La simplicité de l’église

C’était une belle journée d’été en 1627 et je me promenais dans la plantation de Plimoth lorsque le diacre Samuel Fuller est arrivé à mes côtés. « Les responsables de l’église en Angleterre disent que nous n’avons aucun droit à nous appeler une église ici dans le Massachusetts, car nous n’avons pas de ministre », a-t-il déclaré. « Mais une église est composée de chrétiens. Ils n’ont même pas d’église. Qui les a faits ministres et évêques? »

C’était en fait l’été de 1990, l’homme à côté de moi était un acteur qui jouait le rôle de Samuel Fuller. Nous étions dans une plantation de Plimoth recréée, méticuleusement conçue pour ressembler à 1627. Mais je ne doute pas que le vrai Samuel Fuller a effectivement prononcé ces mots.

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Plus tard dans la journée, lors d’un souper de réunion de famille, j’ai demandé à une jeune femme (une cousine éloignée) qui travaillait aussi à Plimoth Plantation, si le moderne Samuel Fuller croyait vraiment ce qu’il disait. Elle hésita un instant, puis dit « Je pense qu’il l’a dans sa tête, mais pas dans son cœur. »

Voilà l’essentiel d’une église : des gens chrétiens. Non pas des gens motivés par la tradition, les émotions, les liens sociaux ou l’intellect, mais des chrétiens authentiques du cœur et nés de nouveau.

Comment peut-on faire ça ? La réponse courte est que nous ne pouvons pas. Jésus a dit qu’il bâtirait son église. La vraie question est de savoir comment pouvons-nous discerner si une église est bâtit par Jésus ou par des humains ?

Le Nouveau Testament parle de rassemblements de croyants pour le culte, mais il n’y a pas d’instructions sur ce à quoi le lieu de réunion devrait ressembler. Étant donné que j’habite en Saskatchewan et qu’il fait très froid dehors, je suis reconnaissant pour un édifice chaud à utiliser lors de nos réunions de culte. Mais je me méfie lorsque les bâtiments deviennent grands et complexes et sont considérés avec plus de respect que la réunion qui se déroule à l’intérieur.

Le Nouveau Testament parle de prédication, mais n’insinue jamais que le prédicateur a besoin d’une formation spéciale ou qu’il devrait recevoir un salaire. Le mot ministre signifie serviteur, mais un ministre a également la responsabilité de veiller au bien-être spirituel de son assemblée. Mais s’il commence à dominer sur l’assemblée, il a franchi une ligne selon 1 Pierre 5.3.

Le Nouveau Testament parle de chanter, mais ne fait jamais allusion à l’utilisation d’instruments de musique. Le divertissement n’est pas une valorisation du culte, mais plutôt une distraction.

Le Nouveau Testament montre également qu’il existait une relation étroite entre les églises ou les assemblées de différents lieux et de différents pays. L’un des signes qu’une assemblée n’est pas bâtit par Jésus est lorsqu’il est totalement indépendant de tout autre groupe de croyants.

Je connais des gens qui font l’église à la maison ou qui appartiennent à de petites assemblées indépendantes. Ils semblent avoir de bonnes convictions, mais ils sont seuls dans leur foi, il n’y a personne d’autre avec qui ils peuvent avoir une communion fraternelle. Et je vois ce qui arrive aux enfants de ces minuscules groupes auto-isolés. Ils se rebellent. Certains abandonnent complètement la foi chrétienne, d’autres se trouvent dans une église beaucoup plus libérale. Ils accusent tous leurs parents de leur attitude stricte et légaliste.

Mais ils n’ont pas compris quelque chose. Une église ne devient pas plus spirituelle, plus proche de Jésus, en ignorant la plupart de ses enseignements, en disant qu’ils étaient pour une autre époque. Le vrai problème est que leurs parents ne font confiance à personne d’autre qu’à eux-mêmes. C’est peut-être la plus grande séduction de tous, de croire que moi et seulement moi marche avec le Seigneur.

Cela nous ramène au début. L’Église bâtit par Jésus-Christ est une église composée de chrétiens authentiques du cœur et nés de nouveau. Une église où « Christ est tout et en tous » (Colossiens 3.11). Une partie d’être un vrai chrétien est d’avoir la grâce de voir Christ en d’autres, malgré nos différences extérieures.

