Notre devoir spirituel

Ainsi donc, parce que le Père miséricordieux de notre Seigneur, Jésus-Christ, le Seigneur tout-puissant nous a enveloppés de la lumière de sa grâce et, par la foi en Jésus-Christ, nous a réveillés de l’iniquité et de l’impiété à une vie de justice; par conséquent, suivons avec diligence le glorieux exemple du véritable amour de Matthieu, le publicain, qui ne se contentait pas de profiter de l’appel céleste et de la grâce lui-même, mais il est allé et a invité d’autres publicains et pécheurs, afin qu’ils puissent également être sauvés et obtenir le même esprit, grâce et miséricorde du Seigneur, car telle est la nature et la disposition de Christ.

Utilisez donc le talent qui vous a été donné d’en haut et soyez sincèrement compatissant envers vos parents, frères, sœurs, maris, femmes, domestiques et voisins incroyants et aveugles; ne leur cachez pas le don, la grâce, la parole et la volonté de Dieu; car leurs pieds sont sur le chemin de la mort; peut-être peuvent-ils, à un moment ou à un autre, se dégager des pièges de l’injustice dans lesquels ils sont liés et empêtrés, et se tourner vers le Seigneur de tout leur cœur. Mes chers frères, je fais référence à ceux qui ont du sens et de la discrétion. Frères en Christ, si nous voyions une telle personne en danger d’être noyée ou brûlée, ou en danger qui menaçait leur vie, et il y avait une possibilité que nous puissions leur apporter de l’aide, nos âmes intimes ne seraient-elles pas émues de compassion envers elles, si nous pouvions leur accorder un aide? Indubitablement. Et maintenant, nous voyons de nos propres yeux, si nous croyons à la parole du Seigneur, qu’ils marchent dans l’ombre de la mort éternelle, sont déjà engagés dans la tombe de l’enfer, et susceptibles d’être dévorés à jamais par le feu éternel et inextinguible s’ils ne se tournent vers Christ et sa parole de tout leur cœur, se repentent et se régénèrent, comme l’enseignent les Écritures. Considérez donc sérieusement la misère de leurs pauvres âmes qui doivent vivre éternellement, au ciel ou en enfer, et efforcez-vous diligemment et fidèlement de faire une sorte, par votre ministère fidèle de l’amour pur, et par la direction et l’instruction de la parole divine qu’ils sont sauvés et délivrés de la destruction éternelle, et soyons des participants du salut éternel. Car la charité authentique est d’une nature telle qu’elle a constamment faim et soif de la gloire de Dieu et du salut de tous les hommes, même de ceux qui nous sont étrangers selon la chair.

-Menno Simons, 1557

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La boîte était vide

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Agnès a grandi il y a 100 ans dans une ferme du sud-ouest de la Saskatchewan. Ses parents étaient membres d’une église qui s’appelait mennonite et dont les cultes étaient tenus en allemand. À la maison, la famille parlait un dialecte bas allemand appelé Plautdietsch et aussi l’anglais. Il y avait 14 enfants dans la famille, espacés d’environ deux ans. Agnès était numéro six.

L’église prétendait conserver la foi mennonite d’origine. Dans son adolescence, Agnès a mémorisé un résumé des enseignements de cette foi, un catéchisme allemand datant de 1792 et l’évêque l’a baptisée. Elle était la seule dans sa classe de baptême à mémoriser tout le catéchisme, mais ils ont tous été baptisés. Le catéchisme a dit qu’ils devaient être nés de nouveau pour devenir chrétiens et passables à devenir membres de l’église, mais l’évêque n’a rien dit de cela.

Agnès était la dernière enfant de la famille à apprendre l’allemand. Au fil du temps, elle a réalisé que l’église n’avait rien pour ses jeunes frères et sœurs. Vraiment, elle n’avait rien pour Agnès. Le catéchisme a parlé d’une foi qui avait jadis existé, pourrait encore exister dans un autre endroit, mais était morte dans cette église. Il ne restait que des traditions qui ne pouvaient être enseignées qu’en allemand.

