Confession deDordrecht

CONFESSION DE FOI CHRÉTIENNE

des chrétiens sans défense et sans vengeance, connus sous le nom de MENNONITES

Telle qu̓établie à Dordrecht (Pays–Bas) le 21 avril 1632

Traduction d’une édition allemande de l’an 1711. Édition française de 1922

Description des principaux articles de la foi chrétienne, que nous professons dans nos églises.

ARTICLE I
Dieu, le Créateur de toutes choses

L’Écriture nous témoigne qu’il n’est pas possible d’être agréable à Dieu sans la foi, et qu’il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent (Hébreux 11.6). C’est pourquoi nous confessons de la bouche et nous croyons de cœur avec tous les fidèles, selon ce que dit l’Écriture, qu’il y a un seul Dieu éternel (Deutéronome 6.4), tout-puissant (Genèse 17.1), incompréhensible, qui est Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit (1 Jean 5.7) ; qu’il n’y a pas plus d’un Dieu, et qu’il n’y en a point d’autre que lui ; qu’avant lui il n’y a pas eu de Dieu, et qu’après lui il n’y en aura point. Car de lui, par lui et en lui sont toutes choses. À lui soit louange, honneur et gloire d’éternité en éternité. Amen.

C’est ce seul Dieu, qui opère tout en tous (1 Corinthiens 12.6), que nous croyons et que nous confessons être le Créateur de toutes les choses visibles et invisibles. C’est lui qui a créé, fait et disposé dans l’espace de six jours le Ciel et la terre, la mer et toutes les choses qui y sont (Actes 14.15). Nous croyons qu’il les gouverne et les conserve encore par sa sagesse, par sa puissance, et par l’efficacité de sa Parole.

Après avoir achevé ses ouvrages, et les avoir disposés et préparés sagement selon son bon plaisir, de manière qu’ils étaient bons, chacun selon sa nature, son essence et ses qualités, il créa aussi le premier homme Adam (Genèse 1.27), notre père à tous. Il lui donna un corps, qu’il forma de la poussière de la terre, et il souffla dans ses narines une respiration de vie, de manière qu’il devint une âme vivante (Genèse 2.7), ayant été créé par Dieu selon son image et à sa ressemblance (Genèse 5.1), dans une justice et une sainteté véritable pour la vie éternelle. Il le distingua de toutes les autres créatures, et il l’orna de qualités sublimes et exquises. Il le plaça dans le jardin d’Éden ou le paradis, il lui donna un commandement et une défense (Genèse 2.17). Ensuite il prit une côte à Adam et il en fit une femme, il l’amena vers lui (Genèse 2.22), et la lui donna pour aide, pour compagne et pour femme. Il a établi un ordre par lequel tous les hommes qui habitent, et qui ont habité sur la terre, descendent de ce premier homme, qui est Adam (Actes 17.26).

ARTICLE II
La transgression du commandement de Dieu par Adam

Nous croyons aussi et nous confessons, selon ce que nous dit l’Écriture sainte, que nos premiers parents, Adam et Ève, ne demeurèrent pas longtemps dans cet état de perfection, dans lequel ils avaient été créés, mais qu’ils furent détournés et séduits par la ruse et la tromperie du serpent, et par l’envie du diable. Ils transgressèrent l’ordre du Seigneur, et furent désobéissants à leur Créateur (Genèse 3). Par cette désobéissance le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, de même aussi la mort est passée sur tous les hommes, parce que tous ont péché (Romains 5.12). Par là nos premiers parents se sont rendus coupables et ont attiré sur eux la colère de Dieu et la damnation. C’est pourquoi Dieu les chassa du paradis ou du jardin d’Éden (Genèse 3.23) pour cultiver la terre, afin de s’y nourrir avec peine, et d’y manger leur pain à la sueur de leur front, jusqu’à ce qu’ils retournent dans la terre, de laquelle ils avaient été pris (Genèse 3.19). Par ce seul péché ils sont tellement déchus, ils se sont tellement séparés de Dieu, qu’ils ne pouvaient se relever, se sauver et se réconcilier avec Dieu, ni par eux-mêmes, ni par aucun des leurs descendants (Psaume 49.8), ni par aucun des anges ou des hommes, ni par le moyen d’aucune créature, soit dans le ciel, soit sur la terre (Apocalypse 5). Leur sort eut été la perdition éternelle, si Dieu, qui eut pitié de sa créature, ne les eût regardés en sa grâce et ne fût intervenu dans son amour et dans sa miséricorde (Jean 3.16).

