Second tableau de Henry Alevin

S’ensuit une claire remontrance, comment ce monde pervers n’est point vraiment chrétien, et pourquoi pas.

En quelle manière chacun de ce monde veut et estime être de ce monde, et comment non. Qu’on prenne bien garde comment tous méchants et iniques veulent bien être appelés de ce monde lequel Dieu a tant aimé qu’il a donné son seul fils pour lui, et les péchés duquel l’Agneau de Dieu a ôté et effacé, (lequel propos toutefois doit être entendu du péché originel ou héréditaire d’Adam.) Chacun, dis-je, veut entièrement être ce monde, lequel Jésus-Christ a délivré et réconcilié. Or il est bien vrai que Christ n’est point venu au monde pour condamner le monde, mais afin que le monde et les pécheurs furent sauvés, et pour les appeler à repentance. Car cela était son message, étant venu pour ôter les péchés du monde, afin qu’il défit les œuvres du diable.

Mais, Ô monde, monde ! Vous ne l’avez pas cru ni reçu : mais tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné ce droit d’être enfants de Dieu. Vous n’êtes point voulu venir à lui pour avoir vie : mais vous avez mieux aimés les ténèbres que la lumière. Et pendant qu’il était près et se pouvait trouver, vous ne l’avez point cherché. Pour cela vous est assigné malheur et non point salut. Voire, il vous advient ce qui est écrit : « Si l’on fait grâce au méchant, il n’apprend pas la justice, il se livre au mal dans le pays de la droiture, et il n’a point égard à la majesté de Dieu » (Ésaïe 26.10).

Maintenant au contraire, comment tels dont nous avons ci-dessus parlé, ne veulent, ni s’estiment point être de ce monde, et toutefois le font. On le peut considérer, en ce que tous iniques et mal vivants, quels qu’ils soient, ne veulent point être nommés ni compris au rang de ce monde, qui a si mauvais renommée et si mauvais titres en l’Écriture Sainte, n’ayant rien de commun avec l’Église, ni avec les apôtres, qui marche de tout en iniquité, ne pouvant recevoir le Saint-Esprit, pour lequel Christ n’a point prié. Personne, dis-je, ne veut être nommé ni compris en ce monde.

Combien toutefois qu’il y en aie tant et plus qui en font, étant plus d’ordure, infamie et impudicité. De cela lisez 1 Corinthiens 5.9-10 ; 2 Pierre 2.18 ; 1 Jean 2.16, ils ne veulent aussi point être compris ni nommés de ce monde, rempli de fausses institutions, ordonnances et faux services. Bref, de faux semblant et apparence de christianisme. Ainsi donc, ces noms, effets et fruits, mentionnés en l’Écriture Sainte, touchant ce monde pervers, chacun les nie et renonce, ayant de cela honte. Combien qu’il soit par trop merveilleusement apparent et une grande multitude de gens et peuples, lesquels nous renvoient pour le regard de ce monde pervers en Judée, en Grèce, en Turquie et en autres pays infidèles. Comme si on ne savait point mieux.

Ô mes amis ! Que ce monde-là est bien et beaucoup plus près, quiconque y voudra bien prendra garde, comme j’espère de le démontrer : et pour ce faire lisez et prenez garde Colossiens 2.20 ; 1 Jean 2.15 ; Jacques 4.4. Or par tout où vous trouverez tels fruits, dont l’Écriture Sainte fait mention, là pouvez vous dire assurément être ce méchant monde. Prenez-y donc bien garde.

Or maintenant il faut entendre comment l’Écriture Sainte nomme le monde en deux sortes : car en parlant du monde elle n’entend pas toujours de la même manière ; mais en quelques lieux parlant du monde elle entend de la rondeur, circuit ou contenu du monde. C’est à savoir, de la création de Dieu entièrement ; lisez Genèse 1, 1 Jean 2.2, Colossiens 1.26, Romains 16.25, Éphésiens 1.4, et vous trouverez qu’en tous ces lieux est parlé et entendu la rondeur du monde, ou circuit de la terre.

