Le Miroir des martyrs : Le témoignage d’une foi qui ne pouvait pas être supprimée

Le Miroir des martyrs, œuvre monumentale de la littérature anabaptiste, relate la vie et les tribulations de chrétiens fidèles tout au long de l’histoire. Il s’agit d’une réflexion profonde sur la foi, la souffrance et l’esprit durable de ceux qui sont restés fermes dans leurs croyances.

La persécution des chrétiens a été entamée par les autorités païennes, puis poursuivie par l’Église catholique romaine en partenariat avec les autorités séculières. Les XVIe et XVIIe siècles ont été marqués par une répression sévère de la part des protestants et des catholiques. Les anabaptistes croyaient en une Église de Dieu pure, caractérisée par le baptême des croyants et la séparation d’avec les influences corruptrices du monde qui les entourait. Beaucoup ont été emprisonnés, torturés ou exécutés pour leurs croyances.

Thieleman J. van Braght, un diacre anabaptiste néerlandais, a cherché à documenter ces histoires afin d’honorer les sacrifices de ceux qui sont morts pour leur foi et d’inspirer les générations futures. Son œuvre est un récit puissant destiné à renforcer la détermination des croyants dans un contexte de persécution permanente. Le Miroir des martyrs a été publié pour la première fois en 1660.

Le Miroir des martyrs divise chaque siècle en deux parties. La première partie se concentre sur la foi des martyrs de ce siècle. Elle comprend des histoires de personnages tels qu’Étienne, le premier martyr chrétien, et s’étend à divers dirigeants anabaptistes qui ont été confrontés au martyre au XVIe siècle.

La deuxième partie détaille les expériences spécifiques des martyrs anabaptistes. Elle comprend non seulement leurs procès et leurs exécutions, mais aussi leur foi inébranlable face à la mort. Les récits sont souvent riches en réflexions personnelles et entrelacées de références bibliques, soulignant les convictions spirituelles qui ont motivé ces individus.

Plusieurs thèmes clés se dégagent du Miroir des martyrs. Les récits illustrent la conviction profonde que les vrais croyants doivent être prêts à endurer la persécution et même la mort au nom de leurs convictions. Ce concept de «souffrance pour Christ» est au cœur de la théologie anabaptiste et constitue un appel à la fermeté. Les récits soulignent le soutien et l’encouragement que les martyrs ont reçus de la part de leurs coreligionnaires, ce qui témoigne d’un fort sentiment de solidarité et de foi partagée.

Le Miroir des martyrs a eu un impact durable sur les communautés anabaptistes, servant de source d’inspiration et rappelant le coût de la vie de disciple. Il est fréquemment cité dans les sermons, les enseignements et les réflexions personnelles, et continue d’être un élément vital de l’héritage anabaptiste.

Aujourd’hui, le Miroir des martyrs reste un texte très apprécié des groupes anabaptistes. Rédigé à l’origine en néerlandais, il a été traduit en allemand et en anglais, est en cours de traduction en français et continue d’être imprimé et largement distribué. Dans un monde toujours en proie à la persécution, les histoires contenues dans le Miroir des Martyrs résonnent profondément, encourageant les lecteurs à réfléchir à leurs propres convictions et au prix de la vraie foi.

Le Miroir des martyrs n’est pas seulement un document historique ; c’est un témoignage vivant de la foi et de la résilience. Au fil des pages, il nous rappelle les sacrifices consentis par ceux qui nous ont précédés et nous incite à perpétuer leur héritage dans notre propre vie. À une époque où la foi est encore mise à l’épreuve, les récits contenus dans ce livre puissant continuent d’inspirer courage et conviction aux croyants du monde entier

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Un marteau n’est pas un outil d’évangélisation

Il y a un dicton qui dit que si l’on n’a qu’un marteau dans sa boîte à outils, beaucoup de choses qu’on voit ressemblent à des clous. J’ai rencontré des gens comme ça qui voulaient partager l’Évangile. Ils martèlent leur message : «Tu es un pécheur! Tu vas finir en enfer! Tu dois naître de nouveau!» Tout cela est peut-être vrai, mais le martèlement du marteau fait passer le mauvais message et les gens apprennent à éviter ce type d’évangéliste. Ce n’était pas la façon dont Jésus faisait les choses.