ARTICLE III
Le salut du genre humain et sa réconciliation avec Dieu

En ce qui concerne le relèvement du premier homme et de ses descendants, nous confessons et nous croyons que, malgré leur chute, leur transgression et leur péché, et quoiqu’ils fussent dans une entière impuissance de faire le bien, Dieu n’a cependant pas voulu les rejeter absolument, et les laisser périr éternellement. Il les a de nouveau appelés à lui, il les a consolés et leur a révélé le salut qu’il avait préparé dès avant la création du monde. Ce salut est en son propre Fils (1 Jean 3.8), l’agneau de Dieu sans tache (Jean 1.29 : 1 Pierre 1.19). Il leur fut promis lorsqu’ils étaient encore dans le paradis terrestre (Genèse 3.15), pour leur consolation, tant pour eux que pour leurs descendants. Ils purent même dès lors se l’approprier par la foi. Tous les saints patriarches l’ont désiré. La promesse leur en a été souvent renouvelée. Ils l’ont contemplé de loin par les yeux de la foi (Hébreux 11.13). Ils ont attendu l’accomplissement des promesses de Dieu, croyant que lorsque le Sauveur viendrait, le genre humain déchu de son innocence serait relevé, affranchi et sauvé de ses péchés par son moyen.

ARTICLE IV
De la venue de notre Sauveur Jésus-Christ.

Nous croyons et nous confessons que, lorsque le temps de la promesse fut accompli, ce Sauveur promis est venu et a été envoyé par Dieu dans le monde (Galates 4.4 ; Jean 16.28), selon le prédiction des prophètes, et le témoignage des évangélistes. Il est venu en chair (1 Timothée 3.16), la parole ayant été fait chair (Jean 1.14) et étant devenue homme. Il a été conçu de la vierge Marie (Matthieu 1.22), laquelle était fiancée à un homme nommé Joseph, de la famille de David. Elle le mit au monde à Bethléhem, elle l’emmaillota et la coucha dans une crèche (Luc 2.7.).

Nous confessons et nous croyons aussi qu’il est celui dont les origines sont d’ancienneté, dès les jours éternels (Michée 5.2), qu’il est sans commencement de jours, et sans fin de vie (Hébreux 7.3). C’est à lui qu’est rendu ce témoignage qu’il est l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin (Apocalypse 1.8), le premier et le dernier. C’est lui qui a été élu, promis et envoyé, et qui est venu dans le monde. Il est le Fils unique de Dieu (Jean 3.16 ; Romains 8.32 ; Hébreux 1.6). Il était avant Jean-Baptiste, avant Abraham ; David l’appelle son Seigneur ((Matthieu 22.43). Il se nomme le Dieu de toute la terre (Ésaïe 54.5). Il est le premier-né de toutes les créatures (Colossiens 1.15), auquel Dieu a préparé un corps (Hébreux 10.5). Il a offert lui-même ce corps en sacrifice et en offrande d’agréable odeur à Dieu pour la consolation, la rédemption et le salut de tous, et de tout le genre humain.
Quant à la manière dont ce corps sacré a été préparé, comment la Parole a été faite chair, et comment Jésus est devenu homme, nous nous contentons de l’explication que les évangélistes nous en ont donné (Luc 1.31-33). Nous confessons avec tous les saints, qu’il est le Fils de Dieu vivant (Jean 20.31 ; Matthieu 16.16), sur lequel repose toute notre espérance, notre consolation, notre rédemption et notre salut, et que nous ne pouvons, ni ne devons le chercher en aucun autre qu’en lui seul.

