout point de christianisme, mais là est vraiment le monde. Et si quelqu’un ne sait encore par cela le voir et connaître, à un tel ne sera aucune démonstration plus ferme par l’Écriture Sainte, ni plus ni moins qu’il ne sert, aide ou profite la chandelle à l’aveugle, et fut aussi grosse qu’un mat de navire.

Considérez bien donc ce qui s’ensuit. Premièrement : Tout le monde est mis en mauvaiseté et n’est point mis au rang ni au nombre des Apôtres, ni de l’Église de Dieu. Car les Apôtres étaient un spectacle, condamnation et ordure au monde. De plus, le monde est souillé, servant aux idoles ; il faut que les fidèles se gardent d’être souillés de ce monde ; que cela soit bien noté. De plus, il faut que les fidèles se retirent de la corruption qui est au monde en concupiscence, s’ils veulent être participants des très précieuses et riches promesses de Dieu. Le fidèle ne doit point aimer le monde, ni les choses qui sont en celui : à savoir la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’outrecuidance de la vie. Car cela n’est point du Père, mais du monde.

La sagesse du monde est terrestre, charnelle et diabolique, car Dieu a repris les sages du monde, les scribes et disputeurs de ce siècle, voir rendu folle, détruit et abolit la sagesse des prudents. Et c’est pour cela que le monde en sa sagesse n’a point connu Dieu en sa sagesse. Et Dieu a choisi les choses folles de ce monde, et les méprisés, et ceux qui ne le sont point afin d’abolir ceux qui sont. De plus : « les enfants de ce siècle sont plus prudents à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière » (Luc 16.8).

Le monde n’est aussi pas digne des enfants de Dieu, ni de leur affection, douceur et tristesse. Christ a aussi retiré les siens du présent monde et de son piège et joug de servitude. Pour cela ne doivent plus les fidèles prendre celui de nouveau, ni être retenus de joug étranger, ni laissez prendre par les institutions du monde. De plus, les fidèles ne doivent avoir communication, ni être participants de la coupe ni de la table des diables, ce qu’il faut ici entendre de l’aveuglement spirituel. De plus : les fidèles jugeront le monde au dernier jour et le monde sera condamné au dernier jour, comme on peut entendre par les paroles de Saint Paul.

Le monde est inique et injuste et pour cela malpropre pour juger entre les fidèles ou se mêler d’eux : car les saints ont puissance et autorité de juger de leurs affaires entre eux, lisez de cela m1 Corinthiens 6.1. Que nul toutefois ne soit ici déplaisant pour la vérité, et ne prenne ou entend ici en mauvais part notre intention : à savoir, comme si elle tendait à mépris, ruine ou destruction du Magistrat du monde, ou la puissance du glaive, car nous reconnaissons et confessons que nous sommes tenus de lui obéir en toutes chose temporelles, ou polices du pays, pourvu que ce ne fait point contre Dieu, et cela à cause que l’Écriture Sainte le nous commande, Romains 13.1, Tite 3.1, 1 Pierre 2.13.

Nous sommes aussi tenus de prier Dieu pour lui, afin que nous puissions mener une vie paisible ensemble, et devons toujours être prêts à toutes bonnes œuvres, de lui payer tribut, péage, lui rendre honneur et crainte.

Mais, Ô mes amis ! Nous ne sommes point tenus de lui obéir en choses qui sont contre Dieu, ni ne le devons point craindre pour bonnes œuvres, mais seulement pour les mauvaises. Que le Magistrat considère et prendre garde combien loin s’étend son service ou office, touchant la glaive, c’est à savoir, à la punition tant seulement des malfaiteurs, et défende les bons, et non point à mettre à mort le juste. Lequel office n’appartient, ni ne convient point à un chrétien, d’autant que le règne des chrétiens est spirituel et non de ce monde, lequel a ici son roi et son règne.