Dans le récit de la femme prise en flagrant délit d’adultère au chapitre 8 de l’évangile de Jean, il y a un petit détail intriguant. Il est mentionné à deux reprises que Jésus écrivit sur la terre. Cela semble avoir un rapport avec le fait que les accusateurs de la femme sont partis l’un après l’autre, du plus âgé au plus jeune.

Certains ont supposé que Jésus écrivait les péchés des accusateurs. Je doute que cela ait été nécessaire. Ces hommes étaient des scribes et des pharisiens, des hommes ayant une connaissance approfondie des Écritures. Ils se sont certainement souvenus des paroles de Jérémie : «Toi qui es l’espérance d’Israël, Ô Éternel! tous ceux qui t’abandonnent seront confondus. — Ceux qui se détournent de moi seront inscrits sur la terre, car ils abandonnent la source d’eau vive, l’Éternel.» (Jérémie 17.13).

Avoir son nom écrit sur la terre serait le contraire de l’avoir écrit dans les cieux. Les accusateurs de la femme auraient été surpris que Jésus les connaisse tous par nom, et encore plus qu’il connaisse leur âge, en écrivant leur nom du plus âgé au plus jeune. Cela leur a fait soupçonner qu’il connaissait également la nature exacte de leur péché et ils ont pensé qu’il valait mieux échapper à la présence d’un tel homme.

Pensons donc à la femme accusée. Elle a péché, elle le savait. Elle se retrouve seule avec un homme qui avait silencieusement semé la peur dans le cœur de tous ses justes accusateurs. Qu’allait-il lui dire?

Il ne l’a pas condamnée, il l’a pardonnée, il l’a libérée. C’est toujours la voie de Jésus : le jugement pour ceux qui se croient justes, la miséricorde pour ceux qui se savent pécheurs.

Blaise Pascal écrivit : «La conduite de Dieu, qui dispose toutes choses avec douceur, est de mettre la religion dans l’esprit par des raisons, at dans le cœur par la grâce. Mais de la vouloir mettre dans l’esprit et dans le cœur par la force et par les menaces, ce n’est pas y mettre la religion, mais la terreur.»

Et ainsi : «Les hommes ont mépris pour la religion; ils en ont haine et peur qu’elle soit vraie. Pour guérir cela, il faut commencer par montrer que la religion n’est pas contraire à la raison; vénérable, en donner respect; la rendre ensuite aimable, faire souhaiter aux bons qu’elle fût vraie; et puis montrer qu’elle est vraie.
Vénérable, parce qu’elle a bien connu l’homme; aimable, parce qu’elle promet le vrai bien.»

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L’humilité : Qu’est-ce que c’est?

Selon le Petit Robert, l’humilité est un sentiment de sa faiblesse, de son insuffisance qui pousse une personne à s’abaisser volontairement en réprimant tout mouvement d’orgueil. Cela inclurait de ne pas se considérer comme meilleur que les autres, que ce soit en raison de l’origine ethnique, du statut économique, de l’éducation ou de toute autre chose qu’on peut prétendre avoir accomplie.

Jérémie 10.23 dit : «Je le sais, Ô Éternel! La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir; ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas.» C’est là le commencement de l’humilité, l’aveu que je suis incapable de moi-même de faire quoi que ce soit de bien.

Lorsque Dieu m’a appelé à la repentance, j’avais le choix : je pouvais rejeter la voix du Saint-Esprit qui me disait que j’étais pécheur, éternellement perdu et incapable de m’aider moi-même; ou je pouvais reconnaître que l’Esprit me disait la vérité. Jusque-là, je m’étais dit que je faisais de mon mieux dans les circonstances actuelles. Maintenant, j’avouais que tous mes problèmes étaient de ma faute, que je ne pouvais blâmer personne d’autre. Sur la base de cette confession du péché, Dieu m’a pardonné et je suis né de nouveau. Mais je reste un être humain et j’ai la très humaine tendance à avoir une haute opinion de moi-même. C’est ce qu’on appelle l’orgueil, et il est enraciné dans mon être même.

L’apôtre Paul a écrit aux Colossiens : «Ainsi donc, comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en lui» (Colossiens 2.6). Luc a rapporté les paroles de Jésus : Il leur dit à tous : «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive» (Luc 9.23). Le combat permanent de la vie chrétienne consiste à revenir chaque jour à la croix pour marcher dans l’humilité que nous avons reçue lorsque nous avons cru pour la première fois.