L’église ressemblait à une boîte ornée de lettrages allemands ornés prétendant être le reste fidèle de l’ancienne foi mennonite. Mais quand Agnès a ouvert la boîte, elle l’a trouvée vide. Elle l’a donc jetée. Elle se souvenait de ce que le catéchisme disait de la vie chrétienne, mais ne trouvait pas cette vie dans la boîte.

Agnès était ma mère et je suis le fils de ma mère. C’est pourquoi je n’ai jamais trouvé la « culture mennonite » attrayante. Je ne voulais pas de la boîte, je voulais retrouver la foi. Dans mes années d’adulte, j’ai cherché un lieu où l’ancienne foi mennonite était encore vivante, pas seulement des paroles dans l’air, dans une langue que je ne comprenais pas. Et je l’ai trouvé.

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La voix de Dieu

Au début de ma vie chrétienne, j’ai obtenu un livre qui donnait une explication intellectuellement logique de l’expiation. Le thème était que Jésus avait subi une punition en enfer équivalente au tourment éternel de chaque âme qui serait jamais sauvée. Il n’y avait donc aucun besoin pour une âme sauvée d’avoir peur de l’enfer, car sa pénalité avait déjà été entièrement payée. D’autre part, il n’y avait aucun espoir pour ceux pour qui Jésus n’avait pas subi la punition éternelle.

Ce n’est que le plus bref des résumés de ce que j’ai lu, le sujet a été exposé en détail avec des Écritures sélectionnées à l’apport qui semblaient soutenir le point de vue des écrivains. J’ai réfléchi à cette explication pendant un certain temps. C’était un argument étanche, intellectuellement précis et je ne trouvais aucun point faible. Pourtant, dans cette précision mathématique, je ne pouvais trouver aucun moyen pour quelqu’un de savoir dans quel camp il était; était-il prédestiné au salut ou à la damnation? Comment pourrait-on le savoir?

Enfin, dans l’agitation de ces questions, je me suis agenouillé pour prier, demandant à Dieu de me faire comprendre comment la mort de Jésus a permis à Dieu de pardonner les péchés de l’humanité. La réponse a été immédiate — elle était silencieuse, mais je n’avais aucun doute qu’elle vient de Dieu : « Tu n’a pas besoin de comprendre. »

J’ai été déçu pendant un moment, puis je me suis rendu compte que l’agitation avait disparu — mon esprit était au repos. Je cherchais à comprendre le mécanisme de l’expiation qui serait intellectuellement satisfaisant et apaiserait mon esprit. Je me suis rendu compte maintenant qu’il n’est pas possible pour ce genre de compréhension d’apporter le repos et la paix. Pourtant, il n’a fallu que six mots de la voix de Dieu pour le faire.

Savoir que Dieu était conscient de mes troubles, qu’il attendait ma prière, qu’il avait répondu d’une manière qui répondait à mes besoins réels était plus précieux que n’importe quelle compréhension intellectuelle n’aurait jamais pu l’être.

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Comment réussir en temps de confinement

Caché en Christ

Je suis introverti. L’autre jour, j’ai commencé à songer à toutes les choses que moi, j’ai manquées à cause de cette maladie qui a envahi le monde. Nous avions des plans de voyage pour retourner au Canada. Annulé. Nous voulions faire l’église le dimanche. Annulé. Nous voulions rendre visite aux gens. Il y en a certaines qui refusent. Nous voulions rendre visite aux confrères dans le sud du pays. Annulé. Les routes sont fermées. Il y avait deux jours, j’ai amené notre enseignante à l’aéroport pour prendre le vol pour le Canada. J’avais un droit de mission provenant de l’ambassade du Canada sinon on n’aurait pas pu passer. OK on ne peut rien. Vaut mieux rester enfermé chez soi avec un bon livre. Mais franchement dit, je suis ennuyé de lire aussi. On va donc faire quoi pour ne pas virer fou ?