De plus : Jésus n’a point voulu être fait roi du monde. Il a aussi défendu aux siens de l’être. Ainsi voit-on donc, que les Rois et Princes de ce monde sont seulement appelés serviteurs de Dieu à cause de ce service qu’ils exercent, touchant le glaive, pour l’ordonnance de Dieu. Lequel toutefois n’est qu’un office mondain ou païen, qui est aussi fort désiré, souhaité et cherché de ceux du monde. Car ils cherchent la hautesse, ce qu’il ne convient point faire aux fidèles. En somme, selon les choses et actes du monde ci-dessus mentionnés, et comme l’Écriture les témoigne et lui donne bruit et renommée, on peut considérer par là, quel christianisme c’est que de lui.

Or maintenant pour conclure de toutes ces choses ci-dessus au long récité, je donne à considérer à tous débonnaires lecteurs comment de tous peuples Dieu a toujours choisi et voir à lui un propre peuple saint et obéissant pour son héritage, comme on peut voir. Lévitique 20.22, Deutéronome 4.6, Ésaïe 41.8 et 52.1, Jean 17.14, Romains 2.17, 8.29 et 13.12, 1 Corinthiens 3.16,17 et 6.15, 2 Corinthiens 6.14,16. Éphésiens 1.4 et autres lieux.

Notez aussi comment au temps devant l’alliance de la circoncision, le Seigneur s’était choisi un peuple des enfants des hommes, lesquels soient nommés les enfants de Dieu. Après, en la circoncision, il a choisi Abraham et la semence d’Israël, d’entre tous les Gentils et païens incirconcis. De plus, au troisième temps, à savoir de l’Évangile, le Seigneur a choisi du monde les chrétiens pour son peuple et héritage. Davantage, ce qui convenait et convient maintenant faire à ce peuple choisi, à savoir de vivre saintement et non plus comme les Gentils d’où ils ont été tirés, lisez Lévitique 20.7,22, Deutéronome 4.6, Romains 6.2, 12.1, et 13.12 ; 2 Corinthiens 6.3, 1 Corinthiens 3.16, Éphésiens 2.9,10, 4.17, et 5.8, Colossiens 2.20 et3.1. Prenez donc bien garde amis lecteurs : car il n’y a nul chrétien sans être nouvelle créature, d’autant que c’est seulement ce qui vaut devant Dieu. À Dieu soyez-vous. Donnez louange à Dieu et interprétez tout mon dire en bien.

Un tableau, mon adieu, mon testament amiable, signe d’amour, joie de l’âme et ma salutation ou dernière admonition chrétienne, selon l’Écriture Sainte pour fortification aux entendus, démonstration et instruction aux simples et ignorants qui cherchent Dieu de bon cœur, pensant néanmoins encore simplement qu’il y peut bien avoir de chrétiens, ou quelque christianisme spirituel et mondain. Où au contraire il est montré quels sont les chrétiens et quels non, et que c’est le monde. Tout ceci, dis-je, est envoyé à vous mes chers amis au Seigneur, et aussi à mes trois orphelins pour un souvenir de moi. De moi, dis-je, pauvre, débile et infirme personne, ami de votre âme, Henry Alevin, ici à Middelbourg mis en mains de gens pour le témoignage de notre Seigneur Jésus-Christ, l’an 1568 au mois de septembre.

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Second tableau de Henry Alevin, suite

Où et qui est ce monde, lequel a toujours haï les fidèles et ceux qui craignent Dieu. Aussi de la méchanceté du monde. Et comment le peuple de Dieu a toujours été un peuple élu entre toutes les autres.

Il nous faut en premier lieu considérer et entendre l’occasion seule et commune, (vu qu’elle est la mère de toute envie) par laquelle les méchants ont toujours haï, rejeté, calomnié, oppressé et persécuté jusques à la mort les vertueux et ceux qui craignaient Dieu, dès le commencement du monde et il en sera ainsi jusqu’à la fin. C’est à savoir, la vertu, et vie vertueuse, ou sainte manière de vivre des fidèles au service de Dieu, et à la répréhension et correction de la vie inique du monde. De quoi nous avons exemple en Jésus-Christ et Jean-Baptiste, Étienne et plusieurs autres.

Car le monde a haï, persécuté et mis à mort Jésus-Christ, pour ce qu’il rendait témoignage que leurs œuvres étaient mauvaises. Et maintenant que la lumière soit venue et aie luit dans le monde, toutefois il ne l’a point connu, mais ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, voir le monde ne connaît Dieu, ni les siens.