Nous croyons et confessons encore avec l’Écriture, qu’après avoir achevé sa course dans le monde et après avoir accompli l’œuvre pour laquelle il avait été envoyé, il a été livré entre les mains des méchants, selon le conseil arrêté de Dieu. Il a souffert sous Ponce Pilate (Luc 23.1), il a été crucifié, il est mort. Il a été enseveli (Luc 23.53), il est ressuscité des morts (Luc 24.5-6) le troisième jour. Il est monté aux cieux (Luc 24.51) et il est assis à la droite de la majesté de Dieu dans les lieux très hauts, d’où il viendra pour juger les vivants et les morts.

Ainsi le Fils de Dieu a répandu son sang précieux et il a goûté la mort pour nous tous. Par là, il a brisé la tête du serpent (Genèse 3.15), il a détruit les œuvres du diable (1 Jean 3.8), il a aboli l’obligation qui était contre nous (Colossiens 2.14), il a acquis la rémission des péchés à tout le genre humain (Romains 5.18), et ainsi il est l’auteur du salut (depuis Adam jusqu’à la fin du monde) pour chaque homme en particulier, pour ceux qui croiront en lui et qui lui obéiront.

ARTICLE V
Institution du Nouveau Testament par Notre Seigneur Jésus-Christ

Nous croyons et nous confessons aussi qu’il a institué son Nouveau Testament (Jérémie 31.31) avant son ascension au Ciel, et que, comme ce Testament doit être et demeurer un Testament éternel, il l’a confirmé et scellé de son sang précieux (Hébreux 9.15-16 ; Matthieu 26-28). Il l’a donné et laissé aux siens, et qu’il l’a ordonné et recommandé d’une manière si solennelle (Galates 1.8), qu’il ne peut et ne doit être changé (1 Timothée 6.3), ni par des anges, ni par des hommes, que l’on n’en peut rien ôter, et que l’on n’y doit rien ajouter. Il a fait annoncer, prêcher et témoigner en son nom, parmi tous les peuples, toutes les nations et toutes les langues (Matthieu 22.19), tout ce qui y est contenu, selon le conseil et la pleine volonté de son Père céleste, et autant qu’il était nécessaire pour le salut, et cela par le ministère de ses chers apôtres, de ses messagers et de ses serviteurs qu’il avait appelés et choisis pour cela (Jean 15.16), et qu’il a envoyés par tout le monde (Matthieu 16.13). Il a fait annoncer, prêcher et témoigner par leur moyen la repentance et la rémission des péchés (Luc 24.47). Il a voulu y déclarer pour ses enfants et ses héritiers légitimes (Romains 8.17) tous les hommes sans distinction, autant qu’ils obéiront et se conformeront comme des enfants obéissants, à ce que ce Testament renferme. Il n’a exclu et privé personne de ce glorieux héritage du salut éternel, sinon ceux qui ne veulent point croire et obéir, les hommes rebelles et impénitents, qui le méprisent, qui se rendent coupables par des péchés volontaires, et qui deviennent par là indignes de la vie éternelle (Actes 13.46).

ARTICLE VI
La repentance et l’amendement de la vie.

Nous croyons et nous confessons que, puisque la nature du cœur de l’homme est mauvaise dès sa jeunesse (Genèse 8.21 ; Ézéchiel 12.2), et que par là il est enclin à toutes sortes d’injustices, de péchés et de malice, la première leçon du Nouveau Testament est la repentance et l’amendement de la vie (Marc 1.15). Les hommes ayant des oreilles pour entendre et des cœurs pour comprendre, doivent produire des fruits convenables à la repentance, s’amender et croire à l’Evangile, laisser le mal et faire le bien, cesser de vivre dans l’injustice, renoncer au péché, et de dépouiller le vieil homme avec ses œuvres (Colossiens 3.9), pour être revêtus du nouvel homme, qui est créé selon Dieu, dans une justice et une sainteté véritable. Car ni le baptême, ni la sainte Cène, ni la communion avec les fidèles, ni autres cérémonies extérieures ne peuvent plaire à Dieu sans la foi, sans la régénération, sans changement et sans renouvellement de vie. Tout cela ne peut donner de consolation, ni d’espérance pour le salut, mais il faut s’approcher de Dieu avec un cœur sincère, avec une confiance pleine et parfaite (Hébreux 10.22) et croire en Jésus-Christ ainsi que l’Écriture le dit et le témoigne (Jean 7.35). Par cette foi nous recevons le pardon de nos péchés, nous sommes sanctifiés et justifiés et devenons enfants de Dieu. Comme tels, nous sommes rendus participants de son Esprit, de sa nature et de sa nature divine (2 Pierre 1.4), étant nés de Dieu et régénérés par une semence incorruptible (1 Pierre 1.23).