Comment y parvenir? De la même manière qu’au début, en nous soumettant à Dieu. Jacques écrit : «Mais il donne plus de grâce. C’est pourquoi il dit : Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Soumettez-vous donc à Dieu» (Jacques 4.6-7).

La véritable humilité, la soumission à Dieu, nous libère de la culpabilité et de l’esclavage du péché. L’humilité que l’on se fabrique soi-même est une autre forme d’esclavage. Si l’humilité est un travail que je dois accomplir, je sais que j’en viendrai rapidement à croire que je le ferais mieux que les autres. Ainsi, ce que je croyais être de l’humilité devient en réalité de l’orgueil.

Certains versets semblent à première vue suggérer qu’on soit capable de se rendre humble par sa propre force. Les premiers mots de 1 Pierre 5.6 sont : «Humiliez-vous donc.» Si on arrête là, on pourrait croire que l’humilité est un œuvre qu’on doit faire. Mais cette impression change lorsqu’on lit tout le verset «Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps convenable». Notez que l’apôtre ne nous demande pas de nous prendre en main pour nous rendre humbles, mais de permettre à Dieu de nous prendre en main. Adam Clarke commente ce verset : «Ceux qui se soumettent patiemment aux dispensations de la providence de Dieu s’élèvent; ceux qui s’élèvent eux-mêmes sont repoussés par Dieu.»

Ainsi, je crois que les Écritures enseignent partout que l’humilité est le fruit de la soumission à Dieu et non une œuvre de la chair. Cependant, il existe une forme d’humilité, une contrefaçon de la vraie, qui est une œuvre de la chair. Il se peut que des personnes non converties adoptent cette forme pour se convaincre elles-mêmes et convaincre les autres qu’elles marchent avec Dieu. Il se peut aussi qu’un chrétien né de nouveau soit tellement impressionné par la nécessité de l’humilité qu’il ou elle fasse passer une forme d’humilité qu’il s’est fabriqué pour l’humilité authentique de son cœur. Ce n’est pas nécessairement un péché, mais il peut conduire à l’erreur.

L’apôtre Paul a écrit aux Colossiens : «Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course» (Colossiens 2.18). Adam Clarke considère la deuxième partie comme une référence aux prix décernés lors des Jeux olympiques de l’époque, de sorte que l’apôtre dit «vous avez gagné le prix, ne laissez personne vous le voler». Quant à la première partie, il y voit une allusion aux esséniens, «qui étaient remarquablement stricts et pieux, passaient la plus grande partie de leur temps dans la contemplation de l’Être divin, s’abstenaient de toute satisfaction sensuelle, et affectaient de vivre la vie des anges sur la terre».

Y a-t-il une meilleure description de l’humilité que ces mots : «le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance» (Galates 5.22)?

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Des anciens écrits anabaptistes

La plupart des gens considèrent les mennonites comme une variante de la Réforme, née aux Pays-Bas au 16e siècle. La plupart des mennonites semblent accepter cette histoire, certains ayant une vague idée que les Vaudois ont pu être, d’une manière inconnue, les précurseurs des mennonites.

Le Miroir des Martyrs, compilé par Thieleman J van Braght au 17e siècle, donne une histoire plus complexe. Il a consulté une multitude de documents historiques depuis l’époque des apôtres jusqu’à son époque et a trouvé des preuves de l’existence continue de la foi pure tout au long de l’histoire. Il admet qu’il n’est pas possible de retracer la transmission de la foi d’une personne à l’autre, mais il soutient que la continuation des mêmes doctrines clés d’une époque à l’autre et d’un lieu à l’autre est une preuve suffisante qu’il doit y avoir eu une transmission d’une personne à l’autre.

On trouve de nombreuses mentions de ces chrétiens en France jusqu’au 12e siècle, puis au cours de ce siècle, le monde a pris conscience de l’existence d’églises appelées albigeois et vaudois et de prédicateurs nommés Pierre de Bruys, Henri de Lausanne et d’un certain Vaudès. Il n’y a aucune preuve historique que ce dernier portait le prénom de Pierre ni qu’il était le fondateur des Vaudois. Il est certain qu’il a fait partie de l’église appelée Vaudois, mais celle-ci existait avant lui.

Cette période a capté l’attention et l’imagination d’un grand nombre de personnes et de nombreuses recherches ont abouti à de multiples histoires confuses et contradictoires.

