L’Évangile déverrouillé

L’Évangile doit être annoncé, mais il doit aussi être vécu.

Ceux qui l’annoncent doivent le vivre, sinon les auditeurs les jugeront hypocrites.

Ceux qui le vivent doivent l’annoncer, sinon ceux qui les regardent les jugeront moralisateurs et exclusifs.

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La grande omission

Oui, je sais, j’ai emprunté un titre ingénieux que d’autres ont utilisé. Mais je vous prie de me suivre dans ma tentative d’expliquer ce qui, je le crains, est trop souvent omis lorsque les chrétiens prétendent mettre en pratique la Grande Mission. Voici les trois derniers versets de l’Évangile de Matthieu, que l’on a coutume d’appeler la Grande Mission.

Jésus, s’étant approché, leur parla ainsi : Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Amen.

[Les traductions Martin et Ostervald parlent d’instruire toutes les nations, Louis Segond et la Bible de Genève disent faire des disciples de toutes les nations. Les deux mots, instruire et faire des disciples, sont tous les deux de bonnes traductions du mot grec matheteuo, s’ils sont bien compris.]

Un disciple est quelqu’un qui est enseigné. Mais, d’entendre le plan du salut, l’accepter comme une vérité qui change la vie et être baptisé ne suffit pas toujours à faire un disciple de Jésus. Un disciple est quelqu’un qui permet aux enseignements de Jésus de transformer tous les aspects de sa vie, qui sait qu’il a besoin de la force des autres disciples pour que, collectivement, ils puissent être des ambassadeurs efficaces de Jésus-Christ afin de faire plus de disciples.

C’est cet aspect des enseignements de Jésus qui est trop souvent omis dans l’évangélisation et les missions. Si le but d’une mission est uniquement de faire des convertis, cette mission risque de se trouver avec un groupe de personnes qui n’apprendront jamais à bien travailler ensemble sans la surveillance constante d’un missionnaire. Le but d’un missionnaire doit être de rassembler des personnes qui peuvent fonctionner comme une église sans son aide. Un vrai disciple ne cesse jamais d’apprendre ; il est prêt à apprendre des autres croyants, ceux de sa propre assemblée et ceux d’autres assemblées de la même foi.

La vocation du missionnaire est d’enseigner, et de le faire de telle manière que l’enseignement prenne racine chez ceux qui sont enseignés, de sorte que le missionnaire ne soit plus nécessaire. Dès que quelques personnes sont baptisées dans un nouveau lieu, elles doivent participer au processus de prise de décision du groupe. Aucun membre ne doit être dominant, y compris le missionnaire. Le missionnaire doit être un enseignant et un mentor, mais jamais un maître. Les membres doivent apprendre à partager leurs biens matériels pour s’entraider, pour pourvoir aux dépenses nécessaires au groupe et pour participer à l’œuvre plus large de l’Église. Le missionnaire ne doit pas être celui qui administre ces fonds.

L’apôtre Paul a recueilli des fonds auprès d’églises d’autres régions pour aider les frères nécessiteux de Jérusalem. C’est un exemple pour les chrétiens d’aujourd’hui, nous avons une obligation de nous entraider. Mais prenons garde à ce que notre bienveillance ne devienne pas un piège pour les autres. Chaque assemblée doit agir avec les moyens dont elle dispose et d’une manière appropriée à sa communauté. L’aide d’urgence est une chose, mais fournir une aide continuelle à une assemblée missionnaire peut être la garantie qu’elle aura toujours besoin d’aide.

Les épîtres du Nouveau Testament parlent beaucoup de pureté morale, d’éviter toute forme d’idolâtrie, de compassion, d’aider ceux qui sont dans le besoin, d’amour fraternel et d’unité qui transcendent les différences ethniques et économiques, de soumission à Dieu et les uns aux autres, et de confiance en Dieu en toutes circonstances. Il s’agit là d’un travail de disciple.

Il n’est pas question dans le Nouveau Testament de comment construire des lieux de culte. Il n’y a pas non plus d’exhortation à gagner un grand nombre de nouveaux convertis. Pourtant, aussi longtemps que l’Église prospérait spirituellement, il y avait un grand nombre de nouveaux convertis. Quels pourraient être les résultats, de nos jours, d’une insistance renouvelée sur les vérités fondamentales de la vie de disciple ?

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Pourquoi certaines missions échouent-elles?

