Simplicité et pauvreté ne sont pas des fautes

À Bâle, en 1433, le représentant du pape dit qu’il y avait bien des choses à admirer dans l’église primitive, mais qu’elle avait été simple et pauvre et que, de même que le temple avait succédé au tabernacle, ainsi la beauté et la gloire de l’église présente avait succédé à sa simplicité première. En outre, bien des choses ignorées par l’église primitive sont maintenant révélées.

Peter Cheltschizki  a commenté:  « Le chant serait beau s’il n’était un mensonge. »

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La mesure d’une église

Une église qui n’est pas missionnaire est démissionnaire.

Ch. et Cl. Ummel, L’Église Mennonite ou Anabaptiste en pays Neuchâtelois, 1969

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Veut-tu vraiment savoir comment s’est passé ma journée?

Hier, je me suis arrêté au comptoir de la pharmacie Walmart pour ramasser une ordonnance. Il y avait plusieurs pharmaciens en arrière en train de préparer d’autres ordonnances. Je fis signe au pharmacien gérant et lui dit: « Comment allez-vous Marc ? »
Il y avait une hésitation presque imperceptible avant qu’il répondit «Bien.» La vendeuse qui me servait sourit et dit « Il n’a pas l’air très sûr, n’est-ce pas ? »
Quand j’ai fini de payer mon ordonnance, Marc fit signe que je vienne à côté où nous pourrions parler. Il m’a dit que le sujet de savoir comment répondre à la question « Comment allez-vous ?» s’est survenu récemment pendant une séance d’étude biblique. Si vous avez eu une journée difficile et vous répondez « Très bien,» cette réponse est-elle vraiment honnête?
Sur la face des choses, il peut sembler que la personne qui dit toujours « Bien » n’est pas vraiment honnête. Mais peut-être il y a une autre façon à considérer cette réponse. J’ai raconté à Marc l’histoire de deux de nos cousines âgées. L’une est de ma parenté et l’autre de celui de ma femme, il n’est pas important pour l’histoire de les distinguer.
L’une de ces vieilles dames s’est marié deux fois, n’a pas pu s’entendre avec l’un ou l’autre et s’est divorcé de les deux. Elle a six enfants et ils ne la traitent pas correctement, selon elle. Dieu sait qu’ils essaient, mais il n’est jamais assez. Tous les gens la traitent avec mépris et essayent de la tromper partout où elle va. Je ne sais pas si elle a de vraies amies, mais elle est toujours en bons termes avec quelques personnes. Parfois, elle se fâche et ne parle pas à quelqu’une pendant des mois, mais finalement elle a besoin de leur aide pour quelque chose et décroche le téléphone pour les appeler à nouveau.
Un jour, elle se sentait si misérable qu’elle a dit à l’un de ces contacts qu’elle voulait mettre fin à sa vie. Ce contact vit 600km d’elle et ne pouvait pas la rendre visite sur le champ. Alors, elle a suggéré que cette dame sorte de son appartement pour se rendre à un centre commercial, prendre un café, trouver quelqu’un avec qui elle peut jaser. La vieille dame a appelé dans la soirée ravie à la merveilleuse journée qu’elle a eu. Elle n’a jamais cherché à parler avec personne, mais elle a trouvé toutes sortes de choses en solde au centre commercial. Nous avons entendu plus tard qu’elle a dépensé 700 $ pour des bijoux et des vêtements, choses qu’elle ne pouvait vraiment pas aborder et peut-être ne portera jamais, mais l’acte de dépenser librement son argent l’a donné un sens d’euphorie temporaire.
Si vous demandez à cette dame comment s’est passé sa journée, elle va probablement rebattre vos oreilles avec un long conte de malheurs.
L’autre dame a 91 ans et vit dans une résidence pour des personnes âgées. Son mari, avec qui elle a passé 65 ans, est décédé il y a quelques années et il lui manque. Mais elle parle de tous les bons souvenirs qu’elle a de leur vie ensemble. Leur seul fils vit à proximité, vient la voir tous les jours, fait tout ce qu’il peut pour l’aider. Elle chante toujours ses louanges.
Il y a près d’un an, elle a subi un accident vasculaire cérébral et a passé quelque temps à l’hôpital. Les infirmières étaient tous très gentils envers elle. Elle a dû utiliser un déambulateur après son retour chez elle, mais elle ne se plaignait pas. Maintenant, elle est complètement rétablie et prend chaque matin une promenade de presque un kilomètre. Elle connaît tous les résidents dans la résidence et aime jaser avec eux. Ses mains sont presque paralysées à l’arthrite, mais elle fait toujours l’effort de taper l’histoire de sa vie pour partager avec sa famille. Elle reste en contact par téléphone avec tous ses nombreux parents.
Si vous demandez à cette dame comment vont les choses, elle peut mentionner un problème de santé, ou peut-être non. Surtout elle vous dira comment gentil tout le monde est envers elle et comment le Seigneur a béni sa vie.
C’est là la différence, une de ces dames connaît le Seigneur. L’autre non ; elle ne veut même pas considérer qu’une telle chose est possible.
Alors, comment va votre journée ? Il est une question de perspective, n’est-ce pas ?