Ce n’est pas à moi de démêler ce que de nombreuses personnes plus sages que moi ont fait. Mais il y a une chose que je souhaite faire. Deux écrits ont apparus en 1120. L’un est l’Antéchrist, qui expose en détail tout ce que l’Église catholique romaine a fait pour corrompre les purs enseignements de Jésus-Christ. L’autre est La Noble Leçon, un long poème de 479 lignes commençant par un avertissement que la fin est proche et se terminant par un appel à la repentance. Il contient une esquisse de l’histoire de la Bible, de la vie du Christ, de la vraie foi et de la fausse foi des persécuteurs.

Ces deux documents ont été rédigés en occitan et il existe deux traductions françaises et une traduction anglaise du 17e siècle. Les traductions françaises contiennent quelques mots qui ne sont plus utilisés aujourd’hui et, parfois, les phrases s’allongent au point que le lecteur moderne pourrait perdre le fil de ce qui est dit.

Mon objectif est donc de laisser les documents parler d’eux-mêmes à un public moderne, c’est-à-dire de les présenter dans un langage qui peut être facilement compris par les lecteurs d’aujourd’hui.

Je n’ai pas de calendrier pour la réalisation de ce projet, je ne souhaite pas être dilatoire, mais il faudra du temps pour le réaliser correctement.

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Gare aux loups !

Dans Les lettres de mon moulin d’Alphonse Daudet, il y a le conte de la chèvre de Monsieur Seguin. Monsieur Seguin avait une petite ferme au pied d’une montagne et dans cette ferme il avait une jeune chèvre. Il veillait à ce que sa chèvre ait tout ce dont une chèvre peut avoir besoin pour être heureuse.

Mais la chèvre ne cessait de regarder vers le sommet de la montagne et de penser qu’il serait merveilleux d’y être. Elle ne manquait de rien dans la petite ferme de Monsieur Seguin, mais elle continuait à regarder avec envie vers le sommet de la montagne.

Malgré tous les efforts de Monsieur Seguin pour le satisfaire, la chevrec finit par s’éclipser un matin et par s’enfuir en courant vers le sommet de la montagne. Lorsqu’elle atteignit la forêt au sommet, elle la trouva aussi merveilleuse qu’elle l’avait imaginée. Elle passa la journée à gambader, explorant toutes les nouvelles choses à voir et à goûter. Puis le soleil descendit dans le ciel et il fit plus frais. Elle entendit Monsieur Seguin l’appeler à rentrer à la maison, mais elle préférait sa nouvelle liberté sur la montagne.

Alors que les ombres de la nuit s’allongeaient autour de lui, la chèvre s’aperçut qu’un loup l’observait. La chèvre avait deux cornes et s’en servit pour se défendre des attaques du loup. Ils s’affrontèrent ainsi toute la nuit et la chèvre survécut jusqu’au matin. Lorsque le soleil se leva, la petite chèvre était couverte de blessures et épuisée. Elle s’allongea au soleil pour se reposer, puis le loup vint la manger pour son petit déjeuner.

La morale est qu’il ne faut jamais se précipiter dans un milieu que l’on ne comprend pas. Il faut aussi être averti qu’il y a des loups dans ce lieu qui semble offrir une liberté merveilleuse. Et nous ne sommes pas plus intelligents que les loups.

Dans les années 1890, une adolescente canadienne a reçu ce conseil de sa mère : «Maman dit que la plus grande erreur au monde est l’idée que certaines personnes se font qu’en dehors des lois de Dieu, il y a de la liberté. Elle dit que la seule vraie liberté que l’on puisse trouver sur terre se trouve à l’intérieur du cercle de ses lois, et que dès que l’on sort de ce cercle, on se retrouve dans un autre cercle qui se referme progressivement sur soi, de plus en plus près, jusqu’à ce que toute la joie soit exclue de sa vie et de la chose dont il était sorti pour en profiter. Mais le cercle de Dieu s’élargit de plus en plus pour contenir tous vos moments heureux, y ajouter des moments heureux et les garder pour vous à jamais».

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Le chaos et la maladie de vouloir comprendre

Le monde est en proie au chaos, au-delà de notre capacité à le contrôler ou même à le comprendre pleinement, et il en a toujours été ainsi. En termes scientifiques, le chaos est l’état dans lequel les événements sont régis par une multitude de petits facteurs, chacun opérant dans une plage de variation limitée, mais dont les effets cumulés produisent des effets impossibles à prédire.

