Persécution des anabaptistes à Berne, conclusion

EXTRAIT DE LA TROISIÈME LETTRE D’OBERSULTZEM, LE 13 OCTOBRE 1671

Hendrick de Backer, ami le plus estimé et frère bien-aimé en Christ. Je vous souhaite, à vous et aux vôtres, beaucoup de grâce et de paix de la part de Dieu notre Père céleste, par l’intermédiaire de notre Seigneur Jésus-Christ, en guise de salut amical. Amen.

Ceci est en réponse à votre demande touchant la condition de nos frères suisses persécutés. Les faits sont que, le onzième dernier, il fut résolu en plein concile à Berne, d’envoyer aussi les prisonniers mâles jeunes et forts sur les galères, comme ils l’ont fait auparavant à six d’entre eux ; mais le vieux et faible ils enverraient ailleurs, ou les gardent dans l’emprisonnement perpétuel. Apprenant cette résolution, et étant poussé à la compassion, un certain monsieur à Berne est allé aux magistrats, et a demandé qu’ils seraient contents de reporter le renvoi des prisonniers jusqu’à ce qu’il puisse aller à leurs compagnons croyants, résidant en Alsace, et voir s’ils seraient responsables des prisonniers, en promettant que ceux-ci, après avoir quitté le pays, ne reviendraient plus sans leur consentement. Ce qu’il obtint, et, arrivant en Alsace chez nos amis, il leur présenta l’affaire, qui, dès qu’ils l’eurent entendu, accepta aussitôt les conditions, et promit, au cas où les autorités de Berne seraient heureuses d’envoyer les prisonniers à eux, qu’ils seraient responsables d’eux, et les aideraient à obtenir d’autres demeures. Si je comprends bien, nos amis ont promis à ce monsieur (il s’appelait Beatus), non seulement par oral, mais aussi par écrit. Là-dessus, il leur promit de nouveau de faire de son mieux auprès des autorités de Berne, et espérait en obtenir tant, qu’ils amèneraient les prisonniers jusqu’à Bâle, d’où les amis pourraient les emmener avec eux. Aussi avons-nous hâte de les rencontrer, espérant chaque jour entendre qu’ils sont arrivés en Alsace, ou qu’ils viendront nous voir.

En ce moment sont arrivés chez moi, quatre frères suisses avec leurs femmes et leurs enfants, qui disent que beaucoup d’autres sont sur le chemin, puisque la persécution et la recherche augmentent chaque jour. En conclusion, je vous recommande, après une salutation chrétienne et fraternelle, au Très-Haut, pour votre salut éternel.

Votre ami affectueux et votre frère en Christ,
JACOB EVERLING.

EXTRAIT DE LA QUATRIÈME LETTRE, DATÉE DU 2 NOVEMBRE 1671

En ce qui concerne nos amis suisses, ils arrivent maintenant dans de grands partis, de sorte qu’il y a déjà plus de deux cents personnes, et parmi elles il y a beaucoup de vieilles personnes à tête grise, hommes et femmes, qui ont atteint soixante-dix, quatre-vingt, oui, quatre-vingt-dix ans ; aussi un nombre qui sont infirmes et boiteux ; portant leurs ballots sur le dos, avec des enfants sur leurs bras, quelques-uns de bonne humeur, d’autres aussi avec des yeux larmoyants, en particulier les personnes âgées et faibles, qui maintenant dans leur grand âge sont obligés d’errer dans la misère et d’aller dans des pays étrangers et que beaucoup d’entre eux n’avaient rien pour dormir la nuit, et que moi et d’autres avec moi avons maintenant deux semaines pour en faire notre travail habituel, pour leur fournir un abri et d’autres articles de première nécessité.

Nous attendons encore plus, nous espérons que lorsque les gens auront quitté le pays, les prisonniers seront également libérés. Adieu.

La suite était que de plus en plus de fugitifs expulsés descendaient de Suisse dans le Palatinat, en tout près de sept cents personnes, âgées et jeunes, parmi lesquelles se trouvaient des familles de huit, dix et douze enfants, qui étaient à peine en mesure d’apporter avec eux assez pour leurs frais de déplacement, comme le montre l’extrait suivant

CINQUIÈME EXTRAIT DU MÊME OBERSULTZEM, LE 5 JANVIER 1672

Arrivé dans la région au-dessus de Heidelberg, un homme, ministre du Nord, avait douze enfants, pour la plupart très jeunes, mais, comme je le comprends, il n’avait apporté que quatre rix dollars en argent et un très pauvre cheval. Quelques autres ont apporté avec eux de l’argent, mais beaucoup de rien du tout, de sorte qu’après un examen minutieux, on a trouvé parmi deux cent quatre-vingt-deux personnes, mille quarante-six rix dollars. Et dans le bailliage d’Alzey, sur deux cent quinze personnes, six cent huit rix dollars.