L’autre sens, auquel est pris ce mot en l’Écriture, s’entend le peuple qui est affectionné aux choses mondaines, qui ensuit l’affection terrestre, charnel et diabolique. Lisez 1 Jean 4.4, Jacques 3.14-15. Or ce méchant monde a son propre dieu, qui est l’esprit malin, ayant son royaume et peuple. Car il faut considérer que Dieu et le diable, ou Christ et Bélial, sont deux dieux et deux princes, chacun ayant divers gouvernement, royaume, peuple et esprit. À savoir, Dieu au Ciel, et le diable et Antéchrist sur la terre. Et chacun de ces deux ducs et ou princes attire à soi le peuple de l’autre, à savoir Dieu avec sa vérité et le diable avec mensonge, finesse et fausseté. Car il épie le mot du guet de Christ, afin que par le moyen de ceci il puisse attraper les âmes sous le nom de Christ, de la parole, louange, vertu, services, signes et merveilles, par tous moyens contrefaits, dissimulation et fausse apparence comme ci c’était Dieu et le tout de Dieu. Voire se mettant au temple de Dieu et se montrant soi-même qu’il est Dieu.

Lisez de ce dieu et prince, avec sa seigneurie et puissance 2 Thessaloniciens 2.3-4, 2 Corinthiens 4.4, Jean 12.31 et 14.30 et 16.11, Matthieu 4.3 et 12.7, Luc 11.22, Colossiens 2.15, Éphésiens 2.2 et 6.12, 1 Corinthiens 2.12. Par ainsi donc prend-il les âmes et personnes en ses pièges ; tellement, qu’elles se rendent parfois adverses et penchées contre la vérité, ce que chacun doit bien considérer et y prendre garde s’il ne veut pas être déçu, mais remontré et enseigné suivant la vérité. Car l’apôtre Paul dit ainsi : « Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent ; pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne vissent pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu » (2 Corinthiens 4.3-4).

Ce séducteur, à savoir Satan, veut même être adoré de Jésus-Christ comme s’il était Dieu et un prince merveilleusement riche en biens et trésors. Il est aussi appelé par Jésus-Christ et sas apôtres le prince ou souverain de ce monde ; toutefois il n’a rien en Christ, car il (Christ) est plus fort que lui et l’a vaincu ; voire il est condamné et jugé. Lequel comme prince de la puissance de l’air règne maintenant sur les enfants de rébellion et d’incrédulité, sous lequel, dit l’apôtre, nous avons tous marchés selon les concupiscences de notre chair, exécutant les désirs de notre chair et de nos pensées et étions de nature enfants de colère, comme aussi les autres.

Ô mes amis ! Notez bien ces paroles : Car qui est celui maintenant qui ne connaîtra point encore ce monde méchant et aveugle, par le train et le cours de ce monde ? Or ce prince, à savoir le diable, combien qu’il soit un ennemi vaincu par Christ, comment est-ce qu’il tourmente encore les fidèles et enfants de Dieu, allant autour d’eux, cherchant s’il en pourra dévorer quelqu’un. Cet esprit malin séduit les gens par la doctrine des diables et par les mensonges en hypocrisie, car l’esprit d’Antéchrist est aussi l’esprit du diable et du monde et n’est qu’une même sorte d’esprit, tellement, que tous ceux qui sont menés et conduits de cet esprit, ils sont de ce monde, ils parlent du monde, et le monde les écoute.

Par conséquent ce diable, cet Antéchrist, et esprit malin, opèrent ensemble en une même sorte d’erreur et iniquité en ceux qui périssent, d’autant qu’ils n’ont point reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Et pourtant Dieu leur envoie une puissance d’erreur, à ce qu’ils croient au mensonge ; voire Dieu les abandonne aux concupiscences de leurs cœurs et leurs affections vilaines. Par ainsi a ce méchant et pervers monde un propre dieu, esprit et peuple, doctrine et service divin contrefaits, comme il a été montré. À quoi chacun qui aime son âme, veuille bien prendre garde.