C’était là la question qui s’est cristallisée…

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Jésus et Satan

Jésus et Satan n’étaient pas inconnus l’un à l’autre lorsqu’ils se sont rencontrés avant que Jésus ne commence son ministère terrestre. Ils se connaissaient depuis avant le début du monde. Chacun comprenait les intentions de l’autre et que ce serait une défaite pour lui si l’autre peut atteindre son but.

Satan a offert à Jésus la souveraineté sur toutes les nations et tous les peuples du monde, comme subordonné à lui-même. Jésus pouvait imposer la justice dans le monde entier, mais à la fin, tout le monde serait condamné à l’enfer.

Il avait déjà convaincu les dirigeants juifs de l’époque que c’était un bon plan. Le Messie viendrait et gouvernerait le monde avec une verge de fer et le peuple juif pourrait dominer sur tous les peuples du monde.

Il a proposé la même idée, sous une forme un peu différente à Karl Marx. Il y aurait un temps de lutte suivi d’une société idéale d’égalité et de paix. Il l’a offert aux Ayatollahs d’Iran, une stricte application de la justice apporterait la paix. Il offre une utopie terrestre dans des formes différentes, toutes finissent avec la déception et rendent les gens plus mal lotis qu’auparavant.

Le diable offre même ce rêve d’utopie terrestre aux chrétiens d’aujourd’hui. Il leur dit que Christ reviendra et instaurera un règne de paix de mille ans sur le monde entier. Mais même ceux qui décrivent ce règne terrestre de paix en termes séduisants disent qu’il se terminera mal. À la fin des mille ans, il y aura une grande rébellion qui se terminera par un bain de sang sans précédent.

Ce rêve offert par Satan sous de nombreuses formes différentes est un moyen de détourner l’attention des gens de leur plus grand besoin. Ils sont des pécheurs voués à la damnation éternelle.

Jésus a refusé l’offre de Satan. La seule alternative de Satan était alors de détruire Jésus, afin qu’il puisse avoir la souveraineté incontestée. Cela allait être facile, car Satan avait déjà le contrôle des autorités juives.

Ainsi, il arriva que Jésus fût condamné à mort, flagellé et cloué sur une croix. Là, il a pendu, brisé, vaincu; la victoire de Satan sera totale en seulement quelques minutes.

Alors Jésus a parlé de la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font », et l’attente de Satan est devenue une défaite écrasante. Satan n’avait jamais prévu que Dieu pardonne au monde des pécheurs qui avaient rejeté et maltraité son Fils. Comment pourrait-il? Le pardon lui est totalement étranger.

Satan est vaincu, condamné. Il le sait; sa haine de Dieu et sa colère contre l’humanité le poussent maintenant à capturer autant de personnes que possible et à les emmener en enfer avec lui.

Dieu nous pardonne lorsque nous nous abandonnons complètement à lui de tout notre être. Il nous libère. Mais nous ne serons pas libres longtemps si nous ne pardonnons pas aux autres. Si nous sentons offensés, si nous sommes amers d’être maltraités ou négligés, si nous sommes en colère, Satan nous a déjà dans ses griffes. La seule façon de se libérer est de pardonner.

Même si nous disons, je pardonne, mais Dieu s’occupera sûrement un jour de cette autre personne, Satan nous tient toujours dans ses griffes. Nous devons pardonner complètement pour être complètement libres. Dieu jugera tout péché. Il n’a pas besoin que nous lui disions qui ni quand ni comment. C’est son domaine, pas le nôtre.

Nous ne pouvons pas déjouer Satan, nous ne pouvons pas le maîtriser. Il n’y a qu’une seule arme efficace contre lui. Pour cette raison, il fait tout son possible pour nous empêcher de l’utiliser. Le pardon est une arme plus puissante de tout ce que Satan a dans son arsenal.

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Les pauvres, visibles et invisibles

Je crois qu’en Amérique du Nord, nous avons un problème dans la façon dont nous voyons les pauvres. Nous sommes profondément conscients des pauvres en Afrique et en Asie et croyons que c’est à nous de faire quelque chose pour soulager leur pauvreté. Nous ignorons l’existence de la pauvreté dans nos propres pays, car nos pays sont riches et il n’y a aucune excuse pour que quiconque soit pauvre.