« D’après ce qui a déjà été dit, il est évident que Saint Paul n’a pas été missionnaire simplement pour convertir des individus : il est allé fonder des églises à partir desquelles la lumière pourrait rayonner dans tout le pays. Le secret de la réussite de ce travail réside dans le fait de commencer dès le début. Si l’on apprend aux premiers convertis à dépendre du missionnaire, si tout le travail, qu’il soit évangélique, éducatif ou social, est concentré entre ses mains, la jeune communauté apprend à se reposer passivement sur l’homme qui lui a donné son premier aperçu de l’Évangile. Leur foi, n’ayant pas de sphère pour sa croissance et son développement, reste endormie. Une tradition se développe très rapidement selon laquelle rien ne peut être fait sans l’autorité et la direction du missionnaire, les gens attendent qu’il agisse, et plus ils le font, plus ils deviennent incapables d’agir de manière indépendante. C’est ainsi que le missionnaire prend l’habitude de concentrer toute l’autorité entre ses mains et de mépriser les pouvoirs de son peuple, jusqu’à ce qu’il fasse de leur inactivité une excuse pour nier leurs capacités. On a commis l’erreur fatale d’enseigner aux convertis à s’appuyer sur la mauvaise source de pouvoir. Au lieu de la chercher dans l’action du Saint-Esprit en eux-mêmes, ils la cherchent dans le missionnaire. Ils le mettent à la place de Christ et dépendent de lui. »

Roland Allen, 1868-1947, Missionary Methods : St. Paul’s or Ours? (Méthodes missionnaires : Celles de Saint-Paul ou les nôtres?) Page 81

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Vérité

Ce qui probablement fausse tout dans la vie c’est qu’on est convaincu qu’on dit la vérité parce qu’on dit ce qu’on pense. – Sacha Guitry

[En d’autres mots, on ne doit jamais prendre son imagination pour être source de la vérité. – Bob Goodnough]

La vérité est si obscurcie en ces temps et le mensonge si établi, qu’au moins d’aimer la vérité, on ne saurait la reconnaître. – Blaise Pascal

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Interprétation hasardeuse de la prophétie

Les partisans de la doctrine prémillénariste sont enclins à faire des prédictions qu’ils souhaiteraient plus tard enterrer et oublier. C’est le cas, par exemple, de l’assurance intrépide donnée il y a 90 ans que Benito Mussolini était sur le point de rétablir l’Empire romain et de devenir l’Antéchrist.

Ralph et Edith R. Norton étaient missionnaires américains avec la mission évangélique belge. Ils ont obtenu une rencontre personnelle avec Benito Mussolini le samedi 2 avril 1932. Au cours de cette rencontre, ils lui ont expliqué comment ils croyaient que certaines parties de la Bible le désignaient directement comme l’Antéchrist à venir. Mussolini écouta avec intérêt et fut intrigué par l’idée que son régime correspondait si bien aux prophéties de la Bible.

Le lendemain, ils se présentent à l’église baptiste de Nîmes, dont Robert Dubarry était le pasteur. Voici l’impression de M. Dubarry sur cette visite :

« Nous ne pouvons finalement passer sous silence un souvenir qui nous hante. Le 6 mars 1932, un remarquable couple de serviteurs de Dieu de l’étranger nous fit à l’improviste le grand plaisir de venir passer in dimanche au sein de notre église. Notre frère avait le cœur débordant de sa rencontre la veille même avec Benito Mussolini. Au cours de l’entetien notre visiteur, fervent disciple de l’école Darby-Scofield, révéla à son interlocuteur sa certitude d’une reconstitution prochaine de l’Empire Romain, certitude que, très sincèrement, il croyait fondée sur la prophétie. Pour des raisons faciles à comprendre, le Duce accueillit avec le plus grand intérêt cette nouvelle révélation inattendue. Sur ses insistantes questions, le visiteur précisa, en lui lisant des textes bibliques à l’appui de sa conviction. Bonne note en fût soigneusement prise par le maître de l’Italie. Il est bien permis de présumer que celui-ci en fut encouragé à affermir promptement des desseins qui, ayant commencé par l’Éthiopie et continuant par la France, ont valu au monde un accroissement de douleurs. Nouvel et saisissant exemple des incalculables incidences de toute interprétation hasardeuse de la prophétie de la part d’hommes pourtant parfaitement intentionnés. D’autres évangéliques, en tous pays et notamment dans le nôtre, préfèrent maintenant voir oublier l’emphase trop bruyamment mise sur une mission divine d’un Duce immensément orgueilleux, traître, cruel, et moralement corrompu, et d’un Hitler cyniquement criminel. »

Robert Dubarry, Pour faire connaissance avec un trésor caché, publié par l’auteur 1954.