La première chose qui vient à l’esprit est la météo. Récemment, nous avons regardé plusieurs fois le radar météorologique pour voir quand un système orageux se passerait de notre région. Le radar indiquait la position actuelle de la tempête, puis sa trajectoire prévue pour les six heures suivantes. La tempête n’a jamais suivi la trajectoire prévue. Il y a tellement de facteurs qui peuvent influencer le vent et le temps : des variations dans la chaleur du sol, des variations dans le stade de croissance de la végétation, tellement de petites choses qu’il est impossible de les mesurer et de les prévoir toutes. La fumée des incendies de forêt influe sur le temps qu’il fait; nous apprenons que cet été, des panaches de fumée provenant d’incendies de forêt dans l’ouest du Canada ont dérivé jusqu’en Pays-Bas. Les cendres des volcans d’Islande ou d’Indonésie influencent la météo dans des régions très éloignées.

La propagation des maladies, l’essor et le déclin des empires sont tous soumis à une multiplicité similaire de facteurs largement invisibles. Dans nos vies personnelles, nous commençons la journée en pensant avoir prévu toutes choses, puis les lumières et l’ordinateur s’éteignent. Une fois, c’est parce qu’un chat, poursuivi par un autre, a couru en haut d’un poteau électrique et a été électrocuté; une autre fois, c’est parce qu’une vache s’est frottée à un poteau électrique et l’a fait tomber. C’est ça le chaos.

Et pourtant, nous voulons comprendre, croire que nous sommes en contrôle de la situation. C’était le problème de Job. Il a gardé sa foi en Dieu tout au long de son épreuve, mais il pensait que Dieu lui devait une explication pour ce qui lui était arrivé. Dieu lui a alors demandé ce qu’il comprenait vraiment de toutes les choses qui s’étaient produites dans le passé et de celles qui se produisaient chaque jour autour de lui. Lorsque Job a reconnu la petitesse de sa compréhension, Dieu l’a relevé de ses souffrances. Ses trois amis ont cru voir clairement la cause de la souffrance de Job : il avait dû commettre un péché qui était resté caché. Dieu leur dit qu’ils ne comprennent rien et qu’ils doivent demander à Job de prier pour eux.

Il est difficile pour l’esprit humain de croire en un Dieu invisible. C’est pourquoi les israélites ont demandé à Aaron de leur fabriquer un taureau d’or, et Jéroboam a fabriqué un autre taureau d’or pour le placer dans le temple qu’il a construit à Béthel. Ils ne considéraient pas cela comme de l’idolâtrie, comme l’adoration d’un Dieu différent, ils voulaient simplement pouvoir voir le Dieu qu’ils adoraient. Mais un Dieu que nous pouvons voir et comprendre n’est pas le vrai Dieu.

Ce même désir de comprendre est à l’origine de nombreux enseignements prétendument chrétiens qui semblent réduire les événements du passé, du présent et de l’avenir à une formule intellectuellement satisfaisante.

C’est la raison pour laquelle René Descartes a enseigné que toute vérité pouvait être découverte par la raison humaine. Blaise Pascal, quant à lui, disait que «le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point».

Je suis d’accord avec le dicton de Pascal, car il est en accord avec les enseignements de la Bible.

[Nous] regardons, non aux choses visibles, mais aux invisibles; car les choses visibles sont passagères, mais les invisibles sont éternelles. 2 Corinthiens 4.18
Or la foi est la substance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas. Hébreux 11.1
Autant les cieux sont élevés au dessus de la terre,
Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies,
Et mes pensées au-dessus de vos pensées.
Ésaïe 55.9

Lorsque nous nous sentons poussés de réduire Dieu à une taille qui correspond à la mesure de notre entendement, en disant que Dieu est incapable de faire quoi que ce soit que nous ne pouvons pas comprendre, c’est la pire des idolâtries, car nous nous sommes rendus égal à Dieu.

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Les trois erreurs les plus courantes concernant le sabbat

1 Le sabbat est un jour de repos et de rafraîchissement pour l’esprit et le corps en préparation du travail de la semaine suivante.

2 Le commandement du sabbat appelle les gens à se rassembler pour le culte.

3 Les chrétiens ont changé le sabbat du samedi au dimanche.

    EXPLICATION :

    1 Nous pouvons penser que Dieu a institué un jour de repos par semaine, parce qu’après six jours de labeur, le corps humain et le cerveau ont besoin de repos. Mais la Bible ne dit rien de tel. Abraham Joshua Heschel, rabbin et théologien juif, a écrit dans son livre The Sabbath que ce type de pensée relève de l’esprit d’Aristote et non de l’esprit de la Bible. Heschel affirme que le sabbat n’a pas été ordonné dans le but de reprendre des forces pour travailler davantage, mais pour le bien de la vie. C’est le repos spirituel qui donne un sens à la vie, et non le travail.