Et néanmoins il n’a point encore honte de dire qu’il connaît Dieu, en le niant par œuvre, étant abominables et rebelles et réprouvés à tout bon œuvre. Tellement que les méchants et iniques se disent et vantent être ce qu’ils n’ont point, à savoir, enfants d’Abraham et toutefois ils sont enfants du diable, d’être apôtres de Christ et vrais Juifs ou Israélites, et ils font l’école de Satan ; s’estimant être sages, ils sont fous et rejetés.

Par conséquent il est bien nécessaire d’éprouver tous les esprits (qui se vantent et glorifient tant) s’ils sont de Dieu. Or pour connaître l’esprit de vérité et celui d’erreur, lisez 1 Jean s.10. Car sous le nom, titre ou renommé de Dieu et sous ce faux semblant et apparence, les méchants oppriment et molestent coutumièrement les bons et vertueux, comme il en est advenu entre Caïn et Abel, qui sacrifiaient tous deux à Dieu, mais pourquoi tua Caïn son frère Abel ? Si on lit en l’Écriture Sainte, on trouvera que c’était pour autant que ses œuvres étaient mauvaises et ceux de son frère Abel justes. Aussi ce monde, pourquoi haït-il les enfants de Dieu ? C’est parce qu’ils sont élus du monde et ne sont plus du monde. Car s’ils en étaient encore, le monde les aimerait.

Aussi, parce qu’ils ont la Parole de Dieu et qu’ils désirent vivre saintement en Jésus-Christ et non pas comme las païens ; parce qu’ils espèrent vivement et fermement en Dieu vivant et non en vain légèrement ou variablement, comme le monde. Or notez donc, que cela n’est point servir à une idole morte. Davantage, le monde estime communément que la tyrannie et cruauté qu’ils exercent sur les saints font un service agréable à Dieu, et cependant ils sont aveugles et ne savaient point ce qu’ils font. Car ils haïssent toujours les saints durant leur vie.

Et après le mort de ceux qu’ils ont tués, ils les louent, complaignent et ornent leurs sépulcres, témoignant qu’ils ont été mis à mort innocemment. Ainsi que font même les tyrans d’aujourd’hui, comme s’ils étaient meilleurs que leurs prédécesseurs, exerçant néanmoins une même cruauté et tyrannie contre les saints et fidèles, et ainsi remplissant la mesure de leurs pères, qui ont aussi fait le semblable. Car aussitôt que ce séducteur (ainsi nommaient-ils Jésus-Christ) eut rendu l’esprit, on l’estima et l’appela le fils de Dieu.

Ô monde, monde ! Vous êtes voire une même sorte de monde : car vous confessez souvent que si ceux-là qui ont été martyrisés et mis à mort depuis vingt ou trente ans, pour choses de petite importance, touchant la foi, étaient encore vivants que vous ne voudriez point être coupables de leur sang. En somme, vous êtes ce méchant monde qui met encore à mort comme a été les fidèles qui craignaient Dieu.

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Second tableau de Henry Alevin

S’ensuit une claire remontrance, comment ce monde pervers n’est point vraiment chrétien, et pourquoi pas.

En quelle manière chacun de ce monde veut et estime être de ce monde, et comment non. Qu’on prenne bien garde comment tous méchants et iniques veulent bien être appelés de ce monde lequel Dieu a tant aimé qu’il a donné son seul fils pour lui, et les péchés duquel l’Agneau de Dieu a ôté et effacé, (lequel propos toutefois doit être entendu du péché originel ou héréditaire d’Adam.) Chacun, dis-je, veut entièrement être ce monde, lequel Jésus-Christ a délivré et réconcilié. Or il est bien vrai que Christ n’est point venu au monde pour condamner le monde, mais afin que le monde et les pécheurs furent sauvés, et pour les appeler à repentance. Car cela était son message, étant venu pour ôter les péchés du monde, afin qu’il défit les œuvres du diable.