Et si aucun ose encore dire et mettre en avant que ce monde-ci n’est point tel, ne si infidèle ou pervers comme j’ai dit par les témoignages de l’Écriture Sainte ci-devant allégés, mai que c’est un autre peuple loin d’ici, je lui veux encore montre un nombre infini de témoins de ce monde même, à savoir, tous ceux qui se plaignent à merveilles entre eux de tromperies, dommages, mensonges, calomnies, détractions, oppressions et cruautés. Eux-là, dis-je, témoignent qu’il n’y a en ce monde loyauté, foi, charité, ni crainte de Dieu. Et je dis aussi qu’il est ainsi. Davantage, mes témoins touchant cette fausse apparence de spiritualité et sainteté susmentionné, sont même les prêcheurs qui en leurs récits caquettent et jasent tant, touchant leur papauté, leurs évêques, cloîtres, etc. Lesquels en général sont superbes, avares et convoiteux des trésors, plein de volupté charnelle, idolâtres, envieux, voir ennemis de la vérité. Ainsi, dis-je aussi avec le témoignage de l’Écriture Sainte, et avec l’effet qu’on voit, tellement que nul ne peut dire du contraire.

Publié dans Les mennonites | Marqué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Premier Tableau ou lettre de Henry Alevin

Admonition et avertissement des conditions, touchant le salut assuré et aussi la condamnation, envoyée pour une salutation et aussi pour une signe de charité et d’amour chrétienne, pour la fortification de les sages et vertueux, pour l’instruction des simples ou ignorants, et pour une alarme et un effroi aux plus justes et sages. À mes bien aimés au Seigneur, par celui qui est ami de votre âme, Henry Alevin, pris à Middlebourg pour le témoignage de Jésus, le 18 août, l’an 1568.

Touchant d’avoir certainement et assurément salut pa Jésus-Christ : et toutefois non point tout un chacun qui le pense, l’espère, ou s’en glorifie. Qu’on y prenne bien garde, afin que nul de s’en trompe ou laisse abuser par des vaines paroles : car les promesses de Dieu sont faites sous condition ; non point sur l’incrédulité, mais sur la foi ; non sur le vice, mais sur le vertu. Ainsi, dis-je, est promis le salut de Dieu par grâce, sans nos mérites, ni que l’ayant desservi.

En premier lieu considérez et entendez les claires paroles de notre Seigneur Jésus-Christ, disant : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jean 5.24). Aussi : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3,16). Et : « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !… Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux ; car c’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui ont été avant vous » Matthieu 5.3, 11-12).

Écoutez encore, touchant la promesse de salut conditionnelle : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » (Marc 16.15-16). Jésus répondit aussi à la femme qui lui disait : « Heureux le sein qui t’a porté ! heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! » Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » (Luc 11.17-18).

La conclusion est : « Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. » (Jean 13.17) et « Le serviteur qui, ayant connu la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas agi selon sa volonté, sera battu d’un grand nombre de coups » (Luc 12.47). Ô sentence épouvantable ! Ainsi sonnent et accordent las paroles et sentences de tous les saints et fidèles Apôtres, comme nous voyons en St Paul, disant : « Car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient » (Romains 10.4). Aussi : « Vous vous êtes convertis à Dieu, en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils, qu’il a ressuscité des morts, Jésus, qui nous délivre de la colère à venir » (1 Thessaloniciens 1.9-10). Et St Pierre dit : « Lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la convoitise » (2 Pierre 1.4). St Jean dit : « Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie » (1 Jean 5.12). On peut encore voir plus amplement de ce salut sous condition Jean 1.11,12 et 5.25. Matthieu 24 et 19.28 ; Romains 8.10 ; 2 Timothée 2.11 ; 2 Pierre 1.1 ; Hébreux 5.8.9 et 10.22 ; Apocalypse 2.4, 3.5, 19.4,8, 20.6 et 21.14, « Car le royaume de Dieu ne consiste pas en paroles, mais en puissance » (1 Corinthiens 4.20). Considérez bien cela.

Au contraire, voyons ceux auxquels Christ ne profite rien. C’est à dire : de la condamnation certaine et assurée, et de ceux auxquels le royaume de Dieu est refusé. En premier lieu, Jésus-Christ montre clairement cela, disant : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ?… Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité » (Matthieu 7.21-23). Voir : « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu 25.41).

