Second tableau de Henry Alevin

S’ensuit une claire remontrance, comment ce monde pervers n’est point vraiment chrétien, et pourquoi pas.

En quelle manière chacun de ce monde veut et estime être de ce monde, et comment non. Qu’on prenne bien garde comment tous méchants et iniques veulent bien être appelés de ce monde lequel Dieu a tant aimé qu’il a donné son seul fils pour lui, et les péchés duquel l’Agneau de Dieu a ôté et effacé, (lequel propos toutefois doit être entendu du péché originel ou héréditaire d’Adam.) Chacun, dis-je, veut entièrement être ce monde, lequel Jésus-Christ a délivré et réconcilié. Or il est bien vrai que Christ n’est point venu au monde pour condamner le monde, mais afin que le monde et les pécheurs furent sauvés, et pour les appeler à repentance. Car cela était son message, étant venu pour ôter les péchés du monde, afin qu’il défit les œuvres du diable.

Mais, Ô monde, monde ! Vous ne l’avez pas cru ni reçu : mais tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné ce droit d’être enfants de Dieu. Vous n’êtes point voulu venir à lui pour avoir vie : mais vous avez mieux aimés les ténèbres que la lumière. Et pendant qu’il était près et se pouvait trouver, vous ne l’avez point cherché. Pour cela vous est assigné malheur et non point salut. Voire, il vous advient ce qui est écrit : « Si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice, il se livre au mal dans le pays de la droiture, et il n’a point égard à la majesté de Dieu » (Ésaïe 26.10).

Maintenant au contraire, comment tels dont nous avons ci-dessus parlé, ne veulent, ni s’estiment point être de ce monde, et toutefois le font. On le peut considérer, en ce que tous iniques et mal vivants, quels qu’ils soient, ne veulent point être nommés ni compris au rang de ce monde, qui a si mauvais renommée et si mauvais titres en l’Écriture Sainte, n’ayant rien de commun avec l’Église, ni avec les apôtres, qui marche de tout en iniquité, ne pouvant recevoir le Saint-Esprit, pour lequel Christ n’a point prié. Personne, dis-je, ne veut être nommé ni compris en ce monde.

Combien toutefois qu’il y en aie tant et plus qui en font, étant plus d’ordure, infamie et impudicité. De cela lisez 1 Corinthiens 5.9-10 ; 2 Pierre 2.18 ; 1 Jean 2.16, ils ne veulent aussi point être compris ni nommés de ce monde, rempli de fausses institutions, ordonnances et faux services. Bref, de faux semblant et apparence de christianisme. Ainsi donc, ces noms, effets et fruits, mentionnés en l’Écriture Sainte, touchant ce monde pervers, chacun les nie et renonce, ayant de cela honte. Combien qu’il soit par trop merveilleusement apparent et une grande multitude de gens et peuples, lesquels nous renvoient pour le regard de ce monde pervers en Judée, en Grèce, en Turquie et en autres pays infidèles. Comme si on ne savait point mieux.

Ô mes amis ! Que ce monde-là est bien et beaucoup plus près, quiconque y voudra bien prendra garde, comme j’espère de le démontrer : et pour ce faire lisez et prenez garde Colossiens 2.20 ; 1 Jean 2.15 ; Jacques 4.4. Or par tout où vous trouverez tels fruits, dont l’Écriture Sainte fait mention, là pouvez vous dire assurément être ce méchant monde. Prenez-y donc bien garde.

Or maintenant il faut entendre comment l’Écriture Sainte nomme le monde en deux sortes : car en parlant du monde elle n’entend pas toujours de la même manière ; mais en quelques lieux parlant du monde elle entend de la rondeur, circuit ou contenu du monde. C’est à savoir, de la création de Dieu entièrement ; lisez Genèse 1, 1 Jean 2.2, Colossiens 1.26, Romains 16.25, Éphésiens 1.4, et vous trouverez qu’en tous ces lieux est parlé et entendu la rondeur du monde, ou circuit de la terre.

L’autre sens, auquel est pris ce mot en l’Écriture, s’entend le peuple qui est affectionné aux choses mondaines, qui ensuit l’affection terrestre, charnel et diabolique. Lisez 1 Jean 4.4, Jacques 3.14-15. Or ce méchant monde a son propre dieu, qui est l’esprit malin, ayant son royaume et peuple. Car il faut considérer que Dieu et le diable, ou Christ et Bélial, sont deux dieux et deux princes, chacun ayant divers gouvernement, royaume, peuple et esprit. À savoir, Dieu au Ciel, et le diable et Antéchrist sur la terre. Et chacun de ces deux ducs et ou princes attire à soi le peuple de l’autre, à savoir Dieu avec sa vérité et le diable avec mensonge, finesse et fausseté. Car il épie le mot du guet de Christ, afin que par le moyen de ceci il puisse attraper les âmes sous le nom de Christ, de la parole, louange, vertu, services, signes et merveilles, par tous moyens contrefaits, dissimulation et fausse apparence comme ci c’était Dieu et le tout de Dieu. Voire se mettant au temple de Dieu et se montrant soi-même qu’il est Dieu.