Mais, Ô monde, monde ! Vous ne l’avez pas cru ni reçu : mais tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné ce droit d’être enfants de Dieu. Vous n’êtes point voulu venir à lui pour avoir vie : mais vous avez mieux aimés les ténèbres que la lumière. Et pendant qu’il était près et se pouvait trouver, vous ne l’avez point cherché. Pour cela vous est assigné malheur et non point salut. Voire, il vous advient ce qui est écrit : « Si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice, il se livre au mal dans le pays de la droiture, et il n’a point égard à la majesté de Dieu » (Ésaïe 26.10).

Maintenant au contraire, comment tels dont nous avons ci-dessus parlé, ne veulent, ni s’estiment point être de ce monde, et toutefois le font. On le peut considérer, en ce que tous iniques et mal vivants, quels qu’ils soient, ne veulent point être nommés ni compris au rang de ce monde, qui a si mauvais renommée et si mauvais titres en l’Écriture Sainte, n’ayant rien de commun avec l’Église, ni avec les apôtres, qui marche de tout en iniquité, ne pouvant recevoir le Saint-Esprit, pour lequel Christ n’a point prié. Personne, dis-je, ne veut être nommé ni compris en ce monde.

Combien toutefois qu’il y en aie tant et plus qui en font, étant plus d’ordure, infamie et impudicité. De cela lisez 1 Corinthiens 5.9-10 ; 2 Pierre 2.18 ; 1 Jean 2.16, ils ne veulent aussi point être compris ni nommés de ce monde, rempli de fausses institutions, ordonnances et faux services. Bref, de faux semblant et apparence de christianisme. Ainsi donc, ces noms, effets et fruits, mentionnés en l’Écriture Sainte, touchant ce monde pervers, chacun les nie et renonce, ayant de cela honte. Combien qu’il soit par trop merveilleusement apparent et une grande multitude de gens et peuples, lesquels nous renvoient pour le regard de ce monde pervers en Judée, en Grèce, en Turquie et en autres pays infidèles. Comme si on ne savait point mieux.

Ô mes amis ! Que ce monde-là est bien et beaucoup plus près, quiconque y voudra bien prendra garde, comme j’espère de le démontrer : et pour ce faire lisez et prenez garde Colossiens 2.20 ; 1 Jean 2.15 ; Jacques 4.4. Or par tout où vous trouverez tels fruits, dont l’Écriture Sainte fait mention, là pouvez vous dire assurément être ce méchant monde. Prenez-y donc bien garde.

Or maintenant il faut entendre comment l’Écriture Sainte nomme le monde en deux sortes : car en parlant du monde elle n’entend pas toujours de la même manière ; mais en quelques lieux parlant du monde elle entend de la rondeur, circuit ou contenu du monde. C’est à savoir, de la création de Dieu entièrement ; lisez Genèse 1, 1 Jean 2.2, Colossiens 1.26, Romains 16.25, Éphésiens 1.4, et vous trouverez qu’en tous ces lieux est parlé et entendu la rondeur du monde, ou circuit de la terre.

L’autre sens, auquel est pris ce mot en l’Écriture, s’entend le peuple qui est affectionné aux choses mondaines, qui ensuit l’affection terrestre, charnel et diabolique. Lisez 1 Jean 4.4, Jacques 3.14-15. Or ce méchant monde a son propre dieu, qui est l’esprit malin, ayant son royaume et peuple. Car il faut considérer que Dieu et le diable, ou Christ et Bélial, sont deux dieux et deux princes, chacun ayant divers gouvernement, royaume, peuple et esprit. À savoir, Dieu au Ciel, et le diable et Antéchrist sur la terre. Et chacun de ces deux ducs et ou princes attire à soi le peuple de l’autre, à savoir Dieu avec sa vérité et le diable avec mensonge, finesse et fausseté. Car il épie le mot du guet de Christ, afin que par le moyen de ceci il puisse attraper les âmes sous le nom de Christ, de la parole, louange, vertu, services, signes et merveilles, par tous moyens contrefaits, dissimulation et fausse apparence comme ci c’était Dieu et le tout de Dieu. Voire se mettant au temple de Dieu et se montrant soi-même qu’il est Dieu.

