Joseph m’a reconduit chez moi après la fermeture du bar. Quand nous sommes arrivés dans le hameau où j’habitais, toutes les demeures étaient plongées dans l’obscurité, à l’exception d’une seule où une lueur éclairait la fenêtre de la cuisine. Nous avions bu suffisamment d’alcool pour que frapper à la porte de cette maison à une heure du matin nous semblât tout à fait raisonnable. Lorsque Wilma a ouvert la porte, nous avons été accueillis par une agréable odeur de pains frais. Elle nous a invités à entrer et nous a offert à chacun un petit pain tout chaud et de la confiture. Son mari était encore debout ; nous avons discuté un moment, puis nous nous sommes levés pour partir. Je ne me souviens plus de quoi nous avions parlé, mais à la porte, je me suis retourné et j’ai déclaré : « Un jour, je serai mennonite et je porterai la barbe. »
J’avais lu des récits sur des gens du Moyen Âge dont la foi en Dieu était tellement importante qu’ils avaient préféré subir la persécution, voire mourir, plutôt que d’abandonner cette foi. On les appelait les mennonites. Je ne m’en étais pas rendu compte jusqu’à ce moment-là, mais, lorsque ces mots sont sortis de ma bouche, j’ai compris que j’aspirais à avoir une foi comme celle-là, une foi plus importante que tout autre chose. Je ne sais pas comment j’en suis venu à associer cela au fait de laisser pousser ma barbe, mais cette conviction persiste. Je pensais avoir renoncé à Dieu et au christianisme, mais, de toute évidence, Dieu n’avait pas renoncé à moi.
« Dieu, sans tenir compte des temps d’ignorance, annonce maintenant à tous les hommes, en tous lieux, qu’ils aient à se repentir. » Actes 17.10
