La noble leçon

Ô frères, entendez une noble leçon
Nous devrions souvent veiller et prier,
Car nous voyons le monde près de s’achever.
Nous devrions désirer faire de bons œuvres,
En voyant comment la fin du monde s’approche.
Déjà mille et cent ans sont accomplis
Depuis qu’il était écrit : nous sommes dans les derniers temps
Nous ne devrions pas convoiter, il y a peu de temps qui reste.

Les signes s’accomplissent chaque jour,
En l’accroissement du mal et la diminution du bien.
Ce sont les périls desquels parlent les Écritures
Dans les Évangiles et les lettres de Paul,
Qu’aucun homme peut connaître la fin.
Nous devrions craindre, car ce n’est pas certain
Si nous périrons aujourd’hui ou demain.

Mais quand vient le jour du jugement
Chacun recevra sa pleine récompense.
Selon qu’il aurait fait le mal ou le bien.
L’Écriture dit, et nous devrions la croire,
Que tous les hommes partiront par deux chemins,
Les bons iront au gloire, les félons au tourment.
Que celui qui ne croit pas ce départ
Recherche les Écritures dès la commencement
Depuis qu’Adam a été formé jusqu’au temps présent.
Là il trouvera, s’il a de l’entendement,
Que peu sont sauvés de tout l’humanité.

Si quelque personne veut faire de bons œuvres
L’honneur de Dieu le Père devrait être le commencement
Et appeler l’aide de son Fils glorieux,
Fils chéri de la vierge Marie
Et le Saint-Esprit qui nous donne la bonne voie.
À ces trois, la Sainte Trinité,
N’étant qu’un Dieu, nous devrions prier,
Plein de toute puissance, toute sagesse et tout bonté.
Pour cela nous devrions souvent prier
Qu’il nous donne la force encontre nos ennemis
Que nous les puissions vaincre avant notre fin
Lesquels sont le monde, le diable et la chair,
Et qu’il nous donne la sagesse, accompagné par la bonté
Que nous puissions connaître la voie de la vérité,
Et garder pur l’âme que Dieu nous a donnée.
L’âme et le corps dans la voie de charité,
Aussi que nous aimions le Saint Trinité
Et le prochain, car Dieu l’a commandé.
Non seulement ceux qui nous fassent le bien,
Mais aussi ceux qui nous fassent le mal
Ayant ferme espérance dans le roi du ciel
Qu’à la fin il nous reçoive dans sa demeure glorieuse.

Maintenant, celui qui ne fasse pas ce qui est contenu dans cette leçon,
N’entrera pas dans la sainte maison.
Il n’est pas difficile à se tenir avec les gens avares
Qui aiment l’or et l’argent
Et qui rejette les promesses de Dieu,
Qui ne gardent ni la loi ni les commandements,
Ni les font garder par les gens bons,
Mais les empêchent avec toute leur puissance.
Comment est-ce que ce mal est entré dans l’humanité?
Parce que Adam a péché dès le commencement,
Car il a mangé de la pomme que leur était défendu
Et de lui est germé le semence du mal,
Et apporté le mort à sa postérité.
Bien peut-on dire que c’était un mal morceau.
Mais Christ a racheté les bons par sa passion,
Mais nous trouvons en cette leçon
Qu’Adam n’a pas cru Dieu son Créateur.
Nous pouvons voir aussi de nos jours
Que les hommes abandonnent Dieu le Père omnipotent
Et croient aux idoles à leur destruction.
Ce qui est défendu par la loi dès la commencement
Appelé loi naturel, commun à tous les gens
Lequel Die plaça au cœur du premier homme qu’il a formé
Lui donnant le pouvoir de faire le bien ou le mal.
Le mal il lui a défendu, le bien il lui a commandé.
Ceci vous pouvez voir a été mal gardé
Car nous avons laissé le bien pour faire le mal,
Comme a fait Caïn, le premier fils d’Adam
Qui a tué son frère Abel sans aucune cause,
Sauf qu’il a été bon,
Et avait sa foi en le Seigneur et non en aucun créature.
Ici nous prenons exemple de la loi de la nature,
Laquelle nous avons violée et transgressée.
Péché contre le Créateur et offensé le créature.

