Souvenirs d’un constructeur de ponts

Agnes Letkeman, ma mère, est née en Manitoba dans une famille qui parlait Plautdietsch (bas allemand) à la maison et l’allemand à l’église. Ces langues étaient censées être un mur protecteur, empêchant les gens de ce héritage de se sentir chez eux avec les gens d’un autre héritage qui les entouraient. Ils ont également censés servir à exclure les gens autour d’eux de leur église et de leurs familles.

Maman parlait seulement le bas allemand jusqu’à ce qu’elle commença l’école. Là, elle a appris l’allemand et l’anglais. À l’approche de l’âge adulte, elle a mémorisé le catéchisme allemand de son église et s’est fait baptiser, devenant membre de l’Église Mennonite Sommerfelder.

Les écoles qui enseignaient l’allemand ont fermés. Pendant un hiver, l’église organisa des classes d’allemand pour les enfants, puis s’arrêta. Les huit frères et sœurs plus jeunes de maman n’ont jamais appris l’allemand, donc ne comprennent rien à la lecture de la Bible, à la prédication ou aux hymnes à l’église. Beaucoup d’entre eux n’ont pas pris la peine d’y assister. Maman commença à se demander comment la langue dans laquelle le message chrétien était prêché pouvait être plus importante que le message chrétien lui-même.

Elle écouta les messages chrétiens en anglais à la radio et a appris des cantiques anglais. En 1935, sa sœur Katherine épousa Art Goodnough et maman a commencé à faire connaissance avec la famille Goodnough. En 1940, elle épousa Walter, le frère aîné d’Art. Je suis né en 1942, le seul enfant de Walter et Agnes.

Lorsque j’étais petit, maman laissa tomber parfois un mot ou deux de bas allemand. Mais elle a choisi à devenir parti de la société canadienne anglophone et elle était une femme déterminée. Elle étudia son dictionnaire et bâtit un vocabulaire anglais plus extensif que la plupart des gens autour d’elle. Elle perdra complètement son accent bas allemand.

Quand nous déménageons à Craik, elle s’est jointe au groupe des femmes de l’Église anglicane et aux auxiliaires de l’hôpital et a tissé des liens avec les autres dames de la communauté. Bien qu’elle n’ait eu que six années de scolarité, elle était mon premier et meilleur enseignant. Elle était intéressée par mon travail scolaire et a toujours voulu connaître mes enseignants.

Elle n’avait aucun préjugé que j’ai jamais discerné. La couleur de la peau et l’origine ethnique n’étaient pas des obstacles pour elle. Elle a parfois exprimé le souhait qu’elle avait pu apprendre le français quand elle était plus jeune. Elle n’a jamais oublié le bas allemand et l’allemand, mais ils ne lui étaient plus d’aucune utilité, si ce n’est en visitant quelques-uns de sa parenté.

Parce que j’étais son seul enfant, maman a déterminé qu’elle accepterait et aimerait celui que je déciderais d’épouser. C’est ce qu’elle a fait ; Chris et elle sont devenus très proches. Elle a aimé sa seule petite-fille et cet amour a été rendu. Maman avait déjà 90 ans quand Michelle attendait son premier enfant ; Michelle l’a dit à sa grand-mère avant qu’elle ne l’a dit à ses parents.

Maman était un constructeur de ponts, pas un constructeur de murs. C’est l’héritage qu’elle nous a laissé pour chérir et continuer.

À propos de Bob Goodnough

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