L’orgueil n’est-il pas la motivation principale dans les deux cas? Nous nous croyons meilleurs que ceux qui sont pauvres; comme si c’était notre sagesse supérieure qui nous faisait naître dans des pays prospères et des foyers stables.

Nous envoyons d’énormes quantités de vêtements d’occasion, de moustiquaires et d’autres cadeaux en Afrique et nous nous tapotons le dos pour notre gentillesse. Ce n’est pas de la gentillesse — ce sont des cadeaux empoisonnés qui enlèvent des emplois à ceux en Afrique qui seraient pleinement capables de fabriquer ces choses.

Il y a quelques années, il y avait un surplus de riz aux États-Unis. Le gouvernement a décidé qu’il pourrait aider les agriculteurs américains et les pauvres d’Haïti en faisant don du riz à Haïti. Cela a aidé les agriculteurs américains, mais avant l’arrivée du riz gratuit, il y avait des agriculteurs haïtiens qui cultivaient du riz et des usines pour transformer le riz. Ces gens ont tous perdu leurs moyens de subsistance.

Notre générosité supposée est un signe de mépris pour les gens de ces pays; nous leur disons que vous êtes des gens inférieurs, incapables de subvenir à vos propres besoins. Est-ce que cela semble dur? N’essayons-nous pas d’aider? Nous pouvons penser que nous aidons, mais nous devons prendre du recul et regarder l’écart entre nos intentions supposées nobles et les dommages que nos dons causent. Il y a des gens en Afrique qui nous disent : « Pour l’amour de Dieu, arrêtez de nous aider! » Nous devons les écouter.

Le mépris est un mot dur, mais n’est-ce pas vraiment ce qui se cache derrière notre réflexion sur les pauvres en Amérique du Nord? Ont-ils vraiment eu les mêmes occasions que ceux qui sont les plus prospères? Le même respect, les mêmes opportunités d’éducation et d’emploi?

Il existe de nombreux facteurs qui ne peuvent être simplement écartés. Il y a les effets persistants de l’esclavage aux États-Unis, les émeutes des blancs pendant l’été rouge de 1919 lorsque des foules blanches dans deux douzaines de villes américaines se sont déchaînées dans les quartiers noirs, se livrant au vandalisme et pillant des entreprises et des maisons appartenant à des Noirs, l’émeute de Détroit de 1943 lorsque plusieurs Noirs se sont vu offrir des emplois de supervision dans l’usine de Packard et de nombreux autres événements. Mon père et ses frères ont grandi aux États-Unis. Tout ce qu’ils ont dit sur les Noirs indiquait que dans leur esprit l’infériorité des Noirs était un fait incontestable.

Au Canada, les pensionnats pour les autochtones, font avec des intentions prétendument bienveillantes, ont miné les structures familiales de ces personnes. Cela m’amène à la principale cause de pauvreté en Amérique du Nord — le manque de pères. La plupart des jeunes qui ont des ennuis, la plupart des membres de gangs de rue, la plupart des petits criminels, la plupart des prostituées, la plupart des pauvres, n’ont pas eu de père qui les aimait et s’occupait d’eux, ce qui leur donnait un sentiment de sécurité à la maison.

Il y a 25 ans, nous connaissons une amie à Montréal qui a grandi à Beyrouth pendant la guerre civile libanaise qui a duré de 1975 à 1992. Presque tous les bâtiments de Beyrouth ont montré quelques dégâts des bombes et des tirs. Son père, un officier militaire à la retraite, a dit à ses fils que s’ils s’enrôlaient dans l’armée, il ne les laisserait pas rentrer dans la maison. Il ne voulait pas amener la tourmente dehors chez lui. Ses fils ont obéi aux souhaits de leur père. Notre amie nous a dit, quelles que soient les troubles en dehors dans la ville, elle se sentait toujours en sécurité à la maison.