Le lecteur notera une divergence dans les dates mentionnées. Il ne fait guère de doute que les deux se réfèrent au même incident et la date du 2 avril semble être celle de la visite.

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L’identité et les œuvres de l’Antéchrist

De nos jours, le titre d’Antéchrist est généralement considéré comme l’adversaire du Christ qui doit apparaître à la fin des temps et prétendre exercer le pouvoir et l’autorité du Christ sur terre. Nos ancêtres anabaptistes s’écartent de cette description sur un point : ils croyaient que l’Antéchrist existait déjà à leur époque.

L’Église catholique romaine enseigne que le pape se tient à la place de Jésus lui-même en tant que vicaire du Christ sur terre et qu’il est responsable du salut de toutes les âmes dans le monde entier. Dire que le pape est le vicaire du Christ sur terre, exerçant tout le pouvoir et l’autorité du Christ sur la terre, n’est pas différent de l’appeler l’Antéchrist.

L’œuvre de l’an 1120 titré l’Antéchrist décrit les œuvres de l’Antéchrist ainsi :

La première œuvre, c’est qu’il a transporté le culte dû proprement à Dieu seul, à lui, à ses œuvres, à la pauvre créature raisonnable et non raisonnable, sensible et non sensible : raisonnable comme les hommes saints ou saintes, transportés hors de ce monde, et leurs images, ossements et reliques.

Ses faits sont les sacrements, spécialement le sacrement de l’eucharistie qu’il adore comme Dieu et comme Jésus-Christ semblablement ; il sert les choses bénites et consacrées, et défend d’adorer Dieu seul.

La seconde œuvre de l’Antéchrist est qu’il ôte et enlève à Christ le mérite de Christ avec toute la suffisance de la grâce, de la justice, de la régénération, rémission des péchés, de la sanctification, de la confirmation et de la nourriture spirituelle ; et il l’impute et l’attribue à son autorité, à ses œuvres, et aux saints, et à leur intercession et au feu du purgatoire ; et il détourne le peuple de Christ et l’amène vers les choses qu’on vient de dire, afin qu’il ne recherche pas celles de Christ ni par Christ, mais seulement dans les œuvres de ses mains, et non par une foi vivante en Dieu, ni en Jésus-Christ, ni au Saint-Esprit, mais selon la volonté et les œuvres de l’Antéchrist, ainsi qu’il publie que tout le salut consiste dans ses œuvres.

La troisième œuvre de l’Antéchrist, c’est qu’il attribue la régénération donné par le Saint-Esprit à la foi morte et extérieure, et baptise les enfants en cette foi, enseignant que c’est par elle que sont consacrés le baptême et la régénération ; c’est dans la même foi qu’il confère et donne les ordres et les autres sacrements, et c’est en elle qu’il fonde tout le christianisme ; ce qui est contre au Saint-Esprit.

La quatrième œuvre de l’Antéchrist est celle par laquelle il bâtit et édifie, en même temps, en la messe, toute la religion et la sainteté du peuple, en ayant fait un tissu de différentes cérémonies judaïques, païennes et chrétiennes. Et y conduisant, pour l’entendre, l’assemblée et le peuple, il prive celui-ci de la nourriture spirituelle et sacramentelle, et l’éloigne de la vraie religion et des commandements de Dieu, l’éloigne aussi des œuvres de miséricorde par ses offertoires ; et par cette messe il loge le peuple dans une espérance vaine.

La cinquième œuvre de l’Antéchrist, c’est qu’il fait toutes ses œuvres, afin qu’il soit vu et qu’il satisfasse son insatiable avarice, comme aussi, afin qu’il puisse mettre toutes choses en vente et ne fasse rien sans simonie.

La sixième œuvre de l’Antéchrist, c’est qu’il donne lieu à des péchés manifestes, sans sentence ecclésiastique, et qu’il n’excommunie pas les impénitents.

La septième œuvre de l’Antéchrist, c’est qu’il ne dirige ni ne défend son unité par le Saint-Esprit, mais à l’aide du pouvoir séculier, et qu’il l’appelle également à son secours pour les choses spirituelles.

La huitième œuvre de l’Antéchrist est qu’il hait, persécute, accuse, pille et met à mort les membres de Christ.