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Le danger d’une interprétation trompeuse

Nous ne pouvons finalement passer sous silence un souvenir qui nous hante. Le 6 mars 1932, un remarquable couple de serviteurs de Dieu de l’étranger nous fit à l’improviste le plus grand plaisir de venir passer un dimanche au sein de notre église. Notre frère avait le cœur débordant de sa rencontre de la veille même avec Benito Mussolini. Au cours de l’entretien notre visiteur, fervent disciple de l’école Darby-Scofield, révéla à son interlocuteur sa certitude d’une réconstruction prochaine de l’Empire Romain, certitude que, très sincèrement, il croyait fondée sur la prphétie. Pour des raisons faciles à comprendre, le Duce accueillit avec le plus grand interêt cette révélation innatendue. Sur ses instantes questions, le visiteur précisa, en lui lisant des textes bibliques à l’appui de sa conviction.  Bonne note en fut soigneusement prise par le maître de l’Italie. Il est bien permis de présumer celui-ci en fut encouragé à affermir promptement des desseins qui, ayant commencé par L’Éthiopie et continuant par la France, ont valu au monde un accroissement de douleurs.

Nouvel et saisissant exemple des incalculables incidences de toute interprétation hasardeuse de la prophétie de la part d’hommes pourtant parfaitement intentionnées. D’autres évangéliques, en tous pays et notamment dans le nôtre, préfèrent maintenant voir oublier l’emphase qu’ils ont naguère trop bruyamment mise sur une mission divine d’un Duce immensément orgueilleux, traître, cruel et moralement corrompu, et d’un Hitler cyniquement criminel.

Robert Dubarry, Pour faire connaissance avec un trésor caché

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Les vrais signes par lesquels l’Église de Christ peut être connu

1. Par la doctrine authentique et pure. Deutéronome 4.6,  5.12; Ésaïe 8.5; Matthieu 28.20; Marc 16.15; Jean 8.52; Galates 1

2. Par l’utilisation biblique des signes sacramentels. Matthieu 28.19  Marc 16; Romains 6.4; Colossiens 2.12;  1 Corinthiens 12.13; Marc 14.22; Luc 22.19; 1 Corinthiens 11.22,23

3. Par l’obéissance à la Parole. Matthieu 7; Luc 11.28; Jean 7.18, 15.10; Jacques 1.22

4. Par l’amour fraternel sincère. Jean 13.34; Romains 13.8; 1 Corinthiens 13.1; 1 Jean 3.18, 4.7,8

5. Par la confession courageuse de Dieu et de Christ. Matthieu 10.32; Marc 8.29; Romains 10.9; 1 Timothée 6.13

6. Par oppression et tribulation à cause de la Parole du Seigneur. Matthieu 5.10, 10.39, 16.24, 24.9; Luc 6.28; Jean 15.20; 2 Timothée 2.9, 3.12; 1 Pierre 1.6, 3.14, 4.13, 2.10; 1 Jean 3.13

-Menno Simons, 1554 AD

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Qu’est-ce que c’est l’église mennonite?