Lisez de ce dieu et prince, avec sa seigneurie et puissance 2 Thessaloniciens 2.3-4, 2 Corinthiens 4.4, Jean 12.31 et 14.30 et 16.11, Matthieu 4.3 et 12.7, Luc 11.22, Colossiens 2.15, Éphésiens 2.2 et 6.12, 1 Corinthiens 2.12. Par ainsi donc prend-il les âmes et personnes en ses pièges ; tellement, qu’elles se rendent parfois adverses et penchées contre la vérité, ce que chacun doit bien considérer et y prendre garde s’il ne veut pas être déçu, mais remontré et enseigné suivant la vérité. Car l’apôtre Paul dit ainsi : « Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent ; pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne vissent pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Corinthiens 4.3-4).

Ce séducteur, à savoir Satan, veut même être adoré de Jésus-Christ comme s’il était Dieu et un prince merveilleusement riche en biens et trésors. Il est aussi appelé par Jésus-Christ et sas apôtres le prince ou souverain de ce monde ; toutefois il n’a rien en Christ, car il (Christ) est plus fort que lui et l’a vaincu ; voire il est condamné et jugé. Lequel comme prince de la puissance de l’air règne maintenant sur les enfants de rébellion et d’incrédulité, sous lequel, dit l’apôtre, nous avons tous marchés selon les concupiscences de notre chair, exécutant les désirs de notre chair et de nos pensées et étions de nature enfants de colère, comme aussi les autres.

Ô mes amis ! Notez bien ces paroles : Car qui est celui maintenant qui ne connaîtra point encore ce monde méchant et aveugle, par le train et le cours de ce monde ? Or ce prince, à savoir le diable, combien qu’il soit un ennemi vaincu par Christ, comment est-ce qu’il tourmente encore les fidèles et enfants de Dieu, allant autour d’eux, cherchant s’il en pourra dévorer quelqu’un. Cet esprit malin séduit les gens par la doctrine des diables et par les mensonges en hypocrisie, car l’esprit d’Antéchrist est aussi l’esprit du diable et du monde et n’est qu’une même sorte d’esprit, tellement, que tous ceux qui sont menés et conduits de cet esprit, ils sont de ce monde, ils parlent du monde, et le monde les écoute.

Par conséquent ce diable, cet Antéchrist, et esprit malin, opèrent ensemble en une même sorte d’erreur et iniquité en ceux qui périssent, d’autant qu’ils n’ont point reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Et pourtant Dieu leur envoie une puissance d’erreur, à ce qu’ils croient au mensonge ; voire Dieu les abandonne aux concupiscences de leurs cœurs et leurs affections vilaines. Par ainsi a ce méchant et pervers monde un propre dieu, esprit et peuple, doctrine et service divin contrefaits, comme il a été montré. À quoi chacun qui aime son âme, veuille bien prendre garde.

Et si aucun ose encore dire et mettre en avant que ce monde-ci n’est point tel, ne si infidèle ou pervers comme j’ai dit par les témoignages de l’Écriture Sainte ci-devant allégés, mai que c’est un autre peuple loin d’ici, je lui veux encore montre un nombre infini de témoins de ce monde même, à savoir, tous ceux qui se plaignent à merveilles entre eux de tromperies, dommages, mensonges, calomnies, détractions, oppressions et cruautés. Eux-là, dis-je, témoignent qu’il n’y a en ce monde loyauté, foi, charité, ni crainte de Dieu. Et je dis aussi qu’il est ainsi. Davantage, mes témoins touchant cette fausse apparence de spiritualité et sainteté susmentionné, sont même les prêcheurs qui en leurs récits caquettent et jasent tant, touchant leur papauté, leurs évêques, cloîtres, etc. Lesquels en général sont superbes, avares et convoiteux des trésors, plein de volupté charnelle, idolâtres, envieux, voir ennemis de la vérité. Ainsi, dis-je aussi avec le témoignage de l’Écriture Sainte, et avec l’effet qu’on voit, tellement que nul ne peut dire du contraire.

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Premier Tableau ou lettre de Henry Alevin

Admonition et avertissement des conditions, touchant le salut assuré et aussi la condamnation, envoyée pour une salutation et aussi pour une signe de charité et d’amour chrétienne, pour la fortification de les sages et vertueux, pour l’instruction des simples ou ignorants, et pour une alarme et un effroi aux plus justes et sages. À mes bien aimés au Seigneur, par celui qui est ami de votre âme, Henry Alevin, pris à Middlebourg pour le témoignage de Jésus, le 18 août, l’an 1568.