Lisez de ce dieu et prince, avec sa seigneurie et puissance 2 Thessaloniciens 2.3-4, 2 Corinthiens 4.4, Jean 12.31 et 14.30 et 16.11, Matthieu 4.3 et 12.7, Luc 11.22, Colossiens 2.15, Éphésiens 2.2 et 6.12, 1 Corinthiens 2.12. Par ainsi donc prend-il les âmes et personnes en ses pièges ; tellement, qu’elles se rendent parfois adverses et penchées contre la vérité, ce que chacun doit bien considérer et y prendre garde s’il ne veut pas être déçu, mais remontré et enseigné suivant la vérité. Car l’apôtre Paul dit ainsi : « Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent ; pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne vissent pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Corinthiens 4.3-4).

Ce séducteur, à savoir Satan, veut même être adoré de Jésus-Christ comme s’il était Dieu et un prince merveilleusement riche en biens et trésors. Il est aussi appelé par Jésus-Christ et sas apôtres le prince ou souverain de ce monde ; toutefois il n’a rien en Christ, car il (Christ) est plus fort que lui et l’a vaincu ; voire il est condamné et jugé. Lequel comme prince de la puissance de l’air règne maintenant sur les enfants de rébellion et d’incrédulité, sous lequel, dit l’apôtre, nous avons tous marchés selon les concupiscences de notre chair, exécutant les désirs de notre chair et de nos pensées et étions de nature enfants de colère, comme aussi les autres.

Ô mes amis ! Notez bien ces paroles : Car qui est celui maintenant qui ne connaîtra point encore ce monde méchant et aveugle, par le train et le cours de ce monde ? Or ce prince, à savoir le diable, combien qu’il soit un ennemi vaincu par Christ, comment est-ce qu’il tourmente encore les fidèles et enfants de Dieu, allant autour d’eux, cherchant s’il en pourra dévorer quelqu’un. Cet esprit malin séduit les gens par la doctrine des diables et par les mensonges en hypocrisie, car l’esprit d’Antéchrist est aussi l’esprit du diable et du monde et n’est qu’une même sorte d’esprit, tellement, que tous ceux qui sont menés et conduits de cet esprit, ils sont de ce monde, ils parlent du monde, et le monde les écoute.

Par conséquent ce diable, cet Antéchrist, et esprit malin, opèrent ensemble en une même sorte d’erreur et iniquité en ceux qui périssent, d’autant qu’ils n’ont point reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Et pourtant Dieu leur envoie une puissance d’erreur, à ce qu’ils croient au mensonge ; voire Dieu les abandonne aux concupiscences de leurs cœurs et leurs affections vilaines. Par ainsi a ce méchant et pervers monde un propre dieu, esprit et peuple, doctrine et service divin contrefaits, comme il a été montré. À quoi chacun qui aime son âme, veuille bien prendre garde.

Et si aucun ose encore dire et mettre en avant que ce monde-ci n’est point tel, ne si infidèle ou pervers comme j’ai dit par les témoignages de l’Écriture Sainte ci-devant allégés, mai que c’est un autre peuple loin d’ici, je lui veux encore montre un nombre infini de témoins de ce monde même, à savoir, tous ceux qui se plaignent à merveilles entre eux de tromperies, dommages, mensonges, calomnies, détractions, oppressions et cruautés. Eux-là, dis-je, témoignent qu’il n’y a en ce monde loyauté, foi, charité, ni crainte de Dieu. Et je dis aussi qu’il est ainsi. Davantage, mes témoins touchant cette fausse apparence de spiritualité et sainteté susmentionné, sont même les prêcheurs qui en leurs récits caquettent et jasent tant, touchant leur papauté, leurs évêques, cloîtres, etc. Lesquels en général sont superbes, avares et convoiteux des trésors, plein de volupté charnelle, idolâtres, envieux, voir ennemis de la vérité. Ainsi, dis-je aussi avec le témoignage de l’Écriture Sainte, et avec l’effet qu’on voit, tellement que nul ne peut dire du contraire.

À propos de Bob Goodnough

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