C’était une noble loi que Dieu nous a donnée,
Et écrit dans le cœur de chaque homme,
Pour y lire et garder et enseigner la droiture,
D’aimer Dieu plus que toute créature,
Lui adorer et servir sans réserve,
Car nul n’est trouvé dans les Saintes Écritures.
Et garder ferme le lien de mariage, ce noble covenant.
Et avoir la paix avec les frères, et aimer tous les autres gens,
Haïr l’orgueil et aimer l’humilité,
Et faire aux autres comme il veuille qu’ils fassent à lui,
Et s’ils feront le contraire qu’ils soient punis.

Ils étaient peu qui gardaient bien cette loi,
Mais beaucoup qui l’avaient trépassé,
Qui ont abandonné le Seigneur, non lui donnant honneur,
Mais ont cru le diable et ses tentations,
En aimant trop le monde et trop peu le paradis,
Servant le corps plus que l’esprit,
C’est pourquoi nous trouvons que plusieurs ont péri.
Ici tout homme peut être repris de la foi,
Que Dieu n’a pas fait les gens pour les laisser périr,
Mais que chacun prenne garde que ce n’arrive pas à lui comme à eux.

Car le déluge vient pour détruire les infidèles,
Mais Dieu fit faire une arche en laquelle il a enclos les bons.
Tant le mal a accru et le bon a diminué,
Que dans tout le monde il n’a trouvé que huit personnes,
Exemple par lequel nous puissions être instruits,
Pour nous garder du mal et que chacun doit se repentir
Car Jésus-Christ l’a dit et c’est écrit en Saint Luc
Que tous ceux que ne font pas ainsi périront.

Mais à ceux qui ont échappé, Dieu a fait une promesse,
Que jamais encore le monde ne périra par l’eau
Ce qu’ils ont cru et ils étaient multipliés.
Le bien que Dieu les ont faits ils ont vite oublié,
Ayant trop peu de foi et tant de peur,
Qu’ils n’ont bien cru ce qui avait dit le Seigneur,
Mais tenant que l’eau troublera encore le monde,
Ils désirent faire un tour pour y échapper de l’eau.

Et ils l’ont commencé, comme il est écrit
Voulant le faire aussi large, haut et grand,
Pour atteindre au ciel, mais ils n’ont pu le faire,
Cela déplaît à Dieu, ce qu’il a démontré.
Cette grande ville avait le nom de Babylone,
Et c’est maintenant appelé Confusion à cause de sa ruine.
À ce temps il y avait une langue dans toute la terre,
Mais pour qu’ils ne s’entendent pas Dieu les a départis,
Qu’ils ne finissent pas ce qu’ils ont commencé,
Il a fait que les langages dispersent dans tout le monde.

Après ils péchèrent grièvement, abandonnant la loi, c. à d. la loi de nature,
Car c’est bien prouvé par l’Écriture
Que cinq cités périrent, lesquelles faisaient le mal
En feu et en soufre Dieu les condamna
Il détruisit les félons et les bons délivra
Ce fut Loth et ceux de sa maison que l’ange en tira
Quatre furent-ils par nombre, mais l’un se condamna,
Ce fut la femme parce qu’elle regarda contre défense.
Ici a grand exemple à toute genre humaine
Qu’ils se doivent garder de ce que Dieu défend.

En ce temps fut Abraham, homme plaisant à Dieu,
Et engendra un patriarche dont furent les Juifs
Nobles gens furent ceux-là en la crainte de Dieu
En Égypte habitèrent entre autre méchante gens
Là furent opprimés et contraints par longtemps,
Et crièrent au Seigneur, et il leur envoya Moïse,
Et délivra son peuple et détruisit l’autre gens :
Par la mer Rouge passèrent, comme par belle issue ;
Mais les ennemis d’eux, lesquels les persécutaient, y périrent tous.
Maintes autres signes Dieu à son peuple fit ;
En les nourrissant quarante ans au désert, et leur donna la loi
En deux tables de pierre la transmit par Moïse :
Ils la trouvèrent écrite et ordonnée noblement.
Ceci démontre un Seigneur à toute gent,
Auquel ils dussent croire et aimer de tout leur cœur,
Et craindre et servir jusqu’au jour de la fin
Et un chacun aimât son prochain comme soi
Consoler les veuves, et les orphelins soutenir,
Héberger les pauvres, et les nus revêtir,
Nourrir les affamés et les errants diriger,
Et la loi de ces mots garder avec diligence ;
À ceux qui le gardent est promit le règne céleste.

