POURQUOI JE CROIS AU BAPTÊME PAR ASPERSION

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Purification symbolique : Dans l’Ancien Testament on trouve diverses lois concernant la sanctification et la purification. Dans chaque cas, il y avait une condition qui qualifiait une personne et une cérémonie se faisait par aspersion de sang, d’huile ou d’eau.

La tribu de Levi a pris le part de Dieu au moment où les enfants d’Israël ont fait le veau d’or (Exode 32. 26-28). En raison de leur zèle pour Dieu, il les a choisis pour servir dans le tabernacle et plus tard dans le temple. Avant de commencer à exercer leurs fonctions, ils devaient avoir trente ans (Nombres 4) et se soumettre à un rituel de consécration (Nombres 8. 7) : « Voici comment tu les purifieras. Fais sur eux une aspersion d’eau expiatoire ; qu’ils fassent passer le rasoir sur tout leur corps, qu’ils lavent leurs vêtements, et qu’ils se purifient. »

Aaron était le porte-parole et l’assistant de Moïse, celui qui a accompli les miracles devant Pharaon. Plus tard, il est devenu le souverain sacrificateur. Exode 29 parle de la consécration d’Aaron et de ses fils. Le verset 7 dit : « Tu prendras l’huile d’onction, tu en répandras sur sa tête, et tu l’oindras ».

David a été choisi par Dieu pour être le roi d’Israël. Quand il inspectait les fils de Jesse, Dieu a dit à Samuel : « Et l’Éternel dit à Samuel : Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille… l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Eternel regarde au cœur. » (1 Sam. 16. 7). Finalement, pour indiquer celui qui Dieu a choisi, « Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. L’esprit de l’Éternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite » (v. 13).

Nombres 19 parle d’une eau de purification contenant la cendre d’une vache rousse, sans tache ni défaut. La cendre était mélangée avec de l’eau dans un vase et un homme pur a pris de l’hysope et l’a trempé dans l’eau pour faire l’aspersion sur tout ce qui était impur, tente, ustensiles ou personnes. Ces impuretés étaient un type de péché et la personne impure devait quitter le camp jusqu’à ce qu’elle ne soit plus impure. L’aspersion de cette eau de purification était le moyen de le recevoir dans le camp.

Ézéchiel 36.25 dit : « Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés ; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. »

Les purifications rituelles de la loi et de la prophétie d’Ézéchiel ont anticipé la véritable purification rendue possible par Jésus-Christ. Jésus a dit à la Samaritaine qu’il pourrait lui donner de l’eau vive qui deviendrait un source jaillissant jusqu’à dans la vie éternelle (Jean 4.13,14).

Purification interne : il semble que ceux qui ont consulté des lexiques grecs dans le but d’établir que baptizo a le seul sens de l’immersion ont choisi leur témoignage avec soin. D’autres ont consulté ces mêmes lexiques et ont découvert que la signification fondamentale de baptizo est laver ou nettoyer. Ils disent que c’est un mot utilisé pour désigner l’effet, pas le moyen utilisé pour obtenir cet effet.

Dans Marc 16.16, Jésus a dit : « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé. » Cela signifie-t-il qu’il existe un pouvoir salvateur dans le baptême extérieur ? Je crois plutôt que le mot baptisé dans ce verset se réfère à une purification interne (lavage) du cœur.

Ce n’est que par le sang versé de Jésus que nos péchés peuvent être pardonnés. Mais les Écritures parlent également de la nécessité de purifier nos cœurs et nos esprits afin que nous ne continuions pas à pécher volontairement. L’eau appliquée à l’extérieur du corps, que ce soit par aspersion ou par immersion, ne peut pas plus faire cela que le sang et l’eau des cérémonies de la loi.

« Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache, répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par un esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ? » (Héb. 9.13,14). « Approchons-nous avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. » (Hébreux 10.22). L’apôtre Paul dit que l’église a été lavée par l’eau de la Parole (Éph. 5.26). La Parole de Dieu a le pouvoir de nous purifier si nous la laissons agir en nous.

Lorsque le soldat a percé le côté de Jésus avec une lance, du sang et de l’eau y ont coulé (Jean 19.34). L’apôtre Jean dit : « C’est lui, Jésus-Christ, qui est venu avec de l’eau et du sang ; non avec l’eau seulement, mais avec l’eau et avec le sang ; et c’est l’Esprit qui rend témoignage, parce que l’Esprit est la vérité. ». (1 Jean 5.6). Lorsque nous venons à Dieu pour demander pardon, c’est le sang qui couvre nos péchés. Mais nous ne devons pas ignorer l’autre aspect du salut – la purification du cœur. L’eau qui a coulé du côté de Jésus est la preuve que cette purification nous est également offert à travers la mort expiatoire de Jésus. Quel avantage serait-il d’avoir nos péchés passés pardonnés, seulement de continuer à vivre dans le péché ? Ou à quoi cela servirait-il de purifier notre cœur si les péchés du passé ne pouvaient être pardonnés ? Mais, grâce à Dieu, il nous offre le salut complet – pardon et purification – à condition que nous nous détournions de nos péchés. “Si vous ne vous repentez, vous périrez tous également.” (Luc 13.3).