En somme, l’Église mennonite, ainsi que l’ont fait remarquer les historiens modernes des Anabaptistes, est une « sorte d’association des frères, se renouvelant sans cesse par libre adhesion, pour suivre Jésus-Christ dans l’action mrale, et par le moyen d’avertissements et de secours mutuels».

Recherches historiques sur les Anabaptises de l’ancienne principauté de Montbéliard, d’Alsace et du territoire du Belfort,  (page 27) par Charles Mathiot et Roger Boigeol, publié 1969 par Éditions Le Phare, Flavion, Belgique.

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Triste condition de l’homme

L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que celui qui veut faire l’ange fait la bête.

-Blaise Pascal

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Faire mourir la bête intérieure

Il y a un an et demi, un jeune homme qui avait purgé une peine pour vol à main armée a comparu devant le cour pour expliquer qu’il avait appris sa leçon. Il a dit qu’il avait appris la nécessité d’arrêter et de réfléchir pour envisager les conséquences avant de faire quelque chose. «J’ai appris à distinguer entre le bien et le mal,» a-t-il témoigné.

Il y a deux semaines, la fiancée de ce jeune homme, mère de ses deux petits enfants, a disparu. Quelques jours plus tard, un sac contenant son corps démembré a été retrouvé sous un pont. Le jeune homme qui avait supposément appris à distinguer entre le bien et le mal a été inculpé pour son meurtre. Qu’est ce qui s’est passé?

Il y a une bête à l’intérieur de chacun de nous qui ne peut pas être apprivoisé. Le plus souvent elle se montre par les paroles, parfois des choses beaucoup plus horribles arrivent. Jacques écrit:

La langue aussi est un feu ; c’est le monde de l’iniquité. La langue est placée parmi nos membres, souillant tout le corps, et enflammant le cours de la vie, étant elle-même enflammée par la géhenne. Toutes les espèces de bêtes et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, sont domptés et ont été domptés par la nature humaine ;mais la langue, aucun homme ne peut la dompter ; c’est un mal qu’on ne peut réprimer ; elle est pleine d’un venin mortel. Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu. De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi. (Épître de Jacques 3.6-10).

L’apôtre Paul a écrit : «Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair» (Romains 7.18). Aucun thérapie de modification du comportement ne pourra jamais maîtriser pleinement cette bête. Il faut qu’elle meurs.

Voilà pourquoi Jésus a dit : «Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive» (Luc 9.23). Autrement dit, si nous voulons être des disciples de Jésus-Christ, nous devons renoncer chaque jour aux inclinations de cette bête intérieure et les clouer à la croix. Paul dit la même chose quand il écrit : «Si vous vivez selon la chair, vous mourrez ; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez» (Romains 8.13).

La nouvelle naissance est le résultat de la mort de cette bête intérieure, pour être remplacé par une nouvelle vie, qui ne soit pas animée, ou en harmonie avec, les forces de l’enfer, mais celui qui est animé par l’Esprit Saint et en harmonie avec les puissances des cieux. Voici encore les paroles de Paul : «J’ai été crucifié avec Christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi»(Galates 2.20).

La bête n’est jamais complètement mort. Voilà pourquoi Jésus a parlé de la nécessité de nous charger chaque jour de notre croix. Cela ne signifie pas une nouvelle naissance quotidienne ; le Saint-Esprit ne nous laisse pas si facilement. Il peut arriver qu’un chrétien fasse et dise des choses par moments qui indiquent l’influence de la bête intérieure ; si quelqu’un d’autre a été blessé le Saint-Esprit demandera au chrétien de réparer les torts qu’il a causés. Personne ne devrait jamais avoir à se demander qui a le contrôle de la vie de quelqu’un qui se dit chrétien.

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Ruben Saillens chez les anabaptises – suite

Un anabaptiste et sa femme dormaient en paix dans leur cabane au bord de la route, lorsqu’une bande de jeunes gens, revenant de festoyer du village voisin, vinrent à passer.