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Abandonner le papier

Aux jours d’antan les bûcherons et les draveurs étaient les acteurs importants de l’économie québecoise. Aujourd’hui ils sont des gens du folklore, non pas de l’actualité.

Il y a encore des scieries ; il y a toujours des papeteries, mais maintenant les billots sont acheminés par camion au lieu de sur la rivière. Et la dernière usine qui produisait le papier journal au Québec vient de fermer ses portes.

Je suppose que je fais partie du problème. Je suis encore un junkie de nouvelles, mais je n’achète plus de journaux. Je les lis sur mon téléphone portable.

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Maintenant, je peux lire le journal quotidien de notre ville la plus proche, un journal national anglais, un journal national français, un magazine de nouvelles de la France, un hebdomadaire provincial de langue française, tous sur l’appareil dans ma poche.

Les journaux papier maigrissent, certains sont morts, d’autres mourront. Le journal montréalais la Presse, le plus important journal de langue française en Amérique du Nord, n’utilise plus le papier. Tout est disponible sur Internet et uniquement sur Internet.

Pensez aux économies en coûts de papier, d’encre et de distribution. Non seulement cela, mais sa portée a considérablement augmenté. Les exemplaires papier de la Presse n’étaient jamais disponibles en Saskatchewan, à moins que vous ne vouliez payer pour un abonnement postal. Mais alors les nouvelles seraient toujours dépassées. Et ne me laissez pas parler de la fiabilité, ou l’absence de celui-ci, de notre système postal. Désormais, les informations sont constamment mises à jour et disponibles pour quiconque possède un téléphone portable.

Le Saskatoon Star-Phoenix ne distribuera plus des journaux papier dans les zones rurales. C’est bien, c’est ici, dans ma poche, sur mon téléphone. Le National Post a cessé la distribution de journaux papier en Saskatchewan il y a quelques années. Aucun problème. Je ne trouve pas l’Eau Vive, un hebdomadaire imprimé à Regina, à Saskatoon. Peu m’importe s’ils n’impriment jamais une autre copie, il est tellement plus pratique de la lire en ligne.

La ville de Moose Jaw est l’ancien foyer de notre famille et je m’intéresse toujours à ce qui s’y passe. Le Moose Jaw Times-Herald a cessé de paraître l’année dernière après 112 ans de publication quotidienne. Il existe encore un journal bihebdomadaire, mais quelque chose de mieux est apparu : le Daily Jaw, un journal en ligne.

Je suis un vieillard, démodé et résistant au changement. Mais les nouvelles sans papier sont un changement que j’aime bien.

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Rencontrer Dieu dans Sa Parole

J’ai grandi dans une maison où la Bible était lue tous les jours et nous allions à l’Église anglicane tous les dimanches. Je suis devenu membre de cette église à l’âge de 11 ans. Quelques années plus tard, je suis devenu enfant de chœur et j’ai continué fidèlement jusqu’à ce que je quitte la maison paternelle pour aller à l’université.

Il fut un temps où Dieu semblait très proche, mais jamais comme si une connexion avait été établie. Après avoir quitté la maison, j’ai perdu tout lien avec l’église et la Bible. Il me semblait que la plupart des églises parlaient beaucoup de Dieu, mais suivaient un chemin qui n’avait pas grand-chose à voir avec Dieu. La Bible était également suspecte. Une partie de celle-ci a peut-être été inspirée par Dieu, mais elle semblait se contredire. Elle doit être en grande partie les idées de ceux qui l’ont écrite.

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À l’âge de 24 ans, j’ai emprunté une Bible usée à mes parents et j’ai recommencé à la lire pour essayer de déterminer ce qui était véritablement la Parole de Dieu et ce qui n’était que des paroles des hommes. Après quelques années, je savais que c’était une tâche impossible. Ce livre, écrit par 40 personnes différentes sur une période de 1 500 ans, n’était qu’un livre. Chaque partie de la Bible était reliée à toute autre partie. C’était soit entièrement la Parole de Dieu, soit entièrement une fraude faite par l’homme.

La deuxième option semblait de moins en moins tenable, car je voyais comment la Bible s’expliquait en lisant le tout. Les prétendues contradictions ont disparu lorsque j’ai commencé à discerner un but en elles et à voir comment Dieu s’était révélé étape par étape à l’humanité récalcitrante.