À ceci s’accorde encore ce que Jésus-Christ dit : « Si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux (Matthieu 5.20). « Quiconque aura honte de moi et de mes paroles au milieu de cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aura aussi honte de lui, quand il viendra dans la gloire de son Père, avec les saints anges » (Marc 8.38). Aussi : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse » (Matthieu 12.30). Aussi : « Je vous le dis en vérité, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux » (Matthieu 18.3). Aussi : « Celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc 16.16). Aussi : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau,… d’eau et d’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu… Celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui »)Jean 3.3,5 & 36). « Si vous ne croyez pas ce que je suis, vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8.14).

Ici voit-on l’éternelle sentence de Jésus-Christ sur ceux qui ne se convertiront. À ceci s’accordent aussi les sentences des Apôtres, comme quand St Paul dit : « Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres ; réservant la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent l’honneur, la gloire et l’immortalité ; mais l’irritation et la colère à ceux qui, par esprit de dispute, sont rebelles à la vérité et obéissent à l’injustice. Tribulation et angoisse sur toute âme d’homme qui fait le mal » (Romains 2.6-9. Aussi : « Si vous vivez selon la chair, vous mourrez » (Romains 8.13) ; « Et l’affection de la chair, c’est la mort… car l’affection de la chair est inimitié contre Dieu… Or ceux qui vivent selon la chair ne sauraient plaire à Dieu » (Romains 8.6-8). Aussi : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu » (1 Corinthiens 6.9-10).

Ô mes amis ! « Quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? Et si le juste se sauve avec peine, que deviendront l’impie et le pécheur ? » (1 Pierre 4.17-18).

Publié dans Les mennonites | Marqué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Henry Alevin

CCI_000001.jpg

AU LECTEUR

Sachez ami Lecteur, qu’il y a ici plusieurs et divers points notables, suivant l’Écriture Sainte, conjoints ensemble par un nommé Henry Alevin, lesquels il a pour la plupart (lui étant en prison) faits, écrits et envoyés en forme de tableaux, à l’Église et à ses frères, et aussi particulièrement à ses trois enfants, combien qu’ils soient encore assez jeunes d’age et d’entendement. Cet homme-ci, étant d’un profond entendement en l’Écriture Sainte (comme les écrits qu’il a laissés donnent aussi à connaître) a clairement exposé et donné à entendre plusieurs choses singulières ; toutefois aucunement obscures et difficiles. Tellement, que celui qui a quelque étincelle de la crainte de Dieu, se peut soi-même, par les suivants écrits de cet homme, clairement voir et connaître, comme en un clair miroir. Par conséquent, ami Lecteur, si tu les désires et veux lire avec une bonne considération, et sans partialité, nous espérons par la grâce de Dieu, que tu en pourras rapporter édification.
À Dieu.

[Au cours des prochaines semaines, je compte reproduire ici le texte des messages écrits de prison par ce serviteur de Dieu.]

Publié dans Les mennonites | Marqué , , , , , , , | Laisser un commentaire

La grâce de Dieu

Je ne suis pas digne d’être appelé ton enfant ou ton serviteur, parce que j’ai péché contre le ciel et devant toi. Même si au commencement je résistais à ta Parole précieuse et à ta sainte volonté de toutes mes forces et de toute mon intelligence, je rejetais la claire vérité de ta Parole, enseignant et pratiquant la recherche de mes plaisirs, louanges et honneurs, plus que ta justice, ton honneur, ta Parole et ta vérité ; néanmoins, ta grâce paternelle ne m’a pas abandonné, moi, misérable pécheur ; mais elle m’a reçu avec amour, m’a converti à un autre esprit, m’a conduit par ta main droite et m’as instruit par l’Esprit-Saint jusqu’à ce que j’ai fait la choix de combattre désormais le monde, la chair et le diable, en renonçant à tout confort, à la tranquillité, à la gloire, à l’envie et à la prospérité matérielle, jusqu’à ce que je me suis volontairement soumis à la lourde croix de mon Seigneur Jésus-Christ, afin que je puisse hériter du royaume promis avec tous les soldats de Dieu et les disciples de Christ.