ARTICLE VII
Le Baptême.

En ce qui regarde le Baptême, nous croyons et nous confessons que tous les pécheurs repentants, qui sont réconciliés avec Dieu par la foi, la nouvelle naissance et la régénération par le Saint-Esprit, dont les noms sont écrits dans les cieux, doivent être baptisés d’eau pour la rémission de leurs péchés (Actes 2.38) au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit (Matthieu 28.19). Ce baptême doit leur être conféré après qu’ils ont fait une confession de leur foi selon l’Écriture, selon l’ordre du Christ (Marc 16.15-16) et selon la doctrine, l’exemple et l’usage des apôtres (Actes 2.41 ; 8.12, 38 ; 9.18 ; 10.47, 48 ; 16.35). Ils sont ainsi incorporés dans la communion des fidèles et sont tenus de faire tout ce que le Fils de Dieu a enseigné et recommandé aux siens (Col. 2.11-12 ; Romains 6.4).

ARTICLE VIII
L’Église de Dieu.

Nous croyons et nous confessons qu’il y a une Église visible de Dieu (1 Corinthiens 12.13), composée de ceux qui, comme nous l’avons dit, se repentent sincèrement, qui ont une vrai foi et qui sont baptisés selon l’ordre de Dieu, qui sont unis avec Dieu dans le Ciel et qui sont incorporés sur la terre dans la communion des saints. Nous confessons que cette Église est la race élue, la sacrificature royale, la nation sainte (1 Pierre 2.9), à laquelle est rendue ce témoignage qu’elle est l’épouse de Jésus-Christ (Jean 3.29 ; Apocalypse 19.7), que ses membres sont héritiers de la vie éternelle (Tite 3.7). Elle est la maison de Dieu en esprit (Éphésiens 2.22), le temple du Dieu vivant (2 Corinthiens 6.16), un édifice bâti sur le fondement des Apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire (Éphésiens 2.20). Il l’a rachetée par son précieux sang (1 Pierre 1.19) et veut être avec elle tous les jours jusqu’à la fin du monde (Matthieu 28.20), en vertu de sa promesse, pour la consoler et la défendre. Il veut la garder, afin que ni la pluie, ni les torrents, ni les vents ne puissent l’ébranler (Matthieu 7.25), que même les portes de l’enfer ne puissent prévaloir contre elle (Matthieu 16.18).

Les signes distinctifs de cette Église sont une doctrine et une foi conforme à l’Écriture, une charité sincère, une vie qui abonde en fruits de l’Esprit (Galates 5.22) et une exacte observation de tout ce que Jésus-Christ a ordonné lui-même aux siens.

ARTICLE IX
Les différents ministères dans l’Église.

En ce qui concerne les différents ministères, nous croyons et nous confessons que l’Église ne pouvant s’accroître et être édifiée sans ministère et sans organisation, le Seigneur Jésus étant le chef de l’Église, a distribué des dons aux hommes (Éphésiens 4.8) et ordonné comment chacun doit se conduire dans la maison de Dieu, en faisant valoir le talent qui lui a été confié. Lui-même le Pasteur et l’Évêque de nos âmes (1 Pierre2.25) a donné l’exemple. IL est venu dans le monde, non pour le juger et le condamner, mais pour sauver ce qui était perdu (Matthieu 18.11) ; non pour faire périr les hommes, mais pour les racheter (Matthieu 12.19 ; Luc 9.56). Il a abattu le mur de séparation entre les Juifs et les païens et des deux peuples n’en a fait qu’un (Éphésiens 2.14). Il s’est rassemblé un seul troupeau d’entre toutes les familles de la terre (Galates 3.28 ; Jean 10.16), ayant donné sa vie pour eux (Jean 10.11, 15) afin de les affranchir, de les sauver et de les amener à la vie éternelle.

