Quel est le point de vue de l’auteur ?

Dans la salle de classe de l’école secondaire que je fréquentais en Saskatchewan il y a presque soixant-dix ans, il y avait une bibliothèque à deux étagères. C’était la bibliothèque pour l’école. J’ai lu tous les livres qui s’y trouvaient au cours des deux dernières années de l’école secondaire, principalement pendant les cours. Je ne me souviens d’aucun de ces livres, à l’exception d’un seul, et je ne sais vraiment pas de quoi il parlait, si ce n’est qu’il s’agissait d’un ouvrage d’histoire et que le récit qu’il racontait était différent de celle qu’on nous avait enseignée en classe au sujet des mêmes événements.

Ce fut pour moi une révélation, un moment d’illumination. J’ai compris que l’histoire n’était pas comme les mathématiques. Deux auteurs pouvaient partir des mêmes circonstances, des mêmes dates, des mêmes personnages, et aboutir à des conclusions différentes. C’est là que j’ai pris conscience que le récit de l’histoire dépendait beaucoup de celui qui le racontait, de ses idées préconçues sur les pays et les personnages impliquées ainsi que sur leurs motivations, et que cela influençait les conclusions qu’il tirait sur les événements.

Depuis lors, j’ai abordé l’histoire en me posant des questions. L’auteur omet-il certains détails ? A-t-il une opinion plus favorable envers un camp qu’envers l’autre ? L’histoire que j’ai apprise à l’école était teintée du point de vue de l’Ordre d’Orange, selon lequel les protestants anglais étaient toujours les « gentils » et les personnes d’une autre origine ethnique, d’une autre couleur de peau ou d’une autre religion étaient automatiquement les « méchants ». Lorsqu’on lit une histoire en tenant compte de la perspective de l’auteur, on réalise rapidement qu’il a choisi de mettre en évidence les éléments qui appuient sa thèse tout en minimisant ou en ignorant ceux qui la contredisent. De plus, il tend à présenter les intentions et les actions d’un camp sous un jour positif, tandis que celles de l’autre camp sont souvent perçues de manière négative.

Il faut lire attentivement pour repérer les éléments qui trahissent le point de vue de l’auteur et faire preuve d’une volonté de lire la même histoire du point de vue d’autres personnes afin de se faire une idée plus claire de ce qui s’est réellement passé.

On observe le même phénomène lorsque l’on écrit sur des sujets tirés de la Bible. Beaucoup de gens abordent la Bible à la recherche de preuves qui viendront étayer leur point de vue, leur perspective théologique ou leur interprétation des prophéties. Il faut aborder la Bible avec un esprit ouvert, en étant prêt à prendre en compte tout ce qu’elle a à dire sur une personne, un événement ou un sujet donné. C’est la Bible elle-même qui s’explique. Toutes les interprétations fondées sur un cadre externe doivent être considérées comme suspectes et, le plus souvent, elles nous égareront, au moins en partie. La Bible suffit. Il faut cependant la lire dans son intégralité pour comprendre ce que Dieu accomplit, son dessein et ce qu’il attend de ceux d’entre nous qui prétendent croire en la Bible et placer leur confiance en Dieu pour leur salut.

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About Bob Goodnough

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