Dans le juridiction de Darmstein, on a trouvé cent quarante-quatre personnes ; mais quant à leurs moyens, je n’ai pas appris ; mais, d’après les apparences, je les juge les plus indigents. Bref, nous trouvons que leur nombre se compose d’environ quatre-vingts familles, puis de veuves, de célibataires, de maris et de femmes qui ont dû abandonner leurs compagnons, parce que ceux-ci, attachés à la religion réformée, ne pouvaient pas faire leur les esprits pour partir ; en tout, six cent quarante et une personnes, dont les fonds ne dépassent pas la petite somme déjà indiquée ; de sorte que vous pouvez facilement calculer, qu’une aide considérable sera nécessaire. Outre ceux-ci, on comprend, il y a une centaine de personnes de plus en Alsace, à qui nous attendons aussi à l’avant de l’année. Adieu. Jusque-là les extraits des lettres.

Par la suite, les confréries résidant dans les provinces des Pays-Bas, en mars de la même année 1672, en envoyèrent quelques-unes au Palatinat, qui voyageaient partout vers les frères persécutés, et en leur entendaient et voyaient, ont non seulement trouvé ce qui précède pour être vrai, mais aussi, que déjà certains des derniers mentionnés étaient venus d’Alsace, qui, apportant aussi, comme les autres, pas de fonds avec eux, étaient avec ceux-ci.

De plus, ils ont appris de certains des quarante prisonniers eux-mêmes qu’ils avaient tous été libérés et, selon la demande du gentleman susmentionné, ils ont été amenés à Bâle, et ils se sont tournés vers leurs frères, avec qui ils sont ensuite partis. Mais quand on leur demandait pourquoi ils n’étaient pas partis plus tôt pour chercher de tels endroits où ils auraient pu vivre avec plus de liberté selon leur conscience, voyant que les autorités n’avaient pas empêché leur départ, ils donnèrent des raisons différentes, dont les suivants n’étaient pas les moindres

1. Ils disaient que les églises grandissaient et se multipliaient, de sorte que, quoique sous la croix, elles fleurissaient comme une rose parmi les épines, et qu’on pouvait espérer une augmentation supplémentaire, parce que beaucoup de personnes se manifestaient, qui voyaient la lumière briller des ténèbres, ont commencé à l’aimer et la chercher ; que les ministres, considérant cela dans leur cœur, se sont montrés réticents à quitter le pays, craignant que cette récolte prometteuse ne soit perdue, et que beaucoup d’entre eux se détournent de leur bon but ; et par conséquent, ils ont plutôt choisi de souffrir un peu plutôt que de partir, afin qu’ils puissent encore sauver certaines âmes de la perdition, et les amener à Christ.

2. Une deuxième raison était qu’ils ne pouvaient pas si facilement prendre leur départ vers d’autres pays, parce qu’il y a parmi eux beaucoup de familles divisées, dont le mari ou la femme est dans l’église, tandis que le compagnon fréquentait encore l’église publique, auquel cas si ceux-ci ne suivaient pas leurs compagnons persécutés, abandonnaient aussi tout et quittaient la campagne, cela causait beaucoup de désagrément et de chagrin ; qu’il y avait même plusieurs ministres non exempts de cette difficulté, et qu’il y avait aussi deux ministres dans le Palatinat, qui avaient des femmes qui n’étaient pas dans l’église, et qu’elles avaient secrètement été averties par un bon ami de partir de nuit et de prendre la fuite, sans savoir encore si leurs femmes les suivraient, ou si, aimant leurs biens plus que leurs maris, ils resteraient là dans le pays et abandonneraient leurs maris. Que de tels cas aient créé plus de chagrin et de difficultés, parce que les autorités accordaient la liberté aux personnes restantes, femmes ou hommes, de se remarier et de chercher d’autres compagnons.

Ces raisons, entre autres, les avaient empêchés de quitter leur terre terrestre pour échapper à toute contrainte, mais les induisit, plutôt (comme ils l’avaient fait maintenant), à attendre qu’ils voient qu’ils ne pouvaient plus rester là et conserver une bonne conscience.

  • traduit de Martyrs Mirror

À propos de Bob Goodnough

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