Il a donné les uns pour être apôtres (après avoir passé toute la nuit à prier Dieu. Luc 6.12), les autres pour être prophètes, les autres pour être évangélistes, les autres pour être pasteurs et docteurs (Éphésiens 4.11), afin qu’ils paissent le troupeau de Dieu et qu’ils veillent sur lui, se conformant en toutes choses à l’exemple qu’il leur a donné et à son dernier commandement : «Instruisiez toutes les nations, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé» (Mathieu 28.20).

Les apôtres ont eu soin, en fidèles imitateurs de Jésus-Christ et conducteurs de l’Église, d’établir dans chaque ville (Tite 1.4) et dans toutes les églises, sur la présentation des frères et après avoir prié Dieu (Actes 1.23, 24), des évêques, des pasteurs et des conducteurs. Ils consacraient pour ce ministère des hommes capables de veiller sur eux-mêmes, sur la doctrine (1 Timothée 4.16) et sur tout le troupeau, ayant une foi saine, une vie pieuse et un bon témoignage aussi bien des frères de l’Église que des gens dehors, étant des exemples et des lumières par leur piété et leurs bonnes œuvres et pouvant administrassent dignement, selon l’ordre établi par le Seigneur, le baptême et la sainte Cène (1 Timothée 3.2, 3).

Ils établirent donc pour anciens des hommes fidèles et capables d’enseigner les autres (2 Timothée 2.2) ; ils les consacrèrent par l’imposition des mains ((1 Timothée 4.14), au nom de Seigneur, pour s’occuper selon leurs moyens des besoins de l’Église, pour faire valoir, comme de bons serviteurs, les talents de leur Maître (Luc 19.13), à travailler ainsi à leur propre salut et à celui de ceux qui les écoutaient.

Ces anciens devaient aussi veiller à ce que le troupeau dont ils avaient la charge ait les diacres pour prendre soin des pauvres, recevoir les aumônes et les dons et les répartir fidèlement, suivant les nécessités des saints (Actes 6.2-6). De même, ils devaient élire et consacrer comme diaconesses des veuves âgées ayant un bon témoignage (1 Timothée 5.9 ; Romains 16.1) pour assister les diacres dans le soin des pauvres, pour visiter les malades, les affligés, les veuves et les orphelins (Jacques 1.27), et pour aider selon leur pouvoir dans tous ses besoins de l’Église.
De plus, en ce qui concerne les diacres qui ont été élus et consacrés dans l’Église, s’ils sont jugés capables, ils peuvent aider les anciens à l’édification par la parole, en sorte que chacun emploie au service des autres le don qu’il a reçu du Seigneur, afin que par le service de chaque membre, chacun selon ses forces, le corps de Christ soit édifié.

ARTICLE X
La sainte Cène

Nous confessons et nous conservons aussi la fraction du pain ou la sainte Cène, telle que le Seigneur Jésus l’a établie avant sa passion avec du pain et du vin (Matthieu 26.26-29 ; Marc 14.22-25) et telle qu’il l’a célébrée lui-même avec ses apôtres. Il leur a commandé de la continuer en mémoire de lui (1 Corinthiens 11.23-26) et ils l’ont enseignée et pratiquée par la suite dans l’Église (Actes 2.42, 46) pour fortifier la foi par le souvenir des souffrances et la mort du Seigneur (1 Corinthiens 10.16). Dans la sainte Cène nous confessons que le corps sacré de Jésus-Christ a été rompu et que son précieux sang a été repandu pour nous et pour tout le genre humain et que sa mort nous assure la rédemption et le salut éternel. Le grand amour que Jésus nous a témoigné par son sacrifice, à nous qui sommes des hommes pécheurs, doit nous pousser à nous aimer les uns les autres et à pardonner à notre prochain comme Jésus-Christ nous a pardonné. La fraction du pain doit être aussi pour nous une figure de la communion que nous devons avoir avec Dieu et avec nos frères (1 Corinthiens 10.17).

