L’éducation en désarroi

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Image par Wokandapix de Pixabay

François-Xavier Bellamy a bien décrit les principes qui guident le système d’enseignement moderne dans son livre Les déshérités, publié en France en 2014. Bellamy trace la racine de la pensée éducative moderne aux philosophies de René Descartes et Jean- Jacques Rousseau.

René Descartes (1596-1650) croyait que toutes les connaissances pouvaient être obtenues par déduction. L’esprit humain a la capacité de découvrir toute la vérité per le raisonnement sans apport extérieur.

Jean-Jacques Rousseau (1712-1798) alla plus loin. Il croyait que nous sommes tous nés purs et que tous les problèmes de l’humanité sont le résultat d’idées impures enseignées par notre société. Il serait donc préférable de laisser un enfant grandir avec le moins de contraintes et le moins d’enseignement possible. Dans la pureté de sa simplicité, il pourrait découvrir tout ce dont il avait besoin pour une vie fructueuse et heureuse.

En France, Pierre Bourdieu a enseigné que les inégalités dans la société étaient le résultat des choses héritées du passé. Si nous pouvions éviter de transmettre les idées désuètes de la société civile, de la morale et de la religion, ces inégalités disparaîtraient. Dans le monde anglophone, chaque pays a son propre Bourdieu, mais Descartes et Rousseau ont jeté les bases de la philosophie qui prévaut dans la majeure partie du monde.

On dit aujourd’hui aux enseignants en France qu’i’s n’ont rien à transmettre, leur travail consiste simplement à aider les élèves à découvrir par eux-mêmes comment lire et écrire, comment faire les mathématiques et les sciences, et à déterminer par eux-mêmes ce qui est le bien et le mal. Ces idées ne sont pas uniques à la France. Partout où nous vivons, nous pouvons voir des évidences de ce genre de pensée et de ce qu’elle a produit.

M. Bellamy écrit que nous sommes enfin arrivés à l’ère dont rêvait Rousseau. Aujourd’hui, les gens ont été déshérités de toutes les valeurs du passé, et le résultat n’est pas le bonheur bénin imaginé par Rousseau. Il rêvait du bon sauvage, un étranger qui n’a pas été corrompu par la civilisation et qui symbolise ainsi la bonté innée de l’humanité.

Nous nous sommes retrouvés avec une génération de sauvages qui ne sont pas très bons. Les inégalités dans la société n’ont pas disparu, mais semblent plutôt s’aggraver. La pensée de nos jours va jusqu’à dire qu’il est mauvais d’imposer une identité de genre aux enfants. Ils doivent être libres de choisir leur propre sexe. Ce n’est pas les libérer, c’est les placer dans un labyrinthe sans issue.

Bellamy dit que nous devons de toute urgence reprendre l’enseignement de notre patrimoine intellectuel, moral et religieux. Cela ne libère pas les enfants lorsqu’on les laisse libres de découvrir les mathématiques, la grammaire et l’orthographe par eux-mêmes. En fait, cela tend à perpétuer les divisions dans la société. Les enfants de parents plus prospères recevront de l’aide à la maison pour compenser les lacunes du système éducatif, tandis que les enfants de familles pauvres ou d’immigrés ne recevront pas les compétences nécessaires pour échapper à la pauvreté.

Quand on a appris un système de valeurs qu’on croit libérateur, on est aveugle même à de telles vérités évidentes. Au-delà de cela, on est aveugle aux valeurs de l’histoire, de la culture et de la religion qui ont permis à la société de fonctionner de façon plus ou moins ordonnée au cours des générations passées.

J’ai trouvé ce livre illuminant. Il explique tant de choses qui se passent autour de nous aujourd’hui. Il explique pourquoi ceux qui obtiennent leur diplôme universitaire avec un baccalauréat en éducation n’ont rien appris sur les matières qu’ils doivent enseigner, ni comment les enseigner. Ce n’est pas leur responsabilité. Leur travail consiste à faciliter l’apprentissage par la découverte chez les enfants de leurs classes.

Si nous pensons que le système d’éducation publique s’est éloigné de son objectif initial, nous nous trompons. Si nous lisons ce qui a été dit par les fondateurs de l’éducation publique, nous constatons que le système d’aujourd’hui est ce qu’ils avaient toujours en tête. Ils considéraient la famille, la religion, l’histoire et la tradition comme des obstacles à la liberté. Cet enseignement a commencé dans les universités et a pris un siècle et demi à filtrer à tous les niveaux de la société. Une éducation utile et pratique n’a jamais été l’objectif principal le l’éducation publique. Les écoles publiques devaient être le moyen d’introduire la pensée moderne dans la société. Par pensée moderne, ils entendaient les philosophies de Descartes et Rousseau.

À propos de Bob Goodnough

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