Dispute entre catholiques et albigeois tenue en 1206 à Montréal près de Carcassone.

Un extrait de l’Histoire des anciens Albigeois par Jean-Paul Perrin.

Arnaud Hot était le pasteur des albigeois, ainsi que ceux qui étaient jugés comme des personnes appropriées pour une telle action. Arnaud arriva le premier au temps et au lieu fixés ; puis vinrent l’évêque Eusus et le moine Dominique, avec deux légats du pape, Pierre Chastel et Racul de Just, abbé de Candets, Bertrand, prieur d’Autreive ; et le prieur de Palats et plusieurs autres prêtres et moines.

Les thèses ou points proposés par Arnaud pour être discutés étaient les suivants :

La messe et la transsubstantiation ont été inventées par les hommes et non instituées et ordonnées par Christ, ni par ses apôtres.

Que l’Église de Rome n’est pas l’épouse de Christ, mais l’église du trouble et de la confusion, ivre du sang des martyrs.

Que le régime ou gouvernement de l’Église de Rome n’est ni bon, ni saint, ni établi par Jésus-Christ.

Arnaud envoya ces propositions à l’évêque, qui demanda quinze jours pour y répondre, ce qui lui fut accordé. L’évêque ne manqua pas de se présenter au jour fixé, apportant avec lui un grand rouleau d’écriture. Arnaud souhaita vivement être entendu de vive voix, disant qu’il répondrait pleinement au contenu dudit écrit, implorant la patience de ses auditeurs s’il prenait du temps pour répondre à un écrit aussi fastidieux et prolixe. Ils ont promis de lui donner une audience patiente et attentive, sans aucune interruption. Il parla à plusieurs reprises pendant quatre jours, à la grande admiration des assistants, et avec tant d’empressement de sa part, que tous les évêques, abbés, moines et prêtres auraient bien voulu être ailleurs. Car il a adapté sa réponse aux points énoncés dans ledit écrit, et avec tant d’ordre, de clarté et de perspicacité qu’il a rendu manifeste et évident pour les assistants que l’évêque avait beaucoup écrit, mais n’a rien prouvé contre ses propositions qui pourraient vraiment tendre à l’avantage de la cour de Rome.

Arnauld demanda ensuite que, puisque, au début de la conférence, les évêques et lui-même étaient tenus de prouver ce qu’ils prétendaient par la seule parole de Dieu, les évêques, les prêtres et les moines soient obligés de démontrer que la messe, dans toutes ses parties, telle qu’ils l’autorisaient et la chantaient, avait été instituée par le Fils de Dieu et chantée de la même manière par ses apôtres, en commençant par le début et jusqu’à l’Ite, missa est. Mais les évêques n’ont pas pu prouver qu’aucune de ses parties ait été ordonnée soit par Jésus-Christ, soit par ses apôtres ; Les évêques en furent très honteux et affligés, car Arnaud les avait réduits à leur seul canon, qu’ils prétendaient être la meilleure partie de leur messe, point sur lequel il prouva que leur messe n’était pas la sainte Cène instituée par le Seigneur, disant que si la messe n’était pas la sainte Cène instituée par le Seigneur, il resterait après la consécration tout ce qui était dans la Cène du Seigneur, à savoir du pain ; mais dans votre messe, comme vous le dites, il n’y a pas de pain, car par la transsubstantiation le pain disparaît. Par conséquent, dit-il, la messe sans pain n’est pas la sainte Cène du Seigneur, où il y avait du pain.

Jésus-Christ a rompu le pain, les apôtres ont rompu le pain ; les prêtres rompent le corps, non le pain.

Le prêtre ne fait donc pas ce que Jésus-Christ a fait.

Sur ces antithèses, qu’Arnaud fit sur la Cène du Seigneur et sur la messe, pour prouver qu’elle n’avait été instituée ni par Christ ni par ses apôtres, les moines, les évêques, les légats et les prêtres se retirèrent, sans l’écouter davantage, de peur qu’il ne fasse quelque impression sur les assistants, ce qui les ébranlerait beaucoup dans leur croyance à la messe.

[L’échec des évêques et des moines dans ce discours entraîna une persécution accrue des albigeois, une tentative de vaincre par la force armée ce qu’ils ne pouvaient vaincre par la parole.]

À propos de Bob Goodnough

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