Quelques doutes sur l’immersion : Jésus était à la fois roi et sacrificateur. À l’âge de trente ans, il vint à Jean-Baptiste pour se faire baptiser. Lorsque Jean a d’abord refusé, Jésus a dit : « Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus »(Matt. 3.15). Christ ne faisait-il pas allusion à la nécessité de satisfaire aux exigences de la loi cérémonielle avant d’entrer dans son ministère ?

Lorsque je lis le reste de ce récit dans les évangiles, je ne trouve aucune indication sur la manière dont Jean a exécuté le baptême. Il me semble probable que Jésus et Jean sont entrés dans des eaux peu profondes et que Jean a aspergé Jésus avec un peu d’eau, peut-être avec un bouquet d’hysope qu’il avait plongé dans la rivière, ou avait-il versé de l’eau qu’il avait recueillie entre ses mains. Cependant, je peux comprendre comment on peut imaginer que Jésus a été immergé dans le Jourdain si on est convaincu que le mot grec baptizo a le seul sens de l’immersion. Puisque je ne suis pas convaincu de cela, ce n’est pas une image d’immersion qui me vient à l’esprit lorsque je lis ces récits.

Il est encore plus difficile pour moi de voir une immersion dans certains des autres baptêmes mentionnés dans le Nouveau Testament. Dans le neuvième chapitre des Actes, Saul avait passé trois jours sans manger ni boire quand Ananias vint le baptiser. Les versets 17 et 18 nous disent qu’Ananias est arrivé à la maison, a prié pour que Saul recouvre la vue et l’a baptisé. Alors Saul eut quelque chose à manger et sa force lui revint. Il n’y a aucune mention dans ce récit qu’ils sont partis pour trouver une rivière où Saul pourrait être baptisé, et j’ai du mal à croire qu’ils l’aient fait.

Au seizième chapitre, Paul et Silas étaient en prison et, après un tremblement de terre, le geôlier et sa famille ont cru. Le verset 33 dit : « Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, il lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens. » Encore une fois, il m’est difficile de voir un moyen d’immerger ces personnes dans leur maison. Et le baptême de trois mille personnes en un seul jour dans Actes 2.41 – y avait-il une piscine à Jérusalem assez grande pour les immerger, même par groupes ?

Quand on a appris à croire que baptizo veut dire immerger, et rien qu’immerger, on est obligé de voir une immersion dans tous ces récits. Si immerger est vraiment le seul sens du baptizo, je ne comprends pas comment les prophéties de Jean-Baptiste et de Jésus sur le baptême du Saint-Esprit ont été accomplies par le déversement du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte. Considérez les versets suivants :

« Moi, je vous ai baptisés d’eau ; lui, il vous baptisera du Saint-Esprit. » (Marc 1.8).

“Car Jean a baptisé d’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit » (Actes 1 : 5).

« Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d’eux. » (Actes 2.3).

« Mais c’est ici ce qui a été dit par le prophète Joël : Dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; Vos fils et vos filles prophétiseront, Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes. Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, Dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit ; et ils prophétiseront. » (Actes 2.16-18 ; comparez avec Joël 2.28,29).

Les apôtres Paul et Pierre utilisent le mot baptême pour décrire deux événements de l’Ancien Testament. Premier Corinthiens 10.1-4 raconte l’histoire des enfants d’Israël à l’époque de Moïse, affirmant qu’ils « ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer ». Je doute que Paul ait voulu dire qu’ils étaient immergés dans la Mer Rouge. Les Égyptiens ont été immergés et l’apôtre ne dit pas qu’ils ont été baptisés. Mais il dit que « nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer ». Le seul mode de baptême possible ici est par la pluie qui se tombe de la nuée, ce dont parle Psaume 77.18. (Versets 17-21 parlent de la traversée de la mer rouge).

L’autre passage se trouve dans 1 Pierre 3.21, où Pierre parle de ceux qui ont été sauvés dans l’arche de Noé. « Cette eau était une figure du baptême, qui n’est pas la purification des souillures du corps, mais l’engagement d’une bonne conscience envers Dieu ». Ici encore, ceux qui étaient dans l’arche ont été baptisés (par la pluie) mais non pas immergé, tandis que ceux qui étaient en dehors de l’arche étaient immergés (dans le déluge) sans être baptisés.

Dans les deux références, le point essentiel est que certaines personnes ont tourné le dos à leur ancienne vie et à la corruption du monde. L’Égypte et le monde qui a péri dans le déluge sont des types de notre vie antérieure dans les péchés et la corruption de ce monde. Ces Écritures indiquent un changement dans les pensées et les intentions des cœurs de ceux qui choisissent de suivre les commandements de Dieu. Dieu a montré son acceptation de leur décision par l’eau qui tombait du nuage. Ce sont des exemples métaphoriques, bien sûr, mais je ne crois pas que les apôtres auraient choisi le mot baptême pour décrire ces événements s’ils avaient voulu enseigner que le baptême doit se faire par immersion.