Le service des idoles leur mit en défense,
Homicides, adultères et toute fornication,
Mentir et parjurer et fausse promesse
Usure et rapine et mauvaise convoitise,
Ensuite avarice et toute félonie ;
Aux bons est promit la vie, et aux méchants la mort.
Alors était justice en sa seigneurie,
Car ceux qui transgressaient et faisaient méchamment
Iront à la mort et détruits sans pardon ;
Mais l’Écriture dit, et beaucoup est manifeste,
Que trente mille furent les restés au désert,
Trente mille et plus, selon que dit la loi,
Ils furent tués de glaives, de feu et de serpents,
Et plusieurs autres périrent de l’extermination,
La terre s’ouvrira, et les reçut en l’enfer.
Ainsi nous nous pouvons reprendre de notre grand assoupissement.
Mais ceux qui firent bien le plaisir du Seigneur
Héritèrent la terre de promesse.
Beaucoup furent de nobles gens en cette façon,
Comme fut David et le roi Salomon,
Ésaïe, Jérémie et beaucoup d’autres hommes,
Lesquels combattaient pour la foi et faisaient défense,
Un peuple était à Dieu choisi de tout le monde :
Les ennemis en grand nombre d’entour les persécutaient ;
Grand exemple peuvent nous prendre en cette leçon :
Quand ils gardaient la loi et les commandements,
Dieu combattait pour eux encontre l’autre gens ;
Mais quand ils péchaient et faisaient méchamment,
Ils étaient tués et détruits et pris de l’autre gens ;
Tant fut élargi ce peuple et plein de grande richesse
Qu’il va détourner les pas encontre son Seigneur ;
C’est pourquoi nous trouvons en cette leçon
Que le roi de Babylone les mit en sa prison :
Là furent opprimés et pressés par longtemps
Et crièrent au Seigneur avec le cœur repentant :
Alors il les ramena en Jérusalem,
Peu furent les obéissants qui gardèrent la loi
Et eussent la crainte d’offenser leur roi ;
Mais y eut quelques gens pleins de si grande fausseté
Ce furent les pharisiens et les autres scribes ;
Qui gardassent la loi selon l’apparence
Afin que les gens vissent cela, pour être plus honorés
Mais peu vaut cet honneur qui bientôt vient à achever
Ils persécutaient les saints et les justes et les bons ;
Avec pleurs et avec gémissement ils priaient le Seigneur
Qu’il descendit en terre pour sauver ce monde,
Car tout l’humain lignage allait à perdition.
Alors Dieu envoya l’ange à une noble demoiselle le lignage de roi ;
Noblement la salue, car cela appartenait à elle
Ensuite lui dit : « Ne crains, Marie,
Car le Saint-Esprit sera en ta compagnie
De toi naîtra fils que appellera Jésus ;
Il sauvera son peuple de ce qu’il a offensé. »
Neuf mois le porta au sien ventre la vierge glorieuse,
Mais afin qu’elle ne fût pas reprise, de Joseph fut épouse
Pauvre était notre dame et Joseph aussi ;
Mais cela nous devons croire, car l’Évangile le dit
Qu’en la crèche le posèrent quand fut né l’enfant,
De langes l’enveloppèrent, pauvrement fut hébergé
Ainsi se peuvent reprendre les convoiteux et les avares
Qui d’amasser or ne se veulent cesser :
Plusieurs miracles furent, quand fut né le Seigneur,
Car Dieu envoya l’ange annoncer aux pasteurs,
Et en Orient apparut une étoile aux trois barons ;
Gloire fut donnée à Dieu au ciel, et en terre paix aux bons
Mais après le petit souffrit persécution
Mais l’enfant croissait par grâce et par âge
Et en sagesse divine en laquelle il était enseigné
Et appela douze apôtres lesquels sont bien nommés
Et voulut changer la loi qu’auparavant avait donnée
Il ne la changea pas, pour qu’elle fut abandonnée,
Mais la renouvela, pour qu’elle fut mieux gardée.
Et reçut le baptême pour donner le salut
Et dit aux apôtres que baptisaient les gens ;
Car alors commençait le renouvellement.
Bien défend la loi vieille forniquer et adultérer,
Mais la nouvelle reprend voir et convoiter :
La loi vieille octroie de rompre le mariage,
Et que carte de répudiation se dut donner ;
Mais la nouvelle dit de ne pas prendre la laissée,
Et que personne ne sépare ce que Dieu a joint
La loi vieille maudit le ventre qui fruit n’a pas porté,
Mais la nouvelle conseille garder virginité
La loi vieille défend seulement parjurer,
Mais la nouvelle dit à tout point non jurer,
Et que plus de oui ou de non ne soit en ton parler :
La loi vieille commande combattre les ennemis et rendre mal pour mal ;
Mais la nouvelle dit : « Ne te veuille venger,
Mais laisse la vengeance au Roi céleste,
Et laisse vivre en paix ceux qui te feront mal,
Et trouvera pardon du Roi céleste. »
La loi vieille dit : « Aime les tiens amis, et auras en haine les ennemis. »
Mais la nouvelle dit : « Ne feras plus ainsi,
Mais aimez les vôtres ennemis et faites bien à ceux lesquels haïront vous
Et priez pour les persécutants et ceux qui vous accuse. »
La loi vieille commande punir les malfaisants ;
Mais la nouvelle dit : « Pardonne à toute gent,
Et trouveras pardon du Père tout-puissant
Car si tu ne pardonnes, tu ne seras pas sauvé. »
Aucun ne doit tuer ni haïr aucune gent
Aussi ni simple ni pauvre ne devons mépriser,
Ni tenir vil l’étranger qui vient d’autre pays,
Car en ce monde nous sommes tous pèlerins :
Mais parce que nous sommes tous frères, devons tous Dieu servir.
C’est la loi nouvelle que Jésus-Christ a dit que nous devons garder
Et appela les siens apôtres et fit à eux commandement
Que allassent par le monde et enseignassent la gent,
Juifs et Grecs prêchassent et toute humaine gent
Et donna à eux pouvoir sur les serpents,
Chassassent les démons et guérissent les infirmes,
Ressuscitassent les morts et purifiassent les lépreux
Et fissent aux autres comme il avait fait à eux
D’or ni argent ne fussent possède,
Mais avec vivres et vêtement se tinssent contents
Aimassent soi entre eux et eussent bonne paix :
Alors leur promit le règne céleste,
Et à ceux qui tiendront pauvreté spirituelle ;
Mais qui saurait quels sont, ils seraient tôt nombrés,
Qui veuillent être pauvres par propre volonté.
De ce qui était à venir il leur annonça,
Comment il devait mourir et puis ressusciter,
Et leur dit les signes et les merveilles
Qui devaient venir avant la fin
Plusieurs belles paraboles dit à eux et aux gens
Lesquelles furent écrites au Nouveau Testament.
Mais, si Christ voulons aimer et suivre sa doctrine,