Ce sont là les principales œuvres qu’il fait. Il les fait contre la vérité, et personne ne peut les compter toutes ni les écrire. Mais qu’il suffise pour le présent d’avoir montré comme au doigt ces choses comme les plus générales par lesquelles est couverte cette iniquité.

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Qui est l’Antéchrist?

L’enseignement de l’apôtre Paul, tiré de 2 Thessaloniciens 2.3-12 :

Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu.Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.

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La croyance des chrétiens qu’on appelle albigeois, tiré d’une œuvre de l’an 1120 :

Il est appelé Antéchrist, parce que, couvert et orné de l’apparence de Christ, de l’Église et de ses fidèles membres, il s’oppose au salut opéré par Christ, et administré véritablement dans l’Église de Christ, et qu’il se place au rang des fidèles par la foi, par l’espérance et par la charité : à ces divers égards, il se montre contraire par une sagesse mondaine, par de fausses religions et par une bonté feinte, par le pouvoir ecclésiastique, par la tyrannie séculière, par les richesses, par l’honneur des dignités, par les délices et par les plaisirs mondains. Il s’oppose à Christ par ces moyens.

C’est pourquoi que chacun sache que l’Antéchrist ne peut pas paraître en aucune manière, sinon lorsque les choses qu’on vient de nommer seront réunies pour former un parfait hypocrite et un parfait mensonge, c’est-à-dire lorsque les sages du monde, les hommes religieux, les pharisiens, les ministres, les docteurs, la puissance séculière, avec le peuple, seront réunis. Alors ils formeront ensemble l’homme de péché et d’erreur entier.

Car, au temps des apôtres, c’est une vérité que l’Antéchrist était déjà conçu, mais parce que, n’étant qu’enfant, il lui manqua de ses membres nécessaires, soit intérieurs, soit extérieurs. C’est pourquoi on pourrait l’avoir connu, détruit et excommunié plus facilement, étant alors dans un état plus brut et grossier. Et il était muet, car il n’avait pas la sagesse qui sait raisonner, qui sait s’excuser, qui sait définir, qui sait prononcer des sentences; car il lui manqua des ministres sans vérité et des statuts humains; il lui manqua des hommes religieux extérieurement : en effet, il était bien venu, quant à l’erreur et au péché, mais il n’avait pas les choses avec lesquelles il put couvrir la souillure ou la vergogne des erreurs ou du péché.

Comme il lui manquait des richesses et des dotations, il ne put pas prendre à gages des ministres pour lui; il ne put pas les multiplier, les conserver, les défendre; car il manqua de puissance ou de pouvoir séculier; il ne put ni forcer ni contraindre personne de la vérité au mensonge. Comme il lui manqua beaucoup, il ne put ni ébranler ni scandaliser personne par ses solennités. Et ainsi, étant trop tendre et faible, il ne trouva pas de place dans l’Église. Mais, croissant en ses membres, c’est-à-dire en ses ministres aveugles et hypocrites et en ses gens mondains; et lui-même grandit jusqu’à être homme fait dans la plénitude de l’âge, c’est-à-dire jusqu’à ce que les hommes ecclésiastiques et séculiers et les amis du monde, aveugle en la foi et étant mauvais, se sont multipliés dans l’Église avec tout pouvoir, l’Antéchrist voulant être invoqué, prié et honoré dans les choses spirituelles et couvrir son autorité, sa malice et ses péchés, a eu recours aux saints et aux pharisiens, en cela, comme il est dit ci-dessous.

Car c’est une extrême iniquité de cacher et orner une iniquité digne d’excommunication, et de vouloir paraître ce qui n’est pas donné à l’homme, mais qui appartient à Dieu seul et à Jésus-Christ en tant que médiateur. Enlever frauduleusement à Dieu, par rapine, ces choses et les transporter à soi et à ses œuvres doit être une extrême méchanceté, comme aussi de régénérer, de pardonner les péchés, de distribuer les grâces du Saint-Esprit, de confectionner Christ, et ainsi des autres choses semblables.