Autres utilisations du baptizo : Dans les versets suivants, les mots baptizo et baptismos sont traduits par « lavage » ou « ablutions » : « et, quand ils reviennent de la place publique, ils ne mangent qu’après s’être purifiés. Ils ont encore beaucoup d’autres observances traditionnelles, comme le lavage des coupes, des cruches et des vases d’airain » (Marc 7.4).

« Et qui, avec les aliments, les boissons et les diverses ablutions, étaient des ordonnances charnelles imposées seulement jusqu’à une époque de réformation. » (Héb. 9.10).

Baptizo est utilisé dans un sens figuratif dans les prochains versets :

« Jésus leur répondit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé ? Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur répondit : Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé » (Marc 10.38,39).

« Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu’il soit accompli ! »(Luc 12.50).

Jésus avait été baptisé par Jean il y a longtemps, et maintenant il parle d’un baptême futur. Que veut-il dire ? Évidemment, il faisait allusion à ses souffrances et à sa mort. « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? » (Romains 6.3,? Ici, l’apôtre parle d’être unis à Jésus et à ses souffrances.

La signification du baptême : Jésus nous a enseigné qu’il faut naître de nouveau. « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jean 3.5). Cette nouvelle naissance est un type de baptême (lavage) du cœur, car nous sommes purifiés de nos péchés et le Saint-Esprit est déversé sur nous. « il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit, qu’il a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, en espérance, héritiers de la vie éternelle » (Tite 3.5-7).

Après cela, nous devons être baptisés d’eau, en tant que témoignage public que nous souhaitons désormais être pleinement identifiés à Jésus et à son église. Je suis persuadé que le baptême par asprsion est en parfait accord avec toutes les types et prophéties de l’Ancien Testament et avec tous les exemples et les enseignements du Nouveau Testament.

« Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. »(1 Cor. 12.13).

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Dieu a fait trembler les évêques

En mai 1382, la campagne de Courtenay commença. Il a convoqué au couvent des Blackfriars à Londres un conseil de la province de Canterbury, devant lequel il a présenté les opinions de Wickliffe pour qu’il les juge. La doctrine de la consubstantiation figurait en premier dans la lignée des hérésies, puis la proposition selon laquelle un prêtre souffrant de péché mortel ne pouvait pas administrer les sacrements et que Christ n’avait pas ordonné les cérémonies de la messe. Deux autres hérésies étaient d’égale note : si un homme soit contrit, toute confession extérieure est superflue ou inutile, et après Urbain VI, personne ne devrait être reçu comme pape, mais que les hommes vivent, à la manière de l’église grecque, sous leurs propres lois. Les vues de Wickliffe sur les temporalités du clergé et l’inutilité des ordres réguliers ont également été condamnées. Les Lollards ont été pour la première fois définitivement mises sous l’interdiction de l’église et la guerre a été officiellement déclarée par les évêques contre les prédicateurs itinérants.

Le conseil de Blackfriars a été présenté dans l’ensemble de l’Angleterre comme un nouveau et important mouvement dans le jeu. Un étrange accident a permis aux amis de Wickliffe de se vanter que, même si leur maître a été condamné par les évêques, les évêques ont été condamnés par Dieu. C’est le 19 mai que les thèses ont été déclarées « hérésies et erreurs ». Vers deux heures de l’après-midi, alors que les ecclésiastiques étaient assis autour de la table à leur travail pieux, la maison fut secouée par un terrible tremblement de terre qui effraya tous les assistants, à l’exception de la sévère et zélée Courtenay. Il a insisté que ses subordonnés reprennent leur place et continuer à travailler, mais le choc semble avoir été plus violent que d’habitude dans notre pays, abattant des pinacles et des clochers et fait tomber quelques pierres des murs du château. Cela a enlevé à l’acte solennel de censure un peu au moins l’effet sur lequel l’évêque avait compté, et Wickliffe n’a pas laissé passer l’occasion de pointer le moral. Un tel présage n’était pas pris à léger dans un tel âge.

—G.M. Trevelyan, England in the Age of Wycliffe, pages 293-294. ©1909

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Étincelles dans les nuits estivales.

Petites bestioles volantes,
Chacun avec sa lampe de poche
Émettent des lueurs de gloire.

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« Vous êtes la lumière du monde. »
Seul, on n’émet qu’une faible lueur ;
Ensemble, nous devenons un phare
Pour guider ceux qui cherchent
Échapper la nuit de péché.

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L’approche de l’eau

J’habite en Saskatchewan, dans les vastes prairies du Canada, un paysage semi-désert. Les précipitations sont rarement abondantes. Les plantes et les arbres indigènes prospèrent dans ces conditions. Ils vont presque en dormance pendant des périodes sans pluie, puis éclatent dans une verdure vibrant dès que tombe la pluie.