Il nous convient à veiller et lire l’Écriture.
Là nous pourrons trouver, quand nous aurons lu,
Que seulement pour faire bien Christ fut persécuté
Il ressuscitait les morts par divine vertu,
Et faisait voir les aveugles qui jamais n’avaient vu
Il purifiait les lépreux et les sourds faisaient ouïr,
Et chassait les démons, faisant maintes miracles ;
Et plus il faisait de bien, plus il était persécuté
C’étaient les pharisiens qui le persécutaient
Et ceux du roi Hérode et l’autre gens du clergé
Car ils avaient envie parce que les gens le suivaient
Et parce que les gens croyaient en lui et en ses commandements
Pensèrent lui occire et lui tourmenter
Et parlèrent à Judas, et tirent avec lui convention
Que s’il le leur livrait, il aurait trente pièces d’argent,
Et Judas fut convoiteux et fit la trahison,
Et livra son Seigneur entre la méchante gent.
Les Juifs furent ceux qui le crucifièrent ;
Les pieds et les mains fortement lui clouèrent,
Et couronne d’épines sur la tête lui posèrent ;
Disant à lui plusieurs reproches ils le blasphémèrent
Il dit qu’il avait soif, de fiel et du vinaigre l’abreuvèrent.
Tant furent les tourments amers et douloureux
Que l’âme partit du corps pour sauver les pécheurs.
Le corps resta là pendu haut en la croix
Au milieu de deux larrons.
Quatre plaies lui firent sans les autres coups,
Puis lui firent la cinquième pour faire le complément
Car un des cavaliers vint et lui ouvrit le côté ;
Alors sortit sang et eau ensemble mêlé.
Tous les apôtres fuirent, mais un y retourna,
Et était là avec les deux Maries debout près la croix.
Grande douleur avaient tous, mais notre dame plus grande
Quand elle voyait son Fils mort, nu, en souffrance sur la croix.
Par les bons fut enseveli, et gardé des félons ;
Et tira les siens d’enfer et ressuscita au troisième jour,
Et apparut aux siens comme il avait dit à eux.
Alors eurent grande joie quand ils virent le Seigneur,
Et furent confortés, car auparavant avaient grand peur,
Et conversa avec eux jusqu’au jour de l’ascension.
Alors monta en gloire notre Sauveur,
Et dit à ses apôtres et aux autres enseignants
Que jusqu’à la fin du monde serait toujours avec eux.
Mais quand vint à Pentecôte, se ressouvint d’eux,
Et leur transmit le Saint-Esprit, lequel est consolateur
Et enseigna les apôtres par divine doctrine,
Et surent les langages et la sainte Écriture.