Lorsque j’avais 28 ans il vint un jour où je lisais la Bible et Dieu pointa son doigt directement vers moi pour me dire que j’étais pécheur. Et je savais que c’était vrai. À genoux, j’ai reconnu devant Dieu que tout ce qui avait mal tourné dans ma vie était de ma faute et de personne d’autre. Ce fut le moment où ma relation avec Dieu a commencé.

Cette relation a grandi au fil des ans. J’ai lu la Bible du début à la fin beaucoup de fois, en français et en anglais. Je ne suis aucun plan de lecture de la Bible qui me conduit à sauter ici et là à travers les pages de la Bible. Elle ne fait pas beaucoup de sens à moi que lorsque je lis tout d’un livre de la Bible pour comprendre les événements dans leur ensemble.

De temps en temps, Dieu pointe toujours son doigt vers moi et me dit : « Tu as combattu cette tentation, cette mauvaise attitude ou mauvaise sentiment assez longtemps. le temps est venu de s’en repentir, de nettoyer la maison. » Et il me donne la grâce de le faire. Je suis constamment émerveillé par sa patience, avec les gens de l’époque biblique et avec moi.

Le but de la lecture quotidienne et de la méditation de la Parole de Dieu n’est pas d’apprendre comment Dieu est, ni d’apprendre comment plaire à Dieu. Notre motivation pour ouvrir la Bible doit être de rencontrer Dieu, d’approfondir notre connaissance de celui dont les actions et les buts apparaissent sur chaque page, qui a inspiré ces 40 hommes pendant un millénaire et demi à écrire ce qui est dans le livre. Nous en apprendrons davantage sur Dieu et sur la manière de vivre pour lui plaire, mais cela doit être le résultat d’une connaissance personnelle avec Dieu. Les enseignements de la Bible ne collent pas à nous si nous ne connaissons pas l’auteur.

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Quels livres sont bon pour nos enfants ?

Quels livres sont saufs pour les enfants à lire ? Certains parents chrétiens ne fournissent que des livres qui parlent des gens gentils qui font de bonnes choses et tout se passe bien pour eux. Est-ce réaliste ? Les enfants savent qu’il y a du mal dans le monde. Il y a des choses effrayantes, des choses arrivent qu’ils ne comprennent pas.

D’autres parents chrétiens croient que tout livre qui finit bien est bon pour leurs enfants à lire. Même des livres où la sorcellerie est utilisée pour atteindre cette fin heureuse. La fin justifie les moyens – est-ce vrai ?

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La Bible promet une fin heureuse seulement aux personnes qui utilisent des moyens chrétiens. Le mal ne peut être vaincu que par le bien ; dans ce sens, les moyens sont la fin. Nous ne pouvons pas vivre une vie chrétienne victorieuse en utilisant les outils et les méthodes de l’ennemi. Les livres qui soulignent ce principe peuvent aider à développer la compréhension spirituelle.

Au XVIIe siècle en France, Jean de La Fontaine a repris d’anciennes fables, dont beaucoup d’Ésope, pour les transformer en charmants vers avec une pointe d’humour et un enseignement moral clair. Les fables de La Fontaine faisaient autrefois partie du programme scolaire dans tous les pays francophones. Je crains que leur enseignement moral ne soit maintenant considéré comme démodé.

À la même époque, Charles Perrault a collectionné et réécrit de vieux contes folkloriques et en a crée d’autres, tous dotés d’un enseignement moral clair. Près de 120 ans plus tard, les frères Grimm en Allemagne ont inclus certains de ces contes dans leurs livres de contes de fées, laissant de côté leurs enseignements moraux.

Le récit de Perrault, La Belle au Bois Dormant, est beaucoup plus macabre que la Belle au bois dormant que j’ai lu dans mon enfance. En fin de compte, les enfants innocents sont sauvés par le retour de leur père et la femme perverse qui voulait les dévorer a eu une fin horrible. Il n’y a rien ici qui permette aux enfants d’excuser le mal avec l’idée que la pauvre femme a été mal comprise. Elle était complètement méchante et leur père était pur et bon.