—Menno Simons, Complete Writings, page 59

Publié dans Les mennonites | Marqué , , , , , , , | Laisser un commentaire

On a une problème

L’humanité et la planète sur laquelle nous vivons sont confrontées à des dangers effrayants : catastrophes environnementales ; poisons dans notre nourriture ; violations de nos droits ; laxisme moral ou rigidité morale ; pensée déviante ou contrôle de la pensée ; etc ; etc. Les voix qui nous avertissent de ces dangers nous disent aussi que si nous ne nous joignons pas à la bataille contre le danger ciblé, nous manquons à notre responsabilité envers l’humanité.

Cela devrait suffire à nous dire que quelque chose ne va pas. Nous ne pouvons pas accomplir le bien avec des méthodes qui sont mauvaises. Lorsque la colère, les accusations viles, les critiques violentes, la haine, les appels à une action désespérée, sont les méthodes de choix, soyez assurés qu’aucun bien ne viendra d’un tel mouvement.

dove-24588_640

Beaucoup de maux existent dans le monde, causés en grande partie par ceux qui prétendent faire du monde un endroit meilleur. En fait, de tels mouvements sont du diable. Le seul moyen de contrer le mal dans le monde consiste à utiliser les moyens fournis par Dieu. Voyons ce que cela signifie :

« On a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ;
Et ce que l’Éternel demande,
C’est que tu pratiques la justice,
Que tu aimes la miséricorde,
Et que tu marches humblement avec ton Dieu » (Michée 6.8).

Ces mots nous diront que :
1. Nous devons faire tous les efforts pour faire ce qui est juste envers les autres. Si nous essayons de forcer les autres à faire ce qui est juste, cela ne fera qu’empirer les choses.
2. Nous devons être miséricordieux envers les autres. Leur exiger d’être miséricordieux est contre-productif.
3. Nous devons marcher chaque jour avec Dieu, en nous soumettant à sa volonté pour notre vie.

Nous avons un certain contrôle sur ce que nous faisons, aucun contrôle sur ce que font les autres, sauf peut-être par le pouvoir de l’exemple. Faisons donc ce qui est en notre pouvoir de faire.

L’apôtre Paul nous dit que de telles armes sont plus puissantes que n’importe quelle autre force terrestre : « Car les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles ; mais elles sont puissantes, par la vertu de Dieu, pour renverser des forteresses » (2 Corinthiens 10.4).

On a un problème si on essaie d’accomplir la justice de Dieu avec d’autres armes que ceux qu’il nous donne.

Publié dans Apologétique | Marqué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le bonheur

Les stoïques disent : « Rentrez au-dedans de vous-mêmes ; c’est là où vous trouverez votre repos. » Et ce n’est pas vrai.

Les autres disent : « Sortez en dehors : recherchez le bonheur en vous divertissant,» Et cela n.est pas vrai. Les maladies viennent.

Le bonheur n’est ni hors de nous, ni dans nous ; il est en Dieu, et hors et dans nous.

dove-24588_640

— Blaise Pascal

Publié dans Citations | Marqué , , , , , , | Laisser un commentaire

Repentance, restitution, responsabilité

Ce sont trois actions essentielles qui distinguent le vrai chrétien du prétendant. Blaise Pascal a écrit : Les hommes prennent souvent leur imagination pour leur cœur ; et ils croient être convertis dès qu’ils pensernt à se convertir.

Nous ne pouvons être sauvés avant d’entendre l’appel de Dieu, mais il faut répondre à l’initiation pour devenir enfant de Dieu. Seulement souhaiter être chrétien ne changera pas notre vie.

mask-3829017_640

Image par Gerd Altmann de Pixabay

  1. La repentance : on commence par la confession à Dieu de notre culpabilité. Ce n’est pas évident ; c’est toujours plus confortable à blâmer quelqu’un d’autre pour nos problèmes. Mais lorsque nous le faisons, notre vie change. Nous avons la paix intérieure et un guide pour chaque pas que nous faisons dans la vie.
  2. La restitution : voici une autre chose que nous préférerions éviter. Mais si nous ne pouvons pas avouer que nous avons mal agi, présenter des excuses lorsque nous avons blessé quelqu’un ou rétablir ce que nous avons pris ou endommagé, notre paix et notre assurance s’évanouissent.
  3. La responsabilité : il n’est pas bon pour un chrétien d’être seul dans sa foi. Nous devons faire partie d’un groupe de frères et de sœurs chrétiens à qui nous pouvons confesser nos échecs, partager nos blessures et nos luttes et prier les uns pour les autres. Nous devrions pouvoir retirer notre masque et cesser de prétendre être meilleurs que nous ne le sommes réellement. Ensuite, nous pouvons offrir des corrections, des conseils et des encouragements aux autres et recevoir des corrections, des conseils et des encouragements pour nous-mêmes. Nous sommes le plus en mesure de trouver la force lorsque nous sommes ouverts et honnêtes avec les autres croyants avec qui nous adorons Dieu.