ARTICLE XI
Le lavement des pieds

Nous confessons et nous approuvons aussi le lavement des pieds parmi les saints, comme le Seigneur Jésus l’a établi et ordonné lui-même, lorsqu’il a lavé les pieds à ses apôtres, quoiqu’il fût leur Seigneur et Maître ((Jean 13.4-17). Il leur a donné en cela un exemple, leur disant qu’ils devaient aussi pour se laver les pieds les uns aux autres. C’est ce qu’ils ont enseigné ensuite aux fidèles d’observer, pour preuve d’une véritable humilité.

Le lavement des pieds doit aussi nous rappeler que nos âmes ont besoin d’être lavés et purifiés par le précieux sang de Christ.

ARTICLE XII
Le mariage

Nous confessons et nous reconnaissons que deux membres fidèles de l’Église, qui sont libres, peuvent s’unir par le mariage, de la manière que Dieu l’a institué lui-même au commencement, dans le jardin d’Éden, entre Adam et Ève (Genèse 2.18, 22-24).

Le Seigneur Jésus a redressé tous les abus qui s’étaient glissés dans le mariage et il a rappelé la sainteté de l’ordre divin. C’est aussi dans cet esprit que l’apôtre Paul a enseigné le mariage dans l’Église (1 Corinthiens 7), laissant à chacun la liberté de se marier selon le Seigneur.

Par cette expression «selon le Seigneur» il faut comprendre, à notre avis, que comme les patriarches étaient obligés de se marier dans leur parenté et dans leur famille (Genèse 24.4 ; 28.6), de même sous le Nouveau Testament, les croyants doivent se marier dans la famille spirituelle de Christ, qui est la race élue. Les époux doivent donc avoir été unis à l’Église de cœur et d’âme, avoir la même foi et la même doctrine avant d’être unis par le mariage, selon l’ordre établi au commencement par Dieu. C’est ce qui s’appelle se marier selon le Seigneur.

ARTICLE XIII
Rapports avec les autorités

Nous confessons, nous croyons et nous avouons, que les puissances ou autorités qui subsistent ont été établis de Dieu (Romains 13.1) pour punir ceux qui font le mal et pour honorer ceux qui font bien (1 Pierre 2.13), pour gouverner et pour maintenir le bon ordre dans les pays et dans les villes. Nous ne devons point les mépriser, ni leur résister, mais que les reconnaître comme les ministres de Dieu pour notre bien. Nous devons les honorer, leur être soumis, leur obéir, lorsque ce qu’ils nous demandent n’est pas contraire à la Parole ou à la volonté de Dieu, et être prêts à faire toutes sortes de bonnes œuvres (Tite 3.1). Nous sommes tenus de leur payer fidèlement les impôts et de leur rendre ce qui leur est dû (Romains 13.7), comme le Fils de Dieu l’a l’a fait lui-même, et comme il a ordonné aux siens de faire (Matthieu 17.27, 22.21). Nous devons de plus prier instamment le Seigneur pour eux et pour le bien du pays, afin que nous menions sous leur protection une vie paisible et tranquille en toute piété et en toute honnêteté (1 Timothée 2.1). Enfin nous devons demander au Seigneur qu’il les récompense et leur rende ici-bas et dans la vie éternelle le bien, la liberté et les faveurs que nous recevons d’eux.

ARTICLE XIV
La vengeance

En ce qui concerne la vengeance ou le pouvoir de résister à ses ennemis avec l’épée, nous croyons et nous confessons que le Seigneur Jésus a interdit à ses disciples toute vengeance et toutes représailles (Matthieu 5.39-44 ; Romains 12.19). Il leur a ordonné de ne rendre à personne le mal pour le mal, ni injure pour injure (1 Pierre 3.9) ; de remettre l’épée dans le fourreau ou, comme ont dit les prophètes, d’en forger des hoyaux (Ésaïe 2.4 ; Michée 4.3). Si donc nous voulons suivre son exemple et sa doctrine, il ne nous est pas permis d’offenser notre prochain, ni de lui faire du tort. Nous devons au contraire chercher à lui procurer tout le bien possible et à assurer son bonheur éternel. S’il le faut nous devons être prêts, pour le nom de Jésus, de fuir d’une ville ou d’un pays dans un autre et a souffrir la perte de nos biens, plutôt que de faire nous-mêmes le mal. Si l’on nous frappe sur une joue, nous devons présenter l’autre et non rendre des coups et nous venger nous-mêmes. Nous devons prier pour nos ennemis, s’ils ont faim leur donner à manger, s’ils ont ou soif leur donner à boire (Romains 12.20), et ainsi les éclairer et les convaincre par nos bienfaits. En un mot, nous devons faire le bien, nous rendant recommandables à la conscience de tous les hommes devant Dieu et accomplissant la loi de Christ : «Toutes les choses que vous voulez que les hommes vous fassent, faites-les aussi leur de même» (Matthieu 7.12).