L’un des récits de Perrault n’a pas de fin heureuse. Au Petit Chaperon Rouge, quand la jeune femme se couche avec le loup c’était la fin pour elle. Perrault a écrit : « Il existe un type [de loup] avec une disposition convenable – ni bruyant, ni haineux, ni en colère, mais apprivoisé, obligeant et gentil, suivant les jeunes filles dans les rues, jusque dans leurs maisons. Hélas ! Qui ne sait pas que ces doux loups sont de toutes ces créatures les plus dangereuses ! » Cette leçon est perdue lorsque le petit chaperon rouge s’échappe indemne du loup. Malheureusement, il est difficile de trouver une exemplaire des contes de Perrault qui n’ait pas été Disneyfiée, même en français. Ne vous attendez pas à des enseignements moraux clairs de cette source.

Au XXe siècle, des écrivains britanniques ont créé plusieurs séries de romans de fantaisie chrétiens. Je pense en particulier aux Chroniques de Narnia de C.S. Lewis, des livres Princesse et Curdie de George MacDonald et de Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien.

Je connais des parents chrétiens qui ne permettront pas à leurs enfants de lire de tels livres, car ils décrivent des mondes fantastiques, des créatures fantastiques et des événements fantastiques. Pourtant, dans ces livres, le mal est toujours le mal et les gens de bien n’utilisent pas de mauvais moyens pour accomplir le bien. Je suis d’avis qu’il est préférable que les enfants lisent des livres où le mal existe et est vaincu par le bien que de lire des livres où le mal ne semble pas exister du tout. N’est-ce pas un fantasme même plus dangereux ?

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Il faut chercher pour trouver

C’était à l’âge de 25 ans que j’ai commencé à penser à devenir mennonite. Je lisais dans la Bible comment les apôtres étaient tellement convaincus que Jésus qu’ils servaient avaient vaincu la mort qu’ils ne craignaient pas ce qu’on pourrait leur faire. La mort ne ferait que les rapprocher de leur Sauveur vivant.

Il n’y avait aucune signe de ce genre de foi chez les gens de ma connaissance qui se disaient chrétiens. Mais en lisant l’histoire, j’ai découvert qu’il y avait des gens à travers les âges qui avaient exactement ce genre de foi en un Jésus-Christ ressuscité. Ils ont été appelés anabaptistes, vaudois, mennonites et beaucoup d’autres choses. J’ai commencé à croire que s’il existait aujourd’hui d’authentiques chrétiens quelque part dans le monde, ils se retrouveraient parmi les mennonites.

Je me suis marié quelques années plus tard et ma femme et moi avons commencé à chercher une église comme foyer spirituel. À notre grande consternation, le genre de foi que nous recherchions était absent des dénominations mennonites que nous rencontraient au cours des premières années de notre mariage. Les gens pourraient bien être issus de ceux qui avaient eu de ce type de foi il y a quelques siècles, mais aujourd’hui, les gens étaient plus intéressés par la généalogie que par la foi.

Peu à peu, il nous est apparu que le Saint Esprit nous conduisait à l’Église de Dieu en Christ, mennonite. Le lundi de cette semaine, le 11 février, cela faisait quarante ans depuis que nous étions baptisés et devenus membres de cette église. Nous avons été bénis et sommes toujours convaincus qu’il s’agit de l’endroit où la foi une fois transmise aux saints reste une réalité vivante.

Il y a vingt ans, je travaillais à temps partiel pour l’agence de distribution de traités de l’église (on peut le trouver ici : Société évangélique de Bibles et traités) afin d’aider avec les lettres reçues en français. Il y avait déjà des gens en République démocratique du Congo qui étudiaient nos tracts français, notre littérature doctrinale et nos leçons pour l’école du dimanche. Ils étaient convaincus qu’il enseignaient la vraie foi et souhaitaient être partie de l’église.

Cela a pris longtemps, mais ces gens sont restées inébranlables. Il y a un an, le ministre nigérian Paulinus Aigbonoga a été envoyé en missionnaire auprès de ces gens, afin de déterminer la profondeur de leurs convictions et de leur enseigner plus pleinement où il y avait besoin. Ce frère a déjà été missionnaire au Bénin et est capable de communiquer en français. En janvier, un groupe de ministres s’est réuni pour une visite avec ces gens et 14 ont été baptisés. Ce mois-ci un autre 12 ont été baptisés. L’Église de Dieu en Christ mennonite est maintenant une réalité en RD Congo.