Si tous les hommes pouvaient assurer à leur famille ce niveau de sécurité, cela contribuerait grandement à éliminer les troubles et les dysfonctionnements de notre époque, y compris la pauvreté. Si vous avez grandi avec un père comme ça, remerciez Dieu pour lui. Et ne méprisez pas ceux qui vivent dans la pauvreté parce qu’ils n’ont pas eu la même chance.

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Le bien

Ce n’est pas un profit d’avoir bien appris,
si vous négligez de bien faire.

Publilius Syrus (85 av. J.-C. à 43 av. J.-C.)

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25 Saveurs de mennonites

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Lorsque nous vivions en Ontario, il arrivait de temps en temps que quelqu’un que je venais de rencontrer me demandât quel genre de mennonite j’étais. « Votre église autorise-t-elle les voitures? L’électricité? Le téléphone? »

Je savais que ces questions se posaient parce qu’il y avait au moins 25 saveurs de mennonites dans un rayon de 100 km de l’endroit où nous vivions et beaucoup d’entre elles se préoccupaient des questions de cette nature. J’aurais volontiers évité ces questions, car je ne voyais pas ce qu’elles avaient à voir avec le fait d’être chrétien, ce qui devrait être la partie la plus essentielle d’être mennonite.

Les gens étaient curieux et ne savaient pas par où commencer. Il était si facile de répondre aux questions qui ne menait nulle part, ne laissant le questionneur mieux informé que lorsqu’il a commencé et me laissant avec le sentiment que je n’avais rien dit de vraiment utile.

Ce que je voulais dire, c’est que la façon dont nous utilisons les choses à notre disposition dans ce monde peut révéler quelque chose sur notre relation avec Dieu. Mais établir des règles sur les choses donne à un groupe une impression extérieure d’unité, mais ne garantit pas qu’ils aient une relation avec Dieu. Cela ne garantit même pas que les membres se fassent confiance les uns aux autres; malheureusement, l’unité n’est souvent apparente qu’aux étrangers.

Ce que je voulais dire, c’est que l’essence du christianisme est d’être remplie d’amour, de joie, de paix et d’autres qualités décrites comme le fruit de l’Esprit. Pour ce faire, il est souvent nécessaire d’éviter les choses qui nourriront notre orgueil. L’orgueil est une chose sournoise qui essaie d’entrer dans nos vies de tant de routes qu’aucune quantité de règles ne pourrait les barrer toutes. Nous devons chacun vaincre l’orgueil au niveau personnel.

Ce que je voulais dire, c’est que l’élaboration de règles fournit un terrain fertile pour penser que je fais mieux que les autres à suivre les règles. Cela nourrit mon orgueil et une attitude critique et méfiante envers les autres. Ce serait aller dans la mauvaise direction.

Qu’aurais-je dû dire? Que dirais-tu? Quelles sont vos questions sur le fait d’être mennonite?

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Aux chrétiens dans les temps d’épreuves

Pourquoi vous troublez-vous, enfants de l’Évangile ?
À quoi sert dans les cieux ton tonnerre inutile,
Disent-ils au Seigneur, quand ton Christ insulté,
Comme au jour où sa mort fit trembler les collines,
Un roseau dans les mains et le front ceint d’épines,
Au siècle est présenté ?

Ainsi qu’un astre éteint sur un horizon vide,
La foi, de nos aïeux la lumière et le guide,
De ce monde attiédi retire ses rayons ;
L’obscurité, le doute, ont brisé sa boussole,
Et laissent diverger, au vent de la parole,
L’encens des nations.

Et tu dors ? et les mains qui portent ta justice,
Les chefs des nations, les rois du sacrifice,
N’ont pas saisi le glaive et purgé le saint lieu ?
Levons-nous, et lançons le dernier anathème ;
Prenons les droits du ciel, et chargeons-nous nous-mêmes
Des justices de Dieu.

Arrêtez, insensés, et rentrez dans votre âme ;
Ce zèle dévorant dont mon nom vous enflamme
Vient-il, dit le Seigneur, ou de vous ou de moi ?
Répondez ; est-ce moi que la vengeance honore ?
Ou n’est-ce pas plutôt l’homme que l’homme abhorre
Sous cette ombre de foi ?