Job 14.8-9 décrit le pouvoir vital de l’eau :

Quand sa racine a vieilli dans la terre,
Quand son tronc meurt dans la poussière,
Il reverdit à l’approche de l’eau,
Il pousse des branches comme une jeune plante.

Le monde n’est-il pas un désert spirituel, où il y a peu de chose pour nourrir et faire revivre l’âme? C’est ainsi que David a décrit sa vie dans le Psaume 63 :

O Dieu ! tu es mon Dieu, je te cherche ;
Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi,
Dans une terre aride, desséchée, sans eau.

(verset 2)

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Où vont les grenouilles quand les flaques d’eau s’assèchent? Nous n’avons pas entendu de grenouilles pendant tout le printemps, mais maintenant que la pluie est tombée et qu’il y a encore de l’eau dans ces mares, nous entendons chaque soir un grand chœur de chants de grenouilles.

Avons-nous, les chrétiens, la possibilité, même le devoir, de faire chanter de joie le monde autour de nous? N’est-ce pas ce que Jésus disait en Jean 7.38?

Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture.

Laissons couler donc l’amour, la vérité et la compassion. Mais puissent-ils être seulement l’amour, la vérité et la compassion qui viennent de l’Esprit-Saint. Le monde a déjà assez de leurs contrefaçons.

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Dieu était-il en vacances pendant la Shoah ? Et y-est-il encore ?

Source : Dieu était-il en vacances pendant la Shoah ? Et y-est-il encore ?

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Les Vaudois en Pologne

Vers l’année de notre Seigneur 1330, plusieurs personnes dans le royaume de Pologne firent profession de la religion des Vaudois. Les évêques ont eu recours aux moyens désignés par le pape, l’inquisition, par lesquels ils ont livré beaucoup d’entre eux entre les mains du bourreau. L’auteur du catalogue des témoins de la vérité nous dit qu’il avait les formes de l’inquisition à son côté, que les inquisiteurs ont utilisées lors de cette persécution.

Vignier dit que lors de leur départ de Picardie, plusieurs de ceux qui y étaient persécutés se sont retirés en Pologne.

Le Sieur de la Popelinière nous raconte dans son histoire que la religion des Vaudois s’est répandue dans tous les lieux d’Europe, même parmi les Polonais et les Lituaniens, et qu’ils ont semé et propagé leur doctrine depuis l’année 1100… et que malgré les efforts de tous les potentats et princes pour les en empêcher, ils l’ont toujours et courageusement maintenu et défendu.

— Jean Paul Perrin, Histoire des anciens Vaudois antérieurs à la Réforme.

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Il est temps de faire une pause

J’ai décidé d’appuyer sur le bouton « pause ».

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Au moins pour la transcription des articles du livre de 1626. Ce livre est écrit en bon français, mais le français a changé en 400 ans. Je n’ai aucun problème avec des mots comme estre, prest, sçavoir ou iceluy où l’orthographe a changé, mais d’autres ont complètement disparu du français actuel. Des mots comme derechef et ains. Ceux-là je peux trouver dans le Littré, ils signifient de nouveau et mais.

Quelques autres sont plus âgés que le Littré.J’ai commandé un exemplaire usagé du Dictionnaire historique de la langue française, mais le meilleur prix que j’ai pu trouver était en Allemagne et cela peut prendre un certain temps avant d’arriver au Canada.

À mesure que j’entre dans le travail, d’autres problèmes deviennent apparents. La longueur de la phrase par exemple, certains semblent continuer trop longtemps sans arrêt. De plus, certains mots, bien que faisant partie du français actuel, peuvent être trop littéraires ; des mots tels que outrecuidance par exemple.

L’idéal est de reproduire la pensée de l’original dans un langage accessible à tous les francophones d’aujourd’hui. Le langage doit être suffisamment simple pour être compris par les apprenants peu instruits, mais qui n’insultera pas l’intelligence des gens bien instruits.

S.v.p. priez pour ce travail.

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Second tableau de Henry Alevin, conclusion

S’ensuit encore un bref récit des actes ou œuvres du monde pour le connaître.

Ici désirons nous faire un peu de mention de tous les points qu’on doit considérer au monde, du nom et des effets de celui, de la méchanceté, incrédulité et réjection, le tout pour montrer que par tout où cela l’est, il n’y a du tout point de christianisme, mais là est vraiment le monde. Et si quelqu’un ne sait encore par cela le voir et connaître, à un tel ne sera aucune démonstration plus ferme par l’Écriture Sainte, ni plus ni moins qu’il ne sert, aide ou profite la chandelle à l’aveugle, et fut aussi grosse qu’un mat de navire.