      Imaginons-nous que, le premier jour de la semaine suivante, Dieu ait pris son panier-repas, pointé l’horloge et entamé une nouvelle semaine de travail? Son œuvre est achevée depuis la fondation du monde (Hébreux 4.3). Le septième jour était le début d’un repos sans fin pour Dieu et la promesse qui nous est faite est que nous pouvons entrer dans ce repos. Le but du sabbat était de séparer les gens des soucis terrestres afin qu’ils puissent contempler les réalités éternelles. Le Nouveau Testament indique clairement que le travail qui doit cesser est celui de nos tentatives futiles à gagner le salut.

      Dans Matthieu 11.28-29, Jésus nous invite à cesser notre travail, à déposer nos fardeaux et il nous donnera du repos pour nos âmes. Hébreux 11.1-10 est une invitation à cesser notre travail et à entrer dans le repos de Dieu, le sabbat. «Car celui qui est entré dans son repos a cessé ses propres œuvres, comme Dieu a cessé les siennes» (Hébreux 4.10). Nous entrons dans ce repos lorsque nous naissons de nouveau. Nous connaissons Dieu comme notre Père et nous sommes assurés qu’il nous connaît comme son enfant. Il nous remplit d’amour, de joie, de paix et de tous les fruits de l’esprit. Il nous guide, nous réconforte et nous aide dans toutes les difficultés que nous rencontrons dans la vie. Vivre le sabbat exige également que nous pardonnions aux autres, que nous ne soyons pas rancuniers, que nous ne favorisions pas une personne au détriment d’une autre, mais que nous voyions les autres comme Dieu les voit.

      Dieu a donné au prophète Ésaïe (Ésaïe 58.6-14) une belle image de la bonne manière de jeûner et d’observer le sabbat. Est-ce que tout cela ressemble à quelque chose que l’on ne devrait faire qu’à certaines occasions, ou un jour par semaine? N’est-ce pas plutôt l’image du royaume de Dieu du Nouveau Testament, lorsque les enfants de Dieu vivront le sabbat tous les jours?

      2 Lire le quatrième commandement (Exode 20.8-11). Il n’y a pas d’instruction ici pour se rassembler pour le culte un jour par semaine. À l’époque de l’Ancien Testament, il y avait seulement trois fêtes annuelles au cours desquelles tous les hommes adultes devaient se réunir pour le culte à Jérusalem.

        L’Ancien Testament ne donne pas non plus d’instructions sur la création de synagogues et la tenue de cultes un jour par semaine. Il s’agissait d’une tradition qui semble avoir commencé pendant la captivité babylonienne, et c’était une bonne tradition. Les chrétiens ont adopté cette tradition et le culte hebdomadaire est devenu la principale source de soutien de notre vie spirituelle. Ce n’est pas une loi écrite sur des tables de pierre, mais ce devrait être une loi écrite dans nos cœurs que nous voulons nous rassembler là et quand la nourriture spirituelle est servie.

        3 C’est pourquoi on ne peut pas dire que l’Église chrétienne a changé le jour du sabbat. Le sabbat hebdomadaire a été ordonné comme un avant-goût du repos spirituel qui serait offert par le Messie. Ce repos s’accomplit lorsque l’on naît de nouveau et que la vie devient un sabbat perpétuel. Nous connaissons Dieu comme notre Père et nous sommes assurés qu’il nous connaît comme son enfant. Il nous remplit d’amour, de joie, de paix et de tous les fruits de l’esprit. Il nous guide, nous réconforte et nous aide dans toutes les difficultés que nous rencontrons dans la vie.

          Nous sommes entrés dans le sabbat, non pas un jour sur nos calendriers terrestres, mais un temps qui durera jusqu’à la fin des temps et dans l’éternité. Les réalités spirituelles ont désormais la priorité sur les réalités matérielles. Nous n’avons pas à nous soucier de notre statut aux yeux des autres, ce qui compte c’est que nous sommes un enfant de Dieu, entouré de son amour.