ARTICLE XV
Le serment

En ce qui concerne le serment, nous croyons et nous confessons que le Seigneur Jésus l’a interdit aux siens en disant : «Ne jurez du tout point, que votre parole soit oui, oui ; non, non« (Matthieu 5.34-37). Il s’en suit que tout serment, de quelque nature qu’il soit, nous est défendu (Jacques 5.12). Nous devons confirmer toutes nos promesses et tous nos engagements, toutes nos déclarations et nos témoignages par un simple oui où il faut dire oui et par non où il faut dire non. Nous sommes obligés, dans toutes les circonstances, d’accomplir nos promesses à l’égard de chacun aussi fidèlement que si nous les avons faites avec un serment solennel (1 Corinthiens 1.17). En agissant ainsi nous ne fournirons de prétexte à personne, même aux autorités pour vouloir nous imposer un serment contre notre conscience.

ARTICLE XVI
L’excommunication ou exclusion de l’Église

Nous confessons et nous admettons une exclusion et une séparation de l’Église qui doit être fait dans un esprit chrétien pour le salut et non pour la perdition du pécheur. Par ce moyen ce qui est pur doit être séparé de ce qui est souillé. Quand un homme, après avoir été éclairé, avoir connu la vérité et avoir été incorporé dans la communauté des fidèles, vient à pécher volontairement contre Dieu et à tomber dans des œuvres infructueuses des ténèbres, il se sépare de Dieu (Ésaïe 59.2) et s’exclut lui-même du Royaume des Cieux. Si la faute est publique et suffisamment connue de l’Église, un tel homme ne saurait demeurer dans l’assemblée des justes (1 Corinthiens 5.5-12),, mais il doit être repris publiquement (1 Timothée 5.20) comme un pécheur et exclu comme une cause de scandale et comme un mauvais levain (1 Corinthiens 5.6), pour l’amener à s’amender (2 Corinthiens 13.10) et afin de donner de la crainte aux autres.

L’Église gardera ainsi sa pureté et évitera que le nom du Seigneur soit blasphémé et que ceux de dehors soient scandalisés. Le pécheur sera repris dans sa conscience pour n’être condamné avec le monde, mais pour être ramené à la repentance et à l’amendement de vie.

Le devoir de l’Église est donc de veiller avec soin à redresser ceux qui s’écartent de la vérité (Jacques 5.19), en les exhortant au bien avec douceur et de punir comme il est dit ceux qui s’obstinent dans le mal et se pervertissent. En un mot, elle doit obéir au commandement de l’apôtre : «Otez le méchant du milieu de vous !»

ARTICLE XVII
Comment on doit éviter ceux qui ont été exclus de l’Église

Nous croyons et nous confessons que lorsqu’un homme a failli au point qu’il s’est séparé de Dieu et qu’il a été exclu de l’Église, il doit, selon la doctrine du Christ et de ses apôtres être évité par tous les membres de l’Église sans distinction (Tite 3.10). Ceux-ci ne doivent pas manger, ni boire, ni avoir d’autre communication avec lui (1 Corinthiens 5.9, 11), afin de ne pas se souiller en se rendant participant de ses péchés ; afin aussi que le pécheur ait de la confusion (2 Thessaloniciens 3.14), soit repris dans sa conscience et amené à la repentance.