Considérez bien donc ce qui s’ensuit. Premièrement : Tout le monde est mis en mauvaiseté et n’est point mis au rang ni au nombre des Apôtres, ni de l’Église de Dieu. Car les Apôtres étaient un spectacle, condamnation et ordure au monde. De plus, le monde est souillé, servant aux idoles ; il faut que les fidèles se gardent d’être souillés de ce monde ; que cela soit bien noté. De plus, il faut que les fidèles se retirent de la corruption qui est au monde en concupiscence, s’ils veulent être participants des très précieuses et riches promesses de Dieu. Le fidèle ne doit point aimer le monde, ni les choses qui sont en celui : à savoir la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’outrecuidance de la vie. Car cela n’est point du Père, mais du monde.

La sagesse du monde est terrestre, charnelle et diabolique, car Dieu a repris les sages du monde, les scribes et disputeurs de ce siècle, voir rendu folle, détruit et abolit la sagesse des prudents. Et c’est pour cela que le monde en sa sagesse n’a point connu Dieu en sa sagesse. Et Dieu a choisi les choses folles de ce monde, et les méprisés, et ceux qui ne le sont point afin d’abolir ceux qui sont. De plus : « les enfants de ce siècle sont plus prudents à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière » (Luc 16.8).

Le monde n’est aussi pas digne des enfants de Dieu, ni de leur affection, douceur et tristesse. Christ a aussi retiré les siens du présent monde et de son piège et joug de servitude. Pour cela ne doivent plus les fidèles prendre celui de nouveau, ni être retenus de joug étranger, ni laissez prendre par les institutions du monde. De plus, les fidèles ne doivent avoir communication, ni être participants de la coupe ni de la table des diables, ce qu’il faut ici entendre de l’aveuglement spirituel. De plus : les fidèles jugeront le monde au dernier jour et le monde sera condamné au dernier jour, comme on peut entendre par les paroles de Saint Paul.

Le monde est inique et injuste et pour cela malpropre pour juger entre les fidèles ou se mêler d’eux : car les saints ont puissance et autorité de juger de leurs affaires entre eux, lisez de cela m1 Corinthiens 6.1. Que nul toutefois ne soit ici déplaisant pour la vérité, et ne prenne ou entend ici en mauvais part notre intention : à savoir, comme si elle tendait à mépris, ruine ou destruction du Magistrat du monde, ou la puissance du glaive, car nous reconnaissons et confessons que nous sommes tenus de lui obéir en toutes chose temporelles, ou polices du pays, pourvu que ce ne fait point contre Dieu, et cela à cause que l’Écriture Sainte le nous commande, Romains 13.1, Tite 3.1, 1 Pierre 2.13.

Nous sommes aussi tenus de prier Dieu pour lui, afin que nous puissions mener une vie paisible ensemble, et devons toujours être prêts à toutes bonnes œuvres, de lui payer tribut, péage, lui rendre honneur et crainte.

Mais, Ô mes amis ! Nous ne sommes point tenus de lui obéir en choses qui sont contre Dieu, ni ne le devons point craindre pour bonnes œuvres, mais seulement pour les mauvaises. Que le Magistrat considère et prendre garde combien loin s’étend son service ou office, touchant la glaive, c’est à savoir, à la punition tant seulement des malfaiteurs, et défende les bons, et non point à mettre à mort le juste. Lequel office n’appartient, ni ne convient point à un chrétien, d’autant que le règne des chrétiens est spirituel et non de ce monde, lequel a ici son roi et son règne.

De plus : Jésus n’a point voulu être fait roi du monde. Il a aussi défendu aux siens de l’être. Ainsi voit-on donc, que les Rois et Princes de ce monde sont seulement appelés serviteurs de Dieu à cause de ce service qu’ils exercent, touchant le glaive, pour l’ordonnance de Dieu. Lequel toutefois n’est qu’un office mondain ou païen, qui est aussi fort désiré, souhaité et cherché de ceux du monde. Car ils cherchent la hautesse, ce qu’il ne convient point faire aux fidèles. En somme, selon les choses et actes du monde ci-dessus mentionnés, et comme l’Écriture les témoigne et lui donne bruit et renommée, on peut considérer par là, quel christianisme c’est que de lui.

Or maintenant pour conclure de toutes ces choses ci-dessus au long récité, je donne à considérer à tous débonnaires lecteurs comment de tous peuples Dieu a toujours choisi et voir à lui un propre peuple saint et obéissant pour son héritage, comme on peut voir. Lévitique 20.22, Deutéronome 4.6, Ésaïe 41.8 et 52.1, Jean 17.14, Romains 2.17, 8.29 et 13.12, 1 Corinthiens 3.16,17 et 6.15, 2 Corinthiens 6.14,16. Éphésiens 1.4 et autres lieux.