          Le sabbat n’a pas été changé ou aboli par les chrétiens, il a été accompli et ils vivent cet accomplissement chaque jour. Lorsque les chrétiens se réunissent un jour par semaine pour le culte, ce n’est pas le sabbat, c’est un jour de culte, une occasion de nourrir et de rafraîchir l’âme plutôt que le corps. Ce n’est pas une loi à laquelle il faut obéir, mais une grâce à recevoir avec joie.

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          Recherchez-vous la vraie foi chrétienne?

          Je vis en Saskatchewan, une province du Canada où les francophones (ici on les appele fransaskois) sont en situation minoritaire. Bien qu’il y ait plusieurs institutions d’enseignement et d’activités culturelles francophones, c’est un lieu aride pour les francophones sur le plan spirituel. Il y a bien plusieurs paroisses francophones de l’Église catholique romaine, mais il semble qu’elles soient davantage des vestiges de l’ancienne culture catholique française plus qu’un endroit où trouver de quoi satisfaire les aspirations spirituelles de son cœur.

          Ce blogue est une faible tentative d’offrir un témoignage de la vraie foi vivifiante établie par Christ et les apôtres, qui était souvent appelée anabaptistes et, de nos jours, mennonites. Ce faisant, je veux aussi partager la vérité qu’une bonne partie de l’histoire de cette foi s’est déroulée en France. Il n’y a peut-être pas beaucoup de preuves de cela aujourd’hui, mais il y a mille ans, il y avait des milliers de chrétiens fidèles dans le sud de la France. L’Église catholique romaine a fait tout ce qui était en son pouvoir pour anéantir cette foi au moyen de l’Inquisition et d’une croisade, puis pour détruire ou déformer toutes les évidences de cette foi.

          Des milliers de personnes ont péri dans les persécutions, mais la foi s’est maintenue dans des communautés apparentées dans d’autres parties de l’Europe. De là, elle s’est répandue en Amérique du Nord et dans le monde entier.

          Bien qu’il n’y ait pas d’assemblées anabaptiste-mennonite francophones en Saskatchewan, il y a une présence sur Internet qui est accessible ici et partout dans le monde. Le site traitesevangéliques.org propose plus de 50 traités en français. Tout le monde peut les lire en ligne ou demander des copies imprimées. Il est même possible d’écouter des versions audio de nombreux traités. Et si vous avez des questions, vous pouvez les poser et recevoir une réponse

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          Beurre d’arachide et doctrine chrétienne

          Image par Mirko Sajkov de Pixabay

          Je ne me souviens pas quand cela a commencé, mais dans de nombreux pays, le nombre de personnes souffrant d’allergies aux arachides a considérablement augmenté. Les gens, et en particulier de nombreuses mamans, ont paniqué face à la menace que représentent les arachides, ce qui a conduit à leur interdiction sur les vols des compagnies aériennes et dans de nombreuses écoles. Que se passe-t-il ici? Les arachides sont un aliment sain et nutritif.

          Ces dernières années, il a été suggéré que les parents surprotecteurs étaient peut-être plus à l’origine du problème que les arachides. Le premier indice a été la nouvelle que le taux d’allergies aux arachides est plutôt faible dans les pays où les bébés sont fréquemment donnés des collations contenant du beurre d’arachide, et beaucoup, beaucoup plus élevés dans les pays où les bébés sont protégés de l’exposition aux arachides. Ces dernières années, des projets de recherche à grande échelle ont démontré que les bébés nourris au beurre d’arachide à plusieurs reprises au cours de leur première année de vie (la recommandation est de commencer entre quatre et six mois) ont peu de chances de développer des allergies à l’arachide par la suite. On peut donc en conclure que les mamans qui ont fait tout leur possible pour protéger leurs bébés de ces vilaines arachides ont fait plus de mal que de bien.

          Image par peachknee de Pixabay

          Je me demande s’il ne s’est pas passé quelque chose de pareil avec la doctrine chrétienne. Les parents concluent que les petits garçons et les petites filles ne sont pas capables de digérer la nourriture solide de la Parole, alors ils les nourrissent de livres d’histoires bibliques. Ces livres réduisent la Bible à une série de simples contes moraux, avec de charmantes illustrations, mais omettent souvent des détails importants, ou encore les adaptent à la sensibilité des petits enfants. Lorsque ces enfants grandissent, leur compréhension de la Bible est toujours fondée sur ces charmantes images et ils sont incapables de saisir la nourriture solide de la Parole de Dieu.