« Tiens, voilà la maison de Chose, le vieil anabaptiste… Si nous lui jouions un bon tour ? dit l’un d’eux.

– Oui, mais lequel ?

– J’ai une idée, cria le boute-en-train de la troupe. Nous allons lui démolir son toit, sans le réveiller, si c’est possible. Il aura ainsi le plaisir de dormir à la belle étoile sans le savoir. » Voyez-vous leur épatement, au matin, en ne voyant plus de toit sur leur tête ? (Je ne garantis pas le mot : épatement ; il est d’invention récente ; mais les vauriens de tous temps ont eu un argot à eux.)
L’idée fut aussitôt approuvée, et voilà nos jeunes gens montés sur le chaume, qu’ils ôtent gerbe à gerbe, silencieusement, avec des rires étouffés…

Mais le bonhomme ne dormait que d’un œil. Il s’éveille en plein, entend un peu de bruit, lève la tête, voit les étoiles briller par un large trou au-dessus de lui. Il entend des voix qui chuchotent ; il a compris…

« Femme, dit-il à sa moitié endormie près de lui, lève-toi promptement et prépare du café. »
La femme obéit, et tous deux sont lestement habillés. Puis, l’anabaptiste ouvre sa porte et crie aux jeunes gens :

« Mes amis, vous faites un travail fatigant. Quand vous aurez fini, j’espère que vous voudrez bien nous faire le plaisir d’entrer et de boire un peu de café chaud, cela vous reposera. »

Le tonnerre tombant au milieu d’eux n’aurait pas produit plus d’effarement dans la troupe que l’apparition et le simple langage du bonhomme.

Tous nos jeunes gens, penauds, descendirent du toit sans dire mot, et pressés par le chrétien et sa femme, entrèrent chez lui.

Le café était prêt ; on le but. Le vieillard adressa à ses jeunes hôtes quelques paroles chrétiennes et affectueuses ; plusieurs furent touchés. Enfin, le boute-en-train s’écria :

« Tout ça, mes amis, c’est très bien Mais maintenant que nous avons découvert le toit, il faut le remettre en place. »

Ainsi fut fait. Quelques gerbes de paille neuve remplacèrent le chaume pourri, et la cabane se porta mieux… « Douceur fait plus que violence ».

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Ruben Saillens chez les anabaptistes

Ruben Saillens fut à partir de janvier 1889, avec sa femme Jeanne, le rédacteur de deux revues mensuelles jusque-là rédigées par Mademoiselle S.P. Blundell, missionnaire quakeresse. Alors que le Rayon de Soleil s’adressait à la jeunesse, l’Ami de la Maison était destiné au public des adultes, avec une triple visée de distraction, d’édification chrétienne et de militance sociale (lutte contre l’alcoolisme, le jeu et le tabac). Dans les deux numéros de l’été 1895 de l’Ami de la Maison (juillet et août), le rédacteur raconte sa première rencontre avec un anabaptiste, à l’occasion d’une excursion vraisemblablement organisée en marge d’une invitation reçue de la toute jeune Église baptiste de Tramelan. A l’heure de l’Alsace allemande, ce double récit apporte avec humour un témoignage significatif à la fois de la sympathie spontanée et du peu de contacts réciproques entre baptistes français et anabaptistes-mennonites.

Il y a quelques jours, j’étais dans le Jura bernois, à Tramelan, beau village dans les forêts de sapins, à environ mille mètres d’altitude : trois fois plus haut que la Tour Eiffel ! Que l’air est pur, que les fleurs du printemps sont jolies et délicates, quelle riche verdure que celle des gazons à cette hauteur !

Nous fîmes, deux ou trois amis et moi, par un bel après-midi, une petite excursion aux environs, dans la direction des Franches-Montagnes.