Et qui vous a chargés du soin de sa vengeance ?
A-t-il besoin de vous pour prendre sa défense ?
La foudre, l’ouragan, la mort, sont-ils à nous ?
Ne peut-il dans sa main prendre et juger la terre,
Ou sous son pied jaloux la briser comme un verre
Avec l’impie et vous ?

Quoi, nous a-t-il promis un éternel empire,
Nous disciples d’un Dieu qui sur la croix expire,
Nous à qui notre Christ n’a légué que son nom,
Son nom et le mépris, son nom et les injures,
L’indigence et l’exil, la mort et les tortures,
Et surtout le pardon ?

Serions-nous donc pareils au peuple déicide,
Qui, dans l’aveuglement de son orgueil stupide,
Du sang de son Sauveur teignit Jérusalem ?
Prit l’empire du ciel pour l’empire du monde,
Et dit en blasphémant : Que ton sang nous inonde,
O roi de Bethléem !

Ah ! nous n’avons que trop affecté cet empire !
Depuis qu’humbles proscrits échappés du martyre
Nous avons des pouvoirs confondu tous les droits,
Entouré de faisceaux les chefs de la prière,
Mis la main sur l’épée et jeté la poussière
Sur la tête des rois.

Ah ! nous n’avons que trop, aux maîtres de la terre,
Emprunté, pour régner, leur puissance adultère ;
Et dans la cause enfin du Dieu saint et jaloux,
Mêlé la voix divine avec la voix humaine,
Jusqu’à ce que Juda confondît dans sa haine
La tyrannie et nous.

Voilà de tous nos maux la fatale origine ;
C’est de là qu’ont coulé la honte et la ruine,
La haine, le scandale et les dissensions;
C’est de là que l’enfer a vomi l’hérésie,
Et que du corps divin tant de membres sans vie
Jonchent les nations.

« Mais du Dieu trois fois saint notre injure est l’injure ;
Faut-il l’abandonner au mépris du parjure ?
Aux langues du sceptique ou du blasphémateur ?
Faut-il, lâches enfants d’un père qu’on offense,
Tout souffrir sans réponse et tout voir sans vengeance ? »
Et que fait le Seigneur ?

Sa terre les nourrit, son soleil les éclaire,
Sa grâce les attend, sa bonté les tolère,
Ils ont part à ses dons qu’il nous daigne épancher,
Pour eux le ciel répand sa rosée et son ombre,
Et de leurs jours mortels il leur compte le nombre
Sans en rien retrancher.

Il prête sa parole à la voix qui le nie ;
Il compatit d’en haut à l’erreur qui le prie ;
À défaut de clartés, il nous compte un désir.
La voix qui crie Alla ! la voix qui dit mon Père,
Lui portent l’encens pur et l’encens adultère :
À lui seul de choisir.

Ah ! pour la vérité n’affectons pas de craindre ;
Le souffle d’un enfant, là-haut, peut-il éteindre
L’astre dont l’Éternel a mesuré les pas ?
Elle était avant nous, elle survit aux âges,
Elle n’est point à l’homme, et ses propres nuages
Ne l’obscurciront pas.

Elle est ! elle est à Dieu qui la dispense au monde,
Qui prodigue la grâce où la misère abonde ;
Rendons grâce à lui seul du rayon qui nous luit !
Sans nous épouvanter de nos heures funèbres,
Sans nous enfler d’orgueil et sans crier ténèbres
Aux enfants de la nuit.

Esprits dégénérés, ces jours sont une épreuve,
Non pour la vérité, toujours vivante et neuve,
Mais pour nous que la peine invite au repentir ;
Témoignons pour le Christ, mais surtout par nos vies ;
Notre moindre vertu confondra plus d’impies
Que le sang d’un martyr.