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Hommes du peuple sans instruction

Dans l’incident qu’on trouve dans Actes 4, lorsque Pierre et Jean ont été traduits devant le Sanhédrin, les anciens de la nation juive les ont considérés comme des agrammatos et des idiotes (verset 13). Les deux mots ont une signification proche et signifient des personnes privées ou communes qui n’ont pas été instruites conformément aux enseignements d’un rabbin reconnu. Toutefois, ils avaient été instruits dans les Écritures par le plus grand rabbin de tous – Jésus-Christ. Étant donné que le Sanhédrin avait orchestré la mort de Jésus soixante jours auparavant on ne pouvait s’attendre à ce qu’il montre quelque respect à ses disciples.

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Les deux grandes écoles d’enseignement des pharisiens étaient celles fondées par Hillel et Shammai. Hillel aurait vécu de 110 av. J.-C. à 10 après JC. Il était réputé pour ses efforts de collectionner et organiser les Mishna (traditions orales) pour les enseigner à ses disciples. Il fut président du Sanhédrin jusqu’à sa mort et son fils Siméon lui succéda. Siméon occupa ses fonctions pendant un court laps de temps. Shammai le remplaça. Puis Gamaliel, fils de Siméon, succéda à Shammai et mourut en 49 après JC. C’est ce Gamaliel qui est mentionné dans Actes 5.24 ; et ensuite dans Actes 22. 3 où l’apôtre Paul dit qu’il a été élevé à Jérusalem comme élève de Gamaliel.

L’histoire juive a beaucoup à dire sur Hillel et Gamaliel mais très peu sur Siméon. L’année de sa naissance est inconnue, le temps où il était président du Sanhédrin n’est pas clair, sa mort est diversement annoncée comme 9 et 20 après JC. L’histoire qui dit que Hillel a vécu jusqu’à l’âge de 120 ans est peut-être vraie ou peut-être une tentative d’obscurcir l’histoire de son fils.

Beaucoup d’étudiants de la Bible l’estiment probable que le Siméon dont parle Luc 2,26-35 est le même que Siméon, fils de Hillel et père de Gamaliel. Le moment semble bien aller, Luc l’appelle un homme juste, évidemment un notable. Si le Siméon de Luc 2 était le fils de Hillel, cela pourrait expliquer pourquoi les historiens juifs ont si peu à dire à son sujet. L’information a peut-être disparu pour que personne ne lui prête trop d’attention.

Si vous m’avez suivi jusqu’à présent, vous avez sans doute compris que je pense que Siméon Ben Hillel et le Siméon dans l’évangile de Luc sont la même personne. Le récit évangélique ne dit pas que Siméon était un vieil homme, mais qu’après avoir vu le Messie de ses propres yeux, il sentit que sa vie était au comble. Il était sans doute un étudiant accompli des Écritures, tout comme son père, mais tirait une conclusion très différente de ses études.

Je ne peux pas dire que c’est un fait historique définitif, nous n’aurons probablement jamais de preuves documentaires sans équivoque de cela. Néanmoins, sur la base des preuves dont nous disposons, je suis à l’aise pour dire qu’il est très probable que les deux Siméon ne font qu’un.

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Il faut avoir plus d’outils que ça

Lorsqu’on n’a qu’un marteau dans sa boîte à outils, il est surprenant combien de choses se ressemblent à un clou.

— auteur inconnu

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Cela était mon impression du pasteur qui avait prêché aux funérailles d’un cousin il y a quelques années. Peut-être pensait-il que son assemblée s’éloignerait de Dieu s’il n’utilisait pas de mesures forts. Quoique la raison, il a échoué à rendre attrayante la voie chrétienne.

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Aimer ton prochain comme toi-même

C’est une loi terrible, inexorable, que l’on ne peut nier l’humanité d’un autre sans diminuer sa propre valeur. Dans le visage de la victime, on se voit.