Touchant d’avoir certainement et assurément salut pa Jésus-Christ : et toutefois non point tout un chacun qui le pense, l’espère, ou s’en glorifie. Qu’on y prenne bien garde, afin que nul de s’en trompe ou laisse abuser par des vaines paroles : car les promesses de Dieu sont faites sous condition ; non point sur l’incrédulité, mais sur la foi ; non sur le vice, mais sur le vertu. Ainsi, dis-je, est promis le salut de Dieu par grâce, sans nos mérites, ni que l’ayant desservi.

En premier lieu considérez et entendez les claires paroles de notre Seigneur Jésus-Christ, disant : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5.24). Aussi : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3,16). Et : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !… Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous » Matthieu 5.3, 11-12).

Écoutez encore, touchant la promesse de salut conditionnelle : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc 16.15-16). Jésus répondit aussi à la femme qui lui disait : « Heureux le sein qui t’a porté ! heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! » Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Luc 11.17-18).

La conclusion est : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. » (Jean 13.17) et « Le serviteur qui, ayant connu la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas agi selon sa volonté, sera battu d’un grand nombre de coups » (Luc 12.47). Ô sentence épouvantable ! Ainsi sonnent et accordent las paroles et sentences de tous les saints et fidèles Apôtres, comme nous voyons en St Paul, disant : « Car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient » (Romains 10.4). Aussi : « Vous vous êtes convertis à Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils, qu’il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir » (1 Thessaloniciens 1.9-10). Et St Pierre dit : « Lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise » (2 Pierre 1.4). St Jean dit : « Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5.12). On peut encore voir plus amplement de ce salut sous condition Jean 1.11,12 et 5.25. Matthieu 24 et 19.28 ; Romains 8.10 ; 2 Timothée 2.11 ; 2 Pierre 1.1 ; Hébreux 5.8.9 et 10.22 ; Apocalypse 2.4, 3.5, 19.4,8, 20.6 et 21.14, « Car le royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance » (1 Corinthiens 4.20). Considérez bien cela.

Au contraire, voyons ceux auxquels Christ ne profite rien. C’est à dire : de la condamnation certaine et assurée, et de ceux auxquels le royaume de Dieu est refusé. En premier lieu, Jésus-Christ montre clairement cela, disant : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ?… Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité » (Matthieu 7.21-23). Voir : « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu 25.41).

À ceci s’accorde encore ce que Jésus-Christ dit : « Si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux (Matthieu 5.20). « Quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges » (Marc 8.38). Aussi : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse » (Matthieu 12.30). Aussi : « Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Matthieu 18.3). Aussi : « Celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc 16.16). Aussi : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau,… d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu… Celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui »)Jean 3.3,5 & 36). « Si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8.14).

Ici voit-on l’éternelle sentence de Jésus-Christ sur ceux qui ne se convertiront. À ceci s’accordent aussi les sentences des Apôtres, comme quand St Paul dit : « Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres ; réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l’honneur, la gloire et l’immortalité ; mais l’irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice. Tribulation et angoisse sur toute âme d’homme qui fait le mal » (Romains 2.6-9. Aussi : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez » (Romains 8.13) ; « Et l’affection de la chair, c’est la mort… car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu… Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu » (Romains 8.6-8). Aussi : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6.9-10).

Ô mes amis ! « Quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? Et si le juste se sauve avec peine, que deviendront l’impie et le pécheur ? » (1 Pierre 4.17-18).