Tout cela doit cependant se faire en toute humilité chrétienne, afin que la punition ne soit pour la perdition du pécheur, mais pour son amendement. S’il est dans le besoin, s’il a faim ou soif, s’il est nu ou malade ou dans une nécessité quelconque, nous devons par amour, et suivant la doctrine de Jésus-Christ et de ses apôtres, lui venir en aide, sinon notre manière d’agir servirait plutôt à sa perdition qu’à son salut.

De plus nous ne devons pas le regarder comme un ennemi, mais l’avertir comme un frère (2 Thessaloniciens 3.15), pour l’amener au sentiment de son péché, à la repentance et à la réconciliation avec Dieu et avec l’Église qui pourra alors le recevoir de nouveau dans son sein, agissant, comme elle le doit, avec amour à son égard.

ARTICLE XVIII
La résurrection des morts

En ce qui concerne la résurrection des morts, nous confessons et nous croyons, selon l’Écriture, qu’au dernier jour, tous les hommes qui sont morts seront réveillés (Daniel 12.12), vivifiés et ressusciteront par la puissance de Dieu (Job 19.26, 27 ; Jean 5.28 ; 1 Thessaloniciens 4.13). Ces hommes, ainsi que ceux qui seront restés en vie, seront changés en un moment, au son de la dernière trompette (1 Corinthiens 15.51-52), et ils comparaîtront devant le tribunal de Christ. Là, les bons seront séparés des méchants (Matthieu 25.31), et chacun recevra selon ce qu’il aura fait étant dans son corps (2 Corinthiens 5.10). Les justes, comme les bénis du Père, seront reçus par le Christ dans la vie éternelle. Ils recevront la joie qu’aucune oreille n’a entendue, et qui n’est point venue dans l’esprit de l’homme (1 Corinthiens 2.9). Ils régneront avec Christ d’éternité en éternité.

Par contre, les méchants, comme des maudits, seront jetés dans les ténèbres, et iront aux peines éternelles, où leur ver ne meurt point, et où leur feu ne s’éteint point (Marc 9.44), et où, selon ce que dit l’Écriture, ils n’ont aucune espérance, aucune consolation, aucun salut à attendre dans toute l’éternité (Apocalypse 14.11). Le Seigneur veuille par sa grâce nous rendre tous dignes d’éviter ce malheur, et faire que nous soyons attentifs, et zélés pour notre salut, afin que nous soyons trouvés devant lui sans tache et sans reproche, dans la paix.
Amen !

Annexe :

Texte du certificat établi par les responsables des assemblées d’Alsace lorsqu’ils adopterent la confession de Dordrecht

Le certificat suivant est des frères d’Alsace par lequel ils ont avoué cette Confession, ils l’ont approuvée, adoptée et signée de leurs noms, comme s’ensuit :
« Nous, soussignés, ministres de la parole de Dieu et anciens de l’Église en Alsace, confessons et déclarons par le présent à tous ceux qu’il appartiendra, que nous avons été assemblés ce jour, 4 février de l’an 1660, à Ohnenheim, seigneurie de Rappolstein, au sujet de la Confession de foi chrétienne tirée du traité pacifique ou de la déclaration unanime faite à Dordrecht, en Hollande, l’an 1632, le 21 avril, entre les Mennonites que l’on appelle Flamands, et qui a été imprimée à Rotterdam chez François de Hochstraten, l’an 1658. Et comme, après l’avoir examinée, nous l’avons adoptée entièrement pour nôtre, par une finale résolution. En conséquence de quoi, et afin qu’on puisse y ajouter foi, nous avons signé de nos propres mains, comme s’ensuit :

Ministres de la parole :
Hans Müller, de Magenheim
Hans Ringer, de Heydelsheim
Jacob Schneuwli, de Baldenheim
Henrich Schneider, de Isenheim
Rudolph Egli, de Kunenheim
Adolph Schmidt, de Markirch

Ministres des nécessités :
Jacob Schmid, de Markirch
Bertram Habigh, de Markirch
Ulrich Husser, d’Ohnenheim
Jacob Gachnauwer, d’Ohnenheim
Hans Rudi Bumen, de Jepsenheim
Jacob Schneider, de Dürsanzenheim
Henrich Frick, de Kunenheim

 

À propos de Bob Goodnough

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