James Baldwin

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Comment Lac la Vieille a reçu son nom

Quand on voyage au sud de Moose Jaw, on se trouve bientôt dans une vaste région de collines qui monte de la prairie. Ce sont les coteaux Missouri. L’eau des ruisseaux et des rivières à l’est des coteaux se jette dans la rivière Assiniboine et éventuellement dans la baie d’Hudson. Les ruisseaux et les rivières dans les coteaux se jettent dans le Missouri, puis dans le Mississippi et enfin dans le golfe du Mexique.

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Il y a de nombreuses années, ces collines étaient tout prairie, avec de l’eau dans tous les mares entre les collines. Il y a quelques étendus d’eau plus grand ; le plus grand étant le lac la Vieille, juste au nord de la ville de Mossbank. La faune est abondante dans les collines ; le lac est une réserve d’oiseaux migrateurs.

Le bison n’y parcourt plus ; ces collines sont maintenant en partie pays d’élevage, en partie des champs céréaliers. Mais pendant des siècles, les coteaux de Missouri abritaient de vastes troupeaux de bisons, les faisant un lieu de chasse privilégié pour les peuples autochtones.

Les Lakota habitaient une région qui s’étendait du lac la Vieille au sud du Montana. Le chaman Lakota, Taureau Assis, a toujours prétendu être né du côté nord de la Ligne de Médecine (la frontière canado-américaine). Je ne crois pas qu’il y a raison de douter de l’exactitude de sa mémoire.

Les Nakota, très proches des Lakota et parlant la même langue, vivaient plus à l’est, mais venaient aussi sur ces collines pour chasser le bison. Les Cris qui vivaient au nord-est, le long de la vallée de Qu’appelle, ont également chassé dans cette région. Ces personnes se respectaient toutes et ne chicanaient pas.

Les Pieds-Noirs vivaient loin à l’ouest et ne venaient pas chasser dans ces collines. Cependant, parfois un groupe de jeunes braves s’aventurait dans les collines pour chercher une occasion de prouver leur virilité.

Ainsi donc il est arrivé un jour, il y a de nombreuses années, qu’un groupe de chasseurs Cris avait établi un campement non loin de l’étendu d’eau connue à présent sous le nom de Lac la Vieille. La chasse au bison était une affaire de famille. Les hommes tuèrent les bisons et les ramènent au camp. Les femmes et les enfants se sont occupés de gratter et de sécher les peaux, de cueillir des baies sauvages et de transformer la viande et les baies en pemmican.

Vers le soir, un éclaireur est rentré au camp avec le rapport alarmant selon lequel un groupe important de braves Pieds-Noirs étaient campés dans une vallée proche. Tout le monde savait qu’au petit matin, les braves des Pieds-Noirs viendraient galoper au-dessus de la colline et massacreraient tout le monde dans le camp. Les Pieds-Noirs l’avaient déjà fait de nombreuses fois auparavant et leur présence cachée ne laissait aucun doute sur leurs intentions.

Les hommes se sont rassemblés autour d’un feu de camp pour planifier un moyen de s’échapper. Il y avait une petite chance pour qu’ils puissent chasser les Pieds-Noirs, mais beaucoup de vies seraient perdues, en particulier des femmes et des enfants. S’échapper pendant la nuit ferait taire les tambours et laisserait les feux de camp s’éteindre ; cela enverrait un signal aux Pieds-Noirs pour qu’ils attaquent immédiatement. Leur situation semblait sans espoir.

Alors les vieilles femmes s’approchèrent les hommes pour dire : « Nous avons parlé. Il n’y a aucun espoir pour nous tous de sortir vivants d’ici. Nous resterons, garderons les feux de camp, battreons les tambours et chanterons toute la nuit. Prenez les jeunes femmes et les enfants et fuyez sous couvert ds ténèbres. Au matin, vous serez loin d’ici et vous serez en sécurité.

Au début, les hommes ont refusé de considérer cette idée. Mais en discutant, il est devenu évident que c’était le seul moyen de sauver leurs jeunes femmes et leurs enfants. Ils se sont donc partis silencieusement dans la nuit, en revenant vers la vallée de Qu’appelle.

Les vieilles femmes sont restées, ont maintenu les feux de camp, battu les tambours et chanté toute la nuit. Le matin, les jeunes braves Pieds-Noirs ont déferlé sur le camp et ont tué les quelques femmes âgées qui y étaient restées.