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Henry Alevin

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AU LECTEUR

Sachez ami Lecteur, qu’il y a ici plusieurs et divers points notables, suivant l’Écriture Sainte, conjoints ensemble par un nommé Henry Alevin, lesquels il a pour la plupart (lui étant en prison) faits, écrits et envoyés en forme de tableaux, à l’Église et à ses frères, et aussi particulièrement à ses trois enfants, combien qu’ils soient encore assez jeunes d’age et d’entendement. Cet homme-ci, étant d’un profond entendement en l’Écriture Sainte (comme les écrits qu’il a laissés donnent aussi à connaître) a clairement exposé et donné à entendre plusieurs choses singulières ; toutefois aucunement obscures et difficiles. Tellement, que celui qui a quelque étincelle de la crainte de Dieu, se peut soi-même, par les suivants écrits de cet homme, clairement voir et connaître, comme en un clair miroir. Par conséquent, ami Lecteur, si tu les désires et veux lire avec une bonne considération, et sans partialité, nous espérons par la grâce de Dieu, que tu en pourras rapporter édification.
À Dieu.

[Au cours des prochaines semaines, je compte reproduire ici le texte des messages écrits de prison par ce serviteur de Dieu.]

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La grâce de Dieu

Je ne suis pas digne d’être appelé ton enfant ou ton serviteur, parce que j’ai péché contre le ciel et devant toi. Même si au commencement je résistais à ta Parole précieuse et à ta sainte volonté de toutes mes forces et de toute mon intelligence, je rejetais la claire vérité de ta Parole, enseignant et pratiquant la recherche de mes plaisirs, louanges et honneurs, plus que ta justice, ton honneur, ta Parole et ta vérité ; néanmoins, ta grâce paternelle ne m’a pas abandonné, moi, misérable pécheur ; mais elle m’a reçu avec amour, m’a converti à un autre esprit, m’a conduit par ta main droite et m’as instruit par l’Esprit-Saint jusqu’à ce que j’ai fait la choix de combattre désormais le monde, la chair et le diable, en renonçant à tout confort, à la tranquillité, à la gloire, à l’envie et à la prospérité matérielle, jusqu’à ce que je me suis volontairement soumis à la lourde croix de mon Seigneur Jésus-Christ, afin que je puisse hériter du royaume promis avec tous les soldats de Dieu et les disciples de Christ.

—Menno Simons, Complete Writings, page 59

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On a une problème

L’humanité et la planète sur laquelle nous vivons sont confrontées à des dangers effrayants : catastrophes environnementales ; poisons dans notre nourriture ; violations de nos droits ; laxisme moral ou rigidité morale ; pensée déviante ou contrôle de la pensée ; etc ; etc. Les voix qui nous avertissent de ces dangers nous disent aussi que si nous ne nous joignons pas à la bataille contre le danger ciblé, nous manquons à notre responsabilité envers l’humanité.

Cela devrait suffire à nous dire que quelque chose ne va pas. Nous ne pouvons pas accomplir le bien avec des méthodes qui sont mauvaises. Lorsque la colère, les accusations viles, les critiques violentes, la haine, les appels à une action désespérée, sont les méthodes de choix, soyez assurés qu’aucun bien ne viendra d’un tel mouvement.

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Beaucoup de maux existent dans le monde, causés en grande partie par ceux qui prétendent faire du monde un endroit meilleur. En fait, de tels mouvements sont du diable. Le seul moyen de contrer le mal dans le monde consiste à utiliser les moyens fournis par Dieu. Voyons ce que cela signifie :

« On a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ;
Et ce que l’Éternel demande,
C’est que tu pratiques la justice,
Que tu aimes la miséricorde,
Et que tu marches humblement avec ton Dieu » (Michée 6.8).

Ces mots nous diront que :
1. Nous devons faire tous les efforts pour faire ce qui est juste envers les autres. Si nous essayons de forcer les autres à faire ce qui est juste, cela ne fera qu’empirer les choses.
2. Nous devons être miséricordieux envers les autres. Leur exiger d’être miséricordieux est contre-productif.
3. Nous devons marcher chaque jour avec Dieu, en nous soumettant à sa volonté pour notre vie.

Nous avons un certain contrôle sur ce que nous faisons, aucun contrôle sur ce que font les autres, sauf peut-être par le pouvoir de l’exemple. Faisons donc ce qui est en notre pouvoir de faire.

L’apôtre Paul nous dit que de telles armes sont plus puissantes que n’importe quelle autre force terrestre : « Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses » (2 Corinthiens 10.4).

On a un problème si on essaie d’accomplir la justice de Dieu avec d’autres armes que ceux qu’il nous donne.

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