          Devenus adultes, ils continuent à lire ces histoires à leurs propres enfants et à leur montrer les mêmes images. Ils peuvent choisir une Bible de référence qui n’ébranle pas la compréhension qu’ils ont eue dans leur enfance. Il existe des plans de lecture de la Bible qui permettent aux gens de lire de petites portions de la Bible, mais qui ne leur donnent jamais l’occasion de s’arrêter et de considérer le contexte de ce qu’ils lisent. Toute suggestion selon laquelle ils manquent la nourriture solide de la Parole est susceptible d’être accueillie avec incrédulité. Ne lisent-ils pas la Bible tous les jours? Mais il semble que les livres d’histoires bibliques qu’ils ont lus dans leur enfance les ont rendus allergiques à la doctrine de la Parole,

          Les médecins ont montré que les enfants et les adultes qui ont développé des allergies aux arachides peuvent les surmonter s’ils suivent un programme qui commence par une très petite quantité de poudre d’arachide que l’on augmente progressivement. Permettez-moi de suggérer un programme similaire pour la lecture de la Bible. Choisissez un livre de la Bible et lisez-le en entier, un peu chaque jour. Vous découvrirez que l’histoire est bien plus riche que vous ne l’avez jamais imaginé.

          Ne vous inquiétez pas si vous ne comprenez pas complètement ce que vous lisez la première fois, ou la vingtième fois. Je lis la Bible quotidiennement depuis 55 ans et je l’ai parcourue en entier de nombreuses fois, en anglais et en français. Je ne prétends pas comprendre tout ce que je lis. La profondeur de la Parole de Dieu est telle que je remarque quelque chose de nouveau chaque fois que je lis.

          L’une des premières choses que j’ai découvertes, c’est que chaque verset de la Bible est lié à tout ce qui se trouve dans le reste de la Bible. Il n’y a rien de superflu, rien d’insignifiant. C’est quelque chose que l’on ne peut pas découvrir en survolant la surface de la Bible.

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          Quelle sera ma récompense?

          En décrivant le jour du jugement, Jésus a parlé de ceux qui croyaient avoir accompli de grandes œuvres pour lui, prêchant, guérissant, chassant les démons. Mais ils se sont retrouvés tournés vers la gauche et ont protesté contre cette grande injustice. Jésus leur a répondu : «Je n’avais eu rien à voir avec ce que vous avez fait. Vous avez fait ces choses pour recevoir les louanges des hommes et vous avez déjà reçu votre récompense.»

          Ceux qui se trouvaient à sa droite étaient étonnés d’entendre Jésus les féliciter pour les choses qu’il avait faites. Ils ne se souvenaient pas d’avoir fait quelque chose de grand pour Jésus. Il leur a dit : «Vous avez été obéissants en faisant les petites choses que je vous ai demandées. Entrez dans la joie du Seigneur.»

          Nous sentons-nous petits et insignifiants lorsque d’autres parlent des grandes choses qu’ils font pour Jésus? Il est bon d’être petit et insignifiant. L’inverse peut si facilement conduire au naufrage spirituel.

          Petit et insignifiant ne veut dire pas qu’il n’y a rien pour nous à faire. Jésus, par l’intermédiaire du Saint-Esprit, nous proposera chaque jour de petites choses à faire. Mais il n’est pas du tout important que quelqu’un d’autre remarque quand nous faisons ces petites choses; il est même préférable que nous les oubliions.

          L’apôtre Paul a dit : «N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux» (Romains 12.16).

          Et aussi : «Considérez, frères, que parmi vous qui avez été appelés il n’y a ni beaucoup de sages selon la chair, ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles. Mais Dieu a choisi les choses folles du monde pour confondre les sages; Dieu a choisi les choses faibles du monde pour confondre les fortes; et Dieu a choisi les choses viles du monde et celles qu’on méprise, celles qui ne sont point, pour réduire à néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu» (1 Corinthiens 12.26-29).

          Il n’est pas exigé de nous de nous faire un nom dans ce monde, nous pouvons faire beaucoup plus si nous ne nous préoccupons pas de savoir à qui revient la louange des petites choses que nous faisons. Tout ce que Dieu exige de nous, c’est de l’aimer, d’aimer notre prochain comme nous-mêmes et de permettre le Saint-Esprit nous guidera dans la mise en œuvre de cet amour. Et ensuite de croire que, quelle que soit la tournure des événements dans cette vie, dans l’éternité, ce sera bien avec mon âme.

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