Et se couvrir dans toutes ces choses du manteau de l’autorité, de la forme des paroles, et tromper par ces choses le peuple ignorant, suivant ce que fait le monde dans les choses qui sont du monde : éloigner aussi de Dieu, et de la vraie foi, et de la régénération du Saint-Esprit; éloigner de la véritable repentance, de la persévérance dans le bien; éloigner de la charité, de la patience, de la pauvreté, de l’humilité, et, ce qui est le pire de tout, éloigner de la vraie espérance et la placer en tout mal et en la vaine espérance du monde; fournir à tous les ministères pour ces choses, faire idolâtrer le peuple, servir frauduleusement les idoles du monde entier, sous le nom de saints, et les reliques, et prendre part à leurs services; c’est ainsi que le peuple, s’égarant extrêmement de la voie de la vérité, croit servir Dieu et bien faire, on excite ce peuple à la haine, à la colère et à la méchanceté contre les fidèles et contre les amis de la vérité, et il fait beaucoup d’homicides, et ainsi l’Apôtre dit la vérité : Tel est l’homme de péché accompli, et c’est lui qui s’élève au-dessus de tout ce qui est Dieu; et qui est servi, et qui s’oppose à toute vérité, et qui est assise dans le temple de Dieu, c’est-à-dire dans l’Église, se montrant de même que s’il était Dieu, et qui vient avec toute sorte de séductions pour ceux qui périssent.

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L’histoire confirme l’affirmation de l’œuvre albigeoise de 1120. Aux Xe et XIe siècles, les papes ont commencé à affirmer leur autorité sur les autorités séculières. L’inquisition débute en 1184 et vise d’abord à éradiquer les albigeois. En 1215, le pape décrète la croisade des Albigeois, qui se traduit par le massacre de milliers de chrétiens dans le sud de la France.

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Une nouvelle année s’ouvre devant nous

Que pouvons-nous en faire ?

Nous voulons tous devenir de meilleures personnes, mais si nous nous concentrons sur nous-mêmes, nous gaspillerons les jours, les mois et l’année qui s’étendent devant nous.

Pensons plutôt aux instructions de Jésus : «Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes» (Matthieu 7.12).

Je souhaite une bonne année à tous ceux qui lisent ce blogue.

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Responsabilités d’un chrétien

Si le Nouveau Testament n’indique pas que nous avons le droit d’attendre des autres qu’ils nous traitent correctement, il a beaucoup à dire sur ce que les autres ont le droit d’attendre de nous en tant que chrétiens. C’est logique, n’est-ce pas ? Nous n’avons pas le choix des attitudes et des actions des autres, mais nous avons le choix de nos propres attitudes et nous avons le Saint-Esprit pour nous donner la force de mettre ces attitudes en action. Et dans ces actions, nous suivons l’exemple de Jésus.

Voici quelques versets du Nouveau Testament qui montrent l’étendue du spectre de nos responsabilités en tant que chrétiens :

  1. Comme vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le aussi de même pour eux. Luc 6.31
  2. Soyez les uns envers les autres, bons, compatissants, vous faisant grâce aux autres, comme aussi Dieu dans le Christ vous a fait grâce. Éphésiens 4.32
  3. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes oeuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. Matthieu 5.16
  4. Soyez de ceux qui pratiquent la parole, et non pas de ceux qui écoutent seulement, vous séduisant vous-mêmes par de faux raisonnements. Jacques 1.22
  5. Abstenez-vous de toute forme de mal. 1 Thessaloniciens 5.22
  6. Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous outragent et vous persécutent. Matthieu 5.44
  7. Ne pas résister au méchant ; mais si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. Matthieu 5.39
  8. N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde. 1 Jean 2.15
  9. Rendez grâces en toute chose. 1 Thessaloniciens 5.18
  10. Soyez toujours prêts à défendre la foi avec douceur et crainte, auprès de quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous. 1 Pierre 3.15
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La tente de David

Lorsque Moïse était dans la montagne pour communier avec Dieu pendant l’Exode, Dieu lui a donné des instructions détaillées sur la structure qui devait être au centre du culte du peuple. Il devait construire un long tente, ou tabernacle. L’intérieur était fait d’or et de belles tapisseries, tandis que l’extérieur était recouvert d’une couverture terne et imperméable.

À l’une des extrémités, séparée du reste par un épais rideau tissé, se trouvait l’arche de l’alliance, surmontée du propitiatoire. Vu de l’extérieur, la tente n’aurait pas été particulièrement remarquable, à l’exception de la Shekinah, la gloire de Dieu sous la forme d’une colonne de nuée le jour et de feu la nuit, qui se tenait toujours au-dessus du propitiatoire.

Cette tente était d’une importance capitale pour le peuple pendant son séjour dans le désert, pendant la conquête de Canaan et tout au long de la période des juges.

Puis vint le moment où l’arche fut retirée de la tente et emmené au combat contre les Philistins. Les Philistins furent victorieux dans la bataille, au point de s’emparer de l’arche. Eli, le souverain sacrificateur et chef spirituel des israélites, mourut en apprenant cette nouvelle. À ce moment-là, le culte du peuple israélite a pris une tournure pour laquelle aucune instruction n’avait jamais été donnée.