Au milieu d’un large plateau se dressait une ferme entourée de pâturages plantureux. La ferme avait belle apparence : large toit, fortement incliné, recouvrant la maison, des étables, des granges, le tout précédé d’une avenue fermée sur la route par une grille. La maison, cependant, ne m’eût pas autrement intéressé si l’un de nous n’avait dit : « Voilà une ferme d’anabaptistes. »

Ce mot éveilla aussitôt ma curiosité. Anabaptistes ! La plupart de mes lecteurs français n’ont sans doute que de vagues notions sur le sens de cette épithète. On dit : « Grave comme un anabaptiste », on a confusément l’idée de quelque secte bizarre, aux rites étranges. Mais on ignore généralement les origines et l’esprit de cette communauté qui, depuis trois siècles, n’a cessé d’exister, faisant très peu parler d’elle, vivant cachée dans les montagnes de la Suisse, de l’Alsace, de la Forêt-Noire…

Le dogme principal des anabaptistes, celui qui les distingue de toutes les autres sectes religieuses du continent européen (la Société des Amis, ou Quakers, étant surtout anglo-saxonne), c’est le principe de la non-résistance. Eux-mêmes s’appellent les Chrétiens sans défense ; ils refusent de porter des armes, même pour résister aux voleurs de grand chemin ; ils ne sont, par conséquent, ni soldats, ni gendarmes, ni gardes-champêtres ; ils prennent à la lettre l’ordre de Jésus-Christ : « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre ». Ils ont l’héroïsme de la paix. Cette secte a vécu dans les pays du monde les plus batailleurs, et dans les époques les plus agitées, recevant des coups de tous les belligérants et n’en rendant jamais aucun ; foulée aux pieds par toutes les armées, comme l’herbe des champs sous le pas des chevaux, qui se redresse pour repousser ensuite drue et vivace comme auparavant.

Sur toutes les questions fondamentales : – foi dans la Bible et dans le Sauveur ressuscité – les anabaptistes ressemblent aux autres chrétiens évangéliques.

J’avais beaucoup entendu parler de ces anabaptistes, sans en avoir jamais vu un seul. J’avais lu sur leur compte des anecdotes très intéressantes ; celle-ci entre autres :

Un jour, pendant la guerre de Trente-Ans, en Allemagne, un parti de fourrageurs s’arrête devant la porte d’un anabaptiste :

« Eh ! Bonhomme, dit le chef de l’escouade, montre-nous un champ de trèfle où nous pourrons faire du fourrage pour les chevaux du détachement !

– Volontiers, répondit le vieillard, suivez-moi, Messieurs. »

Il conduit les soldats le long d’un chemin au bord duquel s’étalaient des champs superbes : « Il n’est pas nécessaire d’aller plus loin, mon vieux, dit l’officier ; voici du foin qui fera très bien notre affaire. »
Mais l’anabaptiste continua de marcher : « Faites-moi le plaisir, dit-il d’un air presque suppliant, d’avancer encore un peu ; je vous montrerai un champ où vous aurez de l’herbe en suffisance. »
L’officier, supposant que le bonhomme voulait leur offrir ce qu’il y avait de mieux dans le pays en fait de fourrage, continue à le suivre. On arrive enfin à une pièce de terre assez grande, mais où le trèfle n’était pas meilleur ni plus beau que celui qu’on avait passé :

« Voilà, Messieurs, prenez-en à votre aise !

– Mais pourquoi donc, cria l’officier en colère, nous avoir menés si loin, puisque tu ne nous donnes rien de mieux que ce que nous aurions pu récolter bien avant ?

– Je vais vous dire, répondit l’excellent homme. Les champs que nous avons vus sont ceux de mes voisins, celui-ci est le mien. Puisqu’il faut que quelqu’un soit dépouillé, j’aime mieux que ce soit moi. »

L’officier fut surpris de cette naïveté sublime, de cet héroïsme si simple, mais si supérieur au sien !

Aimez-vous ce genre de grandeur d’âme ? Ces anecdotes-là vous reposent-elles un peu des hauts faits guerriers, de l’odeur de sang et de poudre qui se dégage des annales de l’humanité civilisée ? Écoutez encore ce petit trait ; il est amusant et véridique :

— à suivre —

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