Notez aussi comment au temps devant l’alliance de la circoncision, le Seigneur s’était choisi un peuple des enfants des hommes, lesquels soient nommés les enfants de Dieu. Après, en la circoncision, il a choisi Abraham et la semence d’Israël, d’entre tous les Gentils et païens incirconcis. De plus, au troisième temps, à savoir de l’Évangile, le Seigneur a choisi du monde les chrétiens pour son peuple et héritage. Davantage, ce qui convenait et convient maintenant faire à ce peuple choisi, à savoir de vivre saintement et non plus comme les Gentils d’où ils ont été tirés, lisez Lévitique 20.7,22, Deutéronome 4.6, Romains 6.2, 12.1, et 13.12 ; 2 Corinthiens 6.3, 1 Corinthiens 3.16, Éphésiens 2.9,10, 4.17, et 5.8, Colossiens 2.20 et3.1. Prenez donc bien garde amis lecteurs : car il n’y a nul chrétien sans être nouvelle créature, d’autant que c’est seulement ce qui vaut devant Dieu. À Dieu soyez-vous. Donnez louange à Dieu et interprétez tout mon dire en bien.

Un tableau, mon adieu, mon testament amiable, signe d’amour, joie de l’âme et ma salutation ou dernière admonition chrétienne, selon l’Écriture Sainte pour fortification aux entendus, démonstration et instruction aux simples et ignorants qui cherchent Dieu de bon cœur, pensant néanmoins encore simplement qu’il y peut bien avoir de chrétiens, ou quelque christianisme spirituel et mondain. Où au contraire il est montré quels sont les chrétiens et quels non, et que c’est le monde. Tout ceci, dis-je, est envoyé à vous mes chers amis au Seigneur, et aussi à mes trois orphelins pour un souvenir de moi. De moi, dis-je, pauvre, débile et infirme personne, ami de votre âme, Henry Alevin, ici à Middelbourg mis en mains de gens pour le témoignage de notre Seigneur Jésus-Christ, l’an 1568 au mois de septembre.

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Second tableau de Henry Alevin, suite

Où et qui est ce monde, lequel a toujours haï les fidèles et ceux qui craignent Dieu. Aussi de la méchanceté du monde. Et comment le peuple de Dieu a toujours été un peuple élu entre toutes les autres.

Il nous faut en premier lieu considérer et entendre l’occasion seule et commune, (vu qu’elle est la mère de toute envie) par laquelle les méchants ont toujours haï, rejeté, calomnié, oppressé et persécuté jusques à la mort les vertueux et ceux qui craignaient Dieu, dès le commencement du monde et il en sera ainsi jusqu’à la fin. C’est à savoir, la vertu, et vie vertueuse, ou sainte manière de vivre des fidèles au service de Dieu, et à la répréhension et correction de la vie inique du monde. De quoi nous avons exemple en Jésus-Christ et Jean-Baptiste, Étienne et plusieurs autres.

Car le monde a haï, persécuté et mis à mort Jésus-Christ, pour ce qu’il rendait témoignage que leurs œuvres étaient mauvaises. Et maintenant que la lumière soit venue et aie luit dans le monde, toutefois il ne l’a point connu, mais ont mieux aimé les ténèbres que la lumière, voir le monde ne connaît Dieu, ni les siens.

Et néanmoins il n’a point encore honte de dire qu’il connaît Dieu, en le niant par œuvre, étant abominables et rebelles et réprouvés à tout bon œuvre. Tellement que les méchants et iniques se disent et vantent être ce qu’ils n’ont point, à savoir, enfants d’Abraham et toutefois ils sont enfants du diable, d’être apôtres de Christ et vrais Juifs ou Israélites, et ils font l’école de Satan ; s’estimant être sages, ils sont fous et rejetés.

Par conséquent il est bien nécessaire d’éprouver tous les esprits (qui se vantent et glorifient tant) s’ils sont de Dieu. Or pour connaître l’esprit de vérité et celui d’erreur, lisez 1 Jean s.10. Car sous le nom, titre ou renommé de Dieu et sous ce faux semblant et apparence, les méchants oppriment et molestent coutumièrement les bons et vertueux, comme il en est advenu entre Caïn et Abel, qui sacrifiaient tous deux à Dieu, mais pourquoi tua Caïn son frère Abel ? Si on lit en l’Écriture Sainte, on trouvera que c’était pour autant que ses œuvres étaient mauvaises et ceux de son frère Abel justes. Aussi ce monde, pourquoi haït-il les enfants de Dieu ? C’est parce qu’ils sont élus du monde et ne sont plus du monde. Car s’ils en étaient encore, le monde les aimerait.

Aussi, parce qu’ils ont la Parole de Dieu et qu’ils désirent vivre saintement en Jésus-Christ et non pas comme las païens ; parce qu’ils espèrent vivement et fermement en Dieu vivant et non en vain légèrement ou variablement, comme le monde. Or notez donc, que cela n’est point servir à une idole morte. Davantage, le monde estime communément que la tyrannie et cruauté qu’ils exercent sur les saints font un service agréable à Dieu, et cependant ils sont aveugles et ne savaient point ce qu’ils font. Car ils haïssent toujours les saints durant leur vie.