La repentance, la restitution et la responsabilité ne se produisaient pas une seule fois pour poser le fondement de notre foi et nous mettre sur le chemin de la vie ; ils doivent être tissés dans notre vie de tous les jours pour nous garder dans la foi et nous empêcher de nous écarter de la voie étroite.

Publié dans Apologétique | Marqué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Respect

Il était une fois un jeune homme qui trouvait la vie chrétienne ennuyeuse et dénuée de sens. Il a abandonné sa foi en Dieu et a cherché à s’épanouir dans les plaisirs que la vie offre aux jeunes.

Il rentrait chez lui au milieu de la nuit après une soirée passée en cherchant de plaisir lorsqu’il a perdu le contrôle de sa voiture sur une route de montagne sinueuse. Il a survécu, mais les médecins lui ont dit qu’il ne marcherait plus jamais. Quels plaisirs avait-il à espérer maintenant ?

Il se retourna vers Dieu, se repentit et vit une paix plus profonde qu’il ne l’avait connu auparavant. Puis ses pensées se tournèrent vers une jeune femme chrétienne qu’il avait admirée avant d’abandonner la voie chrétienne. Aurait-elle un intérêt pour lui dans son état actuel ?

wheelchair-1595794_640

Image par Steve Buissinne de Pixabay

Elle l’avait ; ils se sont mariés. Nous avons rendu visite à l’assemblée où ils vivaient un an ou deux après leur mariage et les avoir vus arriver à l’église. Il conduisait leur voiture, avec des commandes manuelles. Elle sortit et attendit pendant qu’il se déplaçait pour ouvrir la porte arrière, sortir son fauteuil roulant, l’ouvrir et s’asseoir. Puis ils sont entrés à l’église côte à côte. La pensée m’est venue à l’esprit : « Voilà à quoi ressemble le respect. » Elle aurait pu si facilement sortir le fauteuil roulant pour lui, mais elle lui a permis à démontrer qu’il était capable de le faire lui-même.

Les agences d’aide gouvernementales et les ONG voient des multitudes de personnes dans le besoin désespéré dans d’autres pays. Comment peuvent-ils les aider ?

Je crois que tout programme qui n’est pas basé sur le respect est voué à l’échec. Les réponses à leurs besoins nous semblent si évidentes et ils sont si manifestement pauvres, ignorants et impuissants, pourquoi ne pas créer un programme de développement économique à grande échelle et changer leur monde ?

Eh bien, nous ne pouvons pas changer leur monde. Toute tentative en ce sens sera vouée à l’échec. Peu importe combien pauvres, ignorants et impuissants de telles personnes peuvent apparaître, elles méritent notre respect.

Nous pourrons peut-être les accompagner, leur offrir des encouragements et des outils pour améliorer leur situation, mais l’impulsion, la direction, la volonté doivent venir d’eux. Nous n’osons pas ignorer cela par manque de respect.

Les outils auxquels je pense ne sont pas de nouveaux objets physiques fabriqués à l’étranger, mais des attitudes de l’esprit, de nouvelles idées, de l’espoir et du courage. Les populations locales comprennent mieux que nous leur situation, avec ses possibilités et ses complications. Il leur appartient de choisir des idées qui soient pratiques pour eux là où ils vivent. Parfois, un peu d’argent peut aider à démarrer une petite entreprise ou aider quelqu’un à trouver un nouveau marché. Mais s’ils deviennent dépendants de notre argent, nous n’avons pas réussi à les aider.

