Une génération déshéritée

La semaine passée, j’ai lu un livre qui m’a profondément impressionné. Le monde en parle beaucoup du désordre de nos jours, nous avons chacun des idées très différentes sur la cause et une différence encore plus marquée au sujet de comment en sortir de ce malaise. Ce livre met en lumière les racines du problème et du remède.

Le livre est Les déshérités, de François-Xavier Bellamy. Le titre semble constituer une réplique à Les héritiers de Pierre Bourdieu, publié il y a 50 ans.

François-Xavier Bellamy est jeune, à l’âge de 28 ans seulement quand ce livre est paru en 2014, et professeur de philosophie. M. Bellamy identifie les idées de Pierre Bourdieu comme une partie importante du problème, mais trouve la racine de la pensée de Bourdieu dans les philosophies de René Descartes et de Jean-Jacques Rousseau. Descartes et Rousseau ont jeté les bases de la philosophie qui prévaut dans la plupart des pays, mais chaque pays a eu son propre Bourdieu.

René Descartes (1596-1650) pensait que toute connaissance pouvait être saisi par déduction. L’esprit humain a la capacité de découvrir la vérité uniquement par un raisonnement sans intervention externe.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1798) est allé plus loin. Il croyait que nous sommes tous nés purs et que les problèmes de l’humanité sont le résultat d’idées impures enseignées par notre société. Par conséquent, il serait préférable de laisser un enfant grandir avec le moins de contraintes possible et le moins d’enseignement possible. Dans la pureté de sa simplicité, il pourrait découvrir tout ce dont il avait besoin pour une vie fructueuse et heureuse.

Pierre Bourdieu a enseigné que les inégalités dans la société résultaient d’éléments hérités du passé. Si nous pouvions éviter de transmettre les idées désuètes de la société civile, telles que la moralité et la religion, ces inégalités disparaîtraient.

On dit aujourd’hui aux enseignants en France qu’ils n’ont rien à transmettre, leur travail consiste simplement à aider les élèves à découvrir par eux-mêmes comment lire et écrire, comment faire des mathématiques et des sciences et à déterminer par eux-mêmes ce qui est juste ou faux.

Ces idées ne sont pas uniques à la France. Où que nous vivions, nous pouvons voir les preuves tout autour de nous de ce type de pensée et de ce à quoi elle a conduit.

M. Bellamy écrit que nous sommes enfin arrivés à l’ère dont rêvait Rousseau. Les gens d’aujourd’hui ont été déshérités de toutes les valeurs du passé et le résultat n’est pas le bonheur bénin imaginé par Rousseau. Il rêvait du bon sauvage, un étranger qui n’a pas été corrompu par la civilisation et qui symbolise ainsi la bonté innée de l’humanité. Nous nous sommes retrouvés avec une génération de sauvages qui ne sont pas très bons.

Les inégalités dans la société n’ont pas disparu mais semblent avoir empiré. La pensée de notre époque va jusqu’à dire qu’il est faux d’imposer l’identité de genre aux enfants. Ils doivent être libres de choisir eux-mêmes leur propre sexe. Ce n’est pas les libérer, c’est les lâcher dans un labyrinthe sans issue.

Bellamy dit qu’il est urgent de reprendre l’enseignement de notre patrimoine intellectuel, moral et religieux. Les enfants ne sont pas libérés lorsqu’on les laisser libres de découvrir par eux-mêmes les mathématiques, la grammaire et l’orthographe. En fait, cela tend à perpétuer les divisions dans la société. Les enfants de parents plus prospères recevront de l’aide à la maison pour combler les lacunes du système éducatif, tandis que les enfants de familles plus pauvres ou immigrées ne recevront pas les compétences nécessaires pour sortir de la pauvreté.

Lorsqu’on leur a enseigné un système de valeurs qu’ils estiment libérateur, ils sont aveugles même à ces vérités évidentes. Au-delà de cela, ils sont aveugles aux valeurs de l’histoire, de la culture et de la religion qui ont permis à la société de fonctionner de manière plus ou moins ordonnée au cours des générations passées.

J’ai trouvé ce livre éclairant. Cela explique tant de choses qui se passent autour de nous aujourd’hui. Cela explique pourquoi ceux qui ont obtenu un baccalauréat en éducation à l’université n’ont rien appris sur les matières qu’ils doivent enseigner ou sur la manière de les enseigner. Ce n’est pas leur rôle. Leur rôle consiste à prendre du recul et à faciliter l’apprentissage par la découverte chez les enfants.

La popularité de ce livre est un signe encourageant. Tout comme l’immense popularité du livre 12 règles pour une vie de Jordan Peterson. Ce livre enseigne également l’utilité des valeurs des générations passées. C’était la sensation du monde d’édition de l’an 2018 au Canada, avec plus d’un million d’exemplaires vendus.

Cela m’amène à une petite question. François-Xavier Bellamy mentionne la religion à plusieurs reprises, mais n’a pas grand-chose à dire à ce sujet. Il est un philosophe, pas un théologien. Mais pour ceux d’entre nous qui croient que la Bible est le fondement de toute vérité, dans quelle mesure avons-nous réussi à transmettre notre héritage spirituel ?

À propos de Bob Goodnough

Vivre aujourd'hui à la lumière de l'histoire et de l'éternité
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