Chrétiens, souvenons-nous que le chrétien suprême
N’a légué qu’un seul mot pour prix d’un long blasphème
À cette arche vivante où dorment ses leçons ;
Et que l’homme, outrageant ce que notre âme adore,
Dans notre cœur brisé ne doit trouver encore
Que ce seul mot : Aimons !

Alphonse de Lamartine (1790-1869)

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La croyance mennonite au sujet du sabbat

Ils gardent et sanctifient le sabbat qui n’est pas le littéral, mais le sabbat spirituel, qui ne se termine jamais avec de vrais chrétiens, non pas en portant de beaux vêtements, non pas en se moquant, la vanité et l’oisiveté, comme le monde imprudent, mais par la vraie peur de Dieu, par une conscience claire et une vie irréprochable, amoureuse de Dieu et de ses voisins; car c’est la vraie religion, Héb. 12.1.
Menno Simons, 1554 — Complete Works, page 680

Car, comprenez, la prophétie s’accomplit qui disait en référence à cette époque que de telles personnes ont forgé de leurs épées des hoyaux, et de leurs lances des serpes, se reposent de leurs œuvres et observent vraiment le sabbat spirituel. Ésaïe 2. 4; Michée 4. 3; Exode 20.10, 11.
Headrick Alewins, 1659 – Martyrs Mirror, page 755

Parce que l’homme a si vite transgressé la parole de Dieu, il a été en même temps envahi par des troubles dans le corps et dans l’âme. C’est pourquoi Dieu lui a ordonné de se reposer le septième jour. . . pourtant ce jour de repos était pour l’homme une figure qu’un repos du corps et de l’âme attendait l’humanité (Hébreux 4. 4; 11). . .
En ce Jésus, il y a du repos pour l’âme, le sabbat spirituel et éternel qui n’a pas de fin; en Jésus, ce sabbat doit être obtenu.
Par la foi, nous recevons Jésus, et par la foi en Jésus, nous devons mettre fin au service du péché, à nos propres œuvres pécheresses, et nous détourner d’eux, et par la foi en Jésus faire les œuvres dignes de la repentance; alors le croyant entre dans le repos de l’âme, puis le croyant entre dans le sabbat spirituel de l’âme en Jésus, que Jésus a opéré dans son propre corps sur l’arbre; alors le croyant est au jour du salut et au jour de la lumière (2 Corinthiens 6. 2; Jean 7.12; 11. 9). C’est alors le jour du sabbat spirituel pour l’âme des croyants, dans lequel ils se reposeront et se sanctifieront à la fois dans le corps et dans l’âme des œuvres du péché.
Henry Funk, 1763 — Restitution, pages 99-100

Les cérémonies de l’Ancien Testament ne représentaient pas des cérémonies littérales sous l’évangile, mais chacun a son accomplissement spirituel. Le sabbat littéral était un repos corporel; le sabbat spirituel est le repos de l’âme. Lui, Christ, a dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai du repos. Et vous trouverez le repos de vos âmes. » Nous devons, pour pouvoir obtenir ou entrer dans ce sabbat spirituel, cesser tout notre travail; c’est-à-dire des œuvres selon notre volonté pécheresse, comme Dieu l’a fait de son œuvre de création.
Le vrai sabbat de la dispensation de l’Évangile n’est pas l’observation d’un jour littéral. Nous avons un sabbat perpétuel, reposons nos âmes.
Wendell K. Petoskey, Messenger of Truth, 1944, numéro 19

Dieu avait fixé le sabbat comme un jour de repos, ce qui indiquait Christ et le repos à être trouvé en lui. En lui est restauré le jour de repos tel qu’il était dans le jardin d’Eden. Lorsque l’homme accepte Christ comme Sauveur personnel et vit la vie de Jésus, il entre dans ce repos du sabbat, tant qu’il est fidèle. Le sabbat est accompli en Christ et l’homme n’a pas besoin d’être en agitation.
D. J. H. Schmidt, Messenger of Truth, 1955, numéro 8

[Le Messenger of Truth est un périodique bihebdomadaire de l’Église de Dieu en Christ, mennonite.]

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