Cela s’applique également aux missions chrétiennes. Quand une organisation missionnaire croit à tort que la grande mission les appelle à aller dans le monde entier et faire des convertis, la mission échouera finalement. Nombreux seront ceux qui nomment le nom de Christ et réclament le salut, mais lorsque les missionnaires partiront, l’assemblée disparaîtra.

La grande mission nous appelle à aller dans le monde entier et faire des disciples, des personnes qui consacreront leur vie à Christ et continueront à faire plus de disciples, même lorsque les missionnaires partiront.

Il n’est pas nécessaire que les assemblées et les bâtiments d’église dans d’autres pays se ressemblent à celles du pays d’où vient le missionnaire. Ce qui doit être le même, c’est la foi dans le cœur des croyants, n’importe où ils vivent.

Publié dans Insolite | Marqué , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Je t’aimerais

Je t’aimerais, Dieu et Père,Jeanne_Marie_Bouvier_de_la_Motte_Guyon_Gallica.jpg
Mon rédempteur et mon roi;
Je t’aimerais, car loin de toi
La vie n’est qu’une chose amère.

Je t’aimerais; bénédictions
Coulent à moi de ton trône;
Je t’aimerais; lui qui t’aime
Ne sentira jamais seul.

Je t’aimerais; regarde-moi
De ton œil me guide toujours;
Je t’aimerais; si pas nourri
Par ton amour, l’âme meurt.

Je t’aimerais, je l’ai promis
Ton amour mon cœur désir;
Je voudrais toujours souvenir
Le sang de mon Rédempteur.

Il y a un hymne anglais intitulé I Would Love Thee, attribué à Mme Jeanne Marie Bouvier de La Motte Guyon. Il semble n’y avoir aucune trace de l’original en français. Ceci est ma faible tentative de le traduire en français, en essayant de garder la forme et le rythme. Si quelqu’un veut améliorer ce que j’ai écrit, allez-y.

Mieux encore, si quelqu’un sait où se trouve le poème original en français, veuillez me le faire savoir. Ou peut-être quelqu’un a-t-il la preuve que cela n’a pas été écrit par Mme Guyon. Dans tous les cas, j’aimerais avoir de vos nouvelles.

Publié dans Insolite | Marqué , , , , , , | Laisser un commentaire

Prudence dans l’enseignement

On dit souvent qu’Ève croyait que son premier-né était déjà le rédempteur. La traduction de Luther est la seule que je connaisse qui traduise une telle pensée ; il traduit « j’ai reçu un homme, le Seigneur » (Genèse 4.1). J’ai cinq traductions en allemand, une en néerlandais et deux en anglais, et aucune d’entre elles ne donne la traduction ci-dessus à l’exception de Luther. La version anglaise dit ; « J’ai eu un homme du Seigneur ». Les autres traducteurs s’accordent avec cette idée. Je ne pense pas qu’il soit possible de trouver une Écriture qui corroborerait l’interprétation précédente.

Il est souvent enseigné que les enfants d’Israël étaient promis entrée dans la terre promise dans quarante jours et que leur désobéissance était la raison pour laquelle ils avaient été détenus dans le désert quarante ans. Cependant, il n’a aucune déclaration de ce type dans la Bible qui justifie cet enseignement. Il est écrit : « D’après le nombre des jours pendant lesquels vous avez exploré le pays, savoir quarante jours, vous porterez la peine de vos iniquités pendant quarante ans, une année pour chaque jour, et vous connaîtrez l’effet de mon éloignement » (Nombres 14.34). Selon le nombre de jours où ils avaient exploré le pays et non selon aucune autre promesse, leurs murmures étaient récompensés.

Nous devrions interpréter les Écritures selon cette règle, à savoir que de telles Écritures qui, sans controverse, ne peuvent être interprétées que dans un sens, ne doivent en aucun cas être altérées de peur que la Vérité ne soit violée ; et d’autres Écritures qui semblent être contradictoires doivent être interprétées pour soutenir une telle vérité, de peur qu’on soit trouvé en train de falsifier la vérité de Dieu, faisant de la vérité un mensonge et d’un mensonge la vérité.

– Jean Holdeman, 1832-1900

Publié dans Les mennonites | Marqué , , , , , | Laisser un commentaire