Alors leur souvint de ce qu’il avait dit,
Sans crainte parlaient de la doctrine de Christ
Juifs et Grecs prêchaient, faisant plusieurs miracles,
Et les croyants baptisaient au nom de Jésus-Christ.
Alors fut fait un peuple de nouveaux convertis :
Chrétiens furent nommés, parce qu’ils croyaient en Christ.
Mais cela trouvons que l’Écriture dit,
Très-fort les poursuivaient Juifs et Sarrasins
Mais tant furent forts les apôtres en la crainte du Seigneur,
Et les hommes et les femmes qui étaient avec eux
Que pour eux ne laissaient ni leurs faits ni leurs dits,
Quoique peut leur arriver, pour qu’ils eussent Jésus-Christ
Grands furent les tourments selon ce qui est écrit,
Seulement parce qu’ils démontraient la voie de Jésus-Christ ;
Mais poue ceux qui les persécutaient ne leur tant à mal tenir,
Car ils n’avaient la foi de notre Seigneur Jésus-Christ,
Comme de ceux qui cherchent ores accusation et qui persécutent tant,
Que chrétiens doivent être, mais mal en font semblant,
Mais en ceci ils sont à reprendre ceux qui persécutent et emprisonne les bons ;
Car ne se trouve en Écriture sainte ni par raison
Que les saints persécutassent aucun ni missent en prison
Mais après les apôtres furent quelques docteurs
Lesquels montraient la voie de Christ, notre Sauveur.
Encore s’en trouve quelques uns au temps présent,
Lesquels sont manifestes à très-peu de la gent,
La voie de Jésus-Christ très-fort voudraient montrer,
Mais tant sont persécutés qu’à peine le peuvent faire
Tant sont les faux chrétiens aveuglés par erreur,
Et beaucoup plus que les autres ceux qui sont appelés pasteurs,
Vu qu’ils persécutent et tuent ceux qui sont meilleurs
Et laissent en paix les faux et les trompeurs !
Mais en cela se peut connaître qu’ils ne sont bons pasteurs,
Car ils n’aiment les brebis sinon pour la toison
Mais l’Écriture dit, et nous le pouvons voir,
Que si y en a quelqu’un bon qui aime et craigne Jésus-Christ,
Qui ne veuille maudire ni jurer ni mentir,
Ni adultérer ni occire ni prendre de autrui,
Ni venger soi de les siens ennemis,
Ils disent qu’il est Vaudois et digne de punir,
Et lui trouvent accusation en mensonge et tromperie.
Ainsi ils pourraient ôter ce qu’il a de son juste travail.
Mais fortement se conforte celui qui souffre pour l’amour du Seigneur ;
Car le royaume du ciel lui sera apprêté au fin de ce monde
Alors aura grande gloire au lieu de déshonneur
Mais en cela est manifeste la méchanceté d’eux
Vu que qui veut maudire et mentir et jurer,
Prêter à usure et tuer et adultérer,
Et venger soi de ceux qui lui font mal,
Ils disent qu’il est prud’homme, et loyal homme renommé
Mais qu’il se garde qu’à la fin il ne soit trompé :
Quand la mort le presse tant qu’a peine peut parler,
Il demande le prêtre et se veut confesser ;
Mais, selon l’Écriture, il a trop tardé, laquelle dit
« Sain et vif te confesse et n’attends à la fin. »
Le prêtre lui demande s’il a aucun péché
Deux mots ou trois répond et tôt a dépêché.
Bien lui dit le prêtre qu’il ne peut être absous,
S’il ne rend tout l’autrui et amende les siens torts.
Mais quand il entend ceci il a grand pensement,
Et pense entre soi que, s’il rend entièrement,
Quoi restera à ses enfants, et que dira les gens
Et commande à ses enfants, qu’ils amendent leurs torts,
Et fait pacte avec le prêtre afin qu’il puisse être absous :
S’il a cent livres de l’autrui ou encore deux cents,
Le prêtre l’acquitte pour cent sols
Et parfois pour moins s’il ne peut plus
Et lui fait réprimande et lui promet pardon ;
Qu’il fasse dire messe pour lui et pour ses pères,
Et leur promet pardon soit à juste, ou soit à félon
Alors lui pose la main sur la tête
Quand il lui donne plus, lui fait plus grande fête,
Et lui fait entendement qu’il est moult bien absous
Mais mal sont indemnisés ceux de qui il a eu les torts.
Mais il sera trompé en telle absolution ;
Et celui qui le fait croire y pèche mortellement.
Mais j’ose le dire, car se trouve en vrai,
Que tous les papes qui furent de Sylvestre
Et tous les cardinaux, et tous les évêques, et tous les abbés,
Tout ceux-là ensemble n’ont tant de pouvoir
Qu’ils puissent pardonner un seul péché mortel.
Seulement Dieu pardonne, vu qu’autre ne le peut faire.