Bientôt, l’histoire a été racontée autour de feux de camp dans tout l’ouest de la façon dont les puissants guerriers Pieds-Noirs avaient bravement attaqué le camp d’un groupe de chasseurs Cris et tué quelques vieilles femmes. L’histoire a atteint les anciens des Pieds-Noirs et ils ont dit aux jeunes braves : « Vous avez fait honte à notre peuple, vous ne retournerez jamais dans ces collines ».

Depuis lors, le lac et la petite rivière qui s’y jette sont connus parmi les Cris sous le nom de Notukeu (vieille femme). Lorsque des francophones sont venus dans la région et ont entendu l’histoire, ils ont traduit le nom en français à La Vieille. Sur les cartes en langue anglaise, la rivière est étiquetée Notukeu et le lac est Old Wives Lake.

La Bible nous dit que Dieu nous aime autant que ces vieilles femmes aimaient leurs enfants et leurs petits-enfants : « Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l’oublierait, Moi je ne t’oublierai point. » (Esaïe 49.15).

Dans le Nouveau Testament, Jésus se compare à une mère poule : « combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » (Matthieu 23.37).

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L’enfant sauvage

En 1797, un enfant de 9 ou 10 ans a été aperçu vivant à l’état sauvage dans la région de l’Aveyron. Il échappa à la capture jusqu’en 1800. Toutes les tentatives pour découvrir qui il était ou d’où il venait étaient infructueuses. Il a été emmené à Paris pour y être examiné.

Une telle trouvaille excitait les esprits scientifiques. Ils s’attendaient à ce que cet enfant sauvage corrobore les idées de Rousseau. N’ayant eu ni influence ni enseignement d’adultes, il aurait dû être le parfait exemple de la bonté innée d’une humanité non corrompue.

Ils ont été déçus. L’enfant né faisait aucun son, ne pouvait ni distinguer ni comprendre les sons ou les voix, ne paraissait pas apprécier l’arôme des aliments cuits, n’était pas habitué aux vêtements ni au lit et était désorienté en présence des humaines. Ils ont finalement conclu qu’il avait été abandonné parce qu’il était si stupide.

L’année suivante le docteur Jean Itard a obtenu la garde de l’enfant. Il pensait que le comportement de l’enfant reflétait un manque de contact humain et d’enseignement. En d’autres termes, il était stupide parce qu’il avait été abandonné. Le docteur Itard donna au garçon le nom de Victor et passa les cinq années suivantes à le réhabiliter.

L’ouïr de Victor était bonne, mais il n’était jamais capable de parler. Quand on l’a découvert, il avait de nombreuses cicatrices sur son corps, y compris une de quatre centimètres à la gorge. Cela laisse à croire que ses cordes vocales aient été endommagées lors de la blessure. Le progrès de Victor sous le Dr Itard était lent mais régulier et il a appris à se comporter d’une manière socialement acceptable. Il a été soigné dans une maison parisienne jusqu’à sa mort en 1828.

Dans son livre, Les déshérités, François-Xavier Bellamy s’appuie sur l’histoire de Victor de l’Aveyron pour affirmer que l’enseignement est ce qui nous rend pleinement humains. Nous avons besoin d’être instruits pour développer les compétences qui nous permettent de faire face à la vie. Un enfant laissé à lui-même dégénère en quelque chose difficilement reconnaissable en tant qu’être humain, comme dans le cas extrême de Victor de l’Aveyron lorsqu’il a été retrouvé.

Pour aller plus loin, l’enseignement de la langue, la grammaire et le vocabulaire, est essentiel pour que nous puissions décrire ce que nous ressentons, ce que nous pensons de nous-mêmes et du monde qui nous entoure. Nous ne pouvons pas comprendre de telles choses tant que nous n’avons pas les mots pour les exprimer.

Le fait d’apprendre le système de valeurs qui a construit notre société et l’histoire de notre société nous permet de comprendre pourquoi les choses sont comme elles sont. Cela nous ouvre la porte pour devenir des participants dans notre monde, pas seulement des observateurs déconcertés et frustrés.

Le livre de M. Bellamy est un appel passionné pour que nous abandonnions les théories ratées de René Descartes et de Jean-Jacques Rousseau et reprenions la transmission à la jeunesse d’aujourd’hui de tout ce qui a de la valeur dans notre patrimoine.

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