La place d’Eli en tant que dirigeant spirituel fut pris par Samuel, qui n’était pas de la lignée sacerdotale. L’arche a été rendue à Israël, mais n’a jamais été remise en place dans la tente. Samuel allait d’un endroit à l’autre du pays pour offrir des sacrifices et enseigner le peuple.

Samuel était un vrai prophète et dirigeant spirituel, mais comme il vieillissait et qu’il n’avait pas de successeur évident, le peuple commença à réclamer un roi. Dieu a exaucé leur souhait et Saül est devenu roi. Les choses ont rapidement mal tourné avec Saül et Dieu a envoyé Samuel oindre David pour qu’il devienne roi.

Lorsque David devint roi de tout Israël et qu’il eut conquis la montagne de Sion, il décida de construire une nouvelle tente. Il apporta l’arche et la plaça dans la tente qu’il avait construite, sans rideau pour la séparer du peuple. La première fois que David essaya d’apporter l’arche dans la nouvelle tente, Dieu frappa Uzza pour avoir essayé de stabiliser l’arche, montrant ainsi que l’arche représentait toujours la présence de Dieu. La deuxième fois a été couronnée de succès. David revêt des vêtements sacerdotaux de lin et un éphod et offre des sacrifices pour sanctifier la tente.

C’est la seule fois où des sacrifices ont été offerts à la tente de David. Par la suite, c’était un lieu de culte, où l’on priait, chantait des psaumes et lisait la Parole de Dieu. Josaphat est appelé l’enregistreur, un mot dont le sens peut aussi signifier celui qui fait se souvenir.

Nous voyons ici David agir en tant que prophète, sacrificateur et roi. Nombre de ses psaumes sont prophétiques, et il est qualifié de prophète dans Actes 2.30. Nous lisons dans 1 Chroniques 16.39-40 que la tente de Moïse existait toujours à cette époque, à Gabaon, et que le souverain sacrificateur Tsadok offrait toujours les sacrifices prévus par la loi. Mais comme le propitiatoire n’était plus dans la tente de Moïse, ils ne faisaient que des gestes vides. Le propitiatoire se trouvait dans la tente de David.

Cette étrange anomalie dans le culte israélite prit fin lorsque Salomon construisit le temple et installa l’arche dans le saint des saints du temple.

Plus tard, les prophètes ont rappelé au peuple la tente de David. Ésaïe 16.5 dit : «Car un trône sera établi par la clémence, et sur ce trône siégera avec fidélité, dans la tente de David, un juge ami du droit, prompt à faire justice». Le chapitre 33.20 dit : «Regarde Sion, la ville de nos fêtes solennelles! Que tes yeux contemplent Jérusalem, habitation tranquille, tente qui ne sera point transportée, dont les pieux ne seront jamais arrachés, et dont aucun cordage ne sera rompu.» Amos 9.11-12 dit : «En ce temps-là, je relèverai le tabernacle de David qui est tombé, et j’en réparerai les brèches; j’en redresserai les ruines, et je le rebâtirai comme il était aux jours anciens, afin qu’ils possèdent le reste d’Édom et toutes les nations sur lesquelles mon nom a été invoqué, dit l’Éternel, qui fera cela.»

De nombreuses personnes interprètent les références à Sion comme se rapportant à Jérusalem et à la montagne du temple, et les références à la tente de David comme prophétisant la restauration du royaume davidique en Christ.

Mais les parallèles sont trop frappants : David, en tant que prophète, sacrificateur et roi, a sanctifié la tente par un sacrifice unique; une nouvelle forme de culte, complètement séparée de la tente de Moïse; l’accès au propitiatoire sans voile entre celui-ci et les adorateurs.

N’est-ce pas ce que les dirigeants de l’Église primitive ont reconnu lors de la réunion à Jérusalem relatée dans Actes 15 ? Jacques a cité le passage d’Amos et l’a reconnu comme une prophétie de ce qui se passait alors. La tente de David avait été restaurée, un lieu où tous les peuples, y compris les païens, pouvaient librement adorer Dieu sans avoir à s’approcher de lui par le biais de la forme juive. Tout comme la tente de Moïse était vide à l’époque de David, l’adoration dans le temple de Jérusalem était maintenant vide après le sacrifice unique de Jésus, le vrai fils de David et notre prophète, sacrificateur et roi éternel.

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