Mais ceci doivent faire ceux qui sont pasteurs :
Prêcher devant le peuple et être en oraison,
Et les paître ouvent de divine doctrine,
Et châtier les pécheurs, donnant à eux discipline,
En leur avertissant qu’ils aient à se repentir ;
Premièrement se confesser sans aucun manquement,
Et qu’ils fassent pénitence, en la vie présente,
De jeûner, faire aumônes et prier avec cœur bouillant
Car par ces choses trouve l’âme salut :
De nous chrétiens lesquels avaient péché
La loi de Jésus-Christ avaient abandonné,
Car n’avons crainte ni foi ni charité
Confesser nous convient et n’y devons pas tarder
Avec pleurs et avec repentance nous convient amender
L’offense que avons faite par trois péchés mortels,
Par convoitise d’œil, et par plaisir de chair,
Et par orgueil de vie par quoi nous avons fait les maux
Car par cette voie nous devons suivre et tenir,
Si nous voulons aimer et suivre Jésus-Christ
Pauvreté spirituelle de cœur devons tenir,
Et aimer chasteté et Dieu humblement servir
Alors suivrions la voie du Seigneur Jésus-Christ,
Et aurions la victoire de nos ennemis.
Brièvement est raconté en cette leçon
De les trois lois que Dieu donna au monde.
La première loi démontre à qui a sens et raison,
C’est à connaître Dieu et prier à son Créateur ;
Car celui qui a entendement peut penser entre soi
Qu’il ne s’est pas formé ni les autres aussi ;
De ceci peut connaître celui qui a sens et raison
Que c’est un Seigneur Dieu lequel a formé le monde ;
Et, lui connaissant, le devons honorer
Car ceux furent damnés qui ne le voulurent faire.
Mais la seconde loi, que Dieu donna à Moïse,
Nous enseigne à craindre Dieu et lui servir fortement,
Car il condamne et punit tout homme qui l’offense.
Mais la troisième loi, laquelle est ores au temps présent
Nous enseigne aimer Dieu de bon cœur et servir purement
Car Dieu attend le pécheur et lui donne délai
Afin qu’il puisse faire pénitence en la vie présente.
Autre loi suiavant ne devons plus avoir,
Sinon ensuivre Jésus-Christ, et faire son bon plaisir,
Et garder fermement ce qu’il a commandé,
Et être très-avisés quand viendra l’Antéchrist,
Afin que nous ne croyions ni à son fait ni à son dit
Car, selon l’Écriture, sont déjà plusieurs Antéchrists.
Car Antéchrist sont tous ceux qui sont contraires à Christ.
Plusieurs signes et grandes démonstrations
Seront dès ce temps jusqu’au jour du jugement
Le ciel et la terre brûleront, et mourront tous les vivants
Puis ressusciteront tous en vie permanente
Et seront aplanis tous les édifices.
Alors sera fait le dernier jugement
Dieu séparera son peuple, selon ce qui est écrit
Aux méchants il dira : « Séparez-vous de moi,
Allez au feu éternel qui jamais n’aura fin ;
Par trois graves conditions serez presses là
Par multitude de peines et par âpre tourment,
Et parce que serez damnés sans remède. »
De quoi nous garde Dieu par son plaisir
Et donne ouïr ce qu’il dira aux siens avant qu’il soit guère
Disant : « Venez-vous-en avec moi, bénis du mien Père,
Et possédez le règne apprêté à vous du commencement du monde
Auquel vous aurez plaisir, richesses et honneurs. »
Plaise à ce Seigneur qui forma tout le monde,
Que nous soyons des élus pour être dans sa cour !
A Dieu grâces. Amen.

À propos de Bob Goodnough

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