Et après le mort de ceux qu’ils ont tués, ils les louent, complaignent et ornent leurs sépulcres, témoignant qu’ils ont été mis à mort innocemment. Ainsi que font même les tyrans d’aujourd’hui, comme s’ils étaient meilleurs que leurs prédécesseurs, exerçant néanmoins une même cruauté et tyrannie contre les saints et fidèles, et ainsi remplissant la mesure de leurs pères, qui ont aussi fait le semblable. Car aussitôt que ce séducteur (ainsi nommaient-ils Jésus-Christ) eut rendu l’esprit, on l’estima et l’appela le fils de Dieu.

Ô monde, monde ! Vous êtes voire une même sorte de monde : car vous confessez souvent que si ceux-là qui ont été martyrisés et mis à mort depuis vingt ou trente ans, pour choses de petite importance, touchant la foi, étaient encore vivants que vous ne voudriez point être coupables de leur sang. En somme, vous êtes ce méchant monde qui met encore à mort comme a été les fidèles qui craignaient Dieu.

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Second tableau de Henry Alevin

S’ensuit une claire remontrance, comment ce monde pervers n’est point vraiment chrétien, et pourquoi pas.

En quelle manière chacun de ce monde veut et estime être de ce monde, et comment non. Qu’on prenne bien garde comment tous méchants et iniques veulent bien être appelés de ce monde lequel Dieu a tant aimé qu’il a donné son seul fils pour lui, et les péchés duquel l’Agneau de Dieu a ôté et effacé, (lequel propos toutefois doit être entendu du péché originel ou héréditaire d’Adam.) Chacun, dis-je, veut entièrement être ce monde, lequel Jésus-Christ a délivré et réconcilié. Or il est bien vrai que Christ n’est point venu au monde pour condamner le monde, mais afin que le monde et les pécheurs furent sauvés, et pour les appeler à repentance. Car cela était son message, étant venu pour ôter les péchés du monde, afin qu’il défit les œuvres du diable.

Mais, Ô monde, monde ! Vous ne l’avez pas cru ni reçu : mais tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné ce droit d’être enfants de Dieu. Vous n’êtes point voulu venir à lui pour avoir vie : mais vous avez mieux aimés les ténèbres que la lumière. Et pendant qu’il était près et se pouvait trouver, vous ne l’avez point cherché. Pour cela vous est assigné malheur et non point salut. Voire, il vous advient ce qui est écrit : « Si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice, il se livre au mal dans le pays de la droiture, et il n’a point égard à la majesté de Dieu » (Ésaïe 26.10).

Maintenant au contraire, comment tels dont nous avons ci-dessus parlé, ne veulent, ni s’estiment point être de ce monde, et toutefois le font. On le peut considérer, en ce que tous iniques et mal vivants, quels qu’ils soient, ne veulent point être nommés ni compris au rang de ce monde, qui a si mauvais renommée et si mauvais titres en l’Écriture Sainte, n’ayant rien de commun avec l’Église, ni avec les apôtres, qui marche de tout en iniquité, ne pouvant recevoir le Saint-Esprit, pour lequel Christ n’a point prié. Personne, dis-je, ne veut être nommé ni compris en ce monde.

Combien toutefois qu’il y en aie tant et plus qui en font, étant plus d’ordure, infamie et impudicité. De cela lisez 1 Corinthiens 5.9-10 ; 2 Pierre 2.18 ; 1 Jean 2.16, ils ne veulent aussi point être compris ni nommés de ce monde, rempli de fausses institutions, ordonnances et faux services. Bref, de faux semblant et apparence de christianisme. Ainsi donc, ces noms, effets et fruits, mentionnés en l’Écriture Sainte, touchant ce monde pervers, chacun les nie et renonce, ayant de cela honte. Combien qu’il soit par trop merveilleusement apparent et une grande multitude de gens et peuples, lesquels nous renvoient pour le regard de ce monde pervers en Judée, en Grèce, en Turquie et en autres pays infidèles. Comme si on ne savait point mieux.

Ô mes amis ! Que ce monde-là est bien et beaucoup plus près, quiconque y voudra bien prendra garde, comme j’espère de le démontrer : et pour ce faire lisez et prenez garde Colossiens 2.20 ; 1 Jean 2.15 ; Jacques 4.4. Or par tout où vous trouverez tels fruits, dont l’Écriture Sainte fait mention, là pouvez vous dire assurément être ce méchant monde. Prenez-y donc bien garde.

Or maintenant il faut entendre comment l’Écriture Sainte nomme le monde en deux sortes : car en parlant du monde elle n’entend pas toujours de la même manière ; mais en quelques lieux parlant du monde elle entend de la rondeur, circuit ou contenu du monde. C’est à savoir, de la création de Dieu entièrement ; lisez Genèse 1, 1 Jean 2.2, Colossiens 1.26, Romains 16.25, Éphésiens 1.4, et vous trouverez qu’en tous ces lieux est parlé et entendu la rondeur du monde, ou circuit de la terre.

L’autre sens, auquel est pris ce mot en l’Écriture, s’entend le peuple qui est affectionné aux choses mondaines, qui ensuit l’affection terrestre, charnel et diabolique. Lisez 1 Jean 4.4, Jacques 3.14-15. Or ce méchant monde a son propre dieu, qui est l’esprit malin, ayant son royaume et peuple. Car il faut considérer que Dieu et le diable, ou Christ et Bélial, sont deux dieux et deux princes, chacun ayant divers gouvernement, royaume, peuple et esprit. À savoir, Dieu au Ciel, et le diable et Antéchrist sur la terre. Et chacun de ces deux ducs et ou princes attire à soi le peuple de l’autre, à savoir Dieu avec sa vérité et le diable avec mensonge, finesse et fausseté. Car il épie le mot du guet de Christ, afin que par le moyen de ceci il puisse attraper les âmes sous le nom de Christ, de la parole, louange, vertu, services, signes et merveilles, par tous moyens contrefaits, dissimulation et fausse apparence comme ci c’était Dieu et le tout de Dieu. Voire se mettant au temple de Dieu et se montrant soi-même qu’il est Dieu.

Lisez de ce dieu et prince, avec sa seigneurie et puissance 2 Thessaloniciens 2.3-4, 2 Corinthiens 4.4, Jean 12.31 et 14.30 et 16.11, Matthieu 4.3 et 12.7, Luc 11.22, Colossiens 2.15, Éphésiens 2.2 et 6.12, 1 Corinthiens 2.12. Par ainsi donc prend-il les âmes et personnes en ses pièges ; tellement, qu’elles se rendent parfois adverses et penchées contre la vérité, ce que chacun doit bien considérer et y prendre garde s’il ne veut pas être déçu, mais remontré et enseigné suivant la vérité. Car l’apôtre Paul dit ainsi : « Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent ; pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne vissent pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Corinthiens 4.3-4).

Ce séducteur, à savoir Satan, veut même être adoré de Jésus-Christ comme s’il était Dieu et un prince merveilleusement riche en biens et trésors. Il est aussi appelé par Jésus-Christ et sas apôtres le prince ou souverain de ce monde ; toutefois il n’a rien en Christ, car il (Christ) est plus fort que lui et l’a vaincu ; voire il est condamné et jugé. Lequel comme prince de la puissance de l’air règne maintenant sur les enfants de rébellion et d’incrédulité, sous lequel, dit l’apôtre, nous avons tous marchés selon les concupiscences de notre chair, exécutant les désirs de notre chair et de nos pensées et étions de nature enfants de colère, comme aussi les autres.

Ô mes amis ! Notez bien ces paroles : Car qui est celui maintenant qui ne connaîtra point encore ce monde méchant et aveugle, par le train et le cours de ce monde ? Or ce prince, à savoir le diable, combien qu’il soit un ennemi vaincu par Christ, comment est-ce qu’il tourmente encore les fidèles et enfants de Dieu, allant autour d’eux, cherchant s’il en pourra dévorer quelqu’un. Cet esprit malin séduit les gens par la doctrine des diables et par les mensonges en hypocrisie, car l’esprit d’Antéchrist est aussi l’esprit du diable et du monde et n’est qu’une même sorte d’esprit, tellement, que tous ceux qui sont menés et conduits de cet esprit, ils sont de ce monde, ils parlent du monde, et le monde les écoute.

Par conséquent ce diable, cet Antéchrist, et esprit malin, opèrent ensemble en une même sorte d’erreur et iniquité en ceux qui périssent, d’autant qu’ils n’ont point reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Et pourtant Dieu leur envoie une puissance d’erreur, à ce qu’ils croient au mensonge ; voire Dieu les abandonne aux concupiscences de leurs cœurs et leurs affections vilaines. Par ainsi a ce méchant et pervers monde un propre dieu, esprit et peuple, doctrine et service divin contrefaits, comme il a été montré. À quoi chacun qui aime son âme, veuille bien prendre garde.

Et si aucun ose encore dire et mettre en avant que ce monde-ci n’est point tel, ne si infidèle ou pervers comme j’ai dit par les témoignages de l’Écriture Sainte ci-devant allégés, mai que c’est un autre peuple loin d’ici, je lui veux encore montre un nombre infini de témoins de ce monde même, à savoir, tous ceux qui se plaignent à merveilles entre eux de tromperies, dommages, mensonges, calomnies, détractions, oppressions et cruautés. Eux-là, dis-je, témoignent qu’il n’y a en ce monde loyauté, foi, charité, ni crainte de Dieu. Et je dis aussi qu’il est ainsi. Davantage, mes témoins touchant cette fausse apparence de spiritualité et sainteté susmentionné, sont même les prêcheurs qui en leurs récits caquettent et jasent tant, touchant leur papauté, leurs évêques, cloîtres, etc. Lesquels en général sont superbes, avares et convoiteux des trésors, plein de volupté charnelle, idolâtres, envieux, voir ennemis de la vérité. Ainsi, dis-je aussi avec le témoignage de l’Écriture Sainte, et avec l’effet qu’on voit, tellement que nul ne peut dire du contraire.

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